Venezuela: nouvelle tentative de coup d'État, mais le peuple soutient Chavez

Vendredi 6 décembre, à Caracas (Venezuela). Des militants anti-Chavez viennent soutenir une poignée de militaires insurgés. Soudain, on tire. Cinq morts. Un militaire mutin appelle l'armée à se soulever contre le président Chavez. Mais... les apparences sont trompeuses.

Pol De Vos
09-12-2002

Il apparaît vite que le tireur s'appelle Joao Gouveia. Le général Medina Gómez lui a versé 35 millions de bolivars (26.000 euros) pour commettre l'attentat. D'autres mercenaires se tiennent prêts pour des actions du même genre.1 Ils font partie de la quatrième grande offensive contre le gouvernement Chavez depuis le coup d'État du 11 avril, qui avait reçu l'appui de la CIA. Chavez avait alors été démis mais ré-installé à la présidence par le peuple. Les patrons vénézuéliens ont ensuite continuellement organisé des «grèves générales» et des provocations meurtrières.

Cette quatrième «grève générale» a démarré le 2 décembre. Au départ, 20% de la population y participe. Mais le soutien s'effrite rapidement. Après trois jours, ils ne sont plus que 10% à se croiser les bras. C'est pourquoi les patrons optent pour des actions ciblées dans les banques et à la société pétrolière d'État, la PDVSA. Les réactionnaires tentent de paralyser l'exportation de pétrole, principale source de revenus du Venezuela. Tandis que la grève dans le secteur bancaire prive des milliers de travailleurs de leur salaire. Trois millions de manifestants pour Chavez

Mais le gouvernement passe à la contre-offensive. Le samedi 7 décembre, pas moins de 3 millions de manifestants se rassemblent au centre de Caracas en soutien à Chavez. Celui-ci déclare dans son allocution télévisée hebdomadaire, durant laquelle les gens peuvent l'interpeller: «Les riches élites du Venezuela veulent ma tête, mais je ne trahirai pas les espoirs populaires. Il faut arrêter ces actions, et en tant que chef de l'État, je dois trouver la façon d'y arriver.»2 Il a décidé d'envoyer des militaires dans les raffineries de pétrole, pour empêcher la direction de retenir les nombreux volontaires qui veulent travailler pour assurer l'exportation de pétrole.

Les élites vénézuéliennes et les Américains sont pressés. Ils veulent d'urgence écarter Chavez du pouvoir. Car le 1er janvier entreront en vigueur des nouvelles lois qui attaquent leurs intérêts. Comme la Loi sur les Terres, qui touche non seulement les propriétaires fonciers, mais aussi la spéculation immobilière dans les villes. Mais il y a surtout la Loi sur le Pétrole, qui s'en prend aux groupes corrompus qui ont mis la main sur la PDVSA. Leur position dirigeante leur permet de contrôler une grande part de l'économie du pays. Ils sont entièrement dévoués aux intérêts américains. Chavez veut y mettre fin. Pas étonnant dès lors que ces élites se défendent par tous les moyens...

Dans un communiqué de presse, la Jeunesse communiste du Venezuela appelle à renforcer la résistance: «Nous devons appeler les conspirateurs par leur nom: fascistes, mercenaires d'une puissance étrangère, qui agissent contre leur peuple. Cette contre-révolution continuera à se battre pour cette part de pouvoir que le peuple lui a enlevé. Si nous hésitons ou essayons de trouver un compromis, nous trahissons. Nous devons comprendre que cette lutte ne peut pas être menée à moitié. Ou bien nous parvenons à battre et à éliminer ces fascistes, ou bien ils nous battront, nous élimineront, nous tortureront, nous massacreront.»3

Notes

1) www.aporrea.org, 7 décembre 2002

2) Venpres, 8 décembre

3) Bureau national de la Jeunesse communiste du Venezuela, Communiqué de presse, 7 décembre 2002.

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