Solidaire 20-03-2002

«Si Israël veut la paix, il doit cesser d'attaquer les Palestiniens»

A Ramallah, l'armée israélienne n'a pu occuper le centre commercial de la ville, malgré le déploiement de 150 chars et les rafles massives. La grève générale du dimanche 10 mars sur tout le territoire de la Palestine historique et les manifestations en Syrie, en Jordanie et au Liban, montrent le soutien à l'Intifadah.

«Les événements des derniers jours ont montré que tout le peuple palestinien est uni et fait preuve d'une loyauté historique dans cette Intifada populaire qui couvre toute la Palestine», a dit Saleh Rafat, secrétaire-général de l'Union démocratique palestinienne.

«Nous sommes la troisième face du triangle palestinien», a déclaré le Dr Ahmad Tibi, parlementaire arabe à la Knesset israélienne, pour expliquer le soutien des Palestiniens habitant à l'intérieur des frontières d'Israël. Il a ajouté que la première face était constituée par les Palestiniens vivant dans les territoires occupés, tandis que la seconde représentait ceux de la diaspora. Ceux-ci ont manifesté à plusieurs reprises en Jordanie (3.000 personnes) malgré la répression des autorités, en Syrie (1.000) et au Liban (2.000).

«En dépit de la dernière vague de barbaries israéliennes, les Palestiniens n'ont pas montré le moindre signe de faiblesse», écrit Zananiri, journaliste palestinien à Jérusalem. «Ils ont un moral très élevé et la ferme intention de poursuivre l'Intifada tant que l'occupation israélienne ne sera pas terminée. Certains disent même de l'actuelle confrontation avec l'armée israélienne qu'il s'agit d'une guerre de libération qui ne se terminera qu'une fois que les Palestiniens auront pu installer leur État indépendant.» «Si Israël veut que règnent le calme et la tranquillité, il devrait d'abord mettre un terme à toutes ses pratiques contre le peuple palestinien, y compris sa campagne d'assassinats», a déclaré le colonel Mohammed Dahlan, chef de la sécurité de la Bande de Gaza.

«La quasi-totalité de notre pays est occupée par les Israéliens. Leur discours sur la réoccupation de notre pays est un tissu d'absurdités et ne nous effraie nullement.» - «Mobiliser plus de soldats n'amènerait pas la paix en Israël» a ajouté Dahlan en réaction aux rapports émanant d'Israël et affirmant que l'armée pourrait mobiliser ses réserves afin d'accroître le nombre de soldats israéliens servant dans les territoires occupés.

Résistance au sein de l'armée israélienne

Dans l'armée israélienne aussi, un courant toujours plus puissant se développe pour ne plus participer à la guerre dans les territoires occupés. Ainsi Aishi Menuchin, major de réserve de l'armée israélienne conclut une tribune au New York Times du 9 mars intitulée «Dites non à l'occupation israélienne»: «Je n'obéirai pas à des ordres illégaux me commandant de tuer des terroristes potentiels ou de tirer sur des manifestations civiles. Et je ne participerai pas non plus à des actions "moins violentes" comme garder les Palestiniens sous couvre-feu durant des mois, organiser des barrages routiers empêchant des civils de se déplacer de ville en ville ou organiser des démolitions d'habitations et autres actes de répression.»

Pour le Front populaire de Libération de la Palestine, le mouvement de la gauche palestinienne le plus puissant, tous ces actes de résistance «ont confirmé l'échec du recours à la force par Sharon pour affronter l'Intifada et la résistance palestinienne». Il appelle à l'unité de tous les mouvements palestiniens pour mener l'Intifada jusqu'au bout et préconise surtout de ne pas coopérer avec les États-Unis et leur envoyé spécial Zinni dans la région, car ce dernier est «chargé de miner la résistance palestinienne et la poursuite de l'Intifada».

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