Cuba fustige le discours de Bush

«mensonges et calomnies!»

Par Barry Stoller
AFP

LA HAVANE - Mercredi, le gouvernement cubain a traité d'« attaque explosive particulièrement virulente » contre Cuba l'appel du président américain George W. Bush à des ouvertures démocratiques sur l'île dirigée par les communistes.

Dans sa première réponse formelle aux discours de Bush, lundi, sur la politique cubaine et à la publication, mardi, de la liste sur le terrorisme, Cuba a déclaré que Washington avait décidé de consacrer « davantage de dépenses, de mesures et de technologies pour déverser son poison dans notre pays ».

« Il n'existe pas ni n'existera jamais de puissance mondiale qui nous obligera à laisser tomber, abandonner ou trahir notre noble cause ! » s'exclamait mercredi un éditorial de la presse officielle cubaine constituant la première réponse officielle aux discours de Bush, l'avant-veille.

«Les arguments, les trucs, les ficelles, la démagogie, les mensonges et les calomnies de Monsieur Bush seront démolis un par un », fulminait l' éditorial de mercredi.

Sous le titre « Une bataille d'idées », il avait été publié sur la première page des journaux officiels dans un encart habituellement réservé aux articles ou aux messages écrits personnellement par le président Fidel Castro.

«Peu importe combien de jours va durer cette rude bataille de notre longue lutte. Nous sommes absorbés par une grande bataille d'idées, par une lutte sans précédent entre la vérité et les mensonges, l'ignorance et le savoir politique et historique. »

«Il n'existe pas ni n'existera jamais de puissance mondiale qui nous obligera à laisser tomber, abandonner ou trahir notre noble cause ! » Le discours de Bush était catalogué d'« attaque explosive particulièrement virulente » et de « guerre éclair politique dangereuse, du plus pur style nazi » contre Cuba, ajoutait l'éditorial, soulignant les critiques américaines à l'encontre de Cuba, ces dernières semaines.

Celles-ci comprennent une accusation, toujours de la part des Américains, prétendant que des appareils cubains se trouvaient au Venezuela en avril dernier, lors des deux journées du coup d'État manqué contre le dirigeant vénézuélien Hugo, et comprennent également des accusations affirmant que La Havane fabrique des armes chimiques.

Ces déclarations ont été faites quelques jours avant que l'ancien président Jimmy Carter ne fasse une visite historique à Cuba pour chercher à établir un rapprochement entre les deux pays.

Carter lui-même a affirmé que ce n'était pas un hasard si le gouvernement américain avait fait des allégations à propos d'armes biologiques juste avant sa visite historique.

Pour les autorités cubaines, le discours de Bush était destiné à « un public hystérique, à des mercenaires sans patrie, à des détourneurs de fonds, à des terroristes en leur genre », c'est-à-dire aux exilés cubains violemment anticastristes vivant en Floride, où le frère du président des États-Unis, Jeb Bush, brigue un nouveau mandat de gouverneur de l'État.

L'éditorial stigmatisait également le fait que Cuba avait été ajouté à la liste américaine des États qui soutiennent les terroristes, liste publiée mardi par le département d'État et prétendant que Cuba encourageait tout élan destiné à « susciter la crainte et l'antipathie parmi les citoyens nord-américains».

«Il y a quelques mois à peine, le peuple américain a été victime d'un crime sanglant du même genre », disait un édito publié à la une du quotidien du Parti communiste, Granma, faisant référence aux attentats contre le World Trade Center et le Pentagone.

Dans la foulée du 11 septembre, « l'ajout répété et arbitraire de Cuba à cette liste » vise à « susciter la terreur et l'antipathie des citoyens américains à l'égard de notre pays », ajourait l'édito.

Cuba dit que Washington le maintient sur la liste en vue de justifier son soutien, durant plus de quatre décennies, aux restrictions américaines sur le commerce et les voyages à destination de l'île.

Castro insiste sur le fait qu'il s'oppose aux actions terroristes en tous genres et les dirigeants de l'île ont certifié en insistant qu'ils avaient signé la totalité des douze conventions antiterroristes des Nations unies sorties au lendemain des attentats du 11 septembre.

L'éditorial du Parti communiste ajoutait que les discours de Bush, cette semaine, sur Cuba, « provoquent la répugnance et le dégoût parmi notre peuple héroïque, plus uni et plus désireux que jamais de lutter ».

«Et, du fait que rien ne nous forcera à changer de voie, nous continuerons à être les amis et les alliés fidèles du peuple des États-Unis et de tous les autres peuples du monde dans leur lutte contre le terrorisme.»

Des sources liées au Parti communiste indiquaient que l'éditorial ne serait pas la seule réponse officielle au discours de Bush et qu'au cours des tout prochains jours, des manifestations de masse seraient mises sur pied afin de protester contre la politique américaine à l'égard de Cuba.

Barry Stoller

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