Pantelemon Georgadze, Premier Secrétaire du Parti Communiste Unifié de Géorgie
A en croire les données officielles du rapport du président géorgien Chevardnadze, le chiffre d’affaires du commerce extérieur du pays en 1998 a atteint 1242,6 millions de dollars, dont 1048,6 millions de dollars à l'importation. La Géorgie a une dette extérieure d'environ 3 milliard de dollars.
Le pays est dirigé durement par le FMI, la Banque Mondiale et d'autres organisations extérieures. Ils déterminent même le nombre d'écoles et de pédagogues dans les écoles. Pourrait-on dans de telles conditions parler de la construction d'une ´Géorgie nouvelle, souveraine, démocratique et heureuseª ? Seul Chevardnadze peut parler ainsi, lui qui allait conduire les peuples vers un avenir lumineux, vers les sommets du communisme, mais qui les a menés à la pauvreté et à la décadence les plus basses.
Jusqu’à ce jour, Eduard Georgi
Chevardnadze proclame avec fierté qu’il a démoli l'URSS. Aujourd'hui, sans demander l’avis du peuple géorgien, il déclare que la Géorgie sortira de la CEI et adhérera à l'Otan. Il escompte sans doute, d'ici quelque temps, pouvoir se prévaloir de ses mérites dans le déclin de sa république et dans sa sortie de la CEI.
En politique extérieure, la direction géorgienne démontre son intention constante de se rapprocher de l’Occident et de devenir membre à part entière de l'Otan. Elle se distancie de plus en plus nettement de la Russie et des structures de la CEI. En février 1999, dans une interview au journal japonais Sankei Shimbun, Eduard Chevardnadze s'est exprimé sur la sortie probable de la Georgie de l'Accord sur la Sécurité Collective. Cette année, la Géorgie va créer ses propres troupes frontalières et les troupes frontalières russes seront retirées. Peu après, Revaz Adamia, membre du Conseil de Sécurité de Géorgie, s'est exprimé sur la nécessité de retirer des troupes de deux des quatre bases russes – de Bambor en Abkhazie et de Vaziani, près de la capitale géorgienne. ´Les troupes russes qui, en Géorgie, devaient jouer le rôle de médiateurs, n'ont pas réussi à régler le conflit en Abkhazie, qui tend à se séparer de la Géorgie, et à obtenir l'indépendanceª, estime Chevardnadze. Ce ne sont pas que des mots.
Dès maintenant, la présence occidentale présente des proportions et des tendances dangereuses pour les États voisins. Le travail de préparation est accompli pour une intégration progressive de la Géorgie dans le système de l'Otan. La république est une des plus actives et des plus engagées dans le programme Partenariat pour la Paix de l’Otan. On a commencé à adapter la structure des forces armées de l'État aux standards adoptés dans l'Otan.
En pratique, la Géorgie a obtenu le droit d'acquérir des armements et du matériel militaire dans les pays du bloc. La Géorgie s'est engagée à mettre à la disposition de l'Otan, en cas de nécessité, certaines de ses installations militaires et son infrastructure. Les cadres militaires de l'armée géorgienne reçoivent une instruction systématique dans les institutions d'études de l'Otan.
La Géorgie participe à des manœuvres militaires communes avec les partenaires occidentaux. Les conditions sont créées pour garantir, avec les forces du bloc, la protection des voies d’approvisionnement pétrolier passant par le territoire du pays.
Grâce à cette ‘souplesse’ de la part de Tbilisi, l'Otan pourrait, dans un futur proche, se rapprocher des frontières d'États non-membres de l'Otan. Malgré ses déclarations d'intention d’établir avec la Russie et d'autres anciennes républiques de l'URSS des relations de partenariat durables, la Géorgie est disposée à participer à des coalitions créées sur une base anti-russe ou allant dans cette direction.
Présence ouverte et tacite de l’Otan dans le Caucase
Dans ce contexte, il faut attirer l'attention sur l'organisation GUAM (Géorgie, Ukraine, Azerbaïdjan, Moldavie), qui se transforme de plus en plus en une union économique et une alliance militaro-politique pro-Otan, anti-russe. Les 21 et 22 janvier 1999, les ministres de la défense de ces pays ont examiné à Bakou les questions de la sécurité régionale, la coopération militaire, la nécessité de positions accordées dans l'ONU, l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) et leur participation au programme Partenariat pour la Paix de l’Otan. Pour commencer, les pays de l'alliance GUAM ont décidé de créer un bataillon commun pour des opérations de paix.
A la mi-1998, le Congrès des États-Unis a tenu des audiences sur le thème du ´Rôle des États-Unis dans le Caucase et en Asie Centraleª. Ils ont confirmé la signification stratégique de la région pour les intérêts américains. Il s’agit non seulement des gisements pétroliers mais aussi de l'importance géopolitique de la Transcaucasie dans la politique globale des États-Unis, où l'attaque contre la Russie prend une place particulière. Le caractère inadmissible de la présence de concurrents et l'exclusion de la présence russe dans le Caucase ont été affirmés ouvertement, et ces thèmes ont résonné de manière provoquant. Les membres du Congrès ont critiqué Clinton pour sa passivité face à la présence prolongée de bases militaires russes sur le territoire de l'Arménie et de la Géorgie. Mais la présence directe et indirecte de l'Otan dans le Caucase augmente chaque jour. L’Otan entretient une coopération intense dans le domaine militaire avec la Turquie voisine, alliée de l'Otan. En 1998, la Turquie a envoyé en Géorgie des équipements militaires pour un montant de 2 millions de dollars, et elle assure la formation de cadres militaires pour l'armée géorgienne.
Rien qu'en 1998, dans le cadre de la coopération de la Géorgie avec l'Otan, 130 activités différentes ont été organisées. Parmi elles, des exercices militaires maritimes à grande échelle dans la zone des ports pétroliers, manœuvres dont la mission était la défense des communications maritimes et l'accompagnement de tankers.
Les États-Unis se concentrent ‘sérieusement et pour longtemps’, sur le Caucase, de manière conséquente et ciblée, afin de garantir leurs intérêts dans la région et d’en repousser la Russie. La direction géorgienne les y ‘aide’ de tout cœur. Le 19 février 1999, lors d’une session du gouvernement, le président Chevardnadze a réclamé l’interdiction du Parti Communiste Unifié de la Géorgie, ´cinquième colonne, financée par des forces réactionnaires de Russie.
Nos amis et sympathisants, membres des partis ouvriers et communistes d'Europe et du monde entier, nous apporteraient une grande aide à nous, communistes géorgiens, en disant la vérité sur la Géorgie d'aujourd'hui, sur le traître Chevardnadze, et en exigeant du pouvoir géorgien actuel qu’il ne touche pas au Parti Communiste Unifié de Géorgie.
2-3 mai 1999
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