Rapport sur la Situation aux États-Unis en 2003

Le pour-cent des Américains les plus riches possède plus que les 40% les plus pauvres

En février, les États-Unis sortaient le Rapport des droits de l'homme par pays. On y retrouvait, comme d'habitude, tout un tas de critiques sur plus de 190 pays. Ces dix dernières années, la situation des droits de l'homme dans d'autres pays est devenue un alibi important pour la politique étrangère américaine. Maintenant qu'on n'a pas trouvé d'armes de destruction massive en Irak, Bush déclare: c'était quand même justifié de faire la guerre car Saddam ne respectait pas les droits de l'homme. Mais, progressivement, cette attitude se généralise: tous les pays du tiers-monde qui ne respectent pas les droits de l'homme se voient coller l'étiquette d'«État indigne». Et contre cela, non seulement on peut, mais on doit intervenir, surenchérissent les stratèges américains.

Cela a également frappé la Chine socialiste que les États-Unis pointent toujours les autres du doigt mais que, le soir, avant d'aller se coucher, ils ne fassent jamais leur propre examen de conscience. Par conséquent, au début de ce mois, la Chine a rédigé un rapport sur la situation des droits de l'homme aux États-Unis mêmes: «Nous voulons aider les États-Unis à évaluer la situation des droits de l'homme chez eux.» Ce qui suit est un choix tiré de ce rapport.1

Violence et criminalité accablent les USA. Les États-Unis ont le taux de meurtres le plus élevé au monde. Ainsi que le plus haut pourcentage de détenus. Plus de deux millions d'Américains sont derrière les barreaux et leur nombre croît d'année en année. Dans des cellules trop exiguës, ces citoyens sont traités de façon inhumaine. En prison, on trouve également trois fois plus de malades mentaux que parmi la société américaine en général.

Pas de droits de l'homme pour les pauvres

Les élections présidentielles, le summum de la démocratie, croirait-on, ne sont réservées qu'aux riches. L'un dans l'autre, au cours de leur précédente campagne, Bush et son vice-président ont reçu 113 millions de dollars. Un record qu'ils porteront sans doute à 200 millions de dollars cette année!

La presse se voit serrer la bride par le gouvernement. Au cours de la guerre contre l'Irak, le gouvernement a tout fait pour rendre impossible toute information fiable et sans préjugés. L'armée américaine a attaqué des journalistes, bombardé une station de télévision arabe à Bagdad et abattu un caméraman.

Le fossé entre riches et pauvres, aux États-Unis, ne cesse de s'élargir. En 2002, le nombre de pauvres était passé à 34,6 millions, soit plus de 12% de la population. Les USA comptent des millions de sans-abri. Rien que dans la capitale de Washington, ils sont 20.000.

Considérées dans leur ensemble, les conditions de travail sont malsaines. La justice ne poursuit que les infractions «intentionnelles» des patrons aux règles de sécurité.

Plus de 40 millions d'Américains, soit 15% de la population, n'ont pas d'assurance maladie-invalidité. De plus en plus de gens ne peuvent même plus se payer de simple traitement médical.

Pour un même délit, Noirs et personnes de couleur sont bien plus sévèrement punis que les blancs. 750.000 Afro-Américains sont derrière les barreaux et deux autres millions sont encore soumis à l'une ou l'autre forme de contrôle juridique.

Le taux de chômage parmi les Noirs est deux fois plus élevé que parmi les blancs.

Depuis les attentats du 11 septembre, plus d'un millier d'immigrés ont été incarcérés, aux États-Unis, sans le moindre chef d'accusation et près de 500 d'entre eux sont encore détenus. Parmi ceux-ci, de nombreux jeunes et même des enfants.

Dans la pratique, hommes et femmes n'ont pas les mêmes droits. Aux deux chambres du Parlement ne siègent que 14% de femmes.

Le salaire des femmes est de 20% inférieur à celui des hommes.

La violence sexuelle et la violence des (anciens) partenaires à l'encontre des femmes constituent un énorme problème. Chaque année, on enregistre quelque 700.000 cas de violence conjugale.

Bien des enfants souffrent de la pauvreté. Treize millions de jeunes, soit plus de 10% des mineurs d'âge, sont sans toit. Aux USA, la violence et la négligence tuent plus d'enfants que dans les 26 autres pays les plus riches.

Les personnes âgées sont souvent victimes de mauvais traitements. Le pourcentage de suicides chez les vieillards grimpe sans cesse.

L'armée au-dessus des droits de l'homme

Les États-Unis imposent par la violence leur volonté à la communauté internationale. Ils organisent des agressions militaires et foulent aux pieds le droit à l'autodétermination d'autres nations.

Les États-Unis n'avaient aucun mandat de l'ONU pour attaquer l'Irak. L'armée américaine a bombardé des quartiers populaires, des centres commerciaux et des véhicules civils.

L'utilisation d'armes à l'uranium appauvri durant la guerre de 2003 et la contamination radioactive qui en a résulté ont été encore plus excessives que durant la guerre du Golfe de 1991. Les troupes américaines ont également utilisé le napalm Mark 77, interdit par l'ONU.

Dans le cadre de ce qu'ils appellent «la guerre contre le terrorisme», des milliers de personnes sont détenues depuis deux ans, à Guantanamo et ailleurs, sans autre forme de procès. Nombre d'entre elles sont torturées mentalement et physiquement.

Les États-Unis stationnent actuellement 364.000 soldats dans quelque 130 pays. Très souvent, ces soldats violent les droits de l'homme des populations locales, et il n'est pas rare que cela donne lieu à des procès retentissants.

Le rapport chinois conclut: les dirigeants des États-Unis se sont érigés en juge suprême des droits de l'homme dans le monde. Ce faisant, ils nient les différences sur le plan de la politique, de l'économie, du passé, de la culture et du développement. Ils se répandent en critiques déraisonnables émanant de leurs propres idéologie, valeurs et système. Les États-Unis sont une puissance mondiale, ils disposent d'incomparablement plus de moyens que les pays du tiers monde. Et pourtant, la situation des droits de l'homme chez eux va très mal.

Mots magiques que les «droits de l'homme», dans la bouche du président américain Bush, pour justifier guerres, invasions, coups d'Etat. Dans d'autres pays, entendons-nous bien. Des droits de l'homme chez lui, Bush n'avait pas grand-chose à dire. Aujourd'hui, c'est différent: on dispose d'un rapport.

Renée Willems
31-03-2004

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