Sandra L. Smith
Le mépris que les impérialistes américains exhibent si ouvertement pour les résolutions de l'ONU sur la Palestine et Israël et même pour leurs partenaires du soi-disant Quatuor et leur feuille de route pour la paix au Moyen-Orient, en dit long sur leurs prétentions à vouloir passer par l'ONU pour le supposé transfert de la «souveraineté politique» à l'Irak le 30 juin. Bien loin d'accepter que l'ONU soit l'arbitre de la primauté du droit international, c’est à la stratégie de l’ultimatum qu’ils recourent pour imposer leur règlement politique à l'Irak et à l'ensemble du Moyen-Orient. Au cas où l'ultimatum échoue, ils ont commencé à masser leurs forces contre la population de Najaf et se sont déclarés prêts à anéantir toute opposition par le fer et par le feu. C'est ce qu'on appelle un holocauste.
Ils ont signifié leur intention à cet effet le 22 mars lorsque les forces d'occupation israéliennes, se servant d'hélicoptères Apache fournis par eux, ont assassiné cheikh Yassine, le chef spirituel et fondateur de l'organisation de résistance palestinienne Hamas. Au sujet de cet assassinat, qui a été condamné catégoriquement de par le monde, le Hamas a déclaré dans un communiqué: «Les sionistes n'ont pas mené leur opération sans obtenir au préalable le consentement du gouvernement terroriste américain et ce dernier doit assumer la responsabilité de ce crime.» Le premier ministre d'Israël Ariel Sharon a dit que l'assassinat a été exécuté à ses ordres, qu'il ne peut pas avoir donnés sans l'approbation des États-Unis. Cela est d’ailleurs confirmé par les déclarations des États-Unis suite à l'assassinat et par leur veto à l'ONU.
À l'ONU, les États-Unis ont continué leur pratique établie de toujours, en toute circonstance, réclamer l'impunité pour les crimes de guerre et le terrorisme d'État israélo-américains. Ils ont donc opposé leur veto à la résolution du Conseil de sécurité condamnant l'assassinat. Ils ont également tenté, en vain, de bloquer l'adoption d'une résolution semblable à la Commission des droits de l'Homme de l'ONU, où ils n’ont le droit de veto. Les déclarations officielles émanant du gouvernement américain suivaient le scénario discrédité habituel: faire quelques «remontrances» à Israël mais lui accorder l'impunité dans l'agression. Les représentants du gouvernement américain ont seulement dit qu'ils étaient «troublés» par l'assassinat mais que, comme l'a dit le président Bush aux reporters, c'était nécessaire parce que «Israël a le droit de se défendre contre le terrorisme».
Les États-Unis ont cherché à faire retomber le blâme sur les Palestiniens, leur reprochant leur résistance aux crimes israélo-américains. C’était pour préparer le terrain à leur déclaration d'appui au plan Sharon. La conseillère à la Sécurité nationale, Condoleezza Rice, a dit en entrevue à l'émission Today du réseau NBC: «Il est très important que chacun prenne du recul et essaie maintenant de reprendre son calme dans la région. L'espoir d'un jour meilleur au Moyen-Orient existe toujours et certaines choses dont parlent les Israéliens [...] pourraient créer de nouvelles possibilités. J'espère que rien ne sera fait qui empêche l'émergence de ces nouvelles possibilités.»
Les provocations israélo-américaines ont été sans relâche, toujours accompagnées du même double jeu dans le discours. Sharon a menacé d'assassiner le président palestinien Yasser Arafat. La seule réponse des États-Unis à cette menace a été ce commentaire du porte-parole de la Maison blanche Scott McClellan: «Le premier ministre Sharon connaît notre point de vue. Nous avons dit clairement qu'envoyer Arafat en exile ou se débarrasser de lui par d'autres moyens ne fait pas partie de la solution à la situation au Moyen-Orient.» Ce commentaire a été suivi d'autres menaces d'assassinat et de la promotion ouverte de la politique d'assassinat, tandis qu'avait lieu le massacre de Fallujah et d'autres crimes de guerre en Irak.
Le 1er avril, Sharon, à qui le quotidien israélien Ha'aretz demandait si Arafat ou le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah était sur la liste d'assassinat d'Israël, a dit: «Je ne lui proposerais pas de se sentir protégé. Je ne proposerais à aucune compagnie d'assurance de l'assurer. Quiconque tue un juif ou envoie quelqu'un tuer des juifs est un homme dont le sang retombera sur la tête.» En réponse, les États-Unis n'ont pas, par exemple, dit que le 15 millions $ par jour qu'ils versent pour financer l'occupation de la Palestine serait immédiatement coupé. Non, un porte-parole subalterne s'est contenté de répéter qu'Israël «connaît notre point de vue».
Le lendemain, 2 avril, les forces israéliennes ont pris d'assaut la mosquée al-Aqsa, un des grands lieux saints, attaquant et détenant des fidèles pendant la prière. Le directeur de la mosquée a dit aux journalistes que les forces d'occupation ont utilisé des gaz lacrymogènes, des balles de caoutchouc et des grenades de surpression, blessant au moins 70 personnes, dont des enfants, des femmes et plusieurs journalistes. Puis, le 5 avril, les États-Unis ont commencé leurs provocations en Irak: ils ont fermé le journal al-Hawsa, émis un mandat d'arrestation contre Muqtada al-Sadr et commis un massacre à Fallujah.
Avec tout cela, est il est évident que le but d’actes provocateurs comme l'assassinat de cheikh Yassine était de préparer le terrain à des agressions encore pires et à d'autres violations du droit international et des normes de civilisations humaines par les États-Unis et leurs bourreaux sionistes. Maintenant Bush laisse savoir au monde que les États-Unis se préparent à déclencher l'holocauste au Moyen-Orient si l'ONU, les autres grandes puissances, leurs «alliés» en Irak et la communauté internationale n'acceptent pas de faire ce qu'ils veulent et que le peuple irakien ne se soumet pas. Le fait qu'ils aient massé 2 500 soldats à l'extérieur de Najaf, un des grands lieux saints de l'Islam chiite, laisse croire qu'ils pourraient attaquer cette ville pour affirmer leur «droit» de défendre leurs intérêts au Moyen-Orient s'ils n'obtiennent pas ce qu'ils veulent par la menace.
Pour les impérialistes américains, rien n'est sacré. On ne doit pas les laisser imposer la solution sioniste au peuple palestinien ou continuer l'occupation militaire de l'Irak. La classe ouvrière et le peuple du Canada doivent intensifier la lutte contre la loi du plus fort, le diktat de l'impérialisme américain. [LMLQ vol. 34 no. 47]
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Les Enfants palestiniens lancent des pierres à des jeeps israéliens |
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