La CIA et l'armée enseignent la torture

Déjà, en 1948, George Kennan, l'un des principaux personnages des Affaires étrangères et l'un des pionniers des Forces spéciales américaines, déclarait: «Nous ne représentons que 6,3% de la population mondiale. Pourtant, nous disposons d'environ la moitié de la richesse mondiale. Nous devons essayer de maintenir cette proportion. Pour atteindre ce but, nous ne pouvons nous embarrasser d'excès de sentimentalisme ou de sensiblerie.»1

Dans de nombreux pays du tiers-monde, le gouvernement américain a donc mis en place des dictateurs. Ils devaient garantir l'afflux des matières premières bon marché vers les États-Unis. Pour se maintenir en place, ces dictateurs pouvaient compter sur l'aide militaire et les instructeurs de la CIA.

Il y a eu des massacres et des tortures. La direction de l'armée EU et la CIA encouragent d'ailleurs ces pratiques. En 1966, l'état-major général de l'armée a publié un recueil de directives dans lequel on conseille aux officiers au cas où la résistance menace: «Vous pouvez recourir à la terreur sélective contre la population civile.»2 De son côté, la CIA, en 1963, a publié un manuel de 128 pages intitulé Counter-Intelligence Interrogations. On y décrit les méthodes de tortures les plus efficaces. L'ouvrage faisait partie du matériel didactique adressé aux dizaines de milliers d'officiers du tiers-monde qui, entre-temps, avaient reçu leur formation dans les académies militaires des États-Unis. En 1983, la CIA a publié une version «améliorée» de ce manuel et l'a distribuée aux chefs des escadrons de la mort au Nicaragua.

Ceux qui disent que la torture n'appartient pas au vocabulaire du gouvernement et de l'état-major militaire américains font une fameuse entorse à la vérité et à l'histoire.

Légaliser la torture

L'impérialisme américain s'est complètement déchaîné. Il n'a aucun scrupule. Il veut attaquer militairement soixante pays. Il veut disposer à sa propre guise de la totalité du Moyen-Orient. Il veut remplacer les tribunaux civils par des tribunaux militaires et légaliser la torture.

Le vice-amiral Lowell Jacoby est le chef de la Defense Intelligence Agency (DIA), les services secrets militaires. Le 9 janvier 2003,il écrit que «la lutte contre le terrorisme porte en elle des défis difficiles et uniques» et que les services de renseignements sont obligés de recourir à des «solutions agressives».

1. George Kennan, Policy Planning Study 23, State Department Washington, 1948.

2. Alexander George, Western State Terrorism, Polity Press Oxford 1991, p. 134.

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