Le débarquement en Normandie et la libération de la France

De grandioses cérémonies se sont déroulées en France, et notamment en Normandie, les 5 et 6 juin derniers pour commémorer le 60e anniversaire de ce bien tardif débarquement des troupes alliées sur le continent européen.

Ces cérémonies ont donné lieu à de multiples rencontres où l'on a pu voir ce clown burlesque de G. W. Bush s'agiter et parader, tel un gladiateur dans l'arène. C'est que, voyez-vous ma bonne dame, Monsieur Bush mène un combat titanesque contre le terrorisme dont il vient nous délivrer, tout comme ses aines sont venus nous délivrer du nazisme il y a Go ans. Une sorte de nouveau Sam-George terrassant le Dragon. Avec toutefois cette petite nuance qu'ici, le combat contre le dragon terroriste est mené par le plus cynique et le plus sadique terroriste que la Terre ait jamais porte, de mémoire de Président des États-Unis, et dont nul ne sait vraiment s'il devrait être au bagne ou enfermé dans un asile d'aliénés.

Ainsi, Monsieur G. W. Bush a-t-il profité de sa venue en Europe à l'occasion de ce 60 anniversaire pour rencontrer moult complices et larbins de tous rangs de ses innombrables crimes de guerre (Yougoslavie, Afghanistan, Irak, etc.), depuis le pape jusqu'à T. Blair, en passant par les G. Schröder, les J. Chirac, les Vl. Poutine et autres suppôts. Toutes ces tristes fripouilles sont vomis par tous les peuples de la Planète, par l'ensemble de la communauté internationale: la vraie, celle des simples gens, pas celle usurpée de leurs gouvernants-consorts. Mais passons. Là n'est pas le sujet.

Le sujet est qu'il s'est dit de part et d'autre bien des paroles grandiloquentes et hyperboliques à propos de cette libération généreuse et désintéressée de la France par nos vaillants et héroïques alliés. À ceux qui croient sincèrement que les Yankees et les Tommies ont débarqué sur les plages de Normandie en juin 1944 pour nos beaux yeux, nous voudrions rappeler ce qui suit, dont le trio Bush-Schröder-Chirac n'a soufflé mot.

Débarquement bien tardif avons-nous dit au début de notre exposé.

En effet, l’URSS a supporté pratiquement seule, tout au long deces trois longues années (de juin 91 à juin i9t4i4), le terrible fardeau de cette guerre, guerre destinée à la détruire, contre la plus formidable machine de guerre que le monde ait jamais connue: l'armée de l'Allemagne hitlérienne, mise sur pied grâce à l'aide matérielle et financière généreuse des impérialistes américains et anglais. Ensuite, les éclatantes victoires que les Forces armées soviétiques ont remportées tout au long de cette période de la guerre jusqu'au début de l'été 1944 montraient à l'évidence que l'U.R.S.S. était parfaitement en mesure, seule, par ses propres forces, non seulement de chasser l'ennemi de l'ensemble de son territoire, mais encore de libérer tous les peuples d'Europe de l'esclavage fasciste et de mener à son terme la débacle totale de l'armée hitlérienne sur le soi allemand. Mais les ambitions de devancer l'Armée rouge dans la libération des pays d'Europe, afin d'y rétablir les régimes bourgeois qui y existaient avant la guerre, obligèrent les milieux dirigeants des É.U.A. et de la Grande-Bretagne à renoncer enfin à la politique des atermoiements quant à l'ouverture d'un second front en Europe. L'Armée rouge, qui avait déjà libéré la moitié de l'Europe, prenait pied sur le sol du «Grand Reich allemand millénaire». Il fallait donc faire vite! C'est ainsi que l'on vit les troupes angle-américaine lancer enfin leur opération de débarquement en Normandie le E juin 1944-. Mais cela ne modifia pas notablement le rapport des forces en présence sur le front soviéto-allemand car, pour l'Allemagne nazie, il était infiniment plus important de résister à l'avance soviétique qu'à l'offensive anglo-américaine an Normandie.

Pourtant, le 16 décembre 1944, les troupes fascistes allemandes lancèrent une offensive d'envergure dans le secteur des Ardennes (avec 25 divisions dont 7 blindées) ayant pour objectif de porter un coup en direction de défaire les forces anglo-américaines en Belgique et aux Pays-Bas, de les rejeter à la mer et de changer ainsi le cours de la guerre en faveur de l'Allemagne. Les quatre divisions (de la 1re armée américaine du 12e groupe d'armées commandé par le général O. Bradley), qui défendaient un front de 115 km, se sont laissées surprendre par l'offensive allemande et ont dû s'enfuir dans la panique après avoir subi de lourdes pertes. Bien que les Allemands purent être stoppés, la situation demeura extrêmement préoccupante début janvier sur le front de l'ouest, au point que le Premier ministre de Grande-Bretagne W. Churchill estima indispensable de s'adresser, le E janvier 1945, au Commandant en Chef suprême des armées soviétiques I. V. Staline pour lui demander de l'aide. Bien que la préparation des troupes soviétiques ne soit pas encore achevée et que les conditions météorologiques soient défavorables, I. V. Staline accepta d'avancer de 8 jours l'offensive soviétique d'hiver en Prusse-Orientale et en Pologne qui avait été programmée pour le 20 janvier et qui commença donc le 12 janvier 1945. Par suite, le commandement fasciste allemand fut contraint de transférer, du 12 au 31 janvier 1945, 7 divisions du front de l'ouest sur le front soviéto-allemand et les armées anglo-américaines furent sauvées du désastre. Les pertes humaines (tués, blessés et disparus) de l'opération des Ardennes se sont élevées à 77000 hommes du côté des alliés et à 93 000 du côté des Allemands. Les troubadours Bush, Chirac et Schröder ont-ils évoqué cet épisode dans leurs autoflagonneries oratoires du 6 juin 2004?

Le débarquement des troupes angle-américaines en Normandie le 6 juin 1944 fut une opération gigantesque. Placées sous le commandement du général Dw. Eisenhower, les troupes alliées disposaient, début juin 1944, de 2,8 millions d'hommes, de 37 divisions, de 12 brigades autonomes (les unités de commandos), d'environ 11 000 avions de combat, de 537 bâtiments de combat et d'un grand nombre de véhicules du transport de troupes et de navires de débarquement; par contre, après ses cléfaites sur le front soviéto-allemand, le commandement fasciste allemand ne disposait plus, sur les territoires de la France, de la Belgique et des Pays-Bas, que du groupe d'armées «Ouest», commandé par le Feld-maréchal G. von Rundstedt, constitué d'à peine Li divisions fatiguées et mal équipées, de 500 avions, de 182 bâtiments de combat. C'est dire si les alliés avaient la supériorité absolue en forces et en moyens.

Il s'est trouvé que la situation internationale et militaire avait évolué de telle manière au printemps de 1944 que poursuivre l'ajournement de l'ouverture du second front faisait courir le risque certain aux impérialistes anglo-américains de voir la totalité de l'Europe libérée par les Forces armées de l'union soviétique qui en avait désormais les moyens, perspective qu'ils ne pouvaient évidemment pas accepter, d'où la hâte fébrile avec laquelle on s'est activé, à Londres et à Washington, pour mettre enfin au point une opération de débarquement sur les côtes françaises à travers la Manche avec pour objectif d'établir une tête de pont en Normandie et en Bretagne pour e ensuite libérer la partie nord-ouest de la France et mener l'offensive en direction du Rhin, puis pénétrer en Allemagne à la rencontre de l'Armée rouge après avoir forcé la ligne Siegfried. Il est bien évident que la libération de la France ne constituait nullement l'objectif final de ce plan, mais n'en représentait qu'une étape nécessaire sur la route de l'Allemagne. C'est pourquoi les tentatives des idéologues bourgeois de nous faire prendre le débarquement du G juin 1944 en Normandie pour une simple et belle épopée romantique, gratuite et désintéressée, ayant pour seul but de nous venir libérer, pour un évènement capital ayant décidé de l'issue de la guerre, relève de la plus pure imposture et s'adresse à des niais. Il faut bien comprendre que s'il n'y avait eu les batailles de Moscou (1941-1942), de Smolensk (1941), de Leningrad (1941-1942), de Stalingrad (1942-1943), de Kharkov (19{42), de Koursk (1943), de Voronej-Kastornoyé (1943), de Kiev (1943) et de tant d'autres; s'il n'y avait eu la libération de la Roumanie, de la Bulgarie, de la Hongrie, de la Slovaquie, de la moitié de la Pologne jusqu'à Varsovie, il n'y aurait jamais eu de débarquement ni de second front.

C'est ce que Monsieur J. Chirac - présentement Président de ce qui reste de la République française (bourgeoise) et dont le devoir de mémoire flanche pathétiquement - a bien regrettablement oublié de signaler à son auditoire lors de sa harangue emphatique à l'adresse de son hôte et maître le terroriste G. d. Bush. Et le voilà qui nous refait le coup de «la maison commune européenne» du sinistre scélérat M. S. Gorbatchov: «... l'Europe enfin réunifiée vit dans la paix, 1 liberté et la démocratie.. .». Le démembrement de l'U.R.S.S., puis de la Yougoslavie, de la Tchécoslovaquie, de la Russie (en cours); les foyers de tension permanente et gros de guerres potentielles à propos des Roumains et des Moldaves, des Hongrois de la Transylvanie (Roumanie), des Allemands des Sudètes (Tchécoslovaquie), de Prusse-Orientale (Pologne et oblaste de Kaliningrad) et d'ailleurs, des Turcs de Bulgarie, des Flamands et des Wallons de Belgique, etc.; c'est sans doute ce que Chirac appelle «l'Europe enfin réunifiée». Monsieur Chirac se moque du monde et nous prend pour des niais. La mise à feu et à sang, après un blocus de dix ans, de la Yougoslavie par le Fritz G. Schröder avec la complicité du pape, puis par le Yankee B. Clinton qui l'a écrasée sous ses tapis de bombes à l'uranium «appauvri», à fragmentation et au graphite durant 78 jours et 78 nuits, avec la servile complicité de son larbin notoire J. Chirac lui-même; les plus de ho millions de chômeurs, de crève-misère et de S.D.F. dans son Europe «enfin réunifiée» de l'Atlantique à l'Oural; les milliers de jeunes femmes kidnappées en Ukraine, en Russie, en Moldavie et en Roumanie par les mafias non réprimées du sexe-business, dont 80 p. 100 ont moins de 18 ans et 1/3 moins de 11-t ans (dernier rapport d’Amnesty International) pour assouvir les instincts bestiaux des soudards des bases militaires de l'OTAN au Kosovo, en Bosnie et ailleurs; c'est sans doute ce que Chirac appelle «vivre dans la liberté». Monsieur Chirac se fout du monde et nous prend pour des demeurés. En France, où sévit à présent une sorte de Gestapo des cervelles, on ne peut plus ouvrir la bouche ni tenir une plume sans se voir aussitôt traîné devant les tribunaux par toutes sortes de ligues en vertu de lois scélérates portant gravement atteinte au droit sacré de parole de tout homme et ne permettant plus d'exprimer que les seules idées conformes à la pensée officielle unique et obligatoire; en Europe «enfin réunifiée», les prisons sont pleines de prisonniers politiques basques, corses, catalans, irlandais, etc., de résistants qui se battent contre la globalisation, contre l'impérialisme et le néo-colonialisme, de combattants pour le socialisme; des régimes autoritaires fascisants tels que, par exemple, ceux de Russie, d'Ukraine, etc., où la lutte politique organisée est assimilée à de la criminalité organisée et où l'on torture à mort les prisonniers politiques dans leurs geôles; des régimes d'orientation ouvertement pronazie tels que, par exemple, ceux des républiques de la Baltique (Lituanie, Lettonie et Estonie), où l'on emprisonne les anciens combattants soviétiques héros de la Grande Guerre patriotique et oh l'on honore les pires collabos des occupants hitlériens auxquels on érige des monuments; c'est sans doute ce que Chirac appelle «vivre en démocratie». Monsieur Chirao se gausse du peuple et nous prend pour des imbéciles.

Je ne parlerai pas de la harangue du Fritz Gerhard Schröder. Il s'est carrément trompé de film.

Non, Monsieur Chirac, pour nous, la vraie libération de la France de l'occupation nazie a commencé à Moscou en 1941 et s'est poursuivie à Sinolensk, à Léningrad, à Stalingrad, à Kharkov, à Kourok, à Voronej, à Kiev, puis en Roumanie, en Bulgarie, en Hongrie, en Slovaquie, en Pologne... Votre opération tactique du débarquement du G juin 1944 en Normandie n'y a joué qu'un rôle accessoire.

Nous prolétaires de France (et de tous les pays, A.P.) n'oublierons jamais tout ce que nous devons à l'union soviétique notre plus fidèle alliée de toujours aux sacrifices sans précédents de son héroïque armée rouge, à ses plus de vingt millions de morts auxquels elle a consenti pour libérer l'Europe de la barbarie nazie. Notre reconnaissance et notre dette envers le peuple soviétique et ses valeureux dirigeants d'alors, et en tout premier lieu envers le généralissime Iossif Vissarionovitch Staline sont infinies c'est grâce à leur indomptable courage, à leur vaillance de tous les instants au combat sur tous les fronts soviéto-allemands, et au travail dans les usines et les kolkhozes de l'arrière durant ces trois longues et terribles années de guerre, de juin 1941 à juin 1944, que les alliés, qui jusqu'alors comptaient les poins, ont enfin été contraints, par l'avance victorieuse de l'armée rouge, à ouvrir ce. Satané second front (dont on disait par plaisanterie dans le peuple en U.R.S.S. qu'il doit son nom de second au rôle tout à fait secondaire qu'il a joué dans la guerre) et à aider ainsi, bien malgré eux, à la libération de la FRANCE.

Nous prolétaires de France (et de tous les pays, A.P.) n'oublierons jamais que le malheur de la guerre que la barbarie fasciste arrivent toujours dans les bagages de l'anti-communisme aussi notre devoir de mémoire à nous sera-t-il solide comme le roc nous serons vigilants.

Jacques LEJEUNE
Rédacteur-Fondateur des «Nouvelles d'U.R.S.S.»

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