400 participants à la conférence
"Bas les pattes de Cuba"
Le clou était Aleida Guevara, pédiatre et fille du Che. Comme invitée d'honneur, elle a eu la parole au meeting d'ouverture et à la grande manifestation de dimanche.
Bert De Belde
Au dernier Forum social européen à Paris, les Cubains et leurs amis ont dû se
battre pour se faire entendre. Le sommet du Forum na pas particulièrement porté
sur la révolution et le communisme et a trouvé dans l'action de Cuba contre les
75 soi-disant dissidents, en fait des mercenaires des États-Unis , u l'excuse
rêvée pour tenir le pays à l'écart. Mais à Londres, Cuba était partout, avec
quatre séminaires, deux ateliers, une Fiesta Cubana endiablée et Aleida Guevara.
C'était grâce à la Cuba Solidarity Campaign britannique, avec le soutien du
syndicat TUC, que Cuba a eu une place méritée à un forum qui veut «un autre
monde».
Sous les drapeaux du syndicat Transport & General Workers' Union dans une salle croulant sous les 5.000 auditeurs, Aleida Guevara s'est attaquée en séance plénière à l'impérialisme américain et à sa politique de guerre. «Cette année, 800 milliards de dollars sont dépensés à la guerre et à l'armement, dont la moitié pour les seuls États-Unis. Mais comme le dit Fidel Castro, toutes ces armes peuvent bien tuer des pauvres et des analphabètes mais pas l'analphabétisme et la pauvreté. Que pensez-vous d'y consacrer ce montant énorme?» Applaudissements. «Les États-Unis n'ont que les armes de destruction massive à la bouche, mais sont eux mêmes les champions des armes atomiques et biologiques. Devons-nous organiser l'invasion des États-Unis?» Applaudissements soutenus. Aleida Guevara a conclu par un appel à arrêter la guerre en Irak.
Il faut une nouvelle société
Iniciativa Cuba Socialista coordonnait un atelier et le séminaire «Bas les pattes de Cuba» qui a attiré beaucoup plus de gens que les 400 places assises. Katrien Demuynck, porte-parole d'Initiativa, a appelé à signer la nouvelle pétition pour la libération des cinq prisonniers politiques cubains aux États-Unis et pour la levée du blocus de l'Union européenne contre Cuba. Aleida Guevara a pris le relais pour contrer les attaques contre Cuba. «Les États-Unis se plaignent du "manque de démocratie" à Cuba. Mais de quelle démocratie parlent-ils? De celle qu'ils introduisent en Irak et en Afghanistan peut-être? Ou de celle de leur propre pays où 43 millions de gens n'ont pas d'assurance-maladie? Bush dit vouloir aider les enfants cubains. Mais comment donc? Avec les vaccinations qu'ils ont déjà reçues à la naissance, au contraire des enfants des États-Unis? Nous devrions peut-être l'aider à mettre sur pied des campagnes de médecine gratuite dans son pays! Et de quels "droits de l'homme" parle-t-il? Plus d'un tiers de la population mondiale souffre de la faim ou vit dans la misère. De ces droits de l'homme-là on ne parle pas!» Un jeune a demandé à Aleida si elle voyait dans les jeunes du Forum social européen la préfiguration de l'« homme nouveau». «Non, a-t-elle répondu catégoriquement, parce que pour pouvoir travailler à l'homme nouveau on a d'abord besoin d'une nouvelle société. Mais bien sûr la présence ici de tant de jeunes est un signe d'espoir.» A la question de l'exploitation de l'image de son père, Che Guevara: «Nous condamnons l'exploitation du visage de mon père par des entreprises capitalistes. Mais quand je vois la tête du Che sur le T-shirt d'un jeune activiste, je dis: voilà "Che présente", le Che est présent. Quand je le vois sur des drapeaux dans une manifestation de lutte, je sais aussi que là c'est "Che présente".»
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