" Les Problèmes Économique du Socialisme en URSS "
Par Bill BLAND, Automne 1994
Deuxième Partie
Fin
La Préparation d'un Nouveau Manuel Sur l’Économie Politique (1940-52)
Dès 1940 ou 1941, Staline avait proposé la préparation d'un nouveau manuel d'économie politique pour couvrir l'économie politique u socialisme : "En 1940 ou 1941 ... dans une déclaration non publiée, Staline a recommandé vivement aux théoriciens de mettre au point un manuel sur l'économie soviétique".77
Cependant, l'agression allemand sur l'Union soviétique en juin 1941 a empêché de mener un travail sérieux pour la préparation du nouveau manuel et "... ce n'est qu'en 1951 qu'un groupe d'économistes a été finalement chargé d'écrire le premier projet d'un manuel sur l'économie soviétique".78 Et une conférence "... de tous ceux concernés par le nouveau manuel a été convoquée en novembre 1951".79
Les matériaux de la conférence ont été envoyés à Saline, qui a écrit sur ces questions et fait quelques « Remarques », qui on circulé – d’abord confidentiellement – parmi les économistes. Certains, à leur tour, ont écrit et fait circuler des critiques aux ‘Remarques' de Staline "Les matériaux de l conférence (de 1951 - Ndr), y compris ' un Mémorandum sur les questions discutées, ont été apparemment envoyés à Staline, qui a écrit une série de « Remarques » sur ces questions, Ces remarques semblent avoir largement circulé parmi les personnes concernées ".80
La Réduction de l'Influence des Marxistes Léninistes (1925-52)
Au long des années, les marxistes-léninistes la direction du PCUS, dirigé par Staline, ont été engagés dans une lute ininterrompue contre le faux Marxisme-léninisme, le révisionnisme. Staline a mentionné cette lutte plusieurs fois, admettant que les forces révisionnistes n'avaient pas entièrement échoué dans le domaine idéologique :
"La source e cette 'disposition d'esprit', le support sur lequel elle a suri dans le Parti, est la croissance de l'influence bourgeoise sur le Parti dans les conditions de... la lutte désespérée entre les éléments capitalistes et socialistes dans notre économie nationale. Les éléments capitalistes se battent non seulement dans la sphère économique; ils essayent de porter le combat dans la sphère idéologique du prolétariat... et on ne peut pas dire que leurs efforts aient été entièrement stériles".81
Au long des années, les révisionnistes toujours cachés dans des principaux postes du Parti et de l'état soviétique ont pu, lentement mais sûrement, accroître leur influence et réduire celle des marxistes-léninistes.
Jusqu'en 1927, Staline a apporté de nombreuses contributions aux décisions et au travail du mouvement Communiste International. Après 1927, les révisionnistes cachés ont réussi à réduire ces contributions. Pour essayer d’accorder ce fait avec le mythe révisionniste de Staline exerçant des pouvoirs dictatoriaux tant au sein du PCUS qu’au Kominterm, l’explication suivante a été avancée selon laquelle "... Staline ne partageait pas la conception de Lénine sur la question du Communisme International".82 Bien que le Comité Central du PCUS ait annoncé en 1946 la publication des Oeuvres de Staline en 16 volumes, la publication en Union soviétique a été interrompue en 1949 au Volume 13, couvrant la période allant jusqu’en 1934.83
En octobre 1952, les révisionnistes ont réussi à imposer la « rétrogradation » de Staline de la position d’unique Secrétaire général du Comité Central du PCUS en partageant la fonction entre plusieurs Secrétaires : "Le 3 avril 1922 le Plénum du Comité Central, sur recommandation de Lénine, élit Staline Secrétaire général du Parti; Staline a servi à ce poste jusqu'en octobre 1952 puis jusqu'à la fin de sa vie il occupa le poste de Secrétaire du Comité Central".84 "Staline a cessé d'être le Secrétaire général du Comité Central. Il avait perdu tous les pouvoirs spéciaux qui... le mettait au-dessus des autres membres du Secrétariat du Comité Central".85
Cette limitation de l'influence de Staline a été cachée dans une certaine mesure par « le culte de personnalité » que les conspirateurs révisionnistes cachés avaient créé autour de Staline. Ainsi les analystes conséquents remarquaient : "En 1950 et 1951 le pouvoir de Staline a été limité".86 Et cela jusqu'à ce que Staline soit devenu pratiquement ce que l'Américain William McCagg jr appelle « le Prisonnier du Kremlin »
Les comptes rendus de l'Ambassade de Moscou (des États-unis -Ndr) font actuellement ressortir fortement l'image 'd’un Staline prisonnier'.87 Ce sont ces circonstances qui permitrent aux révisionnistes caches de faire adopter la décision attribuant au prochain 19ème congrès du PCUS, fixé pour s'ouvrir le 3 octobre 1952 le rôle principal, non pas au marxiste-léniniste conséquent qu’ était Staline, mais au secrétaire Georgi Malenkov, qui n’était pas un conspirateur révisionniste, mais une personne qu'ils pensaient utiliser comme un outil inconscient a l’étape suivante de leur conspiration pour détourner le parti de la voie de la construction et de la défense du socialisme : "Rompant avec une longue tradition issue des années vingt, ce ne fut pas Staline qui présenta le compte rendu du Comité Central et il ne participa pas aux débats".88
Staline lui-même était assis à une tribune isolée pendant les débats et n’est pas intervenu jusqu’à son bref discours de clôture".89 "Staline était dans un isolement total... Il est seulement apparu au congrès à l’occasion de l'ouverture et aux sessions finales".90
Les Problèmes Économique du Socialisme en URSS "de Staline (1952)
Dans ces circonstances difficiles, les marxistes léninistes soviétiques ont décidé de frapper un coup contre le révisionnisme en publiant, à la veille même du congrès, les contributions de Staline à la discussion sur le projet du manuel sur l'économie politique :
Ainsi, au Congrès, malgré la rétrogradation de Staline « Le rôle de star et le plus important a été tenu par Staline et il a été tenu non pas pendant le congrès, mais avant qu'il ne commence... Staline a réalisé un nouveau coup « de maître », quelques jours avant que les délégués se soient réunis à Moscou, Il a complètement volé la vedette au Congrès, ce qui était évidemment le but recherché »91 « Les Problèmes Économiques de Socialisme en URSS » furent révélés au monde le 3 et 4 octobre, dans deux éditions complètes de la Pravda. Et le 5 octobre le 19ème Congrès du PCUS se réunissait »92
Cet article n’a pas pour but de réaliser une analyse détaillée des « Problèmes Économiques ». Il se focalisera simplement sur son thème central, dans lequel Staline "... Attaque fortement les tendances pro-capitalistes en URSS".93
Problèmes Économiques : première partie
La première partie des ‘Problèmes Économiques de Socialisme en URSS’, datée du 1er février 1952, regroupe les contributions de Staline à la discussion sur le projet du manuel sur l'économie politique. Ses points les plus importants sont : Premièrement, en opposition avec Leontiev, Voznesensky et d'autres – (voir les pages ci-dessus sur 1, 7) – il affirme le caractère objectif de lois économiques sous le socialisme :
" Certains camarades nient le caractère objectif des lois de la science, et en particulier des lois de l'économie politique sous le socialisme. Ils nient que les lois de l'économie politique reflètent la régularité des processus qui se produisent indépendamment de la volonté humaine. Ils estiment que, étant donné le rôle particulier que l'histoire réserve à l'État soviétique, celui-ci, ainsi que ses dirigeants, peuvent abolir les lois existantes de l'économie politique, peuvent « élaborer » et « créer » des lois nouvelles. Ces camarades font une grave erreur. Ils confondent visiblement les lois de la science reflétant les processus objectifs dans la nature ou dans la société, qui s'opèrent indépendamment de la volonté humaine, avec les lois édictées par les gouvernements, créées par la volonté des hommes et n'ayant qu'une force juridique. Mais il n'est point permis de les confondre. Le marxisme conçoit les lois de la science, – qu'il s'agisse des lois de la nature ou des lois de l'économie politique, – comme le reflet des processus objectifs qui s'opèrent indépendamment de la volonté humaine. Ces lois, on peut les découvrir, les connaître, les étudier, en tenir compte dans ses actes, les exploiter dans l'intérêt de la société, mais on ne peut les modifier ou les abolir. A plus forte raison ne peut-on élaborer ou créer de nouvelles lois de la science. ".94
Comme l'économiste britannique Peter Wiles le remarque : "C'est clairement un coup porté à Voznesensky".95
Deuxièmement, en opposition avec Voznesensky et d'autres – voire la page 7 – il nie que la loi de valeur devrait exercer une influence régulatrice sur une économie socialiste: «Tous ces faits pris ensemble font .que la sphère d'action de la loi de la valeur est strictement limitée chez nous, et que la loi de la valeur ne peut, sous notre régime, jouer un rôle régulateur dans la production.... Il est de même absolument faux de prétendre que, dans notre régime économique actuel, à la première phase du développement de la société communiste, la loi de la valeur règle les « proportions » de la répartition du travail entre les diverses branches de production. Si cela était juste, pourquoi ne développerait-on pas à fond nos industries légères comme étant les plus rentables, de préférence à l'industrie lourde qui est souvent moins rentable et qui parfois ne l'est pas du tout?.... Il nous faudrait renoncer au primat de la production des moyens de production sur la production des moyens de consommation. Et que signifie renoncer au primat de la production des moyens de production? C'est rendre impossible la montée incessante de notre économie nationale... la loi de la valeur ne peut être la régulatrice de la production que sous le capitalisme»96
Troisièmement, en opposition avec Varga et d'autres, il maintient que depuis la Deuxième Guerre mondiale la crise générale de capitalisme du monde s'était approfondie : " Le résultat économique le plus important de la Seconde Guerre mondiale, avec ses répercussions sur l'économie, a été la désagrégation du marché mondial unique, universel. Ce qui a déterminé l'aggravation ultérieure de la crise générale du système capitaliste mondial."97
Quatrièmement, en opposition avec Varga et d'autres (voir la page 5, 14), il maintient que la guerre continuera à être inévitable tant que l'impérialisme existera : " Certains camarades affirment qu'étant donné les nouvelles conditions internationales, après la Seconde Guerre mondiale, les guerres entre pays capitalistes ne sont plus inévitables... Ces camarades se trompent... L’inévitabilité des guerres reste également entière... Pour supprimer le caractère inévitable des guerres, il faut détruire l'impérialisme".98
Cinquièmement, il a suggéré des pistes pour la définition des lois économiques de base du capitalisme moderne et du socialisme. " Les principaux traits et exigences de la loi économique fondamentale du capitalisme actuel pourraient être formulés à peu près ainsi: assurer le profit capitaliste maximum... Les principaux traits et exigences de la loi économique fondamentale du socialisme pourraient être formulés à peu près ainsi: assurer au maximum la satisfaction des besoins matériels et culturels sans cesse croissants de toute la société, en développant et en perfectionnant toujours la production socialiste sur la base d'une technique supérieure..".99 Sixièmement, il a critiqué : ".... le niveau insuffisant de formation marxiste de la plupart des partis communistes des pays à l'étranger ".100
Problèmes Économiques : deuxième partie
La deuxième partie de Staline ' des Problèmes Économiques du Socialisme en URSS ', daté du 21 avril 1952, consiste en une réponse de Staline à une lettre critique de l'économiste Alexandre NOTKINE. Le point le plus important soulevé est que dans la société socialiste, les moyens de production ne sont pas des marchandises; " Les moyens de production ne « se vendent» pas à tout acheteur, ils ne « se vendent» même pas aux kolkhoz; ils sont simplement répartis par l'État entre ses entreprises.... Les directeurs d'entreprises, qui ont reçu de l'État des moyens de production, non seulement n'en deviennent pas les propriétaires, mais, au contraire, sont les fondés de pouvoir de l'État soviétique pour l'utilisation de ces moyens de production, en accord avec les plans fixés par État Les moyens de production, sous notre régime, ne sauraient aucunement être classés dans la catégorie des marchandises."101 Sauf dans le domaine du commerce extérieur : " dans le domaine du commerce extérieur, les moyens de production fabriqués pat nos entreprises conservent les propriétés de marchandises "102
Problèmes Économiques : troisième partie
La troisième partie des Problèmes Économiques de Socialisme en URSS ', daté du 22 mai 1952, est une réponse de Staline à une critique d'un économiste nommé L. D. Iarochenko, qui s'est plaint que les «Remarques » du camarade Staline « ne reflètent en quoi que ce soit le point de vue» du camarade Iarochenko.103
Dans sa réponse, Staline déclare clairement que la raison de cette omission était que "... le point de vue du camarade Iarochenko, on doit le dire n'est pas marxiste et, ensuite, qu'il est profondément erroné ".104
Dans cette section Staline aborde les points principaux suivants :
Premièrement, que les rapports de production ne fonctionnent pas toujours comme un frein sur le développement des forces productives : " Il est faux tout d'abord que le rôle des rapports de production dans l'histoire de la société se borne à celui d'entrave paralysant le développement des forces productives ".105
« Cette particularité du développement des rapports de production – passant du rôle d'entrave des forces productives à celui de principal moteur qui les pousse en avant, et du rôle de principal moteur à celui d'entrave des forces productives – constitue un des principaux éléments de la dialectique matérialiste marxiste. C'est ce que savent aujourd'hui tous les novices en marxisme. Mais c'est une chose qu'ignore, semble-t-il, le camarade Iarochenko ".106
Même sous le socialisme, explique Staline, il y a des contradictions qui surgissent entre les rapports de production et les forces productives : « Le camarade Iarochenko se trompe quand il soutient que sous le socialisme il n'existe aucune contradiction entre les rapports de production et les forces productives de la société. Certes, nos rapports de production connaissent actuellement une période où ils correspondent pleinement à la croissance des forces productives et les font progresser à pas de géant. Mais ce serait une erreur de se tranquilliser et de croire qu'il n'existe plus aucune contradiction entre nos forces productives et les rapports de production. Des contradictions, il y en a et il y en aura certainement, puisque le développement des rapports de production retarde et retardera sur celui des forces productives. Si les organismes dirigeants appliquent une politique juste, ces contradictions ne peuvent devenir antagoniste... Il en ira autrement si nous faisons une politique erronée comme celle que recommande le camarade Iarochenko. ».107
Deuxièmement, que sous le socialisme les rapports de production ne sont pas absorbés par les forces productives : " Le camarade Iarochenko, on le sait, a déjà liquidé les rapports de production sous le socialisme en tant que domaine plus ou moins indépendant, faisant entrer le peu qui en subsistait dans l'organisation des forces productives ".108 Si c'était ainsi, dit Staline, nous devrions avoir "... un régime socialiste qui n'a pas sa base économique. C'est une chose plutôt comique. . ..."109
Troisièmement, que l'économie politique du socialisme ne peut pas être réduite à l'organisation rationnelle des forces productives : " Le camarade Iarochenko réduit le problème de l'Économie politique du socialisme à celui de l'organisation rationnelle des forces productives, en faisant table rase des rapports de production.... et en isolant de ceux-ci les forces productives. Il s'ensuit qu'au lieu d'une économie politique marxiste, le camarade Iarochenko nous propose quelque chose dans le genre de la « Science générale de l'organisation» de Bogdanov ".110
Quatrièmement, que la transition du socialisme au communisme exige plus qu'une organisation rationnelle des forces productives : "Le camarade Iarochenko ramène les problèmes de l'économie politique du socialisme aux problèmes de l'organisation rationnelle des forces productives, aux problèmes de la planification de l'économie nationale, etc. Mais il se trompe gravement. Les problèmes de l'organisation rationnelle des forces productives, de la planification de l'économie nationale, etc. sont l'objet non pas de l'économie politique, mais de la politique économique des organismes dirigeants. Ce sont deux domaines différents qu'on ne doit pas confondre... L'économie politique étudie les lois du développement des rapports de production entre les hommes. La politique économique en tire des conclusions pratiques, les concrétise et s'en inspire dans son activité quotidienne".111
En fait, "... pour avancer réellement sur la voie de la transition au communisme, au moins trois conditions préliminaires principales doivent être satisfaites".112 Ces conditions sont : "1...non pas une « organisation rationnelle » mythique des forces productives, mais la croissance ininterrompue de toute la production sociale, en donnant la priorité à la production des moyens de production. 2... par étapes successives... Lever la propriété kolkhozienne au niveau de la propriété du peuple entier et substituer, également par étapes successives, le système de l'échange des produits à la circulation des marchandises, afin que le pouvoir central, ou quelque autre centre socio-économique, puisse contrôler l'ensemble de la production sociale dans l'intérêt de la société. 3. ... assurer un progrès culturel de la société qui permette à tous ses membres de développer harmonieusement leurs aptitudes physiques et intellectuelles ".113
Iarochenko s’oppose à la définition de la loi économique fondamentale du socialisme proposée par Staline sur la base qu’ "... elle n’est pas basée sur la primauté de la production, mais sur la primauté de consommation".114
Objection à laquelle Staline répond : il serait faux de parler, du primat de la consommation sur la production, ou de la production sur la consommation, car la production et la consommation sont deux domaines tout à fait distincts... Le camarade Iarochenko ne comprend évidemment pas qu'il s'agit ici non du primat de la consommation ou de la production, mais du but que pose la société devant la production sociale ... sous le socialisme. Le camarade Iarochenko... oublie que les hommes produisent non pour produire, mais pour satisfaire leurs besoins. Aussi, rien d'étonnant si, en même temps que l'homme considéré comme but de la production socialiste, disparaissent dans la « conception» du camarade Iarochenko les derniers vestiges de marxisme.115
Staline tire les conclusions suivantes à la fin de la troisième partie des Problèmes Économiques : "1) Les doléances du camarade Iarochenko à l'adresse des dirigeants de la discussion sont sans objet, car les dirigeants de la discussion, qui étaient des marxistes, ne pouvaient refléter, dans les documents qui font le point de la discussion, le « point de vue » non marxiste du camarade Iarochenko. 2) La demande du camarade Iarochenko d'être chargé d'écrire Économie politique du socialisme ne peut être prise au sérieux".116
Problèmes Économiques : Quatrième partie
La quatrième et dernière partie des Problèmes Économiques de Socialisme en URSS, datée du 28 septembre 1952, est une réponse de Staline à une critique des économistes A. V. SANINA et Vladimir G. VENGER.
Premièrement, en opposition avec Sanina et Venger, Staline réaffirme la position exposée dans la première partie - voir la page 25 – sur le caractère objectif des lois économiques sous le socialisme : " Le marxisme estime que les lois de l'économie politique du socialisme sont le reflet, dans les cerveaux des hommes, des lois objectives, existant en dehors de nous ".117
Deuxièmement, contrairement à Sanina et Venger, Staline maintient que le principe de la propriété agricole collective ne doit pas être ramené au niveau de propriété publique en vendant les moyens de production de base aux fermes collectives: " Exiger que les S. M. T. soient vendues en propre aux kolkhoz? Cela signifie faire subir aux kolkhoz des pertes énormes, les ruiner, compromettre la mécanisation de l'agriculture, ralentir la cadence de la production kolkhozienne... Il en résulterait, premièrement, que les kolkhoz deviendraient propriétaires des principaux instruments de production, c'est-à-dire qu'ils se trouveraient placés dans une situation exceptionnelle... les entreprises nationalisées elles mêmes ne sont pas chez nous propriétaires des instruments de production. ... cette situation ne pourrait qu'éloigner la propriété kolkhozienne de la propriété du peuple entier et aboutirait à nous éloigner du communisme, au lieu de nous en rapprocher ".118
Au contraire, Staline répète la proposition faite plus haut que la propriété agricole collective devrait graduellement être élevée au niveau de propriété publique en provoquant un échange direct de produits entre les fermes collectives et l'industrie d'état : " Pour élever la propriété kolkhozienne au niveau de propriété du peuple entier, il faut que les excédents de la production kolkhozienne soient éliminés de la circulation des marchandises et intégrés au système d'échange de produits entre l'industrie d'Etat et les kolkhoz... Ce système, en restreignant la sphère de la circulation des marchandises, aidera à passer du socialisme au communisme ".119
Le 19ème Congrès du PCUS (1952)
Comme il a été dit, le 19ème Congrès du PCUS s’ouvre le 3 octobre 1952 – un jour après la publication ‘des Problèmes Économiques de Socialisme en URSS’.
Le travail de Staline a dominé les mesures prises et les décisions du congrès : "En octobre 1952, la position pro-industrie lourde de Staline défendue dans ' les Problèmes Économiques de Socialisme ‘... a été à nouveau validée comme politique officielle. '' Ce secteur devait croître de 13 % par an au cours du cinquième Plan Quinquennal et le secteur 'B' de 11 %."120
Et dans son compte rendu au Congrès, le Secrétaire du CC Georgi Malenkov approuve la critique par Staline des vues révisionnistes de Voznesensky - toujours sans mentionner le nom de ce dernier. " la démonstration par le camarade Staline du caractère objectif de lois économiques est d’une importance fondamentale... Profondément erronée est l’affirmation que les lois de développement économique peuvent être créées ou supprimées... la négation du caractère objectif des lois économiques est la base idéologique de l’aventurisme dans la politique économique, de l’arbitraire complet dans la direction économique ".121
La Critique Publique des Vues Économiques de Voznesensky (1952)
Dans la situation politique crée après la publication des Problèmes Économiques du Socialisme en URSS et son approbation par le 19ème Congrès du PCUS, les marxistes-léninistes soviétiques purent rompre le silence que les révisionnistes cachés avaient été capables d’imposer autour de la critique des vues économiques de Voznesensky et de sa conduite perfide.
Le 12 et 21 décembre 1952, deux articles sont publiés dans les 'Izvestia' par le philosophe Petr FEDOSEYEV exaltant le dernier travail de Staline. Le 24 décembre 1952 un nouvel article est publié dans 'la Pravda' par le rédacteur en chef du journal, Mikhaïl SOUSLOV. L'article reprend les conclusions de Fedoseyev et (pour la première fois depuis 1949) mentionne le nom de Voznesensky: "Sa (Voznesensky - Ndr) conception est dans son essence une reprise de la théorie idéaliste de DUHRING".122
Souslov continue en critiquant durement Fedoseyev pour n’avoir pas fait d’autocritique pour avoir partagé les vues révisionnistes de Voznesensky dans les années 1940 : "La question surgit inévitablement pourquoi il (Fedoseyev - Ndr), qui a diligemment répandu ce même point de vue idéaliste et subjectiviste sur la nature des lois économiques du socialisme, a considéré nécessaire de faire le silence sur ses erreurs... La revue 'Le bolchevik' a fait passer le livre anti-marxiste de Voznesensky ' l'Économie de Guerre de l'URSS dans la Période de la Guerre Patriotique ' comme 'la dernière contribution à la science économique soviétique '... L’attitude du Camarade Fedoseyev ne peut être interprétée que comme une dissimulation de ses erreurs, ce qui n’est pas concevable pour un Communiste ".123
L'article de Souslov présentait le texte de la résolution de Comité Central non encore publiée de juillet 1949 (voir des pages 14-15) critiquant du livre de Voznesensky et sa publicité par 'le Bolchevik'. En janvier 1953, une lettre de Fedoseyev daté du 31 décembre 1952 a été publiée dans 'la Pravda', dans laquelle il a dit :
"Je considère comme totalement correcte la critique de mes erreurs dans l’article du camarade Souslov".124
La Réhabilitation de Voznesensky (1954)
Après la mort de Staline en 1953, les nouveaux leaders révisionnistes se sont empressés de réhabiliter leurs comparses exécutés : Le 30 avril 1954, "... la Cour suprême de l’URSS a réhabilité les personnes qui avaient été jugées et reconnues coupables »125 dans ' l'Affaire de Léningrad '.
Et le 3 mai 1954, "... le Présidium du CC, le PCUS, a adopté une décision dans ce but, demandant à Nikita S. Khrouchtchev, Premier Secrétaire du Comité Central et R. A. RUDENKO, procureur Général d'URSS, à informer les activistes du Parti de Léningrad des décisions adoptées. Ce qui a été fait."126
Le Cas Abakumov (1954)
'La réhabilitation' des conspirateurs impliquait de trouver des boucs émissaires responsables de la présumée ' erreur judiciaire ' dans ' l'Affaire de Léningrad' et des ‘tortures’ qui ont arraché leurs ‘fausses’ confessions.
Ainsi, en décembre 1954 l'ancien Secrétaire d'Etat à la Sécurité de d'URSS, Viktor ABAKUMOV, passe en jugement, avec cinq de ses collaborateurs, pour avoir : ".. fabriqué le prétendu 'cas de Léningrad’... dans lequel beaucoup de fonctionnaires soviétiques et du Parti ont été arrêtés sans raisons et faussement accusés de graves crimes d'état... Les personnes faussement accusées par Abakumov et ses complices ont maintenant été complètement réhabilitées .127
« Tous les accusés ont été reconnus coupables et quatre d'entre eux (incluant Abakumov) ont été condamnés à mort et exécutés »128
La Réhabilitation de Varga (1954)
Après la mort de Staline en 1953 et l'accession au pouvoir de la nouvelle direction révisionniste du PCUS dirigée par Nikita KHRUSHCHEV, Varga : "... a été non seulement réhabilité, mais a reçu en 1954 l'Ordre de Lénine ".129
Et en 1963, on a attribué Varga "... Le Prix Lénine pour ses contributions éminentes au développement de la science marxiste-léniniste".130
Le 20ème Congrès du PCUS (1956)
Ce n'est que lors de l’infâme 20ème Congrès du PCUS en février 1956 que la « réhabilitation » des conspirateurs dans « l'Affaire de Léningrad » a été plus largement connue à partir du « discours secret » et même alors seulement, 'La responsabilité’ de la présumée 'erreur judiciaire ' est maintenant attribuée à Staline :
"Le comité Central du Parti a examiné la prétendue ' Affaire de Léningrad '; les personnes qui ont innocemment souffert sont maintenant réhabilitées. Staline a personnellement surveillé ' l'Affaire de Léningrad" '.131
L'implication de Malenkov (1955-57)
Avant 1957, le nom de Georgi Malenkov n'a pas été mentionné nulle part en liaison avec ' « l'Affaire de Léningrad » : "Dans son (Khrouchtchev – Ndr) discours secret de 1956, il n'a pas mentionné Malenkov".132
Mais après que Malenkov eut compris le vrai caractère des conspirateurs révisionnistes et se fut opposé à eux, des documents secrets internes du Parti ont commencé à l'accuser d'implication dans « l'Affaire de Léningrad ». En février 1955, "... Malenkov a dû démissionner de sa fonction de Premier ministre et peu après une circulaire interne au Parti a ouvertement accusé Malenkov de partager la responsabilité de « l'Affaire de Léningrad ».133
Cependant, "... ce n'est qu'en juillet 1957, après l'épreuve de force contre ' le Groupe Antiparti ' (Vyacheslav MOLOTOV, Lazar KAGANOVICH, Malenkov, etc. - Ndr.) que Khrouchtchev affirme catégoriquement : ' Malenkov.. Était un des organisateurs en chef de la prétendue 'affaire de Léningrad" '.134
Ainsi, 'le blâme' attribué par les révisionnistes ou « l'erreur judiciaire » dans ' l'Affaire de Léningrad ' n'est basé sur aucun fait historique. On est seulement passé d'un bouc émissaire à un autre selon les besoins tactiques changeants des conspirateurs révisionnistes.
Varga ' Les Problèmes Politico-Économiques du Capitalisme ' (1964)
En 1964 Varga publie un nouveau livre intitulé 'Ocherki po problemam politekonomy kapitalizma.'135 Dans le nouveau climat idéologique, Varga présente son travail comme une polémique contre « la déformation des sciences économiques du temps de Staline » en écrivant :
"Le livre, polémique, est dirigé contre le dogmatisme irréfléchi, qui était jusque récemment répandu dans les travaux sur l'économie et la politique du capitalisme ».136
Il y révèle que son « autocritique » n'avait pas été faite à la suite de pressions exercées contre lui en Union soviétique : "Au moment du débat, j'ai été contraint pour mettre fin à la discussion d’admettre qu'il y avait des erreurs dans mon livre. Ce n'était pas parce que des pressions ont été exercées sur moi en Union soviétique, mais à cause du « costume que l’on me taillait » dans le monde capitaliste. Particulièrement les journaux américains... l'ont utilisé pour mener une propagande antisoviétique violente. L'affirmation que j'étais pro-occidental, que je m’opposais au Parti communiste, etc. C'est devenu une question de peu d'importance de savoir qui de mes critiques ou de moi avait raison".137
Mais il reprend maintenant pratiquement tous les points qu'il avait précédemment retirés, Il dénonce même comme ' entièrement sans fondement ' la loi économique de base de capitalisme moderne avancé par Staline, qu'il avait approuvé en 1952 : "L'affirmation de Staline selon laquelle ' ce n'est pas le bénéfice moyen, mais le bénéfice maximal que le capitalisme monopoliste moderne recherche.. est entièrement sans fondement".138
Le Testament de Varga (1964)
Peu avant sa mort. Varga a écrit « Une déclaration politique intitulée « la Voie russe et ses résultats », connue comme le ‘Testament de Varga’. »139
Le document avait "... circulé sous forme de copies tapées à la machine dans la presse souterraine en Union soviétique (Samizdat), mais n’a jamais été officiellement publié".140
Selon 'le Testament' de Varga, sous la direction de Staline, la dictature du prolétariat a dégénéré en une « dictature du groupe supérieur de la bureaucratie du Parti »: La dictature du prolétariat, dont les bases théoriques ont été élaborées par Marx et Lénine, est rapidement devenue une dictature du groupe supérieur de la bureaucratie du Parti. Cela a conduit à une dégénérescence totale du pouvoir des Soviets .141 jusqu'au point où l'Union soviétique était devenue pratiquement « un état fasciste »: Bien qu'il y ait moins de tortionnaires et de sadiques dans les prisons et les camps de concentration de Staline que dans ceux d'Hitler, on peut dire qu'il n'y avait entre eux aucune différence de principe.142
Ce qui était inacceptable pour la nouvelle direction révisionniste soviétique, dans la diatribe anti-Stalinienne de Varga c’était son affirmation que, malgré « les réformes », rien n'avait fondamentalement changé et qu’un changement réel exigeait une nouvelle direction à la tête de État : Après la mort de Staline en 1953, il a semblé que des changements remarquables avaient eu lieu dans la société soviétique... Mais... la structure de la société a-t-elle été vraiment changée? On doit répondre à cette question négativement... Pour changer la situation existante dans le pays, un changement radical de la direction est nécessaire.143
La Nécrologie Révisionniste de Varga (1964)
Varga est mort le 8 octobre 1964. Sa nécrologie rayonnante, publiée dans 'la Pravda' le 9 octobre, signée par Nikita Khrouchtchev, Anastas Mikoyan et par d'autres leaders révisionnistes, décrit Varga comme : ".. un représentant remarquable de la science économique marxiste-léniniste. Les travaux d'E.S. Varga sont imprégnés de l'esprit de Parti et opposés à n'importe quelle manifestation du dogmatisme, du révisionnisme, vulgarisation ou doctrinarisme qui s’autoproclamait science dans les années du culte de personnalité".144
Conclusion
La publication en octobre 1952 des « Problèmes Économiques du Socialisme en URSS » est un important coup porte par les Marxistes Léninistes soviétiques contre l'influence croissante des idées révisionnistes dans le parti communiste de l'union soviétique.
77. Vsevolod Holubnychy: 'débats soviétiques sur les Théories Économiques: une Introduction', dans Harry G. Shaffer (Ed) : op cit.; p. 344.
78 ibid.; p. 344.
79 Timothy Dunmore: op. cit.; p. 111.
80 Ronald L. Meek: op. cit.; p. 274.
81 Joseph V. Staline : ‘Questions et Réponses (juin 1925), dans : Œuvres- Volume 7; Moscou; 1954; p. 166-67.
82 Robert H. McNeal: 'Staline: "Man and Ruler '; Basingstoke; 1988; p. 218.
83 Préface : Josef V. Staline : ' Travaux, Volume 1; Moscou; 1952; p. xi-xiv.
84 ‘Entsiklopedichesky slovar ' (Dictionnaire Encyclopédique), Volume 3; Moscou; 1955; p. 310.
85 Boris Nikolaevky : ' Pouvoir et Élite soviétique '; New York; 1965; p. 92. 1 2828
86 William 0. McCagg junior: op. cit.; p. 307.
87 William 0. McCagg, Junior: ibid.; p. 382.
88 Gabor T. Ritterspoorn : ' simplification Stalinienne et Complications soviétiques : Rapports Sociaux tendus et Conflits Politiques en URSS : 1933-1953 '; lecture; 1991; p. 219.
89 Robert H. McNeil : op. cit.; p. 209.
90 Dmitri Volkogonov : op. cit.; p. 568. 27
91 Harrison Salisbury : ' la Russie de Staline et Après '; Londres; 1955; p. 148.
92 Adam B. Ulam : ' Staline : l'Homme et Son Ère '; Londres; 1989; p. 731.
93 Kenneth W. Cameron : ' Staline : Homme de Contradiction '; Toronto ' 1987; p. 118.
94 Joseph V. Staline : ' les problèmes Économiques de Socialisme en URSS ' -septembre février 1952) (Josef V. Staline (1952) -, dans : 'Oeuvres', Volume 16; Londres; 1986; p. 289-90.
95 Peter J. D. Wiles : op. cit.; p. 106.
96 Joseph V. Staline (1952) : ibid.; p. 313, 315-16.
97 Joseph V. Staline (1952) : ibid.; p. 324.
98 Joseph V. Staline (1952) : ibid.; p. 327, 331, 332.
99 Joseph V. Staline (1952) : ibid.; p. 334, 337.
100 Ibid p. 344
101 Joseph V. Staline (1952) : ibid.; p. 350-51.
102 ibid.; p. 351.
103 ibid.; p. 358.
104 ibid.; p. 358.
105 ibid.; p. 361.
106 ibid.; p. 363.
107 Joseph V. Staline (1952) : ibid.; p. 369-70.
108 ibid.; p. 363.
109 ibid.; p. 366.
110 ibid.; p. 364-65.
111 ibid.; p. 367-68.
112 ibid.; p. 368
113 ibid.; p. 368, 369, 371
114 L. D. Iarochenko : Lettre au Politburo, CC, PCUS (le 20 mars 1952), dans : Joseph V. Staline (1952) : ibid.; p. 380.
115 ibid.; P. 380-81, 383-84
116 ibid.; p. 389-90.
117 ibid.; p. 391.
118 Joseph V. Staline (1952) : ibid.; p. 399, 400.
119 ibid.; p. 402, 403.
120 Timothy Dunmore : op. cit.; p. 114.
121 Georgi. M. Malenkov : ' compte rendu au 19ème Congrès de Partie sur le Travail du Comité Central du PCUS (b) '; Moscou; 1952; p. 139, 140.
122 Mikhail Souslov : ' concernant les Articles par P. Fedoseyev dans ' Izvestia ', le 12 et 21 décembre ', dans : ' sommaire Actuel de la Presse soviétique, Volume 6, No 50 (le 24 janvier 1953); p. 14.
123 Mikhail Suslov : ibid.; p. 14, 15.
124 Petr Fedoseyev : Lettre au Rédacteur 'de Pravda' (le 31 décembre 1952), dans : ' sommaire Actuel de la Presse soviétique, Volume 4. No 50 (le 24 janvier 1953); p. 15.
125 Archives Politiques (1990) : op. cit. p. 157.
126 ibid. p. 157.
127 Communiqué, dans : 'Pravda' (le 24 décembre 1954), dans : ' sommaire Actuel de la Presse soviétique, Volume 6, No 49 (le 19 janvier 1955); p. 12.
128 Communiqué, ibid. P. 12
129 Philip J. Jaffe : op. cit. p. 123.
130 Grande Encyclopédie soviétique ', Volume 4; New York; 1974; p. 509.
131 (Nikita S. Khrouchtchev : Discours Secret au 20ème Congrès, PCUS, dans : ' la Destitution de Staline '; Manchester; 1952; p. 24.
132 Wolfgang Leonhard: ' le Kremlin depuis Staline '; Londres; 1962; p. 177.
133 Wolfgang Leonhard - op. cit. p. 176-77.
134 Robert Conquest - op. cit. p. 101.
135 Essais sur les Problèmes Politico-économiques du Capitalisme 40
136 Evgeny S. Varga : ' les problèmes Politico-économiques du Capitalisme ' –Moscou 1968 (référencé comme ' Evgeny S. Varga (1968) 1; p. 11.
137 Evgeny S. Varga (1968) - op. cit. p. 50.
138 Evgeny S. Varga (1968) - op. cit. p. 162.
139 Philip J. Jaffe : op. cit. p. 130.
140 Philip J. Jaffe : ibid.; p. 130.
141 Evgeny S. Varga : ' testament Politique ' (1964), dans : ' Nouvelle Revue de Gauche ', No 62 (juillet/août 1970) - Evgeny S. Varga (1970) '; p. 36, 37.
142 Evgeny S. Varga (1970) - ibid.; p. 39.
Traduit de l’Anglais par le Collectif Militant Communiste (France )
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