Pour la Vérité Historique
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Plus l'humanité s'éloigne des événements de la Seconde guerre mondiale et plus leur interprétation dans les ouvrages historiques, les émissions télévisées et les publications de la presse écrite acquiert d'importance. Les narrations subjectives ou délibérément altérées des faits causent un préjudice énorme à l'éducation des jeunes générations.
La nécessité de connaître la vérité sur la guerre ressort de cette question fondamentale : « Qui est responsable du déclenchement du deuxième conflit d'envergure mondiale en l'espace d'une seule génération ? »
Les historiens d'une couleur déterminée, tout particulièrement anglo-saxons, ont une réponse toute faite : la guerre est née de la conspiration entre deux dictateurs : Hitler et Staline. Affirmer cela, c'est falsifier l'histoire réelle.
Surtout après janvier 1933, l'Allemagne d'Hitler entreprit de saper les fondements du système mis en place par les accords de Versailles. Pour obtenir des concessions et le soutien de l'Occident, Hitler se présenta comme un combattant contre le bolchevisme. Sous caution de sa future poussée contre la Russie soviétique, l'Allemagne nazie rompit le système de Versailles et partit à la conquête de territoires européens : l'Autriche, la Tchécoslovaquie, la Pologne. Piliers occidentaux de Versailles, la France et l'Angleterre livrèrent sans broncher leurs alliés à Hitler, si bien que même la déclaration officielle de guerre, le 3 septembre 1939, ne fut pas suivie d'hostilités à l'Ouest. C'est ce qu'on a appelé la "drôle de guerre".
En ce qui concerne l'URSS, elle n'a cessé de produire des efforts pour créer un système de sécurité collective en Europe afin de faire face à l'agression. Les démocraties européennes y ont répondu par l'accord de Munich, tout en faisant traîner en longueur de façon révoltante les négociations de Moscou en 1939. Dans ces conditions Staline s'est vu obligé de conclure un pacte de non-agression avec l'Allemagne. L'URSS a ainsi gagné du temps et de l'espace pour le futur conflit inévitable avec le nazisme. Le pacte a empêché la création d'un front uni contre l'URSS mais a fait naître des complications au sein du bloc agressif : le Japon n'a pas pardonné à Hitler la conclusion de ce pacte, à un moment où l'armée soviéto-mongole du général Joukov écrasait les forces japonaises qui avaient envahi la Mongolie.
L'agression allemande contre l'Union Soviétique le 22 juin 1941 a changé le caractère de la guerre. Petit à petit une coalition s'est formée entre l'URSS, la Grande-Bretagne, les États-unis et d'autres pays. La stratégie politique et militaire des principaux partenaires de l'URSS a été formulée avec le plus de franchise par le sénateur américain Harry Truman. Commentant le déclenchement de la guerre entre l'Allemagne et l'URSS, le futur successeur de F. Roosevelt au poste de président des États-unis a dit: "Si nous voyons que l'Allemagne est en train de gagner la guerre, nous devrons aider la Russie, et si la Russie est sur le point de l'emporter, il faudra que nous aidions l'Allemagne, pour qu'ils s'entretuent au maximum."
Si bien que c'est l'Union Soviétique qui a été obligée, dans tous les cas, d'apporter la principale contribution à la destruction de la machine de guerre allemande. Au moment où l'Allemagne avait quatre divisions devant El-Alamein, elle en avait plus de 180 à l'Est. Les échecs les plus cuisants de la Wehrmacht portent les noms de Moscou, Stalingrad, Koursk, Königsberg, Berlin.
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D'aucuns n'ont cessé de minimiser le rôle de ces grandes victoires de l'Armée rouge. Le jour du 60e anniversaire de la bataille de Stalingrad, le journal français "Le Monde", apparemment sérieux, a consacré, les 23 février 2003, à l'événement un article volumineux intitulé "Écho tragique de Stalingrad". Les événements étaient commentés par un ancien tankiste allemand qui avait combattu près de Voronej et de Koursk. Le journal a commis une bonne dizaine d'erreurs graves dans la description de la bataille et a même nié l'importance stratégique de Stalingrad. Les Français l'apprécieront !
Certains historiens vont même jusqu'à annoncer que les principaux vainqueurs de la guerre étaient les puissances anglo-saxonnes. Sur un point concret, ils ont raison : côté financier, ce sont les États-unis le principal gagnant.
Le sociologue 1. Wallerstein a confirmé cette circonstance de façon convaincante : "Même les guerres mondiales profitent aux capitalistes, surtout à ceux qui se mettent au service des vainqueurs et restent loin de la ligne du front, quant aux fournisseurs d'armes, ils profitent des guerres indépendamment de la partie qu'ils soutiennent".
Les États-unis et l'Angleterre ont atermoyé trop longtemps l'ouverture du second front en Europe et n'ont débarqué en Normandie que lorsqu'ils ont compris que l'URSS était capable de libérer seule toute l'Europe. Libérés des occupants par l'Armée rouge, les peuples d'Europe orientale et centrale ont écrasé eux-mêmes leurs forces réactionnaires pronazies intérieures. C'est là que réside la source de l'autorité et de l'influence politique de l'URSS dans l'Europe et dans le monde d'après guerre. ( ... )
Alexandre Droban historien, professeur des Universités
REPORTAGE de l’Agence de Presse RUSSIE RIA NOVOSTI
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