Perspectives de la Lutte Révolutionnaire en République Démocratique du Congo
MALASI KGANDU, Secrétaire Général de l'UPNAC Union des Patriotes Nationalistes Congolais
l. La RDC – État jeune, longue histoire de lutte
Selon les historiens, c'est en 1492 que le Congo est entré en contact avec l'Occident, à l'arrivée du Portugais Diégo Cao à l'embouchure du fleuve Congo, sur la côte Atlantique. Nous sommes à la fin du 15' siècle lorsque le peuple congolais commence sa confrontation avec les ressortissants d'autres pays. Un va-et-vient incessant des Européens, et des Arabe s va donner l'occasion à plusieurs Compagnies de commerce d'amasser des richesses et de la main d’œuvre gratuite.
Nous pensons principalement à la chasse à l'éléphant et au commerce honteux des esclaves.
Lorsque le roi des Belges, Léopold II obtient le titre de propriété privée du Congo à la Conférence de Berlin (1885), un vaste mouvement de déplacements, brassage des populations et de guerres va élire domicile au Congo, désormais devenu État Indépendant du Congo.
Les hommes de Léopold II prétendaient combattre l'esclavagisme, les Arabes et les Arabisés. En recourant aux Arabisés dans ce combat et infligeant des mauvais traitements aux soldats congolais de la Force Publique, l'armée Léopoldienne, va s'enliser dans des révoltes, des mutineries, de 1895 à 1908. Tout en se refusant tout amalgame entre ceux qu'il appelle « les héros de liberté perdue » et le héros de l'indépendance reconquise, notre Camarade Guy de Boeck, qui a écrit l'histoire de ces révoltes, écrit tout de même que
« La persistance de ce souvenir, souvent évoqué par la génération de ses parents et grands parents, n'est sans doute pas étrangère à une certaine agressivité de ton de Patrice Lumumba, dont le discours du 30 juin 1960 surprit beaucoup de Belges (Coloniaux compris) qui ignoraient ce qu'avait été la colonisation léopoldienne » (Guy de Boeck, 1987: 357).
2. Héros de la liberté perdue
Les héros de la liberté perdue sont les dirigeants des révoltes dont nous venons de parler, Ngorigo Lutete en tête.
Ces vaillants combattants de la liberté sont ainsi qualifiés parce que, pense Guy de Boeck,
« Si l'État Indépendant du Congo se montrait longtemps incapable de contrôler son territoire, son existence pouvait être remise en question par ses voisins, après des opérations militaires menées pour des raisons humanitaire en vue du maintien de l'ordre en ne laissant à Léopold Il qu'un État rétréci, privé d'une part importante de ses ressources naturelles, et complètement enclavés, bref, non-viable » (1987: 293).
Autant dire que dans le cas de la victoire des révoltés sur les colonisateurs Belges, la liberté n'était pas acquise, car les voisins de l'État indépendant du Congo, Allemands, Britanniques et Français écraseraient les révoltés pour se partager le territoire.
Peu avant la cession du Congo à l'État Belge, en 1908, la révolte fut étouffée et les combattants se fondirent dans les populations civiles.
L'exploitation entamée par Léopold II sous le nom de l'État Indépendant du Congo se poursuivit sous un autre nom, la colonie Belges du Congo. Cependant, la lutte du peuple congolais pour sa libération se poursuivit également, comme en témoigne le Camarade Guy de Boeck:
« Les populations dans les Monts Mitumba sont toujours insoumises, constatait l'administration en 1918. Elles accueillent les mécontents des régions environnantes, barrent les routes et empêchent les communications dans le Nord Ouest du pays. Comme les indigènes sont nombreux, il faudra un détachement important et une occupation de longue durée pour les soumettre » (1987: 288).
3. Héros de l’indépendance reconguise
Malgré des décennies de répression et d'occupation étrangères, une nouvelle génération de Congolais voit le jour dès les années 1910.
Simon, KIMBANGU fut le tout premier à revendiquer l'égalité entre blancs et noirs au temps fort de la colonisation. Il alla jusqu'à dire que le jour viendrait où le noir occuperait la place du blanc et inversement.
Ce grand combattant de la liberté créa son église, « l'Église du Christ sur la terre par le Prophète Simon KIMBANGU ».
Au Congo, la libération a d'abord été une réalité de l'esprit, car Kimbangu eut de nombreux disciples, parmi lesquels MPADI qui créa, à son tour, une église, « l'Église des Noirs en Afrique ».
C'est plus tard, dans les années, cinquante, que les politiciens ont revendiqué l'indépendance, Patrice Emery LUMUMBA, en tête. A la suite de LUMUMBA dont nous connaissons le triste sort, sont venus Pierre MULELE et Laurent Désirê KABILA.
Tous les services secrets des impérialistes se sont particulièrement intéressés à MULELE pour avoir été le premier à organiser une guerre populaire, après celles qui avaient été livrées par les héros de la liberté perdue. MULELE avait réussi à organiser la guerre populaire de 1963 à 1968 dans la province de Bandundu, à environ 500 Km de la Capitale, Kinshasa. Arrêté à Brazzaville où il rendait visite aux camarades Lumumbistes réfugiés au Congo voisin, il fut rapatrié à Kinshasa où il fut atrocement assassiné en octobre 1968.
Cependant, le Camarade Laurent Désiré KABILA poursuivit la guerre populaire dans le territoire de FIZI au Sud-Kivu où il était basé dans les Monts Mitumba.
Ayant observé la lassitude des congolais et leur raz le bol face à la dictature de MOBUTU, KABILA décida, le 26 septembre 1996, de lancer une offensive contre le régime dictatorial.
Soutenu par le peuple congolais qui l'accueillait avec joie dans sa marche vers Kinshasa, la capitale, il chassa le dictateur et balaya tout le régime le 17 mai 1997.
4. KABILA et la libération du Congo
M'zee Laurent Désiré KABILA a accédé au pouvoir suite au renversement du régime dictatorial par le peuple congolais, le 17 mai 1997.
Deux réformes ont marqué son mandat : la réforme monétaire, concrétisée par le retour au Franc Congolais et la création des Comités du Pouvoir Populaire, les CPP, en sigle, où le peuple exerce effectivement son pouvoir. Il créa deux services de relance de la production, le Service National et les Réserves Stratégiques Générales dont les produits étaient mis à la disposition de la population dans les Cantines Populaires.
A peine que la réforme monétaire et les services d'appui étaient lancés, un complot international fut monté avec les pays voisins, le Rwanda, le Burundi et l'Ouganda pour empêcher l'essor économique de la République Démocratique du Congo.
Le 02 août 1998, la guerre d'agression éclata, KABILA organisa la résistance populaire contre les agresseurs.
Désillusionnés dans leur projet de renverser KABILA en 10 jours, tout au plus dans trois mois, les agresseurs commencèrent à envisager l'élimination physique de KABILA qui échappa à 17 attentats avant d'être abattu dans son Cabinet de travail, en plein jour, le 16 janvier 2001.
KABILA est mort après avoir dirigé le Congo pendant 3 ans et 7 mois, sans avoir jamais eu recours aux institutions financières internationales. Il n'a laissé aucune dette. Au contraire son bilan peut être résume comme suit:
Très vite après la victoire du 17 mai 1997 la sécurité a été restaurée sur pratiquement l'ensemble du territorial national et notamment à Kinshasa. Pendant toute la Transition "démocratique", le taux d'inflation a été énorme et a même dépassé les 8.000 % en 1993! Kabila a réussi en une brève période à maîtriser l'inflation, les prix étaient devenus stables. L'Etat a été rétabli, les militaires, policiers et fonctionnaires ont été correctement payés, la fierté nationale des Congolais et Congolaises a été rétablie. Un Plan triennal réaliste a été adopté qui allait permettre au pays de redémarrer... Les Congolais voyaient un avenir heureux grâce à la reconstruction et grâce à la mobilisation de toutes les énergies populaires.
5. Quel avenir pour le Congo?
A la mort de KABILA, son fils, Joseph KABILA fut désigné par le noyau dur de l'entourage de feu Président de la République pour lui succéder.
Cette désignation avait étouffé les ambitions des dinosaures, les anciens dignitaires du régime déchu. Dans le même temps, elle était surtout un cadeau pour Bruxelles, Paris et Washington qui voyaient en ce jeune homme de 29 ans un jeune Président qui, au fil des années, oublierait son père, abandonnerait sa ligne politique au profit de l'argent et serait gagné à l'impérialisme.
Alors Joseph KABILA entame la gestion d'une transition politique régie par l'accord global et inclusif dès le 17 décembre 2002, après avoir négocié- la fin de la guerre. Une transition politique particulièrement difficile, car dotée de la formule 1+4, c'est-à-dire, 1 Président avec 4 Vice-Présidents de la République représentant l'ex-gouvernement, les 2 rébellions et l'opposition politique dite non armée. L'investiture du nouveau Président de la République élu démocratiquement marquera la fin de la transition au plus tard le 30 juin 2006.
Au cours de cette transition et dans l'objectif de gagner les élections, les Lumumbistes, les Mulelistes et les Kabilistes s'organisent. D'abord en partis politiques, parmi lesquels, « l’union des Patriotes Nationalistes Congolais » UPNAC, en sigle, dont le Secrétaire Général actuel est le Camarade MALASI NGANDU. Puis, en une alliance avec tous les nationalistes des associations, confessions religieuses et partis politiques. Cette alliance, qui s'appelle ANAPAT, « Alliance des Nationalistes et des patriotes », désigne désormais la famille politique Kabilistes sous la coordination du Respecté Camarade YERODIA ABDOULAYE NDOMBASI.
Pour un Congo indépendant et souverain, l'avenir demeure dans la victoire aux élections qui se préparent. Le but de l'ANAPAT est de gagner les élections présidentielles avec son candidat, Joseph KABILA et lui conférer une large majorité parlementaire afin de lui permettre de poursuivre le programme révolutionnaire mis sur pieds par Lumumba et relancé par M'zée Laurent Désiré KABILA.
Conclusion
Depuis 1960, l'UPNAC et l’ANAPAT sont les premières dénominations de regroupements de Nationalistes Congolais. En effet, le Parti de Lumumba, le Mouvement National Congolais /Lumumba, « MNC », en sigle, affichait plus un caractère unificateur que nationaliste. Avec raison, car les colonisateurs avaient suffisamment cultivé la haine parmi les Congolais par la politique de « diviser pour régner ».
Aujourd'hui, nous pouvons confirmer l'engagement des congolais, comme jamais auparavant, envers le nationalisme et le patriotisme. Le flambeau de la Révolution congolaise a été repris par le Respecté Camarade YERODIA ABDOULAYE NDOMBASI, qui le remettra aux générations montantes des révolutionnaires congolais.
Cliquez ici pour retourner au NSC Édition Française, vol. 3, #8