Guerre du Gaz entre l’Ukraine et la Russie

Dans les derniers jours de l'année 2005, la tension est brutalement montée entre l'Ukraine et Russie.

Historique de la crise

L'Ukraine est totalement dépendante de la Russie pour son approvisionnement en gaz.

Après la fin de l'URSS, elle avait continué à bénéficier de tarifs préférentiels. Jusqu'à la fin de l'année 2005, elle payait 50 dollars US par 1000 m'.

Mais depuis la "révolution orange" en novembre 2004, le nouveau gouvernement ukrainien n'a cessé d'afficher sa volonté de s'éloigner de la Russie et de se rapprocher de l'Union européenne et de l'Otan. Les relations entre Kiev et Moscou se sont dégradées et le prix du gaz est devenu un moyen de pression de la Russie sur l'Ukraine.

Gazproma annoncé qu'il voulait appliquer à l'Ukraine le prix du marché européen (230 dollars US). Le fait que 90 % du gaz russe exporté vers l'Europe transite parle territoire ukrainien a donné à Kiev un moyen de résister. L'Ukraine a refusé les nouveaux prix et, le premier janvier, Gazprom a cessé de l'approvisionner.

Selon la Russie, l'Ukraine se serait alors servie directement dans les gazoducs en prélevant au passage le gaz destiné à l'Europe. Ces prélèvements sauvages auraient, selon Gazprom, dépassé les 100 millions de mètres cubes.

Répercussions européennes

Des pays comme l'Autriche, la Roumanie, la Hongrie, l'Allemagne, ont immédiatement commencé à en sentir les effets.

La crise a pris alors une dimension européenne. Un groupe de coordination sur le gaz, composé d'experts des ministères de l'Énergie des pays de l'UE, s'est réuni d'urgence à Bruxelles. La compagnie russe a aussitôt annoncé qu'elle compenserait les prélèvements ukrainiens pour ne pas mettre en péril l'approvisionnement de ses clients européens, mais qu'elle "ne pourra pas le faire éternellement".

La Russie a alors officiellement demandé à l'UE d'intervenir et de faire pression sur l'Ukraine pour que celle-ci assure le transit du gaz russe vers l'Europe sans se servir "illégalement".

Une détente provisoire

L'Ukraine a rejeté toutes les accusations russes et a parlé de mensonge. Mais, le 3 janvier 2006, l'Ukraine a fini par accepter le principe d'un alignement sur le prix du marché européen.

Dans la pratique, un compromis fixe le prix réel de 1000 m’aux alentours de 95 dollars US.

Gazprom a recommencé à alimenter les gazoducs à pleine capacité. Les approvisionnements vers l'Europe ont repris un niveau normal.

Mais l'alerte a été chaude et la crise n'est pas réglée.

La Russie a montré qu'elle détient la clé d'une bonne partie de l'approvisionnement énergétique de l'Europe de l'Ouest et de plusieurs anciennes républiques soviétiques et qu'elle entendait bien en jouer. C'un élément de plus qui aiguisent les contradictions de l'instabilité internationale.

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