Condoleezza Rice intensifie les efforts de propagande contre l’Iran
Comme
nous l’avons démontré à plusieurs reprises dans notre rubrique Tribunes et
décryptage,
Constatant, le 16 février 2006, devant la Commission des Affaires étrangères du Sénat, qu’il serait difficile de convaincre le Conseil de sécurité de l’ONU de mettre en place un système de sanctions internationales contre Téhéran, la secrétaire d’État
Condoleezza Rice a demandé au Congrès les moyens d’intensifier la propagande en direction de l’Iran, afin de préparer une intervention militaire ou une opération de déstabilisation. L’administration Bush demande une rallonge budgétaire de 75 millions de dollars. Cette enveloppe devrait être principalement attribuée aux radios et télévisions iraniennes« indépendantes » émettant par satellite en farsi (50 millions de dollars). Washington devrait également financer l’opposition iranienne à hauteur de 15 millions de dollars via la National Endowment for Democracy.Ces efforts viendront s’ajouter à
ceux déjà déployés par le département de la Défense en termes de préparation psychologique au conflit et de manipulation des masses. (Illustration : Condoleezza Rice et le président égyptien Hosni Moubarak lors de leur rencontre du 22 février 2006 au Caire.Photo Xinhua/Jin Linpeng)
Sergueï
Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, a déclaré,lundi 13 février 2006,
que Moscou souhaitait que le rapport de la Commission de contrôle, de
vérification et d’inspection des Nations unies (COCOVINU) sur les armes de
destruction massive irakiennes soit soumis au Conseil de sécurité de l’ONU.
Cette déclaration est intervenue au terme de la rencontre deM. Lavrov avec
Demetrius Perricos, le président par intérim de la Commission des inspecteurs de
l’ONU.
Une telle demande n’a rien d’innocente. En effet, la fédération de Russie souhaite ainsi replacer au centre de l’attention la propagande qui a entouré la question des armes de destruction massive en Irak avant l’invasion de l’Irak par la Coalition rassemblée autour des États-
Unis. La Russie pourrait ainsi mettre en difficulté Londres et Washington au moment même où ces deux pays travaillent à la rédaction d’un projet de résolution sur le nucléaire iranien.
Cette demande intervient également au moment où les ministres des Finances du G8, organisation présidée par la Russie, travaillent à la possibilité d’étendre à « l’achat d’armes de destruction massive »les mécanismes existant de lutte contre le financement du terrorisme, comme le gel des comptes bancaires. Cette mesure est demandée par Washington qui veut l’utiliser contre Téhéran.
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