Ils l'ont tué!
On s'en doutait depuis un certain temps. La sinistre farce mise en scène à La Haye par l'Occident américain ne pouvait se terminer autrement. Le "procès du siècle" intenté au "boucher des Balkans" était acculé à une impasse. Ses promoteurs, après des années d'accusations incohérentes, ont vu leurs témoins démentis, leurs arguments réfutés, leurs charges réduites à néant. La seule issue juridiquement équitable était la relaxe de Milosevic et sa mise en liberté immédiate.
Mais le TPI n'est pas une cour de justice. C'est un instrument des vainqueurs dont la seule mission est de justifier leur guerre à la Yougoslavie. Blanchir Milosevic était infirmer les réquisitoires antiserbes et ôter toute raison à l'agression de l'OTAN. Autrement dit, se détruire soi-même. D'où le dilemme cornélien: condamner Milosevic était une injustice flagrante, mais l'innocenter était une impossibilité politique.
Dans ce genre de piège, on a recours à la solution classique du matheux aux abois : incapable de résoudre un problème, il déchire le papier sur lequel le problème est écrit.
Les maîtres du TPI ont, de toute évidence, décidé d'en finir de cette façon, en supprimant tout simplement le sujet de leur embarras. Une façon expéditive de sauver la face en évitant de prendre une décision.
L'ont-ils fait de manière active, en "aidant" Milosevic à disparaître, ou de manière passive, en le laissant mourir par manque de soins? L'ont-ils directement assassiné, ou indirectement achevé en l'accablant d'un stress insupportable et en lui refusant les traitements appropriés ? Peu importe. Le résultat est là. Ils s'en sont débarrassés. Par exécution rapide ou par usure lente, ils sont responsables de sa mort.
Une mort bien douteuse. Sentant le besoin de l'expliquer, ils ont inventé de folles hypothèses.
Le prisonnier se serait suicidé. Absurde, quand on a connu la farouche détermination avec laquelle il voulait confondre ses accusateurs.
Il aurait refusé de se soigner. Grotesque, quand on sait à quel point il avait besoin d'énergie pour se battre.
Il se serait volontairement rendu plus malade en absorbant un produit contre-indiqué. Délirant, parce que supposant un machiavélisme invraisemblable et surtout comportant des risques qu'il n'aurait jamais courus dans sa situation.
Pitoyables échappatoires. On salissait le vivant, on crache sur le mort. Cela ne prouve que la bassesse de la venimeuse gargouille déguisée en procureur et des cyniques "justiciers" qui l'emploient.
En fin de compte, si cette mort les soulage, elle met à nu la pourriture de leur tribunal. L'autopsie de l'ex-président n'a rien révélé d'autre.
Mais comme le dit Raymond Kent (en p. 7), c'est l'autopsie du TPI qu'il faudrait faire. Et vite. Parce qu'en fait de cadavre, il commence vraiment à sentir mauvais.
Louis Dalmas
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