La Russie en Lutte

Nous N'Oublierons Pas, Nous Ne Pardonnerons Pas!

Article publié dans le journal russe "Rabotché-krestyyanskii Serp i molot", no 12 (105), octobre 2006

Les événements de 13 ans d’ancienneté, de septembre-octobre 1993, resteront pour toujours dans la mémoire non seulement des citoyens de l'union soviétique, mais également des gens du monde entier comme l'un des plus grands crimes du XXe siècle.

La période d'août 1991 à octobre 1993 se caractérise par la concentration du pouvoir entre les mains des protégés de la néo-bourgeoisie et par la lutte pour le pouvoir entre la moyenne et la grande bourgeoisie. Par suite du passage forcé au capitalisme, ou «thérapie de choc» - privatisation massive des entreprises industrielles, des biens immobiliers, des sources de matière première et d'énergie, des fonds de terre agricole - la propriété commune du peuple a été transformée en propriété privée des éléments criminels et de l'ancienne nomenklatoura du P.C.U.S.

C'est à partir de 1993 qu'a eu lieu en Russie la formation du capital monopolistique d’État, processus de concentration des finances entre les mains de certaine groupes et personnages avec constitution de holdings financiers.

Le capital monopolistique d’État a écrasé en force le moyen business et le petit patronat. La fusion des élites économiques et politiques de la contre-révolution criminelle a commencé avec précipitation. La formation des groupes industriels et financiers et de l’oligarchie financière s’est accompagnée de regroupements permanents à l'intérieur de la bourgeoisie économiquement dominante, ainsi que d’une lutte d'influence non seulement dans la sphère économico-financière, mais également dans le système politique de la société. Extérieurement, cela s'est manifesté par des querelles entre les instances du pouvoir exécutif (Président, Premier ministre) et législatif (Soviet suprême de la F.R.).

À l'automne, les contradictions entre ces deux clans de la bourgeoisie ont atteint leur apogée et ont pris la forme d’une contradiction ouverte. Le Décret yeltsinien no 1400 du 19 septembre 1993 relatif à la cessation de toute activité des Soviets de tous niveaux a porté un coup non seulement au principe même du Pouvoir soviétique en Russie, mais également à la bourgeoisie nationale avec son quartier général au Soviet suprême de la F.R.

Après la promulgation du Décret yeltsinien no 1400, dos volontaires ont commencé à affluer à Moscou de tous les coins de l'Union soviétique pour défendre la Soviet suprême de la R.S.F.S.R. (comme il s'appelait encore conformément à la Constitution toujours en vigueur à cette période), pour défendre les principes du Pouvoir soviétique.

Les volontaires visaient un seul but: le renversement du régime antipopulaire yeltsinien et la défense du Pouvoir soviétique qu'incarnait le Soviet suprême de la R.S.F.S.R. Plus précisément, les fondements du Pouvoir soviétique et non pas tel ou tel personnage de sa composition, dans leur écrasante ma majorité tous autant contre-révolutionnaires que Yeltsine et son entourage. Toute la différence entre eux ne résidait qu'en ce que Yeltsine et son équipe représentaient les intérêts du grand capital monopolistique déjà constitué à ce moment-là, tandis que les personnages qui composaient le Soviet suprême représentaient les intérêts de la petite et moyenne bourgeoisie. C'est précisément ce «Soviet suprême-là qui a nourri Yeltsine, tout en démolissant l'Union soviétique, et qui a provoqué la «suite de souverainetés» des républiques fédérées jusqu’alors républiques sœurs puis qui a hissé à son mât le drapeau tricolore blanc-bleu-rouge qui n'a jamais été le symbole de l'État russe, mais qui a été le drapeau politique de l’«Union du peuple russe» (de la Sotnya noire'), puis le symbole des bandes de gardes blancs, depuis la «Ligue militaire» jusqu'à l’Union interarmes de Russie», ainsi que de l’Union populaire du travail» (NTS suivant son sigle russe) des solidaristes 2~ pour enfin devenir, sur ordre personnel de Hitler à la Conférence de Prague en septembre 1944, le drapeau de combat de la Légion orientale des troupes SS, c’est-à-dire de l’armée du traître Vlassov. Ce drapeau, avec la masse des autres drapeaux des troupes fascistes pris à l’ennemi, a été jeté en dernier au pied du Mausolée lors de la Parade de la Victoire sur la place Rouge à Moscou.

La direction du Soviet suprême comprenait-elle dans quel but les volontaires étaient-ils venus à Moscou et quelles valeurs se proposaient-ils de défendre? Bien sûr qu'elle le comprenait. Mais elle craignait beaucoup plus les défenseurs du Pouvoir soviétique que Yeltsine son opposant, Son opposant précisément, mais pas son ennemi. Ennemi, Yeltsine l'était des Soviétiques, au même titre, à propos, que l'étaient les membres eux-mêmes du Soviet suprême. Une même attitude existait également de la part de la direction du Soviet suprême envers les défenseurs de celui-ci, c'est-à-dire envers les homes du régiment du Soviet suprême.

La vague de manifestations protestataires qui a déferlé dans toutes les villes de Russie a placé Yeltsine en état de choc: le maître du Kremlin et son entourage étaient prêts à fuire Moscou où ils ont passé plusieurs jours dans l’un des aéroports de la capitale à côté de l'avion présidentiel prêt à décoller, Renverser le régime yeltsinien ne posait pas de problème durant toute la première Semaine de la confrontation: il n'était besoin pour cela que de volonté politique, de résolution et de désir de renverser ce régime. Mais ni la direction du Soviet suprême ni le Soviet suprême lui-même ne possédaient les qualités nécessaires.

L'inaction criminelle de la direction du Soviet suprême et son refus d'armer le régiment de volontaires ont offert aux yeltsiniens le répit nécessaire pour analyser la situation, regrouper les troupes, former et équiper les groupes d’assaut et porter un coup aux défenseurs sans armes du Soviet suprême.

Il ne servirait de rien d'exposer une nouvelle fois la chronologie des événements tragiques de septembre-octobre 1993; Il en a déjà été parlé plus que suffisamment, encore que pas toujours honnêtement. On a bien parlé des chants, mais on n’a pas dit un mot du fait que la direction du Soviet suprême a considéré les soldats de la levée en masse comme une monnaie d’échange dans son marchandage avec les yeltsiniens.

La politique temporisatrice perfide du Soviet suprême et de sa direction et leur espoir de parvenir à marchander toute une série de concessions pour eux-mêmes par voie de négociations avec le pouvoir exécutif ont conduit à, des pertes de temps, tandis que le refus de la direction du soviet suprême de la F.R. d’armer les soldats de la levée en masse a offert la possibilité aux troupes d'assaut de Yeltsine de procéder à une action répressive sanglante sans livrer combat.

Après avoir mis des milliers de défenseurs du Soviet suprême sans armes sous le feu des canons et mitrailleuses de chars - même 13 ans après, le nombre de tués n'est toujours pas connu avec précision (le régime criminel camoufle soigneusement les traces de ses crimes) - pratiquement tous les «personnages» du Soviet suprême de la P,R, , qui immédiatement, qui , au bout d'un certain temps, se sont trouvé quelques niches confortables et bien payées dans les structures du pouvoir du régime antipopulaire À présent, ils prospèrent, mais le peuple sait que leurs mains ne sont pas moins ruisselantes de sang des défenseurs du Soviet suprême que celles des agents yeltsiniens de la répression,

Il n'existe pas de délai de prescription pour de tels crimes. Le temps viendra où tous les traîtres à la Patrie soviétique, au peuple soviétique, auront à répondre devant le Tribunal du peuple.

La mise du Soviet suprême sous le feu des canons de chars a dispersé les restes d’illusions même chez les plus naïfs et les plus crédules, et a mis à nu la véritable nature du régime contre-révolutionnaire, de sa démocratie».

Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts durant les treize années qui se sont écoulées depuis ces journées tragiques. Le jeu de cartes de la direction politique du pays est battu. Yeltsine s'est définitivement discrédité aux yeux tant de notre peuple que de toute l'opinion publique mondiale, enveloppé dans les garanties constitutionnelles de son immunité personnelle, envoyé à la «retraite» et remplacé par Poutine, extérieurement plus attrayant pour les petits bourgeois. À la place du Soviet suprême, on a créé la Douma d’État comme organe législatif de l'État. Cependant, la nature politique du régime n’a pas changé: il demeure tel qu'il fut, le valet du capital américano-sioniste.

À notre grand regret, il y a encore loin à ce que tout le monde comprenne qu'aucun tapage parlementaire ne changera la situation de notre peuple dans le bon sens. Tout en dépensant d'énormes moyens, du temps et de l'énergie dans les campagnes électorales, nous créons nous-mêmes les conditions du règne sans partage du régime en place qui nous mène par le bout du nez. Quant aux leaders des partis qui se font appeler communistes, qui appellent à voter pour eux en période de campagne électorale et qui promettent des changements sociaux à leurs électeurs, ce ne sont rien de plus que des hypocrites et des traîtres à l’idée communiste qui ne se soucient que de leur bien personnel, mais nullement du sort de notre peuple.

Quelle issue avons-nous alors? Une seule: LA DICTATURE DU PROLÉTARIAT dont la conquête n'est possible que par LA RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE. Par conséquent, nous n’avons également qu’ une seule tâche; préparer le terrain pour la révolution prolétarienne, réveiller la conscience révolutionnaire de la classe ouvrière, la préparer aux batailles de classe qui s’annoncent,

On a envie de croire que le sang des défenseurs du Pouvoir soviétique n’a pas été versé en vain, que leur exploit deviendra un exemple du service à toute épreuve du peuple laborieux, qu'il incitera à la lutte les futurs combattants pour la renaissance du Pouvoir soviétique, pour la renaissance de notre Patrie, l'Union des Républiques socialistes soviétiques.

Que le souvenir des héros tombés dans la lutte pour le Pouvoir soviétique vive éternellement!

Vive LA. RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE qui s’avance!

A. 1. IZYOUMOV, assistant de la Secrétaire générale du C.C. du P.C.B.tUS

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