URSS
Tous nos malheurs viennent de la perte de l'URSS

Les gouvernants russes actuels appellent la Russie d'Eltsine «la Grande Russie», ils ne font pas que le dire, mais tentent d'imposer leur avis à tous. Est-ce en fait la réalité? Bien sûr que non.

Oui, la Russie soviétique était la Grande Russie. Même les É-U en tenaient compte. Mais Eltsine et Poutine par notre silence et l'inaction plébéiens et d'esclave ont transformé notre ex-Grande Russie en un État sans autorité et de seconde zone. Non seulement les régimes factieux des républiques baltes n'en tiennent pas compte, mais ils dirigent aussi les républiques de la CEI, en particulier celles de la Géorgie de Saakachvili, de l'Ukraine de Youtchenko, inventées par Eltsine et par les Eltsiniens, les appelant «indépendantes».

Mais le khan turkmène, appelé turkmenbachi, se moque sans aucune vergogne des citoyens russes qui de leur temps ont joué un rôle déterminant dans la création de la base puissante économique et culturelle de la RSS de Turkménie. Cela vient surtout de la part de ce khan turkmène aux Russes qui habitent au Tadjikistan et qui sont forcés, à cause de la destruction de l'URSS, de passer en chemin de fer à travers son domaine.

Turkmenbachi, sur son domaine, au croisement de la frontière, a établi un régime inique de visa. Il est étonnant que le citoyen, prenant le train Douchambé Moscou avec un aller-retour, soit autorisé à passer s'il est muni d'un passeport du KPP turkmène. Mais le citoyen ayant un passeport russe est débarqué du wagon par les garde frontière turkmènes et est renvoyé en sens inverse. Ici, on n'abaisse pas seulement la «grandeur» de la Russie, mais, avant tout, les citoyens russes possédant un passeport russe souffrent, puisque les Turkmènes ne reconnaissent même pas leur passeport. Ils expliquent cela par le fait qu'entre le Tadjikistan et le Turkménistan a été conclu un accord sur le régime des visas. Il s'ensuit que le président du Tadjikistan manifesta le souci de ses concitoyens. Et qu'en est-il du président de la Russie Poutine vanté par tant de gens, pourquoi n'a-t-il pas fait de même pour les Russes?

Pourtant, regardez ce qui se passe! Dans la deuxième quinzaine de mars, je fais en train Moscou Douchambé, lorsque 18 personnes, presque tous citoyens russes allant par ce train et sans visa tadjik, furent contraintes de descendre du train à la gare de Karchi juste devant le territoire turkmène et de faire le tour du domaine en taxi jusqu'à la gare de Termez, ayant pour cela emporté beaucoup d'argent. Et à Termez, déjà le jour suivant, ils reprirent notre train pour aller plus loin avec leur billet.

Dans notre wagon, il y avait un invalide de la Grande Guerre Patriotique revenant d'une cure à Moscou qui se déplaçait avec des béquilles et à grand peine. Il avait un passeport russe, mais les garde frontière tadjiks exigèrent de lui un visa tadjik, visa qu'il n'avait pas. Ils lui enjoignirent alors, pour cette raison, de descendre du train, malgré sa carte d'invalide du VOV et ses certificats d'hospitalisation. Ces documents n'ont provoqué aucune réaction sur les gardes-frontière turkmènes. Il y eut un grand scandale. Les garde-frontière prirent ses documents, emmenant avec eux le responsable du wagon, ils sortirent. Le responsable du wagon à son retour raconta que le chef de train et lui-même ont été envoyés au KPP où on les a forcés à expliquer pourquoi ils avaient installé l'invalide dans le train. À cause de cet incident notre train a été retenu trois heures sans donner le départ.

Alors que fait-on, messieurs darnes? Pourquoi se moque-t-on de nous, qui le veut, comment le veut-on?

La réponse est simple. Parce que nous supportons tout en silence. Et la Russie? Tant que des Poutine la gouverneront, elle restera un pays sans autorité. Aurait-il été possible d'avoir un tel sentiment vis-à-vis de nous à l'époque de Staline? Bien sûr que non. La Russie était alors véritablement grande parce qu'elle avait posé les bases d'un État puissant sous le nom d'Union des républiques soviétiques socialistes. Voilà ce que nous avons perdu avec vous. Et de là découlent tous nos malheurs.

N. POLTAVSKI
Douchanbé

Rabotchié Krestianskaïa Pravda 17.6.2006
Traduction Simone PIREZ
DOSSIERS DU B.I.P.

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