République Tchèque: 70 à 80 % de la population contre les projets militaires US
Les États-Unis projettent d’installer un bouclier anti-missiles en Pologne et en République tchèque. Sous l’impulsion des communistes, les protestations montent.
04-04-2007
Le projet d’implanter une base militaire en République tchèque, en tant qu’élément du bouclier anti-missiles américain n’est pas nouveau. Pour mieux imposer leur volonté, les USA avaient déjà négocié en secret avec le gouvernement tchèque. Mais avant d’introduire une demande officiellement, Washington a attendu que le nouveau gouvernement de droite ait acquis la majorité au Parlement.
Ce gouvernement est dominé par le Parti civique démocratique (ODS) et regroupe également l’Union démocrate chrétienne-Parti populaire tchèque et les Verts. Lors des élections, ces derniers avaient attiré beaucoup de jeunes, notamment en raison de leur profil pacifiste. Aujourd’hui, ils acceptent la base américaine, à condition qu’elle soit soumise... au contrôle de l’Otan.
Le Parti communiste, lui, est farouchement opposé au projet. Les parlementaires communistes ont réclamé un referendum. Selon divers sondages, 70 à 80 % de la population sont contre le projet militaire. Les habitants vivant aux alentours de l’endroit où serait installée la base exigent eux aussi un referendum. Dans la commune de Trokavec, une grande majorité a rejeté le plan. Le Parti social-démocrate, dans l’opposition, a également demandé un référendum sur la question, mais semblerait avoir oublié que les négociations secrètes avec les USA ont débuté sous le gouvernement précédent, qu’il dirigeait.
Les jeunesses communistes tchèques (KSM) ont déjà récolté 80 000 signatures à l’appui d’une pétition contre la base américaine. Elles participent aussi à une initiative plus vaste, « Non à la base militaire », dont les autres composantes ont rassemblé 20 000 autres signatures.
Bert De Belder. Basé sur un article de Radim Gonda, vice-président de la KSM.
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