Kirghizstan
La crise politique au Kirghizstan pourrait tourner en révolution
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20/ 04/ 2007
MOSCOU, 20 avril – Ria Novosti. La crise politique au Kirghizstan pourrait aboutir à une révolution, a déclaré la directrice du Centre du Caucase et de l'Asie Centrale auprès de l'Université Lomonossov de Moscou (MGU), Jibek Syzdykova.
"Les opposants vont mener des consultations internes avec les représentants du Sud et du Nord, et il est possible que nous assistions dans très peu de temps à des manifestations populaires plus sérieuses encore. Une révolution est tout à fait possible", a-t-elle assuré à RIA Novosti.
En ce qui concerne les réactions envisageables de la part du gouvernement kirghize, l'expert n'a pas écarté un possible recours à la force.
"Il ne faut pas oublier que les pays de l'Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) dont fait partie le Kirghizstan ont un accord prévoyant le recours à une force internationale dans le cadre de l'organisation, a-t-elle ajouté. C'est pourquoi se forme ici une situation à double tranchant: les deux parties peuvent dépasser les bornes, et le président peut prendre des mesures extrêmes pour garder le pouvoir".
Mme Syzdykova a également signalé que dans la situation kirghize, beaucoup dépendait des actes des états voisins.
La veille, les forces de police kirghizes avaient dispersé des milliers de personnes qui manifestaient au centre de Bichkek, réclamant une réforme constitutionnelle immédiate et la démission du président Kourmanbek Bakiev.
Le 19 avril, les forces de police kirghizes dispersent une manifestation au centre de Bichkek où fusent les flash-bangs et les bombes lacrymogènes contre la cité de toile, rapporte le correspondant de RIA Novosti sur place.
La foule court dans les rues de la capitale.
Les forces de police sont obligées de prendre des mesures extrêmes afin de chasser la foule et de l'éloigner du bâtiment du gouvernement. Les gens se dispersent et se réfugient dans les rues adjacentes pour revenir ensuite sur la place.
Les leaders de l'opposition kirghize ont décliné toute responsabilité quant aux évènements sur la place centrale de Bichkek, expliquant que les manifestants refusent de coopérer.
"Nous déclinons toute responsabilité quant aux évènements qui se déroulent devant le bâtiment du gouvernement", a annoncé un membre de l'Opposition unie kirghize.
Il s'agit de la 9e journée d'action illimitée organisée par le "Front uni", sous la direction de l'ex-premier ministre Felix Koulov et le mouvement "Pour des réformes" qui comprend environ 20 partis politiques d'opposition et des ONG de la république.
Jeudi matin les forces d'opposition ont organisé un meeting devant le parlement, réclamant une réforme constitutionnelle immédiate et la démission du pouvoir législatif, qui ralentirait le processus d'examen de la nouvelle loi fondamentale, soumise au parlement le 10 avril par le président kirghize Kourmanbek Bakiev, suite aux pressions de l'opposition.
Le projet stipule la restriction des pouvoirs du président.
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