La politique extérieure de Stephan Harper et le rôle de l’impérialisme canadien en Afghanistan
Depuis le Discours du Trône de Stephan Harper et de sa
victoire électorale du 23 janvier 2006, le Canada en matière de politique
internationale tend à suivre ouvertement les stratégies et politiques des
États-Unis au Moyen-Orient et en Asie central. Stephan Harper et son
gouvernement a fait mobiliser plus de 2400 soldats, un véritable arsenal
militaire, des centaines de représentants gouvernementaux et d’ONG sur le sol
afghan depuis mars 2006. Il ne faut pas non plus oublier que ce dernier a fait
voter un budget spécial pour renouveler l’arsenal de l’Armée canadienne.
Le peuple souverain d’Afghanistan dirigé par un gouvernement fantoche depuis la chute des Talibans en octobre 2001, est dirigé par l’homme de Washington Hamid Karzaï et les seigneurs de la guerre qui ne travaillant que pour leurs propres comptes. Stephan Harper et son gouvernement minoritaire a fait comme le gouvernement des libéraux de Jean Chrétien en 2001, il est passé par-dessus l’opinion publique canadienne pour décider d’envoyer plus de troupes et de matériels militaires en Afghanistan. C’est le gouvernement libéral de Jean Chrétien qui en 2001 après les attentats contre les Etats-Unis, a offert à Georges W. Bush d’envoyer des troupes canadiennes en Afghanistan. 6 ans plus tard, c’est le gouvernement conservateur qui continu à appliquer cette politique avec plus de mordant.
Les gouvernements libéraux successifs de Jean Chrétien et de Paul Martin ne voulaient plus participer et envoyer de troupes sur le sol afghan pour des raisons de dépenses administratives trop élevées préférant injecter ces fonds à l’intérieur du territoire canadien. Évidement, en envoyant des troupes en Afghanistan en octobre 2001, ce même gouvernement ouvrait les portes à une politique de continuité d’occupation dans cette région du globe. Cette politique est le pur produit d’une stratégie d’ingérence et d’impérialisme. S’il y a une droite qui approuve cette politique au Canada, il y a aussi, une gauche impérialiste en la personne de certains mouvements féministes, de certains milieux communautaires et politiques tels; le NPD, certains groupes sociaux, communautaires et syndicats qui se targuent d’être pour le progrès social et « l’amélioration » de la condition des femmes et des enfants au Moyen Orient et en Asie central. Cette gauche approuve cette intervention avec des variantes pseudo pacifistes en favorisant les casques bleus de l’ONU, pantin de l’impérialisme U.S.A. à l’armée canadienne sur le sol afghan. Tous les partis politiques au Parlement à Ottawa approuvent indirectement cette occupation.. La preuve, ni le Parti Libéral du Canada, ni le Parti Néo-démocrates (NPD), ni le Parti du Bloc québécois ont fait de véritables pressions pour amener le gouvernement de Stephen Harper à revoir sa politique impérialiste dans cette région. Sa politique est une pure continuité de celle du gouvernement libéral précédent. La droite et la gauche réformiste canadienne et québécoise sans lave les mains! Pourquoi? Parce que ces deux tendances soutiennent le système capitaliste à différent niveau. L’un est pour des politiques ultra-libérales, l’autre pour des politiques plus modérées par un capitalisme d’État. Dialectiquement, la gauche dépend de la droite et la droite de la gauche. L’un a besoin de l’autre pour exister! L’un a besoin de l’autre pour appliquer les politiques de nouvelles colonisations de l’Asie central au nom du progrès.
Avec les conservateurs, beaucoup d’argent a été investis dans l’armée. Se fut une des priorités de M. Harper. Les libéraux auraient fait la même chose s’ils avaient été élus à nouveau. On ne peut quitter un pays comme l’Afghanistan sans avoir de comptes à rendre à ses voisins étasuniens. Ni l’Angleterre, ni la Russie, ni la France ont continués à occuper ce territoire. Le Canada a été désigné par l’Oncle Sam pour faire le sale travail.
Pourquoi envoyer d’avantage de troupes en Afghanistan?
Pour Stephan Harper, l’heure a sonné pour que le Canada, allié des États-Unis prenne sa place au soleil. Plus de soldats, de cadres gouvernementaux et des ONG en Afghanistan égal plus de privilèges dans la colonisation nouvelle de ce pays. Il ne faut pas oublier comme l’ont démontrés Karl Marx et Friedrich Engels, se sont les anglais comme puissance occidentale au XIXe siècle qui ont joué un rôle majeur dans la colonisation de l’Afghanistan pour paver la voie aux futures puissances au XXe siècle. Ils n’ont pas réussis à moderniser ce pays constitué d’une mosaïque de différents clans divisés par les langues, la religion et une géographie contractée par de hautes montagnes et de vastes déserts. La tribu des Pachtouns (41% de la population en l’an 2000 est majoritaire en Afghanistan), la tribu des Durranis, la tribu des Ghildzis, la tribu des Tadjiks et la tribu des Ouzbeks constituent ce pays qui n’est pas une nation, mais une galaxie de peuple qui n’ont pas une véritable unité économique et sociale entre eux. L’Afghanistan est un « terme » purement poétique pour désigner diverses tribus et états, comme s’il s’agissait d’un pays réel. La raison pour laquelle l’Afghanistan ne constitue pas une nation est très simple. Premièrement, il n’y a pas de relations économiques centrales qui relient les tribus et clans à travers le territoire. S’il y a un État, il est artificiel et ne relie pas tous les tributs et clans dans un gouvernement centralisé par un parlement officiel.1
Comme l’explique Friedrich Engels dans le livre « Du colonialisme en Asie » recueil d’articles écrit conjointement avec Karl Marx de 1853 à 1857, que la position géographique de l’Afghanistan et le caractère particulier de son peuple confèrent à ce pays une importance politique qui peut être difficilement surestimée, dans les affaires de l’Asie central.2 Ce pays constitue un point stratégique majeur pour le gouvernement des États-Unis. Ce dernier l’a très bien compris par l’aide qu’il a fournis aux tribus afghanes contre les soviétiques lors de la première guerre d’Afghanistan de 1979-1989.1
Le gouvernement canadien y voit dans cette occupation militaire et non dans cette mission « humanitaire » la possibilité d’établir un rapport stratégique dans cette zone de l’Asie central pour appliquer un contrôle étroit pour l’établissement d’un gazoduc qui servirait les étasuniens et leurs amis. Il est évident, que les autres superpuissances ont des projets toutes aussi important dans cette zone. Il n’y a pas que les États-Unis, le Canada et l’Angleterre qui convoitent cette zone. Il y a aussi, Israël ami et allié des États-Unis et du Canada, la Chine, l’Allemagne, L’Italie et la Russie qui ont des visés dans cette zone stratégique.
Stephan Harper veut donner un rôle important au Canada dans la restructuration de la carte du Moyen Orient et de l’Asie central, car l’invasion de l’Afghanistan en octobre 2001 et l’invasion de l’Iraq en mars 2003 sont tous deux liées à un nouveau jeu des pouvoirs dans cette région. La guerre pour l’or noir est encore une réalité et pour longtemps! Il n’est pas question d’une œuvre humanitaire en Afghanistan par l’implication du Canada comme c’est soit disant le cas en Haïti. La question haïtienne sert à acheter la paix et à tirer de la poudre aux yeux aux canadiens, aux québécois et au reste du monde. Le Canada doit démontrer qu’il est humanitaire dans ses actions et non impérialiste.
M. Harper a eu des positions ouvertement pro-israeliennes dans l’affaire du Liban en Juillet 2006. Ce dernier n’a pas hésité à prendre des positions radicales en condamnant sans réserve le Hezbollah pro-iranien sans même ouvrir la porte aux dialogues pour les deux partis. Donc, le gouvernement minoritaire de Stephan Harper avec les roquets de l’opposition qui ont un peut criés contre l’agression israélienne, a bien joué la carte de l’alignement pro étasunien dans cette affaire. Pour Stephan Harper, le Hezbollah était rien de moins qu’une organisation terroriste. On c’est maintenant, que le Hezbollah est une organisation politique, sociale et militaire qui lutte pour les droits du peuple palestinien. M. Harper dans les prochains mois et les prochaines années va soutenir de plus en plus Israël dans ses politiques impérialistes au Moyen Orient. La question afghane est encore d’actualité et pour longtemps. Car, le Canada n’est pas près à se retirer de cette région du globe.
Conclusion
Le gouvernement de Stephan Harper a des visés impérialistes qui rejoignent celles des États-Unis. Si le gouvernement Harper est réélu comme gouvernement majoritaire aux prochaines élections pour 2010 ou 2011, il faut s’attendre à un alignement total sur les politiques du gouvernement étasunien qu’il soit républicain ou même démocrate. Car, présentement ce gouvernement est minoritaire et doit partager le pouvoir avec le Parti Libéral du Canada, le Parti Néo-démocrate (NPD) et le Parti du Bloc québécois. Ces trois partis ne partagent pas nécessairement le même enthousiasme que celui des conservateurs de M. Harper pour les politiques d’ingérences au nom de la démocratie, mais ils constituent malgré tout, une part du pouvoir. Ce pouvoir est au service des groupes financiers. Évidement, le Bloc québécois est une exception, car il n’aura jamais le pouvoir à Ottawa étant donné qu’il n’est qu’un parti de pression pour les droits du Québec. Il peut malgré tout, exercer une certaine influence. M. Stephan Harper n’a pas dit son dernier mot! Il aura beaucoup de travail sur la planche pour séduire nos puissants voisins pour notre « bien » à tous. M. Harper risque de mener le Canada dans une longue guerre qui pourra finir par coûter la vie à plusieurs canadiens et beaucoup d’argent qui pourraient servir à des projets beaucoup plus constructifs que d’aller imposer ses valeurs mercantiles à des peuples qui n’en veulent pas.
Références.
1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Afghanistan
2. Karl Marx et Friedrich Engels, Du colonialisme en Asie, ( Inde, Perse, Afghanistan), Éditions Mille et une nuits, 2001.
Cellule Jeanne Corbin de la ville de Québec
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