La bande
de
Gaza déjà assiégée, détruite,
asphyxiée par l’armée israélienne est
depuis le
19 septembre une «entité ennemie». Un prélude
à une attaque générale? Luc Vancauwenberge
Les
livraisons aux 1,5 million d’habitants
de Gaza en eau, électricité et produits pétroliers
seront limitées. Les
transferts bancaires de ou vers Gaza sont interdits, tout comme les
visites
familiales aux prisonniers détenus en Israël. C’est que
depuis le 19
septembre,
à la demande de Barak, ministre de la Défense du parti
travailliste,
Gaza est
devenue « entité ennemie » d’Israël.
Saeb Erekat, porte-parole du gouvernement palestinien
de
Cisjordanie, dénonce : «Israël ne peut en
aucune circonstance
les
considérer comme ‘entité ennemie’. Gaza n’est pas
indépendante, Gaza
est sous
occupation israélienne. C’est une décision en violation
totale du droit
international, c’est une punition collective et une préparation
pour
une grave
escalade militaire contre 1,5 million d’habitants dans
Gaza. »
Le
gouvernement de Cisjordanie a fait
appel aux États-Unis pour annuler cette mesure
israélienne. Mais lors
de son
arrivée en Israël, la secrétaire d’État
américaine Condoleezza
Rice a sèchement
rétorqué : « Le
Hamas est
une entité hostile pour les États-Unis aussi »
Le
gouvernement israélien prend comme
prétexte le lancement de roquettes à partir de Gaza. Le
journaliste
israélien Gideon Lévy avait
déjà répondu à
l’avance à ce prétexte en
écrivant : « Cela aura été une
année calme, relativement.
Seulement 457 Palestiniens tués et dix Israéliens, y
compris ceux qui
ont été
tués par des roquettes Qassam.
Moins de
tués que la
plupart des années précédentes, mais cela aura
été une année
terrible : 92
enfants palestiniens tués (aucun enfant israélien n’a,
par chance, été
tué) ». Les tirs de roquettes réels ne
peuvent être un
prétexte de
punition collective contre l’ensemble des habitants de Gaza ? La
source du
problème reste l’occupation, depuis 40 ans
déjà."Tous les hommes
d'affaires de la bande de Gaza sont arrivés à la
même conclusion,
dit-il. Il
n'y a plus d'espoir. Nous n'apercevons aucune lumière au bout du
tunnel".
L'ensemble
du secteur privé de la bande de
Gaza – en particulier le secteur industriel, épine dorsale de
l'économie – est
saigné à blanc.
"Nous
traversons la crise économique
la plus sévère jamais vécue", affirme Amr Hamad,
président de la
Fédération des industriels palestiniens.
"Le
secteur industriel compte 3.900
entreprises et 35.000 employés. On peut dire que plus de 30.000
personnes sont
actuellement au chômage et 95 % des sociétés sont
fermées", ajoute-t-il.
GAZA,
30 octobre (XINHUA) – Le mouvement
de résistance islamique (Hamas) va passer de l'état
d'auto-défense à
celui d'offensive
contre l'armée israélienne à partir de la bande de
Gaza, a déclaré
mardi un
leader politique du Hamas, et d'ajouter qu'il avait obtenu cette
information de
la bouche d'un commandant de l'armée.
"Il y
a quelques jours, j'ai
rencontré le chef de la branche armée du Hamas, Mohammed
al-Dief,
et il m'a annoncé qu'on allait attaquer Israël au lieu de
seulement
nous
défendre," a déclaré à Gaza le leader
politique du Hamas, Ahmed Nemer,
devant un rassemblement des partisans du Hamas dans le sud de Gaza.
"Les
brigades al-Qassam
sont prêtes et attendent les ordres des dirigeants
politiques pour
attaquer le cœur d'Israël, entité occupante, s'il ne met
pas un terme
aux
meurtres et opérations dans la bande de Gaza," a ajouté
M. Nemer,
citant
M. al-Deif.
Israël
a commencé dimanche à diminuer les
livraisons de carburant vers Gaza, dans le cadre des sanctions
imposées
en réponse
aux attaques de roquettes palestiniennes sur l'État
hébreu.
Les
sanctions ont été décidées après
qu'Israël eut déclaré le territoire palestinien
"entité hostile",
suite à la prise de contrôle par la force par le Hamas de
la bande de
Gaza le
19 septembre.