
Article publié dans le journal russe «Rabotché-krestyyanskii Serp i molot. 5 mai 2007
L'idée de l’union
des partis communistes ne quitte pas les esprits des communistes dans
leur
espoir de venir à bout, par leurs efforts communs du
régime bourgeois
antipopulaire abhorré, de rétablir l'U.R.S.S. et la
grandeur de notre Patrie.
C'est à cela qu'a travaillé comme initiateur durant une
longue période de temps
le dirigeant d’un petit parti communiste
- le Parti des communistes de Russie (P.d.C.R.; sigle russe, RPK) –
Anatoli
Viktorovitch Kryoutchkov, décédé le 8 mai 2005. Il
est parvenu à faire asseoir
plusieurs fois autour d’une table de pourparlers, en 1994 et 1995, les
premiers
responsables des partis communistes d'alors et à créer
une structure de base
pour l’union, le Roskomsoyouz (Union des partis communistes de Russie;
–
N,d.T.). qui continue de fonctionner encore actuellement, souvenant
l’idée
d’action des partis communistes et des communistes. Plus
tard, il a plusieurs fois tenté de réunir les premiers
responsables de l’aile
gauche des partis communistes, mais sans grands résultats.
Après
le décès de A. V. Kryoutchkov, la
direction de l'Union des partis communistes a été
assurée par le dirigeant du
Mouvement «Soyouz» («Union»; - N.d.T.)
Guéorgui Ivanovitch Tikhonov qui, il y
deux ans, est parvenu à réunir une partie des premiers
responsables de six
partis communistes: le Parti communiste des bolcheviks de toute l'Union
soviétique (P.C.B.tUS; sigle russe: VKPB), le Parti communiste
ouvrier de
Russie-Parti révolutionnaire des communistes P.O.C.-P.R.C. sigle
russe:
RKRP-RPK; Il s'agit de la fusion du PO.C.R. de Tyoulkine et du P.R.C.,
ancien
P.d.C.R. de Kryoutchkov; - N.d.T.), le Parti communiste de Russie-Parti
communiste de l'Union soviétique (P.C.R.-P.C.U.S.; sigle russe:
RKP-KPSS; il
s’agit du P.C.R. de Prigarine qui se donne comme organisation du
P.C.U.S. pour
la Russie; - N.d.T.), le Parti communiste de l'Union soviétique
(P.C.U.S.;
sigle russe: KPSS), la Parti communiste de l'avenir de toute la Russie
(P.C.A.tR; sigle russe; VKPBOU), le Parti communiste des travailleurs
de Russie
(P.C.T.R.; sigle russe: KPTR) qui ne se sont entendus sur rien. Une
deuxième
tentative le 25 novembre 2006 a également été
infructueuse, bien qu'elle se
soit tenue dans un cadre plus large comprenant des
sociaux-démocrates et toute
une série de mouvements, compagnons de route occasionnels non
communistes. Les
premiers responsables du Parti communiste de la
Fédération de Russie (P.C.F.R.;
sigle russe: KPRF)', du P.C.U.S. et du P.C.T.R. ne sont même pas
venus à cette
conférence.
Le 27
janvier de cette année s’est
déroulée, sur les monts Lénine à Moscou,
une «Table ronde» des représentants de
partis communistes et de mouvements ouvriers à l'initiative de
G. I. Tikhonov
avec participation du P.C.F.R., représenté par
l'académicien V. S. Chévéloukha,
responsable des Savants d'orientation socialiste de Russie (le
S.O.S.R.; sigle
russe: RUSO) qui a dirigé cette conférence, et du
P.C.A.tR. représenté par son
dirigeant A. A. Kouvayev, ancien Premier secrétaire de
l'Organisation de Moscou
du P.C.F.R. Dans leurs discours inauguraux, G. 1. Tïkhonov et V.
S. Chévéloukha
n'ont pratiquement soulevé qu'une seule question: l’union des
forces
communistes et ouvrières en une organisation unique.. Onze
questions ont été
soumises à la discussion de tous les participants à cette
conférence dont une
partie était d’ordre purement théorique telles que
«Qu'est-ce que les
classes?», «Qu'est-ce que la classe
ouvrière?», «Qu’est-ce que le parti?», etc.
tandis que les questions fondamentales concernaient la
contre-révolution, les
causes de la défaite du P.C.U.S., des Soviets, le pluripartisme
communiste et
son surmontement, les conditions de la victoire des communistes
(stratégie,
tactique). Les organisateurs de la rencontre ont tous répondu
à peu près de la
même manière à ces questions: nous n'étions
pas prêts à la contre-révolution;
le P.C.U.S. a perdu la contact avec sa base de classe, aussi a-t-il
été battu;
le pluripartisme a pour cause l’ambition des leaders, c’est pourquoi
ils
doivent y renoncer, s’asseoir dans une même salle et
résoudre toutes les
questions de l’union; la victoire est aujourd'hui possible par la voie
parlementaire, par la participation aux élections. Maïs il
n'y a pas été dit un
seul mot sur la dictature du prolétariat, sur la
propriété, sur la voie
révolutionnaire de conquête du pouvoir. Près de la
moitié des rapporteurs du
P.C.F.R., du P.C.U.S., du du S.O.S.R., du P.C.A.tR, de l'Union des
ouvriers de
Moscou, du P.C.B.tUS, de l’«Ékonomitcheskaya
gazéta», du P.C.T.R. et d’autres
organisations encore, ils étaient 22 personnes, est intervenue
dans le même
sens. Dans leur ensemble, les positions des participants ont
été très éloignées
du rapprochement.
C'est
V. A. Tyoulkine, dirigeant du
P.O.C.R-.P,R.C,, qui est intervenu presque au tout début,
déclarant carrément
que l’union des partis était impossible aujourd'hui, que son
parti est allé aux
élections dans le but d'obtenir une tribune pour exécuter
l'ensemble de son
travail de propagande, tandis que sa coopération avec le
P.C.F.R. est une
mesure forcée parce qu'il n'existe pas d'autres variantes,
malgré que le
P.C.F.R. soit infecté par l’opportunisme. Il s’est
déclaré désolé qu’il n’y ait
pas de véritables contacts de cause, que l’on ne soit jamais et
nulle part
parvenu à dégager des candidats électoraux communs
par région, tandis que ces
temps derniers des attaques blessantes ont lieu contre son parti,
liées au
refus du ministère de la Justice d'enregistrer le
P.O.C.R.-P.R.C., ainsi que
des appels non dissimulés de membres de ce parti à
rejoindre le P.C.F.R.
C'est
dans le même sens que sont
intervenus les représentants de 1’un des P.C.U.S., celui de V.
F. Bérézine et
K. A. Nikolayev, récemment créé (le 29
février 2004), le troisième du nom après
le P.C.U.S. de S. B. Skvortsov (1992) et le P.C.U.S. de A. A. Prigarine
(1994),
dont les représentants ont proposé «de rejoindre le
P.C.U.S., puisque presque
tous ceux qui se trouvent présent ici sont issus du P.C.U.S. et
que, s'ils ne
le font pas, c'est qu’ils ne sont pas communistes». De telles
avanies plusieurs
fois répétées à l'encontre de communistes
qui, depuis 1991, mènent une lutte
active et irréconciliable contre le régime yeltsinien,
provoquent un rejet non
dissimulé de ce genre d’union et, par-dessus le marché,
avec un personnage qui,
ayant été promu par Gorbatchyov membre du Bureau
politique du P.C.U.S. et même
Secrétaire de son Comité central, et qui avait en main
tous les leviers de
commande de la Direction et de l'information, a laissé
s'encroûter le Pouvoir
soviétique et le parti et a rendu le pouvoir, le P.C.U.S. et
l'U.R.S.S. sans
combat à des arriérés bourgeois
«démocratiques». Peu de gens croient les
paroles de O.S. Chénine suivant lesquelles il peut vaincre aux
élections
présidentielles et conduire le parti et le pays sur la voie
staliniste. Bien
plus, les gens estiment que son inévitable défaite
portera un coup au mouvement
communiste. Après avoir rendu le parti et le pays en 1991,
où est la garantie
qu’il ne recommencera pas?! Pourtant, les provocations et les dangers
ne
manqueront pas de se répéter avec insistance de la part
de la Direction du
P.C.U.S. allant même en s'accroissant. Cela provient visiblement
du fait que
quelque chose ne va pas dans le travail de ce parti auquel on
n’adhère pas, de
la même façon que l’on n’adhère plus au P.C.F.R.
zyouganovien opportuniste qui
tombe irrésistiblement en ruines et dans le programme et les
actions duquel il
est bien difficile de trouver les thèses communistes
fondamentales sur la
révolution, sur le soulèvement armé, sur la
dictature du prolétariat, sur la
propriété sociale commune des instruments et moyens de
production, sur
l'approche de classe des problèmes, sur le matérialisme
et l’athéisme, et I’on
ne peut malheureusement pas tout énumérer ici,
Quand
le représentant du P.C.F.R. est
intervenu, beaucoup ont ri ironiquement et ne l’ont pas pris au
sérieux . De
même, le dirigeant de la rencontre V.S. Chévéloukha
a-t-il été traité de la
même façon dans son ensemble lorsqu’il a commencé
de faire l’éloge des «succès»
du P.C.F.R. et même de dire que «le rôle du P.C.F.R.
est gigantesquement grand,
qu'il n'est pas comparable aux succès de pas un seul parti
communiste». A. A.
Kouvayev, qui est à la tête du P.C.A.tR nouvellement sorti
de l’œuf, émanation
du P.C.F.R., a prêché pour l’union des partis, la
participation à la lutte
parlementaire et n'a pas dit un seul mot pour expliquer comment
parvenir à la
victoire de la classe ouvrière, par quelle méthode, par
quelles forces. V. I.
Anpilov (du P.C.T.R.), qui, ces dernières années, a
quelque peu donné de la
gîte sur tribord, n'est pas même venu à cette
conférence.
De
fait, la situation n'est pas bonne dans
le mouvement communiste et ouvrier, ce qui est dû au fait que les
communistes
n'entraînent pas la classe ouvrière à leur suite,
ce qui est pourtant l’unique
espoir de victoire sur la bourgeoisie. Le lien avec la classe
ouvrière est faible,
tout comme la représentation elle-même des ouvriers dans
les partis, dans
lesquels se sont à l’évidence les intellectuels qui
dominent avec leurs points
de vue non univoques des événements politiques qui
surviennent: il y a certes
peut on dire les méthodes révolutionnaires de lutte, mais
il y a aussi la
possibilité d’arriver au pouvoir par la voie pacifique, par la
voie des
élections, etc.
Pourquoi
le P.C.U.S. n'a-t-il pas pu
garder le pouvoir? D’un point de vue de classe, le P.C.U.S. a perdu le
lien avec
les masses, il a cessé de se préoccuper de leurs espoirs,
de vivre au rythme de
leurs intérêts, il a cessé d'élever leur
niveau de vie de manière ciblée et
d'édifier le communisme de façon sérieuse et,
finalement, il a fait bande à
part en s'isolant des masses dans ses magasins, ses hôpitaux ,
ses
établissements de soins, ses maisons de repos et même ses
immeubles
d'habitation, tous spécialement réservés à
son usage. Il faut encore se
souvenir ici des prédictions et des inquiétudes de V. I.
Lénine à propos du
rôle négatif de la bureaucratie lors de
l'édification du socialisme. En effet,
cette couche intermédiaire, qui a en main tous les leviers du
pouvoir, tendra
toujours à échapper au contrôle du parti, comme
cela s'est produit en 1991 -
1993. Dans son ouvrage «L'État
et la Révolution», Lénine a indiqué la voie
pour refréner la renaissance de la bureaucratie dans la classe
des exploiteurs,
mais cet ouvrage et les précieuses indications de V. I.
Lénine ont
soigneusement été passés sous silence ou
altérés. C'est pourquoi dans les
années de crise de 1991 - 1993 personne, parmi les ouvriers
n’est descendu dans
les rues pour défendre «leur» pouvoir, pas une seule
usine n'a fait grève et
pas une seule unité militaire n'est intervenue pour
défendre le Pouvoir soviétique,
bien que tous avaient prêté serment et juré
d’être fidèles à l'État ouvrier et
paysan et de le défendre jusqu’à la dernière
goutte de leur sang. La deuxième
cause, et pas des moindres, c'est le désir des petits-enfants et
arrière-petits-enfants des anciens propriétaires
fonciers, des anciens
capitalistes, koulaks, profiteurs de la NEP et, autres de recouvrer le
pouvoir
bourgeois perdu. La troisième cause est la
contre-révolution planifiée avec
précision, exécutée avec brio par
l'impérialisme international et téléguidée
depuis les É.-U., Israël et le Vatican. I. V. Staline a
plus d’une fois parlé
de ces trois causes de possibilité de perdre le pouvoir des
ouvriers et des
paysans, mais après sa mort, tous ses ouvrages ont
été relégués sur les rayons
du haut des bibliothèques, n'ont plus été
étudiés et n'ont plus été utilisés
dans la pratique de l'édification et de la défense de
l'État prolétarien. Le
pluripartisme? Cela fait déjà 16 ans que c'est une
réalité objective. S'étant
constitués immédiatement après la
contre-révolution dans les années 1991 -
1993, les partis communistes ont entièrement satisfait à
toutes les formalités,
ils ont leurs structures organisationnelles opérantes, ils ont
accumulé une
expérience considérable de la lutte contre le
régime bourgeois. Ils ont pris,
bien malheureusement, des positions politiques différentes par
rapport à la
propriété des moyens de production, à la dictature
du prolétariat, à
l’édification du socialisme, à l'histoire de notre pays,
à la Constitution de 1936,
aux méthodes de lutte contre la contre-révolution,
révolutionnaires ou
parlementaires, et à propos de nombreux autres sujets encore.
Pour ainsi dire,
l’union des partis communistes vaudrait mieux que leur désunion.
Les nombreuses
tentatives de s’unir qui ont été faites durant toutes ces
années n'ont pas eu
de résultat tangible. De plus, les partis ont continué de
se morceler. Citons
en un exemple: la récente division stupéfiante du
P.C.F.R. dont les effectifs
sont passés de 500 000 à 104 000. Et l’on ne voit pas de
fin à cette division!
Et en plus de cela, ceux qui crient le plus fort à l’union sont
les leaders de
partis communistes qui encore tout, récemment quittaient le
P.C.F.R. Nous ne
connaissons qu'un seul exemple d’union, vraiment tourmenté:
l’union du P.O.C.R.
de V. A. Tyoulkine avec le P.R.C. de A. V. Kryoutchkov, pour laquelle
les
pourparlers ont duré plusieurs années; quant à
l'union elle-même, elle s'est
trouvée plusieurs fois au bord de la rupture. Peut-être
est-ce là une sorte de
voie vers l’union, mais elle est très étroite et peut
finir en cul-de-sac. En
plus, il faut bien avoir présent à l’esprit que le
résultat numérique de
l’union de partis numériquement peu importants sera
lui-même peu important:
100000 au 150OOO tout au plus. Mais ce n'est pas le principal. Ce qui
est à
craindre, c’est que les chamailleries se transportent à
l’intérieur du parti
réuni. Et à quoi peut-on donc encore s'attendre?
Sur
le plan historique, il n'y a eu qu'un
unique exemple d’union des bolcheviks avec les mencheviks au IVe
Congrès du
P.O.S.-D.R. auquel les bolcheviks se sont trouvés en
minorité manifeste de
manière inattendue pour eux. Presque tout le Comité
central et 1’organe central
de presse, presque tous les services financiers et les transmissions se
sont trouvés
aux mains des mencheviks, lesquels ont commencé, de la
manière la plus
honteuse, à désorganiser le parti et à le
réorganiser sur le modèle des partis
socialistes opportunistes européens qui sont rongés sur
le plan organisationnel
et qui ont rejeté la dictature du prolétariat. Le parti
de Lénine n'a trouvé
d'issue qu'en se démarquant des opportunistes et en
créant, en 1912 à la
Conférence de Prague, l’aile bolcheviste du P.O.S.-D.R.,
véritable avant-garde
de la classe ouvrière qui défendait dans les faits ses
espoirs et ses intérêts.
Ce n'est que grâce à un tel parti, épuré de
ses bavards, armé de la dictature
du prolétariat et pourvu d’une organisation et d’une discipline
rigoureuses
qu’a pu être accomplie avec succès la Grande
Révolution socialiste d'Octobre.
Puis toutes sortes de racailles trotskistes, menchévistes,
socialistes
révolutionnaires (S.R.) et autres se sont infiltrées dans
le parti des
bolcheviks qui est parvenu, non sans peine, à s'en
débarrasser au milieu des
années trente. De sorte que l’union irréfléchie de
partis de différents
pelages, dont beaucoup ne sont communistes que de nom, conduit à
l’érosion des
rangs du parti, à la perte de la moelle bolcheviste de son
édification
organique et de sa discipline, à la désorientation sur le
plan politique
pouvant aller jusqu'à la perte de l'objectif principal, et
conduit enfin aux
querelles internes, aux fractions et à l'effondrement.
Après quoi, il faut tout
recommencer depuis le début dans des conditions bien plus
complexes.
Les
tentatives d'union avec des partis non
communistes ont également été négatives.
Après la Révolution d'octobre, les
S.R. de gauche ne sont restés dans l’union que jusqu'au 6
juillet 1918, après
quoi ils ont pris les pistolets, leur spectacle
préféré, et ont tenté de reprendre
le pouvoir aux bolcheviks pour instaurer une république paysanne
petite-bourgeoise. Voilà où mènent les
contradictions à l'intérieur du parti ou
de l'union.
Actuellement,
beaucoup comprennent que,
dans l'immédiat, il n'y aura pas d’union globale des partis
communistes en un
seul, Mais quand même, il faut travailler sur ce problème.
En effet, les
circonstances peuvent devenir telles que l’union des partis communistes
puisse
se faire rapidement et de manière inattendue.
Le
plus probable est que, au cours du
processus historique, le parti qui vaincra sera celui qui aura su
établir un
lien actif avec la classe ouvrière et avec les masses, celui en
lequel ces
masses croiront et qu'elles suivront, qu'elles reconnaîtront
comme leur
avant-garde dans le combat contre le capitalisme pillard
abhorrée. Mais cela ne
se produira que lorsque la situation révolutionnaire sera
mûre. Pour le moment,
le niveau de son caractère révolutionnaire n'est pas
très élevé. Les milieux
dirigeants trouvent toujours le moyen de berner les masses et peuvent
gouverner
en toute tranquillité, tandis que les masses populaires
supportent l’oppression
et les outrages des milieux dirigeants. La classe ouvrière n'a
pas encore
atteint son niveau de maturité pour lutter sans compromis pour
ses intérêts,
tandis que son avant-garde n’a pas encore pris forme. On peut toujours
crier
tant que l’on voudra: «Si nous ne nous unissons pas, nous allons
disparaître».
Ce genre de cris ne change rien à rien. Il faut travailler comme
ont travaillé
les bolcheviks avec les masses en leur temps, il faut aller dans les
masses,
soutenir leurs espoirs, conquérir leur confiance,
compléter nos rangs par des
ouvriers, nous pourrons alors compter sur la victoire de la classe
ouvrière
lors de la future révolution prolétarienne. Les
contradictions seront alors
éliminées dans les programmes et les conditions d'une
union réelle se créeront.
En bref, l’union ne se produira que lorsque tous les partis communistes
prendront la voie du bolchevisme.
Quand
donc concrètement la situation
révolutionnaire mûrira-t-elle? Elle mûrira à
la suite d’une forte aggravation des
contradictions de classe dans la société capitaliste,
lors d’une
crise de pouvoir, comme conséquence normale du capitalisme, et
en premier lieu
d'une crise économique, à la suite d'une mauvaise
récolte et d'une famine dans
le pays ou à la suite d’une guerre contre un autre pays. Ce
n'est alors
seulement qu’il sera possible de reprendre le pouvoir aux gangsters du
régime
capitaliste qui se sont abattus sur notre tête. Mais
actuellement, la classe
ouvrière ne recevra le pouvoir de la bourgeoisie par aucune voie
parlementaire.
La classe dirigeante garde jalousement le pouvoir dont elle s'est
emparée
illégalement et noiera dans le sang toute manifestation des
ouvriers comme cela
fut le cas en 1993. C'est pourquoi il ne reste qu'une seule voie: la
voie
révolutionnaire.
Le
P.C.B.tUS a défini, dès le moment de sa
création (le 08-11-1991; - N.d.T.), les voies d’une union
possible des partis
communistes, laquelle doit passer par 3 étapes: 1)
l’unité d’action; 2) l’unité
politique (idéologique); 3) l'unité organique. La
première étape a depuis déjà
longtemps été réalisée. Une partie des
partis communistes coopère avec succès
lors de la réalisation de nombreuses manifestations: meetings,
piquets,
défilés, conférences d'intérêt
scientifique et pratique, édition et diffusion
de journaux , livres et tracts pour la défense des prisonniers
politiques,
publication commune d'articles dans la presse, aide à
l'organisation de
campagnes électorales, etc. La deuxième étape
exige la concordance des
programmes. C'est une étape très difficile qu'aucun parti
n'a pour le moment
serré de près. De nombreux partis n'abordent pas cette
étape car leurs
programmes mis en regard les uns des autres mettent d'emblée en
évidence le
degré de leur caractère communiste bolcheviste et de leur
opportunisme. Et
c’est là que se trouve tout ce à quoi il faudrait
renoncer et donc perdre la
face. Il est peu probable qu’ils s’y résolvent. C’est ainsi que
les partis
communistes continueront de s'en tenir à l’anarcho-syndicalisme,
à la propriété
privée des moyens et instruments de production et donc à
l’exploitation de la
classe ouvrière, à fouler au pied le socialisme tel qu'il
a été édifié, à
calomnier Staline, les succès du socialisme de son temps,
à mentir éhontément
sur la Constitution staliniste de 1936, à transformer les
intellectuels en
force motrice principale, à avoir des fractions dans le parti,
à renoncer aux
méthodes révolutionnaires de lutte, à la dictature
du prolétariat, à renoncer à
la méthode de classe lors de l'analyse des processus sociaux,
à exalter Trotski
et la koulakerie et à bien d'autres «menues»
déviations encore.
Certains
intervenants se sont souvenus de
la recommandation de Lénine suivant laquelle on peut
réellement construire le
parti grâce à un Organe central, à un journal
communiste général. C'est
théoriquement et politiquement absolument exact. Une telle
tentative a déjà été
faite par le Roskomsoyouz, mais elle s'est malheureusement
soldée par un échec
complet à cause de la position du P.C.R.-P.C.U.S. et du P.d.C.R.
Et ce résultat
négatif est lui aussi normal, à cause des contradictions
programmatiques qui
existent dans les partis. Imaginez un peu! Un ouvrier prend ce journal
et
l’ouvre. Sur la première page, le P.C.B.tUS parle de la
principale force
motrice, le Prolétariat, il parle de la dictature du
prolétariat, de la
conquête révolutionnaire du pouvoir, du soulèvement
armé, de la propriété
sociale commune des moyens de production, de l’approche de classe lors
de
l’analyse des phénomènes sociaux, de la stricte
discipline raisonnée de ses
rangs, de l'absence de fractions, de la lutte contre l'opportunisme, le
révisionnisme et de la dégénérescence
petite-bourgeoise dans le mouvement
communiste.
Ensuite,
il regarde la deuxième page, qui
est celle du P.C.F.R. qui lui parle de ce que la part de la
révolution est
épuisée, de ce que la victoire n’est possible que par la
voie parlementaire,
qu’il faut rendre à la propriété privée non
seulement les petites entreprises,
mais également les branches moyennes de l’industrie, ainsi que
celles des
industries alimentaire et textile, de la chaussure, et donc de
maintenir le
joug capitaliste et l'exploitation. qu'il n’y a aucune dictature du
prolétariat, que la lutte de classe n'existe pas...
Puis
il ouvre la troisième page, celle du
P.O.C.R..-P.R.C. où on lui propose, comme pain d'épice,
de devenir petit
propriétaire de l'entreprise où il travaille (quelque
chose comme une sorte de
kolkhoze pour ouvriers), et donc de se battre contre les autres
détachements de
la classe ouvrière pour sa place au soleil (pour son profit)1,
que le
socialisme n’a jamais été édifié en
U.R.S.S., que la Constitution staliniste a
confisqué le pouvoir aux ouvriers, qu’il est nécessaire
de participer aux
campagnes électorales bourgeoises...
Après
avoir ouvert la quatrième page,
celle du P.C.A.tR, l’ouvrier y lit ce qu’on lui dit de l'absence de
dictature
du prolétariat et des méthodes révolutionnaires de
lutte, ainsi que de la
conception de classe, il y lit également que la
propriété privée des moyens de
production est parfaitement admissible, aussi bien dans l'industrie que
dans
l'agriculture, dans le commerce des produits de grande consommation et
dans les
services et que, par suite, l'exploitation de l'homme par l’homme est
également
admissible, qu’il faut participer aux élections à tous
les niveaux, ce qui
représente la voie parlementaire de conquête du pouvoir
par la classe ouvrière,
et encourager la combinaison raisonnable entre les mécanismes de
planification
et de marché de la gestion économique, que l’existence de
fractions à
l’intérieur du parti est admissible ....
La
cinquième page, la page du
P.C..R.-P.C.U.S. étonne par son incompréhension
de ce
qu'est la lutte de classe, par ses pleurnicheries sur les
«cruelles répressions
staliniennes», sa défense de la koulakerie, par son
soutien que
l’intelligentsia est la force motrice des processus sociaux, que
Trotski est un
véritable marxiste et qu'il est irréfléchi de se
mal comporter à son égard et
que, d'une façon générale, le trotskisme est un
excellent courant marxiste,
qu’il doit y avoir des fractions dans le parti et qu'il faut
défendre les
membres du parti qui se sont trouvés mis en minorité mais
qui ont leur point de
vue personnel, que le socialisme n'a pas été
édifie en U.R.S.S., mais qu'il y a
eu dictature du parti, qu'il faut refuser la dictature du
prolétariat ...
La
sixième page appartient au P.C.U.S. qui
nous éclaire sur la nécessité de la lutte
parlementaire, de la participation
aux élections présidentielles qui nous offrent la
possibilité de conquérir le
pouvoir par la voie pacifique, sur la nécessité de la
présence de la
petite propriété privée des moyens de production,
de la réhabilitation de la
direction de l'ancien P.C.U.S. qui a trahi les communistes de la base,
sur le
fait que les processus sociaux sont déterminés par les
ambitions des leaders du
parti ...
Avec
me telle abondance de contradictions
dans l'orientation programmatique des partis, un ouvrier est non
seulement pris
de vertige, mais encore la tête commence-t-elle à lui
tourner sérieusement. On
comprend combien il est difficile pour un ouvrier de s'y retrouver dans
tout ce
galimatias, mais même pour un communiste de n’importe quel parti
lorsqu’on le
traîne dans des directions différentes, comme dans la
fable de Krîlov «Le
Cygne, l'Écrevisse et le Brochet»2! De sorte que c’est le
parti qui sera armé
de la théorie et de pratique du bolchevisme qui résoudra
tout, celui qui mettra
en œuvre la pratique du bolchevisme dans son travail, qui s'appuiera
sur le
prolétariat, qui luttera pour la dictature du
prolétariat, pour la voie
révolutionnaire de lutte, pour l’Union des Républiques
socialistes soviétiques,
pour le communisme.
V. I. PTITSINE
MOSCOU
C'est
très exactement, ce qui s’est
produit dans la Yougoslavie titiste avec la fameuse
«autogestion» des
entreprises (très chère, chez nous en France, aux
sociaux-démocrates de
Monsieur Rocard et aux révisionnistes de Monsieur Marchais)
où les entreprises
concurrentes se livraient une guerre sans merci (des ouvriers contre
d'autres
ouvriers) pour leurs propres profits («socialisme» de la
jungle), ce qui
acculait irrémédiablement les entreprises les plus
fragiles à la faillite avec
pour conséquence dramatique le chômage massif de la classe
ouvrière yougoslave
qui n’avait plus d’autre solution que de s’expatrier en masse en
Occident
capitaliste à la recherche d'un gagne-pain. (N.d.T.)
Il
s’agit d’une fable où I. A. Krîlov
conte comment un Cygne, une Écrevisse et un Brochet avaient
entrepris de tirer
un chariot. Ils s’y attelèrent donc tous trois. Mais le Cygne
s’élança vers le
ciel, l’Écrevisse marcha à reculons et le Brochet se jeta
à l'eau, de sorte que
le chariot ne bougea pas d’un pouce. I. A. Krîlov d’en conclure
que lorsqu’il
n’y a pas d’accord entre les camarades, leur affaire s’annonce mal et
il n'en
résulte que déconvenue. (N.d.T.)
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