Pour le 90e Anniversaire du Grand October

Article publié dans le journal ukrainien "Rabotché-krestyyanskaya pravda" No 11 (128), 207


N.A. Andréyéva

Cette année, nous célébrons le 90e Anniversaire de l'accomplissement de la Grande Révolution socialiste d'Octobre réalisée, sous la direction du grand Lénine, par le parti révolutionnaire prolétarien des bolcheviks créé par lui.

 

La Grande Révolution socialiste d'Octobre a été une percée vers l'avenir de la société, une percée vers la société sans classes, un bond révolutionnaire en avant dans le développement de la civilisation que l'histoire n'avait pas connu jusqu'à cette période. Tous les remplacements des formations socio-économiques qui ont précédé ont conservé la domination de la propriété privée sur les moyens de production et les antagonismes de classes entre patrons et travailleurs. Tandis que la Révolution socialiste, qui fut elle aussi une révolution sociale tout comme les révolutions précédentes qui ont amené le remplacement des formations socio-économiques, elle a en plus aboli la propriété privée des moyens de production en en faisant la propriété de l'ensemble du peuple (elle a changé la forme de la propriété) et, de ce fait, elle a liquidé les antagonismes de classes. C'est en cela que réside la différence fondamentale entre révolution socialiste et révolution sociale et le rang plus élevé qu'elle occupe par rapport à la révolution sociale.

 

Pour que la révolution socialiste s'accomplisse avec succès, la combinaison simultanée de plusieurs facteurs est nécessaire dont les principaux sont:

 

* le facteur objectif, c'est-à-dire la présence dans la société d'une crise économique et politique profonde lorsque les rapports de production ne correspondent plus aux forces productives de la société, ainsi que la présence d'une situation révolutionnaire lorsque «les milieux dirigeants ne peuvent plus et que les masses ne veulent plus vivre comme par le passé»;

 

* le facteur subjectif, c'est-à-dire la présence d'un parti révolutionnaire dirigé par un grand dirigeant capable d'entraîner à sa suite les masses révolutionnaires et la foule des sympathisants.

 

Si le prolétariat de Russie n'avait pas eu V. 1. Lénine, il est bien difficile de dire si la révolution socialiste victorieuse aurait été possible.

 

Lorsque l'on se réfère à l'héritage théorique de Lénine, on est chaque fois étonné par l'universalité de sa personnalité. 

 

Vladimir llitch Lénine est l'un des penseurs les plus profonds et riginaux qu'ait jamais engendré l'humanité durant toute son histoire séculaire. Un philosophe des plus pénétrants, un économiste rigoureux, un historien des plus précis, un juriste érudit, un fin connaisseur des sciences naturelles et de la culture, un homme de lettres talentueux, un homme aux dons de prédiction prophétique, doué d'une intelligence acérée d'analyste et d'une saisie globale des événements et en même temps, une personnalité exceptionnelle dans sa beauté morale qui réunit harmonieusement en elle modestie et savoir-faire, une extraordinaire simplicité dans ses rapports, une instruction d'un très haut niveau et une culture au sens le plus noble de ce terme, une bienveillance envers les gens et un attachement indéfectible aux principes, une énergie invincible dans l'action pour atteindre le but fixé.

 

L'héritage théorique de Lénine est colossale et constitue un trésor inestimable de la pensée révolutionnaire, du mouvement de libération dans le monde, de notre culture nationale russe et de la culture universelle. Ayant développé la science révolutionnaire de K. Marx et de Fr. Engels sous tous ses aspects dans les conditions de l'impérialisme, V. 1. Lénine a donné des réponses aux questions les plus actuelles posées par l'histoire. La justesse de ses conclusions théoriques se fonde sur une profonde compréhension des lois du progrès social, sur un réalisme rigoureux combiné à la hardiesse novatrice de son intelligence.

 

Lénine et le léninisme (le bolchévisme) demeurent aujourd'hui encore une boussole pour le prolétariat mondial, pour toutes les forces révolutionnaires de l'époque contemporaine, dans la mesure où, quelque contradictoire que soit de nos jours le tableau du monde, ses principaux traits, la principale tendance décisive du développement mondial sont précisément tels que les avait prévu Lénine.

 

V. l. Lénine parlait de la décomposition de l'impérialisme et en même temps de la possibilité qu'il a de se développer en mettant à profit les acquisitions de la révolution scientifique et technique. Après avoir utilisé habilement les acquisitions du progrès scientifique et technique de la fin du XXe siècle et les techniques de l'informatisation, après avoir reçu un puissant stimulant artificiel grâce à l'effondrement de l'Union soviétique, l'impérialisme a atteint son apogée et est à présent épuisé, il traverse une profonde crise civilisationnelle de système qui comprend:

 

* une crise de l'économie mondiale qui s'accompagne d'une crise politique globale avec une instabilité de l'organisation existante de la société qui va en s'approfondissant;

 

* une crise écologique résultant du développement de l'activité technogénique de la civilisation et, liées à tout cela:

 

* une crise de la personnalité humaine, une crise spirituelle, une crise de conscience, la perte par l'homme de tous ces repères.

 

L'année 2007 est devenue, pour la communauté impérialiste, l'année des nouvelles secousses sur les marchés financiers internationaux, ce qui résulte de la crise hypothécaire (crise de l'immobilier – N.d.T.) aux É.-U.A. La devise américaine, gagée par la réserve d'or des É.-U.A. à moins de 10 p. 100, continue de s'effondrer, provoquant la panique sur les marchés du change. Cette panique est due au fait que les dollars fiduciaires et bons américains représentent une grande partie des réserves de devises convertibles dans tous les pays. L'économie américaine, qui est en train de s'effondrer, est soutenue de toutes ses forces par le monde impérialiste, y compris la Russie, à coups de perfusions financières.

 

La contre-révolution en U.R.S.S., qui a abouti à l'effondrement de notre État, a donné une chance puissante à l'Amérique pour tenir sans soucis durant deux décennies. Suivant l'opinion de Reagan, Gorbatchyov a fait économiser 300 milliards de dollars aux É.-U.A. Mais à présent, les É.-U.A. n'ont plus cette chance.

 

La pérestroïka, qui a été organisée et mise en œuvre par la haute nomenklatura partiste du P.C.U.S., en commun avec l'intelligentsia cosmopolite d'humeur pro-sioniste de l'U.R.S.S. avec l'aide financière et idéologique très puissante accordée aux «pérestroikiens», en premier lieu de la part des É.-U.A. (l'anticommunisme et la trahison ont toujours été bien payés par l'Occident), nous la qualifions de campagne fort bien planifiée et coordonnée avec minutie par l'impérialisme international contre les peuples de l'U.R.S.S. La pérestroïka, c'est la revanche socio-politique de l'impérialisme pour toutes les défaites passées qu'il a subies dans sa lutte contre le socialisme mondial.

 

Aujourd'hui, les É.-U.A. continuent à financer abondamment les traîtres à l'intérieur de notre pays pour qu'ils organisent des «révolutions oranges» dans toutes les républiques de l'ex-U.R.S.S. pour le morcellement final du peuple soviétique et son extermination physique par les difficultés insupportables de la vie. Ainsi, par exemple, en Ukraine, les É.-U.A. ont jeté plusieurs millions de dollars au Président Youchtchenko et à Youliya Timochenko, leader du bloc du même nom, pour qu'ils «fassent la révolution orange sur le « Maidane ». En Biélorussie, ils ont affecté 27 millions de dollars pour la «révolution orange». Ils en ont jeté à peu près autant en Kirghizie pour l'organisation d'une «révolution des tulipes» en mars 2005 destinée à remplacer le pouvoir en place par un pouvoir proaméricain, etc. En ce qui concerne la Russie, les É.-U.A. ont déjà effectué un sondage des forces avec l'aide de Kasparov et de Kassyyanov en vue de l'organisation de quelque chose de semblable. Je pense que la recherche de candidats pour tenir le «rôle de dirigeant orange» ne va pas s'arrêter là.

 

On ne peut préserver notre nation – le peuple soviétique – et faire renaître l'Union soviétique – notre Patrie commune – qu'après en avoir fini avec le capitalisme criminel qui nous a été imposé. Et l'on ne peut y parvenir que par la voie révolutionnaire et non pas par 1es «débats» dans les parlements bourgeois. Aussi bien faut-il être supernaïf pour penser que l'on puisse changer le régime socio-politique en jetant un bulletin dans une urne. Suivant Lénine: «le remplacement de l'État bourgeois par un État prolétarien est impossible sans une révolution violente» (t. 33, p. 22). Suivant l'opinion de O. Déripaska, l'oligarque le plus riche de la F.R., «aujourd'hui, le pouvoir en place, ce sont précisément eux, les oligarques, ce sont eux qui dictent les règles du jeu au Président qu'ils ne considèrent somme toute que comme leur top-manager".

 

Ce sont précisément eux, les oligarques, «qui définissent également la forme du pouvoir», qui s'appelle aujourd'hui «démocratie», (pour les riches). Telle est la hiérarchie du pouvoir dans tous les États de la communauté impérialiste.

 

En 15 ans de contre-révolution, la Russie a élevé 44 oligarques.

 

Les principaux moyens de production du pays sont possédés par 1 p. 100 de la population de l'État. (Ce sont de parfaits voleurs!) La fortune de O. Déripaska excède à ce jour 22 milliards de dollars. La différence de revenu entre les pauvres et l'élite est effrayante! Le niveau de vie de la majorité absolue des gens est tombé si bas que nombre d'entre eux ne sont même plus en mesure de résister à leur extermination. Pourquoi en est-il ainsi? Les réflexions que V. 1. Lénine formulait en 1917 sur cette question (t. 33, p. 87) sont d'une très grande actualité même pour comprendre la situation d'aujourd'hui: «par la force des conditions de l’exploitation capitaliste. Les esclaves salariés contemporains sont si écrasés par le besoin et l'indigence qu'«ils n'ont plus le cœur à s'occuper de démocratie, à s'occuper de poli tique» que, dans le courant ordinaire, paisible des événements, la majorité de la population est écartée de la participation à la vie socio-politique», dans la mesure où ils ne pensent qu'à leur pain quotidien. Mais une telle situation ne dure pas longtemps, la vie elle-même oblige à agir. Suivant les paroles de V. l. Lénine: «seules les masses mues par de profonds besoins économiques peuvent faire la révolution» (t. 14, p. 238). «Il faut obliger le peuple à prendre peur lui-même pour lui inspirer de l'audace» (K. Marx, Fr. Engels, Œuvres, t. 1, p. 417). L'extrême instabilité de toute la communauté impérialiste témoigne de l'approche de la tempête révolutionnaire.


Jusqu'à quel point le mouvement communiste est-il prêt aujourd'hui sur le territoire de l'ex-U.R.S.S. aux luttes qui s'annoncent? Il n'y est pour le moment pas prêt aujourd'hui. Le grand morcellement du mouvement communiste, la nature social-démocrate de fait de la majorité des partis qui se font appeler communistes, l'aspiration de leurs leaders à se hisser au parlement bourgeois par n'importe quel moyen à une place qui leur soit personnellement lucrative, le désir prétentieux de capter dans sa propre organisation les camarades des autres partis au détriment de la cause commune, la tentative d'unir à toutes forces tout le monde organiquement pour ensuite tomber subitement en ruines, ce qui est inévitable lorsqu'il y a différentes orientations idéologiques à l'intérieur d'un tel parti communiste fait de pièces détachées (comme l'a fort bien démontré le P.C.U.S. en 1991), voilà quels sont les écueils conre lesquels le mouvement communiste trébuche sur le territoire de l'U.R.S.S. Au fond, la majorité des partis communistes est infectée par le virus du refus du marxisme et par leur passage sur les positions de la social-démocratie.

 

C'est pourquoi il nous faut, à nous, les communistes soviétiques, et pas seulement soviétiques, mais à tout le mouvement communiste dans son ensemble, résoudre les mêmes problèmes que ceux qu'a résolu V. l. Lénine au début du XXe siècle: la lutte contre l'opportunisme et le révisionnisme, la dénonciation de la social-démocratie comme point d'appui de la bourgeoisie dans le mouvement ouvrier.

 

Je rappelle que Lénine définissait le contenu politique de l'opportunisme (et du social-chauvinisme) comme « ... la collaboration de classes, le renoncement à la dictature du prolétariat, le refus des actions révolutionnaires, le faible pour la légalité bourgeoise, la méfiance à l'égard du prolétariat et la confiance en la bourgeoisie» (t. 27, p. 103).

 

Aujourd'hui, les leaders de la majorité des partis communistes du territoire de l'U.R.S.S. rabâchent obstinément et invariablement toujours la même chanson: la lutte pour un fauteuil hautement lucratif au parlement. Une fois qu'ils y sont installés par tous les moyens bons ou mauvais, ils n'utilisent guère la lutte parlementaire (que de plus ils ne mènent pas) comme «une école, une aide pour l'organisation de la lutte extraparlementaire», ne voulant pas comprendre que «les principales questions du mouvement ouvrier sous le capitalisme se résolvent par la force» (1. V. Staline, Œuvres, t. 6, p. 84), comme le montre l'histoire du mouvement révolutionnaire.

 

En prenant une part active à la «réformation» bourgeoise, de semblables pseudo-leaders communistes ne tiennent aucun compte de Lénine, ou ne le connaissent tout simplement pas, de ses thèses fondamentales, confirmées par l'histoire, suivant lesquelles « ... l'essence du réformisme est dans l'atténuation du mal et non pas dans sa disparition» (t. 30, p. 42), « ... le réformisme est une tromperie bourgeoise des ouvriers qui resteront toujours des esclaves salariés, en dépit de quelques améliorations. tant qu'existera la domination du capital» (t. 24, p. 1).

 

La question de l'unification de la multitude de partis communistes, créés avec les encouragements du régime bourgeois en vue du morcellement (et de la tromperie dans toute une série de cas) du mouvement communiste et ouvrier, nous l'avons inscrite à l'ordre du jour, il y a déjà 13 ans, de l'un des Plénums du C.C. du P.C.B.tUS au cours duquel nous avons appelé les partis communistes à leur bolchévisation et à leur unification en un seul parti révolutionnaire. Nous avons alors proposé un schéma d'unification par paliers: unité d'action, élaboration d'une plate-forme idéologique commune et, sur la base de cette plate-forme, mise au point d'une ligne politique unique. Une fois franchis tous ces paliers, la question de la fusion organique de tous en un parti révolutionnaire unique devient purement formelle. Les tentatives de certains leaders de quelques partis de sauter par-dessus ces paliers n'ont pas donné de résultats positifs et ne pouvaient pas en donner par principe, comme l'ont montré les années passées.

 

Sans le processus de bolchévisation des partis communistes, leur unification en un parti révolutionnaire unique ne peut avoir lieu en raison de la diversité des orientations idéologiques fondamentales de ces partis. Comment réaliser la bolchévisation des partis communistes infestés par le virus de la social-démocratie*, 1. V. Staline l'a clairement exposé en 1925 au cours de son entretien avec le camarade Herzog, membre du Parti communiste d'Allemagne (1. V. Staline, Œuvres, t. 7, p. 34), à savoir:

 

«1. Il est nécessaire que le parti se considère non pas comme un appendice du mécanisme électoral parlementaire, comme au fond se le considère la social-démocratie, et non pas comme une annexe gratuite des syndicats, comme le disent parfois certains éléments anarcho-syndicalistes, mais comme la forme supérieure de l'union de classe du prolétariat appelée à diriger toutes les autres formes des organisations prolétariennes, depuis les syndicats jusqu'à la fraction parlementaire.

 

2. Il est nécessaire que le parti, en particulier ses éléments dirigeants, assimilent complètement la théorie révolutionnaire du marxisme qui est indissolublement liée à la pratique révolutionnaire.

 

3. Il est nécessaire que le parti élabore ses mots d'ordre et ses directives  non pas sur la base de formules apprises par cœur et de parallèles historiques, mais comme découlant d'une analyse méticuleuse des conditions concrètes, intérieures et internationales, du mouvement révolutionnaire, en tenant obligatoirement compte de l'expérience des pays révolutionnaires.

 

* La Rédaction des «Nouvelles d'U.R.S.S.» a pensé qu'il serait, intéressant et fort à propos, dans cet ordre d'idée, de joindre au . présent no 89 de janvier-février 200 un retirage partiel du no 34 de juillet 2002 dans lequel se trouve l'important article retraçant les conditions d'admission à l'Internationale communiste en 1920. Cet article est suivi d'une analyse du cas caractéristique d'un parti communiste «infecté par le virus de la social-démocratie» depuis le jour même de sa naissance; il s'agit bien entendu du P.C.F. qui n'a pas su ou, plus exactement, pas voulu procéder à sa bolchévisation à laquelle il s'est toujours montré réfractaire. Le P.C.F. a traîné péniblement son héritage social-démocrate comme un véritable boulet tout au long de ses quatre-vingts années d'une existence hésitante à la remorque de la S.F.I.O., renonçant sans vergogne, les uns après les autres, à tous les principes fondamentaux du marxisme-léninisme (lutte révolutionnaire de classes, prise en main de tous les pouvoirs politiques et économiques par la violence révolutionnaire, dictature du prolétariat, propriété nationale, collective de tous les instruments et moyens de production, abolition de l'actionnariat, etc.) Son ignominie finale, après s'être vautré quelques temps (en compagnie du P.C.I.) dans le marais fangeux de l'eurocommunisme antisoviétique, fut son acoquinement avec le Parti «socialiste» et les «Radicaux de gauche» au sein du Programme commun ultra-opportuniste de l'Union de la Gauche, pudiquement baptisée pour la circonstance «gauche non communiste», ce qui signifie en langage clair «gauche anticommuniste». Après la faillite retentissante de cette opération électorale en 1978, le P.C.F. n'a cessé de dégénérer à grande vitesse jusqu'à son actuel état de groupuscule démagogique-petit-bourgeois sans sympathisants ni électeurs, massivement rejeté avec dégoût par les prolétaires de notre pays.

 

A méditer, camarades! (J. L.)

 

4. Il est nécessaire que le parti vérifie la justesse de ses mots d'ordre et de ses directives dans le feu de la lutte révolutionnaire des masses.

 

5. Il est nécessaire que tout le travail du parti, en particulier si les traditions sociale-démocrates n'en sont pas encore éliminées, soit réorganisé sur un mode nouveau, révolutionnaire, calculé de telle sorte que chaque pas du parti et que chacune de ses interventions conduise naturellement à la révolutionnarisation des masses, à la formation et à l'éducation des larges masses de la classe ouvrière dans l'esprit de la révolution.

 

6. Il est nécessaire que, dans son travail, le parti sache combiner la stricte observance des principes (à ne pas confondre avec le sectarisme !) avec le maximum de liens et de contacts avec les masses (à ne pas confondre avec le suivisme !), à défaut de quoi il n'est pas possible pour le parti d'instruire les masses et de les élever au niveau du parti, mais également d'être à l'écoute de la voix des masses et de deviner quels sont leurs besoins les plus urgents.

 

7. Il est nécessaire que dans son travail,  le parti sache combiner le caractère révolutionnaire le plus intransigeant (à ne pas confondre avec l'aventurisme révolutionnaire!) avec le maximum de souplesse et d'aptitude à manœuvrer (à ne pas confondre avec le conformisme! ), à défaut de quoi il n'est pas possible pour le parti de maîtriser toutes les formes de lutte et d'organisation, de lier les intérêts de tous les jours du prolétariat avec les intérêts fondamentaux de la révolution prolétarienne et de combiner dans son travail la lutte légale avec la lutte illégale.

 

8. Il est nécessaire que le parti ne dissimule pas ses erreurs, qu'il ne craigne pas la critique, afin qu'elle puisse améliorer et éduquer ses cadres sur ses propres erreurs.

 

9. Il est nécessaire que le parti sache choisir, à l'intérieur du groupe dirigeant fondamental, les meilleurs éléments combattants d'avant-garde suffisamment dévoués pour être les véritables porte-parole des aspirations du prolétariat révolutionnaire et suffisamment expérimentés pour devenir les vrais chefs de la révolution prolétarienne, capables d'appliquer la tactique et la stratégie du léninisme.

 

10. Il est nécessaire que le parti améliore systématiquement la composition sociale de ses organisations et qu'il s'épure des éléments opportunistes démoralisants, ayant en vue, comme but, de parvenir à un monolithisme maximal.

 

11. Il est nécessaire que le parti élabore une discipline prolétarienne de fer développée sur la base de la cohésion idéologique, de la clarté des buts du mouvement, de l'unité des actions pratiques et du comportement conscient, de la part des larges masses du parti, à l'égard des tâches du parti.

 

12. Il est nécessaire que le parti vérifie systématiquement la bonne exécution de ses propres décisions et directives, à défaut de quoi ces dernières risquent de se transformer en. promesses creuses qui ne peuvent que miner la confiance qu'ont en lui les larges masses prolétariennes.

 

À défaut de ces conditions et de bien d'autres du même genre, la bolchévisation reste un mot creux.»

 

C'est pourquoi j'appelle tous les partis communistes à engager le processus d'unification en partant de l'unité d'action la plus étroite des partis en cours de bolchévisation et en s'aidant l'un l'autre, en même temps qu'en rassemblant autour d'eux toutes les forces d'orientation patriotique qui partagent nos points de vue sur (pour le moment) toute une série de questions. Suivant le désir et la responsabilité politique des dirigeants, ce processus peut se réaliser à un rythme accéléré. Les processus négatifs qui se développent dans le pays ne nous laissent de temps ni pour les hésitations, ni pour les longues considérations. Si nous ne le voulons pas ou si nous avons peur de le faire, alors qu'il n'y a aucune raison pour refuser de travailler dans ce sens, nous, les communistes, porterons alors la lourde responsabilité de la perte de notre grand pays et de son peuple, le peuple soviétique. Le P.C.U.S. a terminé son existence par la trahison de ses leaders, non seulement contre l'Union soviétique, mais également contre la classe ouvrière du monde entier; ils ont délié les mains de l'impérialisme pour l'exploitation impitoyable du travail salarié dans le mutisme complet des travailleurs. C'est pourquoi il nous faut faire renaître un puissant parti bolchéviste léniniste-staliniste apte au combat. Une base théorique, pratique (avec 16 ans de lutte) et structurelle suffisante existe pour cela: le Parti communiste des bolchéviks de toute l'Union soviétique.

 

Dans le processus complexe, dangereux et difficile de l'unification, nous aimerions avoir un soutien de la part du mouvement communiste du monde car « ... la lutte pour le socialisme est la lutte du prolétariat révolutionnaire international. C'est précisément parce que le capitalisme a uni le monde entier en un organisme économique unique que cette lutte ne peut pas ne pas être internationale» (t. 54, p. 466). Malheureusement, cela n'a pas lieu aujourd'hui.

 

Par exemple, COMMENT peut-on qualifier le refus opposé par le Parti communiste de Biélorussie, le P.C.F.R. et le parti communiste de Grèce (leader: Papariga), organisateurs d'une conférence internationale à Minsk consacrée au 90e Anniversaire de la Grande Révolution socialiste d'Octobre, accomplie, soit dit en passant, par le parti des bolchéviks, le refus opposé aux bolchéviks de participer à cette conférence? Par crainte de mécontenter leurs bailleurs de fonds bourgeois pour leur contact avec les bolchéviks contemporains? Je ne vois pas d'autres causes à ce refus.

 

Pour étayer ma conclusion à propos de la position des partis susmentionnés, organisateurs de la conférence internationale, je vais citer les réflexions de ce même oligarque Déripaska, dans la mesure où notre clan oligarchique en place s'inspire largement de l'expérience de la bourgeoisie de l'Occident et, en particulier, contre l'opposition communiste.

 

De l'avis de Déripaska, «l'opposition est absolument nécessaire dans les structures du pouvoir. Sinon, les techniques de direction des masses deviendraient déficientes. Mais la sphère dirigeante n'a pas besoin de n'importe quelle opposition. En Russie, par exemple, nous sommes parvenus à former des structures oppositionnelles non marginales et à les bien gérer. Leurs fonctionnaires sont entièrement à nous et nous les payons bien. Il existe également des groupes marginaux avec lesquels nous travaillons aussi, mais c'est donnant-donnant.», etc.

 

La Conférence des partis communistes (ils étaient plus de 70) en Grèce à Athènes il y a deux ans m'a laissé un sentiments d'une profonde perplexité. Ce grand forum communiste international n'a alors pas trouvé le moyen on ne sait pourquoi d'adopter une Résolution spéciale, particulière, pour soutenir la R.P.D.C., l'un des deux pays socialistes qui restent encore (le deuxième étant Cuba), à un moment où les pressions redoublées battent leur plein sur la R.P.D.C. de la part des É.-U.A. dans le but de l'étouffer. Seulement trois lignes à propos de la R.P.D.C., peu significatives par leur contenu, se sont trouvées dans le résolution globale de la conférence et rien de plus! De quoi ont-ils eu peur? Des É.-U.A.? Valait-il la peine de réunir un forum si représentatif pour n'adopter que des documents de caractère général n'obligeant qu'à peu de chose? Tout cela témoigne, à notre avis, de la profonde dégénérescence social-démocrate des grands partis communistes d'Europe.

 

Quelle que puisse être difficile la lutte, quelles que soient les nouvelles difficultés qui se dressent sur notre route dans l'écrasement de la contre-révolution, ce sera quand même NOUS, les bolchéviks, qui vaincrons parce que la vérité de l'histoire, parce que la lutte véritable pour la justice véritable sur la Terre sont de notre côté.

 

À la veille du 90e Anniversaire de la Grande Révolution socialiste d'Octobre, au nom de notre parti, je félicite les membres du P.C.B.tUS, nos camarades du mouvement communiste de Russie et du territoire de l'ex-U.R.S.S., ainsi que nos amis et compagnons de convictions politiques de l'étranger à l'occasion de cette date mémorable. Je vous souhaite sincèrement à vous tous, à nous tous, des succès dans la lutte pour le socialisme sur la Terre.

 

Vive la Grande Révolution socialiste d'Octobre!

Vive l'unité internationale dans la lutte contre le capital mondial!

Prolétaires de tous les pays, unissez-vous!


N. A. ANDRÉYÉVA, Secrétaire générale du C.C. du P.C.B.tUS

« Nouvelles d’U.R.S.S.», no 89, janvier-février 2008.

LENINGRAD, le 9 octobre 2007.

 

Les citations de V. I. Lénine sont extraites de la 5e édition de ses Œuvres complètes, Éd. de la littérature politique, Moscou 1974 (en langue russe).

 

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