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| N.A. Andréyéva |
Cette
année, nous célébrons le 90e Anniversaire de
l'accomplissement de la Grande Révolution socialiste d'Octobre
réalisée, sous
la direction du grand Lénine, par le parti révolutionnaire prolétarien
des
bolcheviks créé par lui.
La
Grande Révolution socialiste d'Octobre a été une
percée vers l'avenir de la société, une percée vers la société sans
classes, un
bond révolutionnaire en avant dans le développement de la civilisation
que
l'histoire n'avait pas connu jusqu'à cette période. Tous les
remplacements des
formations socio-économiques qui ont précédé ont conservé la domination
de la
propriété privée sur les moyens de production et les antagonismes de
classes
entre patrons et travailleurs. Tandis que la Révolution socialiste, qui
fut
elle aussi une révolution sociale tout comme les révolutions
précédentes qui
ont amené le remplacement des formations socio-économiques, elle a en
plus
aboli la propriété privée des moyens de production en en faisant la
propriété
de l'ensemble du peuple (elle a changé la forme de la propriété) et, de
ce
fait, elle a liquidé les antagonismes de classes. C'est en cela que
réside la
différence fondamentale entre révolution socialiste et révolution
sociale et le
rang plus élevé qu'elle occupe par rapport à la révolution sociale.
Pour que
la révolution socialiste s'accomplisse avec
succès, la combinaison simultanée de plusieurs facteurs est nécessaire
dont les
principaux sont:
* le
facteur objectif, c'est-à-dire la présence dans la
société d'une crise économique et politique profonde lorsque les
rapports de
production ne correspondent plus aux forces productives de la société,
ainsi
que la présence d'une situation révolutionnaire lorsque «les milieux
dirigeants
ne peuvent plus et que les masses ne veulent plus vivre comme par le
passé»;
* le
facteur subjectif, c'est-à-dire la présence d'un
parti révolutionnaire dirigé par un grand dirigeant capable d'entraîner
à sa
suite les masses révolutionnaires et la foule des sympathisants.
Si le
prolétariat de Russie n'avait pas eu V. 1. Lénine,
il est bien difficile de dire si la révolution socialiste victorieuse
aurait
été possible.
Lorsque
l'on se réfère à l'héritage théorique de Lénine,
on est chaque fois étonné par l'universalité de sa personnalité.
Vladimir
llitch Lénine est l'un
des penseurs les plus profonds et riginaux
qu'ait
jamais engendré l'humanité durant toute son histoire séculaire. Un
philosophe
des plus pénétrants, un économiste rigoureux, un historien des plus
précis, un
juriste érudit, un fin connaisseur des sciences naturelles et de la
culture, un
homme de lettres talentueux, un homme aux dons de prédiction
prophétique, doué
d'une intelligence acérée d'analyste et d'une saisie globale des
événements et
en même temps, une personnalité exceptionnelle dans sa beauté morale
qui réunit
harmonieusement en elle modestie et savoir-faire, une extraordinaire
simplicité
dans ses rapports, une instruction d'un très haut niveau et une culture
au sens
le plus noble de ce terme, une bienveillance envers les gens et un
attachement
indéfectible aux principes, une énergie invincible dans l'action pour
atteindre
le but fixé.
L'héritage
théorique de Lénine est colossale
et constitue un trésor inestimable de la pensée révolutionnaire, du
mouvement
de libération dans le monde, de notre culture nationale russe et de la
culture
universelle. Ayant développé la science révolutionnaire de K. Marx et
de Fr.
Engels sous tous ses aspects dans les conditions de l'impérialisme, V.
1.
Lénine a donné des réponses aux questions les plus actuelles posées par
l'histoire. La justesse de ses conclusions théoriques se fonde sur une
profonde
compréhension des lois du progrès social, sur un réalisme rigoureux
combiné à
la hardiesse novatrice de son intelligence.
Lénine
et le léninisme (le bolchévisme) demeurent
aujourd'hui encore une boussole pour le prolétariat mondial, pour
toutes les
forces révolutionnaires de l'époque contemporaine, dans la mesure où,
quelque
contradictoire que soit de nos jours le tableau du monde, ses
principaux traits,
la principale tendance décisive du développement mondial sont
précisément tels
que les avait prévu Lénine.
V. l.
Lénine parlait de la décomposition de
l'impérialisme et en même temps de la possibilité qu'il a
de se développer en mettant à profit les acquisitions de la révolution
scientifique et technique. Après avoir utilisé habilement les
acquisitions du
progrès scientifique et technique de la fin du XXe siècle et les
techniques de
l'informatisation, après avoir reçu un puissant stimulant artificiel
grâce à
l'effondrement de l'Union soviétique, l'impérialisme
a atteint son apogée et est à présent épuisé, il traverse
une profonde crise civilisationnelle de système qui
comprend:
* une
crise de l'économie mondiale qui s'accompagne d'une
crise politique globale avec une instabilité de l'organisation
existante de la
société qui va en s'approfondissant;
* une
crise écologique résultant du développement de
l'activité technogénique de la civilisation et, liées à tout cela:
* une
crise de la personnalité humaine, une crise
spirituelle, une crise de conscience, la perte par l'homme de tous ces
repères.
L'année
2007 est devenue, pour la communauté
impérialiste, l'année des nouvelles secousses sur les marchés
financiers
internationaux, ce qui résulte de la crise hypothécaire (crise de
l'immobilier
– N.d.T.) aux É.-U.A. La devise
américaine, gagée par
la réserve d'or des É.-U.A. à moins de 10
p. 100,
continue de s'effondrer, provoquant la panique sur les marchés du
change. Cette
panique est due au fait que les dollars fiduciaires et bons américains
représentent une grande partie des réserves de devises convertibles
dans tous
les pays. L'économie américaine, qui est en train de s'effondrer, est
soutenue
de toutes ses forces par le monde impérialiste, y compris la Russie, à
coups de
perfusions financières.
La
contre-révolution en U.R.S.S., qui a
abouti à l'effondrement de notre État,
a donné une chance puissante à l'Amérique pour tenir sans soucis durant
deux décennies.
Suivant l'opinion de Reagan, Gorbatchyov a
fait
économiser 300 milliards de dollars aux É.-U.A. Mais à présent, les
É.-U.A. n'ont plus cette chance.
La
pérestroïka, qui a été organisée et mise en œuvre par la haute
nomenklatura
partiste du P.C.U.S., en commun avec l'intelligentsia cosmopolite
d'humeur
pro-sioniste de l'U.R.S.S. avec l'aide financière et idéologique très
puissante
accordée aux «pérestroikiens», en premier lieu de la part des É.-U.A.
(l'anticommunisme et la trahison ont
toujours été bien
payés par l'Occident), nous la qualifions de campagne fort bien
planifiée et
coordonnée avec minutie par l'impérialisme international contre les
peuples de
l'U.R.S.S. La pérestroïka, c'est la
revanche socio-politique de l'impérialisme pour toutes les défaites
passées
qu'il a subies dans sa lutte contre le socialisme mondial.
Aujourd'hui,
les É.-U.A. continuent à financer
abondamment les traîtres à l'intérieur de notre pays pour qu'ils
organisent des
«révolutions oranges» dans toutes les républiques de l'ex-U.R.S.S. pour
le
morcellement final du peuple soviétique et son extermination physique
par les
difficultés insupportables de la vie. Ainsi, par exemple, en Ukraine,
les
É.-U.A. ont jeté plusieurs millions de
dollars au
Président Youchtchenko et à Youliya
Timochenko, leader du bloc du même nom, pour qu'ils «fassent la
révolution
orange sur le « Maidane ». En
Biélorussie, ils
ont affecté 27 millions de dollars pour la «révolution orange». Ils en
ont jeté
à peu près autant en Kirghizie pour l'organisation d'une «révolution
des
tulipes» en mars 2005 destinée à remplacer le pouvoir en place par un
pouvoir
proaméricain, etc. En ce qui concerne la Russie, les É.-U.A. ont
déjà effectué un sondage des forces avec l'aide de Kasparov et de Kassyyanov en vue de l'organisation de quelque
chose de
semblable. Je pense que la recherche de candidats pour tenir le «rôle
de
dirigeant orange» ne va pas s'arrêter là.
On ne
peut préserver notre nation – le peuple soviétique
– et faire renaître l'Union soviétique – notre Patrie commune –
qu'après en
avoir fini avec le capitalisme criminel qui nous a été imposé. Et l'on
ne peut
y parvenir que par la voie révolutionnaire et non pas par 1es «débats»
dans les
parlements bourgeois. Aussi bien faut-il être supernaïf pour penser que
l'on
puisse changer le régime socio-politique en jetant un bulletin dans une
urne.
Suivant Lénine: «le remplacement de
l'État bourgeois par un État prolétarien est impossible sans une
révolution
violente» (t. 33, p. 22). Suivant l'opinion de O. Déripaska,
l'oligarque le
plus riche de la F.R., «aujourd'hui, le pouvoir en place, ce sont
précisément
eux, les oligarques, ce sont eux qui dictent les règles du jeu au
Président
qu'ils ne considèrent somme toute que comme leur top-manager".
Ce sont
précisément eux, les oligarques, «qui définissent
également la forme du pouvoir», qui s'appelle aujourd'hui «démocratie»,
(pour
les riches). Telle est la hiérarchie du pouvoir dans tous les États de
la
communauté impérialiste.
En 15
ans de contre-révolution, la Russie a élevé 44
oligarques.
Les
principaux moyens de production du pays sont possédés
par 1 p. 100 de la population de l'État. (Ce sont de parfaits voleurs!)
La
fortune de O. Déripaska excède à ce jour 22
milliards
de dollars. La différence de revenu entre les pauvres et l'élite est
effrayante! Le niveau de vie de la majorité absolue des gens est tombé
si bas
que nombre d'entre eux ne sont même plus en mesure de résister à leur
extermination. Pourquoi en est-il ainsi? Les réflexions que V. 1.
Lénine formulait
en 1917 sur cette question (t. 33, p. 87) sont d'une très grande
actualité même
pour comprendre la situation d'aujourd'hui: «par la force des
conditions de
l’exploitation capitaliste. Les esclaves
salariés contemporains sont si écrasés par le besoin et l'indigence
qu'«ils
n'ont plus le cœur à s'occuper de démocratie, à s'occuper de poli
tique» que,
dans le courant ordinaire, paisible des événements, la majorité de la
population est écartée de la participation à la vie socio-politique»,
dans la
mesure où ils ne pensent qu'à leur pain quotidien. Mais une telle
situation ne
dure pas longtemps, la vie elle-même oblige à agir. Suivant les paroles
de V.
l. Lénine: «seules les masses mues par de profonds besoins économiques
peuvent
faire la révolution» (t. 14, p. 238). «Il faut obliger le peuple à
prendre peur
lui-même pour lui inspirer de l'audace» (K. Marx, Fr. Engels, Œuvres,
t. 1, p.
417). L'extrême instabilité de toute la communauté impérialiste
témoigne de
l'approche de la tempête révolutionnaire.
Jusqu'à
quel point le mouvement communiste est-il prêt
aujourd'hui sur le territoire de l'ex-U.R.S.S. aux luttes qui
s'annoncent? Il
n'y est pour le moment pas prêt aujourd'hui. Le grand morcellement du
mouvement
communiste, la nature social-démocrate de fait de la majorité des
partis qui se
font appeler communistes, l'aspiration de leurs leaders à se hisser au
parlement bourgeois par n'importe quel moyen à une place qui leur soit
personnellement lucrative, le désir prétentieux de capter dans sa
propre
organisation les camarades des autres partis au détriment de la cause
commune,
la tentative d'unir à toutes forces tout le monde organiquement pour
ensuite
tomber subitement en ruines, ce qui est inévitable lorsqu'il y a
différentes
orientations idéologiques à l'intérieur d'un tel parti communiste fait
de
pièces détachées (comme l'a fort bien démontré le P.C.U.S. en 1991),
voilà
quels sont les écueils conre lesquels le
mouvement
communiste trébuche sur le territoire de l'U.R.S.S. Au fond, la
majorité des
partis communistes est infectée par le virus du refus du marxisme et
par leur
passage sur les positions de la social-démocratie.
C'est
pourquoi il nous faut, à nous, les communistes
soviétiques, et pas seulement soviétiques, mais à tout le mouvement
communiste
dans son ensemble, résoudre les mêmes problèmes que ceux qu'a résolu V. l. Lénine au début du XXe siècle: la lutte contre l'opportunisme et le
révisionnisme, la dénonciation de la social-démocratie comme point
d'appui de
la bourgeoisie dans le mouvement ouvrier.
Je
rappelle que Lénine définissait le contenu politique de
l'opportunisme (et du social-chauvinisme)
comme « ... la collaboration de classes,
le renoncement à la dictature du prolétariat, le refus des actions
révolutionnaires, le faible pour la légalité bourgeoise, la méfiance à
l'égard
du prolétariat et la confiance en la bourgeoisie» (t. 27, p. 103).
Aujourd'hui,
les leaders de la majorité des partis
communistes du territoire de l'U.R.S.S. rabâchent obstinément et
invariablement
toujours la même chanson: la lutte pour un fauteuil hautement lucratif
au
parlement. Une fois qu'ils y sont installés par tous les moyens bons ou
mauvais, ils n'utilisent guère la lutte parlementaire (que de plus ils
ne
mènent pas) comme «une école, une aide pour l'organisation de la lutte
extraparlementaire», ne voulant pas comprendre que «les
principales questions du mouvement ouvrier sous le capitalisme se
résolvent par la force» (1. V. Staline, Œuvres, t. 6, p. 84), comme
le
montre l'histoire du mouvement révolutionnaire.
En
prenant une part active à la «réformation» bourgeoise,
de semblables pseudo-leaders communistes ne tiennent aucun compte de
Lénine, ou
ne le connaissent tout simplement pas, de ses thèses fondamentales,
confirmées
par l'histoire, suivant lesquelles « ... l'essence
du réformisme est dans l'atténuation du mal et non pas dans
sa disparition» (t. 30, p. 42), « ...
le réformisme est une tromperie bourgeoise des ouvriers qui resteront
toujours
des esclaves salariés, en dépit de quelques améliorations. tant
qu'existera la domination du capital» (t. 24, p. 1).
La question de
l'unification de la multitude de partis communistes, créés avec les
encouragements du régime bourgeois en vue du morcellement (et de la
tromperie
dans toute une série de cas) du mouvement communiste et ouvrier, nous
l'avons
inscrite à l'ordre du jour, il y a déjà 13 ans, de l'un des Plénums du
C.C. du
P.C.B.tUS au cours duquel nous avons appelé
les
partis communistes à leur bolchévisation et à leur unification en un
seul parti
révolutionnaire. Nous avons alors proposé un schéma d'unification par
paliers:
unité d'action, élaboration d'une plate-forme idéologique commune et,
sur la
base de cette plate-forme, mise au point d'une ligne politique unique.
Une fois
franchis tous ces paliers, la question de la fusion organique de tous
en un
parti révolutionnaire unique devient purement formelle. Les tentatives
de
certains leaders de quelques partis de sauter par-dessus ces paliers
n'ont pas
donné de résultats positifs et ne pouvaient pas en donner par principe,
comme l'ont
montré les années passées.
Sans le processus
de bolchévisation des partis
communistes, leur unification en un parti révolutionnaire unique ne
peut avoir
lieu en raison de la diversité des orientations idéologiques
fondamentales de
ces partis. Comment réaliser la bolchévisation des partis communistes
infestés
par le virus de la social-démocratie*, 1. V. Staline l'a clairement
exposé en
1925 au cours de son entretien avec le camarade Herzog, membre du Parti
communiste d'Allemagne (1. V. Staline, Œuvres, t. 7, p. 34), à savoir:
«1. Il est
nécessaire que le parti se considère non pas comme un appendice du
mécanisme
électoral parlementaire, comme au fond se le considère la
social-démocratie, et
non pas comme une annexe gratuite des syndicats, comme le disent
parfois
certains éléments anarcho-syndicalistes, mais comme la forme supérieure
de
l'union de classe du prolétariat appelée à diriger toutes les autres
formes des
organisations prolétariennes, depuis les syndicats jusqu'à la fraction
parlementaire.
2. Il est
nécessaire que le parti, en particulier ses éléments dirigeants,
assimilent
complètement la théorie révolutionnaire du marxisme qui est
indissolublement
liée à la pratique révolutionnaire.
3. Il est
nécessaire que le parti élabore ses mots d'ordre et ses directives non pas sur la base de formules apprises par
cœur et de parallèles historiques, mais comme découlant d'une analyse
méticuleuse des conditions concrètes, intérieures et internationales,
du
mouvement révolutionnaire, en tenant obligatoirement compte de
l'expérience des
pays révolutionnaires.
* La Rédaction
des «Nouvelles d'U.R.S.S.» a pensé qu'il serait, intéressant et fort à
propos,
dans cet ordre d'idée, de joindre au . présent no 89 de janvier-février 200 un retirage
partiel du
no 34 de juillet 2002 dans lequel se trouve l'important article
retraçant les
conditions d'admission à l'Internationale communiste en 1920. Cet
article est
suivi d'une analyse du cas caractéristique d'un parti communiste
«infecté par
le virus de la social-démocratie» depuis le jour même de sa naissance;
il
s'agit bien entendu du P.C.F. qui n'a pas su ou, plus exactement, pas
voulu
procéder à sa bolchévisation à laquelle il s'est toujours montré
réfractaire.
Le P.C.F. a traîné péniblement son héritage social-démocrate comme un
véritable
boulet tout au long de ses quatre-vingts années d'une existence
hésitante à la
remorque de la S.F.I.O., renonçant sans vergogne, les uns après les
autres, à
tous les principes fondamentaux du marxisme-léninisme (lutte
révolutionnaire de
classes, prise en main de tous les pouvoirs politiques et économiques
par la
violence révolutionnaire, dictature du prolétariat, propriété
nationale,
collective de tous les instruments et moyens de production, abolition
de
l'actionnariat, etc.) Son ignominie finale, après s'être vautré
quelques temps
(en compagnie du P.C.I.) dans le marais fangeux de l'eurocommunisme
antisoviétique, fut son acoquinement avec le Parti «socialiste» et les
«Radicaux de gauche» au sein du Programme commun ultra-opportuniste de
l'Union
de la Gauche, pudiquement baptisée pour la circonstance «gauche non
communiste», ce qui signifie en langage clair «gauche anticommuniste».
Après la
faillite retentissante de cette opération électorale en 1978, le P.C.F.
n'a
cessé de dégénérer à grande vitesse jusqu'à son actuel état de
groupuscule démagogique-petit-bourgeois
sans sympathisants ni électeurs, massivement rejeté avec dégoût par les
prolétaires de notre pays.
A méditer,
camarades! (J. L.)
4. Il est
nécessaire que le parti vérifie la justesse de ses mots d'ordre et de
ses
directives dans le feu de la lutte révolutionnaire des masses.
5. Il est
nécessaire que tout le travail du parti, en particulier si les
traditions sociale-démocrates
n'en sont pas encore éliminées, soit réorganisé sur un mode nouveau,
révolutionnaire, calculé de telle sorte que chaque pas du parti et que
chacune
de ses interventions conduise naturellement à la révolutionnarisation
des
masses, à la formation et à l'éducation des larges masses de la classe
ouvrière
dans l'esprit de la révolution.
6. Il est
nécessaire que, dans son travail, le parti sache combiner la stricte
observance
des principes (à ne pas confondre avec le sectarisme !) avec le maximum
de
liens et de contacts avec les masses (à ne pas confondre avec le
suivisme !), à
défaut de quoi il n'est pas possible pour le parti d'instruire les
masses et de
les élever au niveau du parti, mais également d'être à l'écoute de la
voix des masses
et de deviner quels sont leurs besoins les plus urgents.
7. Il est
nécessaire que dans son travail, le
parti sache combiner le caractère révolutionnaire le plus intransigeant
(à ne
pas confondre avec l'aventurisme révolutionnaire!) avec le maximum de
souplesse
et d'aptitude à manœuvrer (à ne pas confondre avec le conformisme! ), à
défaut
de quoi il n'est pas possible pour le parti de maîtriser toutes les
formes de
lutte et d'organisation, de lier les intérêts de tous les jours du
prolétariat
avec les intérêts fondamentaux de la révolution prolétarienne et de
combiner
dans son travail la lutte légale avec la lutte illégale.
8. Il est
nécessaire que le parti ne dissimule pas ses erreurs, qu'il ne craigne
pas la
critique, afin qu'elle puisse améliorer et éduquer ses cadres sur ses
propres
erreurs.
9. Il est
nécessaire que le parti sache choisir, à l'intérieur du groupe
dirigeant
fondamental, les meilleurs éléments combattants d'avant-garde
suffisamment
dévoués pour être les véritables porte-parole des aspirations du
prolétariat
révolutionnaire et suffisamment expérimentés pour devenir les vrais
chefs de la
révolution prolétarienne, capables d'appliquer la tactique et la
stratégie du
léninisme.
10. Il est
nécessaire que le parti améliore systématiquement la composition
sociale de ses
organisations et qu'il s'épure des éléments opportunistes
démoralisants, ayant
en vue, comme but, de parvenir à un monolithisme maximal.
11. Il est
nécessaire que le parti élabore une discipline prolétarienne de fer
développée
sur la base de la cohésion idéologique, de la clarté des buts du
mouvement, de
l'unité des actions pratiques et du comportement conscient, de la part
des
larges masses du parti, à l'égard des tâches du parti.
12. Il est
nécessaire que le parti vérifie systématiquement la bonne exécution de
ses
propres décisions et directives, à défaut de quoi ces dernières
risquent de se
transformer en. promesses creuses qui ne
peuvent que
miner la confiance qu'ont en lui les larges masses prolétariennes.
À défaut de ces
conditions et de bien d'autres du même genre, la bolchévisation reste
un mot
creux.»
C'est pourquoi
j'appelle tous les partis communistes à engager le processus
d'unification en
partant de l'unité d'action la plus étroite des partis en cours de
bolchévisation
et en s'aidant l'un l'autre, en même temps qu'en rassemblant autour
d'eux
toutes les forces d'orientation patriotique qui partagent nos points de
vue sur
(pour le moment) toute une série de questions. Suivant le désir et la
responsabilité politique des dirigeants, ce processus peut se réaliser
à un
rythme accéléré. Les processus négatifs qui se développent dans le pays
ne nous
laissent de temps ni pour les hésitations, ni pour les longues
considérations.
Si nous ne le voulons pas ou si nous avons peur de le faire, alors
qu'il n'y a
aucune raison pour refuser de travailler dans ce sens, nous, les
communistes,
porterons alors la lourde responsabilité de la perte de notre grand
pays et de
son peuple, le peuple soviétique. Le P.C.U.S. a terminé son existence
par la
trahison de ses leaders, non seulement contre l'Union soviétique, mais
également contre la classe ouvrière du monde entier; ils ont délié les
mains de
l'impérialisme pour l'exploitation impitoyable du travail salarié dans
le
mutisme complet des travailleurs. C'est pourquoi il nous faut faire
renaître un
puissant parti bolchéviste léniniste-staliniste apte au combat. Une
base
théorique, pratique (avec 16 ans de lutte) et structurelle suffisante
existe
pour cela: le Parti communiste des bolchéviks de toute l'Union
soviétique.
Dans le processus
complexe, dangereux et difficile de l'unification, nous aimerions avoir
un
soutien de la part du mouvement communiste du monde car « ...
la lutte pour le socialisme est la lutte du prolétariat révolutionnaire
international. C'est précisément parce que le capitalisme a uni le
monde entier
en un organisme économique unique que cette lutte ne peut pas ne pas
être
internationale» (t. 54, p. 466). Malheureusement, cela n'a pas lieu
aujourd'hui.
Par exemple,
COMMENT peut-on qualifier le refus opposé par le Parti communiste de
Biélorussie, le P.C.F.R. et le parti communiste de Grèce (leader: Papariga), organisateurs d'une conférence
internationale à
Minsk consacrée au 90e Anniversaire de la Grande Révolution socialiste
d'Octobre, accomplie, soit dit en passant, par le parti des bolchéviks,
le
refus opposé aux bolchéviks de participer à cette conférence? Par crainte de mécontenter leurs bailleurs
de fonds bourgeois pour leur contact avec les bolchéviks contemporains?
Je ne
vois pas d'autres causes à ce refus.
Pour étayer ma
conclusion à propos de la position des partis susmentionnés,
organisateurs de
la conférence internationale, je vais citer les réflexions de ce même
oligarque
Déripaska, dans la mesure où notre clan oligarchique en place s'inspire
largement de l'expérience de la bourgeoisie de l'Occident et, en
particulier,
contre l'opposition communiste.
De l'avis de
Déripaska, «l'opposition est absolument nécessaire dans les structures
du
pouvoir. Sinon, les techniques de direction des masses deviendraient
déficientes. Mais la sphère dirigeante n'a pas besoin de n'importe
quelle
opposition. En Russie, par exemple, nous sommes parvenus à former des
structures oppositionnelles non marginales et à les bien gérer. Leurs
fonctionnaires sont entièrement à nous et nous les payons bien. Il
existe
également des groupes marginaux avec lesquels nous travaillons aussi,
mais
c'est donnant-donnant.», etc.
La Conférence des
partis communistes (ils étaient plus de 70) en Grèce à Athènes il y a
deux ans
m'a laissé un sentiments d'une profonde
perplexité. Ce
grand forum communiste international n'a alors pas trouvé le moyen on
ne sait
pourquoi d'adopter une Résolution spéciale, particulière, pour soutenir
la
R.P.D.C., l'un des deux pays socialistes qui restent encore (le
deuxième étant
Cuba), à un moment où les pressions redoublées battent leur plein sur
la
R.P.D.C. de la part des É.-U.A. dans le but
de
l'étouffer. Seulement trois lignes à propos de la R.P.D.C., peu
significatives
par leur contenu, se sont trouvées dans le
résolution
globale de la conférence et rien de plus! De quoi ont-ils eu peur? Des
É.-U.A.?
Valait-il la peine de réunir un forum si représentatif pour n'adopter
que des
documents de caractère général n'obligeant qu'à peu de chose? Tout cela
témoigne, à notre avis, de la profonde dégénérescence social-démocrate
des
grands partis communistes d'Europe.
Quelle que
puisse être difficile la lutte, quelles
que soient les nouvelles difficultés qui se dressent sur notre route
dans
l'écrasement de la contre-révolution, ce sera quand même NOUS, les
bolchéviks,
qui vaincrons parce que la vérité de l'histoire, parce que la lutte
véritable
pour la justice véritable sur la Terre sont de notre côté.
À la veille du
90e Anniversaire de la Grande Révolution socialiste d'Octobre, au nom
de notre
parti, je félicite les membres du P.C.B.tUS,
nos
camarades du mouvement communiste de Russie et du territoire de
l'ex-U.R.S.S.,
ainsi que nos amis et compagnons de convictions politiques de
l'étranger à
l'occasion de cette date mémorable. Je vous souhaite sincèrement à vous
tous, à
nous tous, des succès dans la lutte pour le socialisme sur la Terre.
Vive la Grande Révolution socialiste d'Octobre!
Vive
l'unité internationale dans la lutte contre le capital mondial!
Prolétaires
de tous les pays, unissez-vous!
N. A.
ANDRÉYÉVA, Secrétaire générale du C.C. du P.C.B.tUS
«
Nouvelles d’U.R.S.S.», no 89, janvier-février 2008.
LENINGRAD,
le 9 octobre 2007.
Les
citations de V. I. Lénine sont extraites de la 5e
édition de ses Œuvres complètes, Éd. de la littérature politique,
Moscou 1974
(en langue russe).
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Française, vol. 6, #1