RUSSIE

Sur les morts du communisme soviétique et ceux du capitalisme russe

 

Par Viktor Trushkov

La Pravda No 118 (extraits)

 

Les gens astucieux et mal intentionnés qui travaillent actuellement dans ce champ de recherche historique ont créé une grande quantité de mythes et de légendes qui en certaines occasions dégénèrent en véritables mensonges. Les détracteurs professionnels du socialisme et du système soviétique sont ceux qui mettent le plus d'acharnement dans cette activité. C'est comme s'ils avaient organisé entre eux un concours pour voir celui qui de la façon la plus indécente et la plus impardonnable s'emploie à inventer le plus grand nombre de « victimes » du « pouvoir soviétique» dans les années: 30 millions de personnes, 60 millions.., 80 millions... 100 millions... en sous-entendant qu'il s'agit seulement de la population adulte et avant tout des hommes. Il semble qu'il ne leur vient même pas à l'esprit que toutes ces affabulations pourraient être réfutées par n'importe quel élève en fin d'école primaire.

 

La population de l'URSS, l'année où elle s'est constituée en État unifié s'élevait à 136,1 millions de personnes parmi lesquelles on dénombrait, fin 1922, 63 millions d'hommes. Que nous reste-t-il si nous soustrayons ne serait-ce que 60 millions de victimes mythiques ? Qui donc alors a combattu pendant la Grande Guerre Patriotique? D'où sortirent alors les 51 millions d'hommes que comptait en 1939 la seule République Socialiste Fédérative de Russie (RSFR) ? A cette date la population totale de l'URSS était proche de 93 millions.

 

Dans les années 30 la population augmenta de 13,37 millions. Comparons ces chiffres à la croissance globale de la population globale de la Russie tsariste dans une époque assez prospère comparée à l'actuelle, comme fut la première décennie du XXe siècle. Entre 1901 et 1910, la population de la Russie s'accrut de 13,37 millions de personnes. Revenons à l'étude du professeur Vassili Simchera, directeur de ROSSTAT: Développement de l'économie russe durant un siècle. Évolution historique (Éditions NAUKA – 2006). Dans cet ouvrage il analyse minutieusement la dynamique de la population pendant le XXe siècle. Les chiffres sur la croissance annuelle de la population sont particulièrement intéressants. Observons les variations dans la période qui sépare la Guerre Civile de la Grande Guerre Patriotique.

 

Les conséquences démographiques de la Guerre Civile furent perceptibles jusqu'en 1923 où la variation de la population était de -0,2%. Au contraire, dans les 3 années suivantes de 1924 à 1926, il y eut une croissance record, qui atteignit +1,9% par an. Ensuite, au cours des 11 années suivantes, on observa une croissance régulière de la population.

 

Dans la RSFR elle était de 1,1 % l'an (soit environ 1 million de personnes). Et soudain nous observons une autre inflexion. De nouveau, en trois années, on enregistre une croissance démographique notable de 1,6% l'an (1,7 millions de personnes par an). Prêtons donc attention à ces années 1938, 1939, 1940. Non, je n'ai pas la moindre intention de démentir à l'aide de toutes ces données fiables de ROSSTAT le fait qu'il y eut répression dans la seconde moitié des années 30. Et malheureusement elle eut un caractère de masse. Mais je refuse catégoriquement l'accusation portée contre le Parti Communiste Bolchevique et le pouvoir soviétique selon laquelle il aurait accompli un génocide contre son propre peuple. Le mythe sur ce supposé génocide est faux du début à la fin. Accuser le Parti Communiste et l'État soviétique est une méchante calomnie ainsi que le démontre la statistique impartiale.

 

Pendant le XXe siècle, la population de la Russie a augmentée de 76,1 millions c'est-à-dire plus que doublé. Les scientifiques ont calculé que la population du pays aurait été multipliée par 4 par rapport à 1900. Mais il y eut trois crises démographiques qui l'empêchèrent. La première est liée à la Première Guerre Mondiale et à la Guerre Civile. Durant ces années la population diminua de 3,2 millions de personnes. Le pouvoir soviétique put combler ces pertes en à peine deux ans et, dès 1925, le maximum atteint avant la période des guerres était dépassé. Au total, pendant des années de la construction socialiste précédent la Seconde Guerre Mondiale, la population de la RSFR augmenta de 20 millions.

 

La seconde crise démographique profonde eut lieu pendant la Grande Guerre Patriotique. En plus il faut prendre en compte le fait que la guerre continua à faire des victimes jusqu'en 1950. La population n'arrêta pas de décliner de 1941 à 1950 et la perte est estimée à 8,6 millions de personnes. Parmi eux 2,6 millions moururent dans les 5 années suivant la victoire. Le retour aux niveaux antérieurs ne fut effectif qu'en 1955.

 

La troisième crise démographique est probablement la plus tragique car il s'avère impossible de lui trouver une justification. Elle eut lieu dans une période de paix. Pendant cette période, selon la terminologie couramment acceptée, ne fut livrée contre nous aucune « guerre froide ». La restauration du capitalisme « fusille » implacablement presque un million de personnes par an. Et cela dure depuis 16 ans.

 

Il reste aujourd’hui en Russie le même nombre d’habitants qu'en 1984 dans la RSFR. Nous en sommes arrivés à des niveaux inférieurs à ceux du début de la Perestroïka. N'est-ce pas symbolique? Et amer, c'est le moins qu'on puisse dire.

 

23 années perdues dans l'évolution démographique naturelle de l’histoire de la Russie, 23 années de recul. Peut-être n'est-ce pas suffisant ? C'est autant que durant le règne du tsar Nicolas Il, le sanguinaire, qui aboutit à la Grande Révolution Socialiste d'Octobre.

 

La propagande de la restauration capitaliste s'efforce de justifier l'agonie du pays en 1’attribuant à la répercussion démographique de la Guerre. Il est certain que l'invasion de l'Union Soviétique par le fascisme a eu des répercussions. Mais en faire la cause de l'actuel génocide (un génocide authentique, pas inventé par des manipulateurs politiques habiles et rusés) est impossible.

 

La première vague du contrecoup démographique de la Grande Guerre Patriotique est arrivée dans la seconde moitié des années 60, deux décennies après la victoire. Entre 1968 et 1971 le rythme d'accroissement de la population diminua de moitié et tomba à 0,5% par an. Les quatre années suivantes ce taux ne put dépasser 0,6 %. Puis il remonta et approcha de 1%.

 

La seconde vague est plus faible, moins perceptible. Mais elle ne peut être ignorée. I1 est certain qu'un demi-pièce après le début de la Grande Guerre Patriotique, c'est à dire dans les années 1990-1991 la croissance de la population comparée à celle des années précédentes, se réduisit de moitié, descendant jusqu'à 0,4 % par an.

 

Mais c'est ensuite que commença l'extinction. Depuis 1994, la population a diminué de 6,7 millions. Les pertes réelles ont été 1,5 fois plus importantes car il faut prendre en compte qu'en ces années là  3,5 millions de personnes arrivèrent dans la Fédération de Russie en provenance des « nouveaux États» (N.D.T.: anciennes républiques de l'URSS)

 

Par conséquent, la restauration capitaliste a « fusillé » pas moins de 10 millions de russes. C'est plus que les pertes subies par la Russie entre 1941 et 1950*.

 

On en conclut que la capitalisme, impose au pays par la force, n'est pas moins inhumain que le fascisme hitlérien. Il détruit sans pitié la principale ressource du pays.

 

* L'agression nazie a tué 20 millions de personnes dans toute l'URSS, et non en seule Russie

 

Article publié sur « Solidarité de classe », bulletin d’information du Comité International pour la Solidarité de Classe

No. 60 Décembre 2007

 

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