Une Conférence internationale anti-impérialiste s’est tenue à Calcutta, Inde, du 27 au 29 novembre 2007, sur le thème: « Contre l’impérialisme, le sionisme, la globalisation et l’occupation impérialiste.


La Secrétaire générale du C.C. du P.C.B. tus N.A. Andréyéva est intervenus avec deux rapports sur le thème: Le sionisme comme idéologie d’État de la classe dirigeante des É.-U.A. impérialistes.


Premier rapport : Le Proche-Orient, arène de lutte d'opposition de l'impérialisme et du mouvement de libération nationale

Second rapport: Qui gouverne l’Amérique aujourd’hui


Le Sionisme Comme Idéologie d'État de la Classe Dirigeante des É.-U.A. lmpérialistes


Première Partie

Le Proche-Orient, arène de lutte d'opposition de l'impérialisme et du mouvement de libération nationale


«L'impérialisme est l'oppression progressive des nations du monde par une petite poignée de grandes puissances, c'est l'époque des guerres entre elles pour élargir et consolider leur joug sur les nations, c'est l'époque de la duperie des masses populaires par les sociaux-patriotes hypocrites, c'est-à-dire par les gens qui, sous prétexte de "liberté des nations", de "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes" et de "défense de la patrie", justifient et défendent l'oppression de la majorité des nations du monde par les grandes puissances»; c'est ainsi que le guide du prolétariat mondial V. l. Lénine caractérisait l'impérialisme du début du XXe siècle (t. 27, p. 63).
 

Cette définition léniniste de l'impérialisme reste d'actualité encore aujourd'hui lorsque l'impérialisme mondial est entré dans une phase de crise du système de civilisation portant en elle: une crise de l'économie mondiale qui s'accompagne d'une crise politique globale avec instabilité allant en s'approfondissant de l'organisation existante de la société et affaiblissement des structures politiques internationales (à titre d'exemple, telles que l'O.N.U.), une crise écologique comme conséquence de l'exploitation sauvage des ressources naturelles, une crise de la personnalité humaine, une crise spirituelle, une crise de conscience, ce qui mène à la dégénérescence de l'homme comme personnalité, comme couronnement de la nature.


L'état du système impérialiste des États dans leur ensemble est bien visible lorsque l'on analyse l'état réel des É.-U.A., la nature de la politique étrangère qu'ils pratiquent et les rapports réciproques réels que cette puissance impérialiste dominante du monde entretient avec ses «amis».
 

D'après l'expression pittoresque de l'un des stratèges économiques en vue de l'Occident, le leader de l'économie mondiale de l'impérialisme – l'économie des É.-U.A. – peut être actuellement comparé à une pyramide égyptienne renversée de 180 et qui se tiendrait sur sa pointe, la base de la pyramide en l'air. Cette construction fort instable tient debout en équilibre relatif grâce à une multitude d'étais artificiels temporaires de toutes sortes qui peuvent tomber à tout moment. L'un de ces étais est constitué par une grande partie des réserves de monnaie convertible dans tous les pays et qui se compose de dollars fiduciaires (gagés à moins de 10 p. 100 par la réserve d'or des É.-U.A.) et de bons américains. C'est pourquoi la majorité des États impérialistes est obligée de soutenir le dollar. De plus, dans la majorité des bourses mondiales, les transactions se font en dollars.
 

Toutefois, on peut considérer que l'un des étais de la pyramide économique américaine est déjà rompu: l'une des cinq plus importantes bourses pétrolières (New York, Londres, Singapour et Tokyo), à savoir la bourse iranienne, n'effectue plus ses ventes qu'en euros depuis 2006. Suivant une entente, le Japon paie son pétrole à l'Iran en sa monnaie nationale. A présent, l'Iran vend déjà plus de 70 p. 100 du pétrole brut qu'il extrait aux pays qui ne font par partie de la zone dollar, ce dont témoigne la baisse des livraisons de pétrole iranien aux pays où la devise américaine à cours.
 

Les É.-U.A. sont le pays où la dette d'État est à ce jour la plus élevée et se chiffre à plusieurs centaines de milliards d'euros (en 2006, elle se montait déjà à 200 milliards d'euros). Les É.-U.A. ne sont capables ni de rembourser, ni de servir leur dette dans un cadre moyennement urgent du fait que ce qui se trouve à la base de la crise du système économique des É.-U.A., c’est son moyen d'existence de l'économie et de la société qui est non pas simplement parasitaire, mais toxicodépendant lorsque son unique forme de survie est l'émission de monnaie que rien ne gage et qui, par conséquent, alourdit encore la dette.
 

Les É.-U.A.., ce sont:


Le F.M.I. confirme l'existence de la crise de système de l'impérialisme et prévoit l'aggravation de l'état de l'économie globale. De l'avis du F.M.I., l'accroissement du P.I.B. n'a été que de 5,2 p. 100 en 2007, il sera de 4,8 p. 100 l'année prochaine. Cette prévision a été publiée par le F.M.I. en octobre 2007. Après avoir cité les causes de l'aggravation de l'état de l'économie mondiale, Simon Johnson, chef du service des investigations du F.M.I., a défini comme principal danger la poursuite de l'instabilité des marchés financiers et les possibilités d'une baisse de la valeur des actifs, y compris (mais sans épuiser la question) la baisse de prix des biens immobiliers. En outre, comme l'a fait remarquer Simon Johnson, «il s'agit, d'une perte de confiance (en les E.-UA.), qui peut avoir des conséquences beaucoup plus sérieuses pour l'activité économique que celles que nous supposons».

Les problèmes d'août sur le marché américain du crédit hypothécaire se sont transformés en une crise globale de la liquidité qui n'a pas non plus évité l'Europe. Les Banques centrales du monde sont parvenues à stopper sa propagation par leurs injections sur une grande échelle; toutefois, les E.-U A. eux-mêmes ne se sont pas remis de la maladie.

Le F.M.I. prévoit pour l'économie mondiale dominante (celle des E.UA.) la croissance la plus molle de ces cinq dernières années de leur P.I.B. au niveau de 1,9 p. 100 pour l'année en cours.

Et, comme toujours, l'impérialisme cherche son prochain salut dans l'organisation de guerres, ayant dirigé cette fois leurs visées sur les pays du Proche-Orient.

La situation géostratégique du Proche-Orient, la présence de riches gisements de pétrole (la première place dans le monde étant occupée par l'Arabie Saoudite avec 35 milliards de tonnes, viennent ensuite l'Irak avec 17 milliards et l'Iran) a toujours retenu l'attention des pays impérialistes dominants. Après la Seconde Guerre mondiale, cette région s'est transformée en un nœud complexe de contradictions, en une arène de lutte d'opposition de l'impérialisme et du mouvement de libération nationale des peuples du monde arabe.

Dans sa lutte contre le mouvement de libération nationale, l'impérialisme s'est activement servi de l'État d'Israël (créé en 1948), lequel, en violation de la Résolution de l'Assemblée générale de l'O.N.U. et en l'ignorant totalement, a commencé à s'emparer de toute la Palestine. Comme suite de la guerre israélo-arabe de 1948-1949, Tel-Aviv a occupé la plus grande partie des terres destinées à la création d'un État arabe, ainsi que la partie occidentale de Jérusalem qui, suivant la décision de l'A.G. de l'O.N.U., devait devenir une zone internationale. Le problème palestinien reste jusqu'à présent une question fondamentale non encore résolue de la régularisation proche-orientale, ce à quoi les U.A. contribuent fort. Les E.-UA. voient le principal de cette régularisation dans la création d'une communauté régionale qui, justement, satisfasse l'Amérique sous tous les rapports.

Au plan américain de régularisation, dit «Feuille de route», proposé en 2003, le mouvement révolutionnaire HAMAS a répondu sans ambiguïté: «nous ne reconnaissons ce document ni dans son ensemble, ni dans ses points particuliers et nous le considérons comme une entente secrète contre peuple palestinien. Ce plan n'est en rien meilleur que les plans et accords précédents principalement orientés vers la défense de la sécurité d'Israël, aux dépens de la sécurité de la Palestine».

La réalisation du plan américain «Proche-Orient 2003», qui supposait le remplacement du régime politique en Irak, s'es soldé par l'agression armée de E.-UA. contre l'Irak en mars 2003, par l'anéantissement de ce pays et par une masse de réfugiés dans les pays voisins: plus de 4 millions de personnes (la population de l'Irak était de 22 millions avant l'agression des É.-U.A.).

«Après ce qui s'est produit en Irak, tout le monde a pris les Américains en haine féroce», a déclaré H. Moubarak, président de la république arabe d'Égypte, lors d'une interview donnée au journal français «Le Monde». «La démocratie qui nous avait été promise s'est changée en terreur qui nous poursuit partout, dans les rues, dans nos maisons et jusque dans nos mosquées; la liberté, en vassalité; la dignité, en outrage», a déclaré l'imam de l'une des mosquées centrale de Bagdad. D'après les paroles d'un philosophe irakien, «La politique de Bush en Irak a échoué. Les E.-UA. sont la principale cause de l'anéantissement de notre pays, des souffrances de son peuple». Aujourd'hui, le taux de chômage dans le pays est de 50 p. 100 de la population apte au travail, 4 millions d'Irakiens ne mangent pas à leur faim. Deux guerres sont actuellement en cours en Irak: l'une contre les occupants américains et l'autre, civile, entre les différents clans confessionnels, avant tout entre les sunnites et les chiites.

La guerre faite contre l'Irak a montré que les E.-U A. ont fait montre de leurs prétentions au rôle de dirigeant exclusif et que l'Amérique est prête à aller à n'importe quelles aventures et à prendre n'importe quels risques pour y parvenir. C'est ce que l'on a pu entendre dans l'intervention que G. BUSH a faite au Congrès des E.UA. de 21 janvier 2004 et par laquelle il a déclaré que les E.-U A. n'hésiteront pas ni ne demanderont la permission ni le soutien d'autres pays lorsqu'il s'agira des intérêts nationaux des États-Unis.

L'Amérique est prête à agir seule, sans tenir compte de qui gue ce soit. Cette position, est élevée au rang de position de l'État et le Président n'a pas l'intention de s'en écarter.

Après avoir écrasé l'Irak, les E.-U.A. ont obtenu un certain stimulant artificiel temporaire pour le rythme de croissance ralenti de leur économie grâce au pétrole irakien, ils ont réduit leur dépendance du pétrole saoudien et créé un levier complémentaire de pression sur les États d'Europe occidentale, sur le Japon et sur la Chine qui dépendent des fournitures de pétrole arabe. Ayant partiellement résolu pour un temps leurs problèmes de ressources énergétiques pour leur économie, les E.-U.A. ont beaucoup perdu d'un autre côté: ils ont perdu la confiance gue leur portaient d'autres États (cela concerne même la Grande-Bretagne qui a soutenu les E.-U.A. dans leur guerre contre l'Irak). A ce jour, il se trouve en Irak 162000 soldats américains, plus 11500 militaires d'autres pays de la coalition. En trois ans, les Américains ont reçu plus de 3000 cercueils d'Irak.

Après l'écrasement de l'Irak, c'est à présent la république islamique d'Iran qui est en butte aux/attaques acharnées de la part des E.-U.A., laquelle occupe une position géostratégique très avantageuse, à la charnière du Proche-Orient et de l'Asie centrale et méridionale, et qui a également été déclarée par les E.-U.A. zone de leurs importants intérêts nationaux vitaux, situation qui leur permet d'exercer une influence active sur ces régions. La mainmise /sur le pétrole iranien permettra aux E.-U.A. de résoudre le problème de leur propre sécurité énergétique. L'un des prétextes avancés pour commencer la guerre contre l'Iran est que, du point de vue des É.-U.A., l'Iran présente un réel danger pour Israël (face auquel les E.-U.A. ont des obligations dans le domaine de la sécurité), et aussi que l'Iran est prétendument occupé à créer son arme nucléaire.

La république islamique d'Iran avec le Président Ahmadinejad à sa tête est actuellement le leader de la lutte de libération nationale du monde musulman contre l’impérialisme américain en tout premier lieu, en résistant à l'agression militaire, économique et culturelle non dissimulée de l’impérialisme occidental avec son économie de marché (en fait son économie usuraire). Notons que la doctrine islamique considère l'usure comme l'un des crimes les plus graves devant Allia.

Aujourd’hui, les valeurs religieuses du monde islamique représentent une force politique qui constitue un certain mode de vie, une certaine culture commune et une conception du monde.

L'Iran nie catégoriquement les valeurs libérales et idéocratiques occidentales que les E.-U.A. imposent au monde, ainsi que le marché en tant que tel, le considérant comme une variété de jeu de hasard qui ne, doit pas avoir sa place dans une société islamique authentique.

Avec le jeune roi Abdallah ben Husayn, la position de la Jordanie reste proaméricaine par conservatisme. Ce roi n'a pas l'intention de s'écarter de l'orientation politique léguée par son père. Cela signifie, comme il l'a déclaré, «la coopération la plus étroite avec Washington dans tous les domaines».

La monarchie absolutiste de l'Arabie Saoudite se transforme en une monarchie constitutionnelle. Officiellement, cet État a rejeté en son temps l'idée d'utiliser la force contre l'Irak sans que cela ait été sanctionné par le Conseil de sécurité de l'O.N.U. et c'est pourquoi il ne vaut pas la peine de surestimer la solidité du partenariat militaire américano-saoudien.

De concert avec les É.-U.A., la communauté européenne des puissances nucléaires fait des efforts titanesques pour déclencher une guerre contre l'Iran sous le faux prétexte imaginaire de «ne pas permettre la propagation incontrôlée de l'arme nucléaire», accusant mensongèrement l'Iran d'élaborer l'arme nucléaire. En réalité, l'Iran s'adonne à des recherches scientifiques en vue d'obtenir du combustible nucléaire pour ses centrales thermoélectriques nucléaires en cours de construction. De l'avis de Fidel Castro, «Personne ne doit avoir le droit de produire l'arme nucléaire. Mais à plus forte raison personne ne doit-il avoir le droit privilégié, imposé par l'impérialisme, d'établir sa domination hégémonique et de déposséder les pays du tiers monde de leurs ressources naturelles et de leurs matières premières. Nous défendrons jusqu'au bout sur toutes, les tribunes du monde le  droit des peuples à produire du combustible nucléaire; nous défendrons ce droit sans aucune peur ni crainte».

Au Proche-Orient, dans cette région du monde, l'arme nucléaire est possédée par Israël (qui l'a obtenue en douce des E.-U.A. dès les années cinquante du XXe siècle), le Pakistan et l'Inde.

Mais le fond de la question de la frappe préventive qui se prépare contre l'Iran de la part des E.-U.A. n'est pas, comme nous l'avons vu, dans la prétendue élaboration de l'arme atomique par ce pays, mais bien dans la possession par l'Iran de l'un des plus riches gisements de pétrole. C'est la même prémisse que celle concernant l'Irak qui a été anéanti par les bombardements américains durant tout un mois.

L'Amérique exporte du pétrole dont elle manque cruellement, ce qui est la cause de la montée en flèche des prix du pétrole dans les bourses mondiales. Aujourd’hui, le prix du pétrole n'est soumis à aucune loi de l'offre et de la demande. Ce prix est soumis à d'autres facteurs, à savoir à la pénurie face à la demande extraordinairement croissante et à la dépense colossale des pays riches qui en sont les consommateurs. Ce prix ne relève d'aucune loi économique que ce soit. L'année prochaine, la demande en pétrole va encore croître de 2 millions de barils. L'année prochaine, on aura besoin de plus de 8  millions de barils par jour. Les E.-U A., principal territoire de l'empire, consomment 8,6 millions de barils de ce combustible par jour(!).

Pour mettre la main sur la riche région pétrolière de l'Iran à la suite de l'attaque de gangsters qu’ils ont perpétrée contre l'Irak, les E.-U.A. disposent d'un projet stratégique depuis longtemps fin prêt, qui a été mis au point déjà en 1999 par Martin Indyk (alors vice-ministre des Affaires étrangères des É.-U.A.) dénommé «double mainmise». Ce projet stratégique comprend simultanément l'encerclement, l'isolement et l'écrasement militaire de l'Irak et de l'Iran. Le schéma d'une partie de ce plan a déjà été réalisé avec l'irruption des E.-U.A. en Afghanistan et en Irak. Au cours de ces dernières années, les Américains ont pris le plateau iranien «en tenaille»: sur le flan ouest, l'Irak occupé par les É.-U.A. et sur le plan est, le régime fantoche karzaien en Afghanistan, sur lequel l'infanterie de marine des E.-U .A. al 'œil à Kaboul et qui dispose de sa propre armée de mercenaires capable d'assurer une tête de pont pour le déploiement de forces contre l'Iran sur le «front oriental».

La CIA (en dépit de l'extrême mauvaise volonté du Président du Pakistan Perwez Musharraf à se laisser entraîner dans les aventures américaines, même au niveau de la lutte obligée contre les talibans) est parvenue à créer une bande terroriste anti-iranienne au Baloutchistan, le Djound Allah», qui affectue des incursions actives dans les profondeurs du territoire iranien avec embuscades contre les patrouilles de gardes-frontières et de gendarmes, meurtres de fonctionnaires, etc. (Toutes ces actions ont été documentées par des enregistrements sur vidéocassettes, comme pour celles des sicaires de Tchétchénie dans un passé récent, afin de rendre compte auprès de leurs bailleurs de fonds d'outre-océan).

Depuis le côté occidental, en s'appuyant sur l'Irak du Nord pratiquement détaché de Bagdad sous l'appellation politique illégale de «Kurdistan autonome», les Américains sont parvenus à déchaîner une guerre clandestine de partisans : faite par des sicaires kurdes sur le territoire iranien. La présence d'un président kurde à Bagdad doit, suivant le dessein des Américains, les garantir contre la contestation de la part des Irakiens de la valeur juridique d'une telle approche administrative à l'égard du territoire d'un pays (l'Irak) formellement souverain.
 

Quant au principal résultat des Américains dans leur encerclement de l'Iran, c'est leur pénétration sur le territoire postsoviétique: leurs bases militaires en Kirghizie et au Tadjikistan (anciennement soviétiques) et la déstabilisation progressive du Caucase du Sud où la Géorgie joue le rôle de satellite servile et belliqueux des É.-U.A., tandis qu'ils arrachent concession sur concession de l'Azerbaïdjan.
 

Tout cela crée une situation géostratégique extrêmement complexe pour le régime d'Ahmadinejad. Il convient d'ajouter à ce qui a été dit la poussée insistante exercée de la part des É.-U.A. sur l'Arabie Saoudite et sur les gouvernements arabes qui lui sont liés pour qu'ils participent à la confrontation avec les Iraniens, à la concentration de sous-marins et de bâtiments de surface porteurs d'engins dans l'océan Indien, à la base militaire de Diego Garcia.
 

Une conclusion suit de tout ce que nous avons dit:
 

Toute la politique des É.-U.A. de ces dernières années au Proche-Orient a eu pour but en premier lieu d'écraser la révolution islamique (de libération nationale) et de détruire l'État des ayatollahs en vue de mettre la main sur son pétrole. Comme cela a été dit plus haut, cette question a été mise depuis longtemps à l'ordre du jour de la politique des É.-U.A., bien avant que ne surgisse la fameuse question de «la possibilité d'apparition de la bombe atomique en Iran:». En d'autres termes, la «préoccupation des É.-U.A. quant à l'Iran présente un profond caractère civilisationnel et géopolitique, mais ne dépend nullement de la conjoncture. Tout le reste, cité pour justifier leurs prétentions sur le pétrole arabe, ne constitue qu'une part des mesures de désinformation destinées, «en cours d'opération», à préparer l'opinion publique mondiale à la guerre des É.-U.A. contre l'Iran.
 

Lorsque l'on regarde les évènements qui se sont déroulés sur le plateau iranien, on constate également toute la rivalité bouffonne permanente de la Grande-Bretagne opposée aux É.-U.A. qui sont le principal personnage géopolitique à avoir contribué à l'effondrement de l'empire colonial britannique après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les actions des É.-U.A. de cette période de temps ont consisté à évincer les Britanniques des régions traditionnelles de leur présence (c.-à-d. de leurs anciennes colonies) et à faire s'effondrer les régimes aristocratiques (monarchistes), adeptes du parti «anglophile» mondial, qui y régnaient et à les remplacer par des régimes proaméricains dont les jeunes officiers et la bourgeoisie nationaliste sont devenus les principaux personnages agissants.
 

Sous la dynastie Pahlavi, l'Iran a contribué à fixer les Américains au Proche-Orient et y fut le plus proche partenaire d'Israël qui, rappelons-le, a été créé en dépit de la résistance des stratèges britanniques de l'empire et qui a toujours une position hostile à l'égard des États arabes du Golfe qui s'en tenaient encore à l'orientation de Londres.

La révolution islamique qui a eu lieu, non sans le soutien de la Grande-Bretagne et de la France, a instauré un régime théocratique en Iran en rétablissant les contacts inter élitaires avec l'«establishment britannique. C'est depuis ce temps que les É.-U.A. se sont orientés vers une confrontation extrêmement violente avec l'Iran.
 

Aujourd'hui, les É.-U.A ., qui se trouvent plongés dans une profonde crise de système, ont un besoin aigu d'un conflit militaire mondial pouvant aller jusqu'à l'organisation d'une troisième guerre mondiale n'excluant même pas l'usage de l'arme nucléaire tactique (mais seulement de leur part bien entendu).Compte tenu de l'expérience et de la façon particulière dont les É.-U.A. ont l'habitude de conduire leur politique étrangère, on peut considérer comme pleinement réaliste que le Pentagone s'efforce de réduire le plus possible son engagement direct au conflit (faire la guerre avec son propre argent certes, mais avec la peau des autres). Le but des É.-U.A. est de provoquer un chaos maximal sur le territoire du Vieux Monde et de susciter suivant les scénarios historiques déjà éprouvés précédemment, la guerre de tous contre tous, dans laquelle les É.-U.A. se réserveraient le rôle d'arbitre en prenant part à l'étape finale (au moment du partage du «butin»).
 

Dans la situation politique contemporaine, deux pays – l'Iran et la Russie – constituent des facteurs «modérateurs» dans la mesure où, à la différence de tous les autres États impérialistes, ils ne sont pas intéressés aux secousses mondiales: le bilan de leur recours politique et de leurs problèmes internes, tant en Russie qu'en Iran, n'est pas actuellement à l'avantage de la stabilité de ces pays (la tension sociale est assez élevée, tant en Russie qu'en Iran).
 

Les autres États impérialistes ne voient pas d'un mauvais œil d'utiliser la situation de crise dans le monde pour résoudre leurs problèmes géopolitiques et modifier leur statut.
 

Le Japon aspire à l'effondrement du système international contemporain des accords et obligations qui le lient et aspire à recouvrer le territoire qu'il a perdu en 1945 et son statut de grande puissance.
 

La Chine est disposée, en raison du mécontentement social massif et du séparatisme ethnique, à résoudre ses problèmes internes au moyen de l'extension de son influence politique avant tout dans le nord et, dans la mesure du possible, en direction du Pacifique. Au cas où la souveraineté de la Russie s'effondrerait – dans le cas du début d'une troisième guerre mondiale – la Chine espère bien pouvoir combler activement le vide et ethnique de la Sibérie, de l'Extrême-Orient sibérien, mais aussi du Kazakhstan. Mais cela étant, il est peu probable qu'elle puisse éviter elle-même les secousses dans sa propre sphère sociale.
 

L'Inde est en de mauvais termes avec le Pakistan depuis déjà plus de 60 ans pour la possession de l’ensemble du territoire de l'État de Jammu-et-Cachemire. Étant donné l'existence de l'arme nucléaire et l'extrême intransigeance des positions des deux parties, la situation peut échapper au contrôle à tout moment, faire que la paix explose dans cette région et que cela aboutisse à une catastrophe avec utilisation des moyens nucléaires dont elles disposent. À part cela, l'Inde ne demande pas mieux que de participer à l'écrasement de la Chine, sa rivale traditionnelle.
 

Le Pakistan se voit la métropole dominant l'Afghanistan et l'Asie centrale et participant en même temps, de concert avec la Chine, à la ruine de la structure étatique multiethnique de l'Inde.
 

L'Arabie Saoudite, qui a ravi à l'Égypte la primauté dans le monde arabe, rêve de se substituer à l'Iran (dont la population est de 69 millions d'habitants) pour le statut de superpuissance régionale, et cetera.

La Russie peut, au cas où les desseins militaires des É.-U.A. se réaliseraient, se trouver à la limite d'une catastrophe à cause du discrédit de son système administratif à l'intérieur du pays.
 

Dans ce collapsus humanitaire à l'échelle d'une énorme région du monde surpeuplée, les É.-U.A., à part leur mainmise sur les riches gisements pétrolifères, projettent l'ingérence directe dans les affaires intérieures de la Russie ...
 

Ainsi, les É.-U.A., se préparent-ils à réaliser un collapsus mondial afin de camoufler la débâcle financière inéluctable et imminente de tout leur système.

L'Amérique annonce sa débâcle financière au monde entier, estimant posséder une puissance militaro-politique impressionnante. Il est caractéristique que, dans les prétendues «fuites» de l'information, on parle déjà des études approfondies de différents scénarios (au niveau du gouvernement américain, du ministère des Affaires étrangères, du Pentagone, des services de renseignement et des départements économiques des É.-U.A.) de conduite de la guerre contre l'Iran. De solides journaux bourgeois en parlent. En septembre, un expert américain du «Nixon Center» pour les questions de sécurité nationale faisait savoir, dans «The Sunday Times», que le but du plan américain était de priver complètement l'armée iranienne de sa capacité de combat en trois jours au moyen de frappes aériennes sur 1200 objectifs déjà déterminés.
 

G. Bush a précisé qu'«il faut le faire tant qu'il n'est pas encore trop tard».
 

Pourquoi Bush est-il si pressé? Que faut-il entendre par «tant qu'il n'est pas encore trop tard»? G. Bush est également pressé parce que le temps de l'impunité des É.-U.A. pour les crimes qu'ils ont perpétrés touche à sa fin.
 

La R.P.D.C., qui a créé son bouclier nucléaire, ne craint plus la matraque nucléaire américaine que G. Bush brandit sur le monde entier.

Sept États latino-américains – l'Argentine, la Bolivie, le Brésil, l'Équateur, le Paraguay, l'Uruguay et le Venezuela – ont annoncé, le 10 octobre, leur intention de créer en commun la Banque du Sud qui jouera «un rôle central dans la nouvelle architecture financière de la région» et sera la source des emprunts en lieu et place de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international. En créant leur banque, les pays latino-américains espèrent limiter l'influence des É.-U.A.
 

Les Forces armées révolutionnaires de Colombie, ou Armée du Peuple, appellent, dans leur Manifeste, au rassemblement et à l'action pour résister au pouvoir qui ruine le pays, pouvoir qui se compose d'une mafia narco-paramilitaire, de propriétaires de latifundias et d'éleveurs de bétail, de narcotrafiquants et d'entrepreneurs qui, en s'appuyant sur les troupes gouvernementales des États Nord-Américains, ont plongé la Colombie dans l'enfer de la guerre. L'Armée du Peuple accuse le gouvernement de recourir à une stratégie contre-insurrectionnelle inhumaine, à l'élaboration de laquelle la CIA et le FBI sont engagés.


Le Conseil politique de la Résistance, créé en Irak par six groupements sunnites antigouvernementaux, appelle dans son Programme politique de libération de l'Irak, «à 1ibérer l'Irak de l'influence étrangère en vue d'obtenir son indépendance complète».Le Programme des partisans est fondé sur deux principes essentiels: 1) sur l'inacceptation de l'occupation illégale porteuse d'oppression et d'agression qui sont contraires aux traditions islamiques, et 2) – sur le plan du droit religieux -- sur la légitimité de la résistance armée dans le but de chasser les troupes étrangères du pays.
 

Selon une information de l'agence Xïnhuà (Chine nouvelle), «Le désir des É. -U .A. de mettre la main sur la riche région pétrolifère de l'Iran, après qu'ils eurent perpétré leur agression de gangsters contre l'Irak et anéanti de fait ce pays, oblige les pays du Proche-Orient à se préoccuper sérieusement de leur sécurité et à faire les efforts nécessaires dans le sens du développement de leur industrie atomique, ce qui conduit tout à fait légitimement à la naissance de nouvelles puissances nucléaires au Proche-Orient. Avec l'apparition de l'arme nucléaire en Iran, celle-ci pourrait bien être créée en Arabie Saoudite et en Égypte. Et il est peu probable que la Turquie et la Jordanie demeurent en reste. De l'avis du chef du royaume Hachémite... Après cet été, tout le monde (dans la région) va se lancer à la poursuite des programmes nucléaires».
 

Et cette politique des pays du Proche-Orient est pleinement logique et fondée: c'est ce qui constitue l'unique moyen pour ces pays d'assurer leur légitime défense contre le principal État terroriste – les É.-U.A. – la possession de l'arme nucléaire par ces pays. Tous les autres arguments sont vains. Ce qui en constitue la confirmation, ce sont les agressions armées des É.-U.A., de concert avec leurs complices en brigandage (les puissances nucléaires européennes), perpétrées contre la Yougoslavie, l'Afghanistan et l'Irak, les menaces permanentes proférées jusqu'à ces derniers temps d'effectuer une frappe nucléaire préventive contre la R.P.D.C. Si la R.P.D.C. n’avait pas créé son arme nucléaire et n'avait pas procédé à son expérimentation avec succès et à l'expérimentation de ses missiles balistiques capables d'atteindre le territoire des É.-U.A., il est alors tout à fait possible que ce rapace impérialiste aurait déjà déclenché la guerre contre la R.P.D.C.
 

On peut lever la tension gui s'est abattue sur le monde non pas en interdisant aux États souverains de créer leur bouclier nucléaire, mais en interdisant par la voix de la communauté mondiale, aux É.-U.A. de pratiquer leur politique de brigandage international et d'imposer par la force aux États souverains la prétendue «démocratie» à l'américaine ou la «démocratisation forcée d'un régime». Pour que le monde vive en paix, il faut en finir avec le terrorisme de la principale puissance impérialiste du monde: les É.-U.A. Ce sont précisément les É.-U.A. qui ont créé un vaste réseau de part le monde de camps d'entrainement de terroristes de différentes nationalités et races formés par des instructeurs américains. Ces terroristes sont financés par les prétendues «organisations non gouvernementales des É.-U.A.» dans le dos desquelles se tient le ministère des Affaires étrangères des É.-U.A. La Tchétchénie est le résultat du travail des bailleurs de fonds et des sicaires formés par des spécialistes américains.
 

Comme le dit Fidel Castro: «Qu'est-ce que cette paix lorsque l'empire de la barbarie proclame qu'il a le droit d'attaquer par surprise et préventivement 70 pays et plus, qu'il est capable d'apporter la mort en n'importe quel coin du globe par les armes et méthodes meurtrières les plus perfectionnées? Cette paix où règne l'empire de la cruauté et de la force, qui possède des centaines de bases militaires sur toute la planète? Nous défendrons jusqu'au bout sur toutes les tribunes du monde le droit des peuples à produire du combustible nucléaire; nous le défendrons sans aucune peur ni crainte».
 

En se référant à l'exemple de l'empire mondial dominant, les É.-U.A., il est clair que l'impérialisme est arrivé au bout de son rouleau en tant que régime socio-politique, que les É.-U.A. se sont objectivement approchés très près de la nécessité de changer leur système socio-politique. Une opinion se répand dans certains milieux politiques suivant laquelle le «noyau élitaire» américain se trouve placé devant la nécessité d'un bouleversement antirépublicain et anti-constitutionnel et d'un passage à une dictature charismatique. Ce n'est un secret pour personne qu'un pouvoir parallèle fonctionne réellement dès à présent aux États-Unis. Qui dirige réellement l'Amérique aujourd'hui et quelle est l'idéologie de ce «noyau élitaire»? C'est ce dont il va être question dans la Seconde partie (voir le prochain numéro, 91, des «Nouvelles d'U.R.S.S.»).

NSC vous présentera cette seconde partie dans notre prochain numéro.

Source: Nouvelle d'U.R.S.S. No 90


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