Pour comprendre l’actuel conflit armé en Colombie, il faut connaître un peu d’histoire.
Pol De Vos
Il y a soixante ans, en 1948, le député progressiste et candidat à la président Jorge Eliécer Gaitán était assassiné parce qu’il s’opposait à l’élite du pays ? Après dix années de guerre civile, des centaines de milliers de morts et une répression permanente contre la population paysanne qui luttait pour ses droits fondamentaux, cette même population paysanne s’organisait en guérillas. Allaient suivre des dizaines d’années d’une lutte armée qui, dans les années 1980, débouchait sur des pourparlers de paix.
Les FARC – une armée surtout constituée de paysans –
entérinaient un accord concernant la création d’un large
parti progressiste qui les représenterait durant la
période d’introduction des accords. Ce parti, l’Union
patriotique, allait être complètement détruit :
deux candidats à la présidence, trois sénateurs,
30 maires et 5.000 militants de base étaient assassinés.
Au cours des 20 années suivantes, les milices paramilitaires –
en tant qu’aile extrémiste et terroriste d’une politique
d’État violente – n’allaient cesser d’opprimer et d’assassiner
des membres des forces progressistes. Il ne fait aucun doute que
l’actuelle composition des FARC est fortement influencée par
leurs expériences des années 1980.
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