À quoi pouvons-nous nous attendre de la présidence d’Obama ?


George Gruenthal

Dans un sens, il n’y a aucun doute que l'élection de Barack Hussein Obama comme Président des États-Unis est historique. Comme le premier président Noir, c'est clair qu’on ne peut plus dire aux Afro-Américains ce qui est réalisable pour eux. Il y a des décades, Malcolm X a écrit dans son autobiographie que, quand il a dit à son enseignant qu'il voulait être avocat, l'enseignant lui a dit qu'il devrait viser à être quelque chose comme un charpentier, alors que devenir un avocat n'était pas un but "réaliste" pour une personne Noire.

Également, la présidence d’Obama marquera un changement du style de Bush des débridées guerres d'agression unilatérales. Bush a fait du gouvernement américain le plus détesté partout dans le monde, non seulement au Moyen Orient et autres pays dépendants et opprimés, mais aussi parmi le peuple de ses alliés en Europe de l’Ouest. Bush est devenu aussi un des présidents les plus méprisés par une grande section de gens dans les États-Unis. Dans la ville de New York, Obama a gagné par presque 80% du vote sur McCain, qui correctement était vu comme un continuateur des politiques de Bush, et dans le Bronx, avec son écrasante population Noire et Latine, Obama a gagné avec presque 90% du vote.

Mais Obama n'a pas gagné seulement parce qu'il avait un large soutien populaire. Il a gagné principalement parce qu'il était le préféré évident des principaux secteurs de la classe dirigeante du monopole capitaliste. Sa campagne a dépassé en dépenses celles de McCain par plus de plusieurs millions. Et ceci n'était pas seulement à cause des petites contributions de millions d’Afro-Américains et autres travailleurs mais à cause des gros monopolistes, des compagnies d’huile, d’auto et d’autres secteurs qui ont donné des millions à sa campagne.

Aussi, la majorité des médias bourgeois ont donné leur soutien à Obama. Dans la ville de New York, non seulement le New York Times, qui représente le secteur libéral du capital financier et est principalement destiné à la petite et moyenne bourgeoisie a soutenu Obama. Aussi l’a fait le Daily News dont la fonction principale est de diriger la démagogie bourgeoise à la classe des travailleurs. Des grands journaux bourgeois, seulement le New York Post le porte-parole des secteurs les plus réactionnaires de la classe gouvernante a soutenu McCain. (Bien sûr, les journaux bourgeois ont totalement ignoré la campagne de Cynthia McKinney, la femme progressive Afro-Américaine qui a conduit une campagne indépendante sur la ligne du Green Party.) Pour voir l'importance de la presse bourgeoise dans les élections, on peut seulement se rappeler l'universelle raillerie dirigée à Howard Dean, le coupant de la course quand il était le principal candidat dans les Primaires Démocrates de 2004, parce qu'il a pris une position contre la guerre en Iraq.

Les élections elles-mêmes ont montré la réjection évidente des politiques de Bush, non seulement sur la guerre mais aussi sur ses cadeaux au riche. Des millions de nouveaux électeurs ont été enregistrés (quelques 300,000 dans la Ville de New York seulement), la grande majorité d’eux a soutenu Obama. Environ 95% des électeurs Afro-Américains ont soutenu Obama, comme l’ont fait presque 70% des électeurs Latino. Les électeurs blancs dans la majorité (55%) ont voté pour McCain, bien que les électeurs de race blanche dans une écrasante majorité d’état de race blanche (tel que 'IOWA ou New Hampshire) furent dans la majorité pour Obama. C'était des blancs dans la nation Afro-Américaine dans le Black Belt South qui ont voté principalement pour McCain.

Qu’est-ce qu’Obama Représente?

Au commencement de la plus sérieuse crise économique aux États-Unis. (et probablement dans le monde) depuis la Grande Dépression, et pendant le plus grand isolement politique du gouvernement des États-Unis au Pays et à l'étranger, la classe dirigeante compte sur un président Afro-Américain qui entre en fonction sous le slogan "Le Changement Nous Pouvons Y Croire." Mais la candidature d’Obama, particulièrement puisque il a gagné la nomination à la Convention du Parti Démocrate en août, montre les limites de son changement proposé.

Premièrement, Obama a choisi comme Vice-président Joe Biden vieux routier du Parti démocrate. En particulier, Biden a soutenu la guerre en Iraq à son début, et représente des décades d'expérience au service de l’impérialisme américain.

Deuxièmement, Obama a tourné consciemment son dos au mouvement des Afro-Américains. Ceci fut très évident quand il fut forcé par deux fois de nier son ancien pasteur, le Rev. Jeremiah Wright, qui a mis en avant une forme de Théologie de Libération y compris l'utilisation du slogan "Dieu damne l'Amérique" (de la même façon, que durant le mouvement des Droits Civiques le peuple disait "Dieu damne le Mississippi"). Ceci faisait penser à la façon dont John Kerry, pendant sa campagne présidentielle en 2004, a été forcé de nier son verdict exact sur la nature agressive de la Guerre au Vietnam. Pour être un candidat impérialiste "sérieux" dans les élections aux États-Unis, il faut toujours être préparé à nier la vérité.

Troisièmement, Obama a fait marche arrière sur ses précédentes positions anti-guerre. En ce qui concerne l’Iraq, il a déclaré: "nous devons être aussi prudent à sortir de l’Iraq que nous fûmes négligent à y entrer." De plus, il appelle à envoyer plus de troupes en Afghanistan et même pour le besoin de traverser cette frontière du pays avec le Pakistan dans "la chaude poursuite" de militant, poursuivant la pratique de Bush de bombarder les villages pakistanais.

Quatrièmement, comme opposé à prendre une position "équitable" au Moyen-Orient, Obama s’est engagé à continuer le soutien débridé pour le client principal des États-Unis dans la région, l’Apartheid sioniste-Israël.

Cinquièmement, comme partie d'un effort bipartite à secourir le monopole capitaliste, Obama a joint McCain pour amener à bonne fin le $700 milliard de sauvetage des grandes corporations, clamant que c’était nécessaire pour ranimer l'économie. Il n'a manifesté aucune intention pour mettre en place un projet de secours pour les millions de gens qui ont déjà perdu leurs maisons ou qui font actuellement face aux saisies, étant expulsés pour l'incapacité à payer leurs loyers, pour ceux qui n'ont pas d'argent pour payer les soins de santé, ou pour tous les travailleurs qui souffrent de la crise capitaliste.

Finalement, les nominations d’Obama à son gouvernement ont montré son prolongement avec la politique capitaliste traditionnelle. Sa nomination d’Hillary Clinton comme Secrétaire d'État fournit la continuité avec le régime de bill Clinton. Éric Holder, en dépit d'être le premier Africain-Américain à être désigné au poste de Ministre de la Justice, fut un avocat qui a défendu Chiquita Brands qui a fourni $1.7 million aux escadrons de la mort Colombiens qui tuaient les syndiqués et autres civils. . Et Adolfo Carrion, président d’arrondissement Bronx Borough, et possible candidat pour l’HUD, est connu pour supporter des cadeaux de centaines de millions des contribuables aux grandes corporations privées pour «développer» le Bronx.

Ce n’est pas par accident qu’Obama fut mis en fonction maintenant, comme les États-Unis font face à une crise sévère. Obama devra présider aux réductions à grande échelle dans les services sociaux d'une certaine façon que la classe qui gouverne pense sera plus agréable aux gens que si McCain était le président. Obama peut dire: "Nous aimerions pouvoir fournir des soins de santé abordables pour tous, mais nous n'avons tout simplement pas l'argent maintenant." Ou "Nous aimerions couper les impôts pour 95% des gens, mais nous ne pouvons pas le faire alors que nous avons un déficit énorme du budget." Ceux qui pensent qu’Obama pourra implanter un Nouveau programme qui fournira quelque soulagement immédiat aux masses se sont trompé.

Les Tâches des Socialistes Révolutionnaires Aujourd'hui

Dans la période conduisant aux élections, plusieurs Marxistes-Léninistes authentiques et autres progressistes ont soutenu Cynthia McKinney. McKinney était pour un six-terme membre du Congrès Démocratique de Géorgie qui est venu adopter des positions progressistes, non seulement appelant pour le retrait de toutes les troupes d'Iraq et d’Afghanistan, mais pour la fermeture de toutes les bases militaires à l'étranger. Elle a soutenu un projet de programme national de santé. Elle a exigé une investigation authentique de ce qui est arrivée le 11 septembre, 2001, et pour la mise en accusation de George Bush comme Président. Et elle a demandé une Reconstruction de la Nouvelle-Orléans après l'Ouragan Katrina pour le droit au retour de la population à une écrasante majorité Afro-Américaine qui avait habité là. Pour ces positions et autres, elle a fait face à l'écrasante opposition de la direction du Parti Démocratique, qui par deux fois a soutenu son adversaire dans les Primaires Démocrates pour le Congrès. Par la suite elle a quitté le Parti Démocrate pour courir comme candidat indépendant. (Pour une position Marxiste-Léniniste détaillée sur sa campagne, voir "Les Campagnes d’Obama et McKinney pour le Président" par l'Organisation Révolutionnaire du Travail (anciennement Ray O Light Group) à www.mltranslations.org/US/ROL/ROL48.htm.)

Les Marxistes-Léninistes ont soutenu sa candidature en essayant d’éviter d’aliéner le plus grand nombre de gens, particulièrement les Afro-Américains, qui croient en l’appel d’Obama pour le changement. Nous reconnaissons que la plupart des gens doivent apprendre par leur propre expérience ce qu’Obama vraiment représente, et il n’y a aucun doute qu'ils l’apprendront.

Plusieurs progressistes, qu’ils aient ou non, soutenu Obama dans les élections, s’unissent dans leur soutien des besoins du peuple et dans l’espoir d’un changement, et essaient de construire l’unité sur un feuilleton de demandes pour des besoins fondamentaux, tel que les emplois, le logement, la santé, l’éducation, et contre les guerres d'agression, etc. En tant que révolutionnaires et Marxistes-Léninistes, nous devons prendre part à de telles coalitions, tout en aidant à s’éloigner du piège d'appartenir au Parti Démocrate ou d’essayer de "pousser le Parti Démocrate vers la gauche." C'est de plus notre tâche comme socialiste de préciser que la crise et les guerres d'agression font partie de la nature du capitalisme monopoliste.

Ici nous devons nous inspiré des leçons de la Révolution d’Octobre et de la construction du socialisme en Union Soviétique. Un des premiers actes du gouvernement Soviétique en Octobre 1917 a été de se retirer de la Première guerre impérialiste mondiale et de ratifier un Décret sur la Paix à tous les peuples. Et en même temps alors que tout le monde capitaliste était pris au piège dans une Grande Dépression, l’Union Soviétique abolissait le chômage et développait une économie planifiée socialiste avec le premier des grand Plans de Cinq Ans qui servaient les besoins matériels et culturels grandissant des travailleurs

Durant les années 1930, quand le monde faisait face à la menace du fascisme, Georgi Dimitrov a fait appel aux communistes et à tous les progressistes des États-Unis pour construire un Parti d'Ouvriers et de Paysans. Dans les conditions des États-Unis aujourd'hui, nous avons besoin de construire un parti de classe multinationale des travailleurs et des nations et nationalités opprimées.

George Gruenthal
De l’Édition anglaise de NSC, Vol 17#3

Traduction Dr Adélard Paquin

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