La sidérurgie est l’une des industries les plus touchées
par la crise. Voici les changements intervenus, au cours des derniers
mois du développement impérialiste, dans la production
mondiale de l’acier.
Un petit tour d’horizon qui nous rend compte de l’ampleur des dégâts.
Les 66 pays membres de la fédération mondiale de l’acier ont produit un total de 95,6 millions de tonnes en mai, 21% de moins qu’en mai 2008, indique la fédération professionnelle dans un communiqué.
Sous l’effet de la crise économique, la production mondiale a reculé chaque mois, depuis le début de l’année, de plus de 20%. En avril, la chute avait été de 23,6%, après un recul de 23,5% en mars.
Les derniers chiffres publiés portent donc à 22,4% la chute enregistrée sur les cinq premiers mois de l’année 2009 la production a atteint, sur cette période, 449 millions de tonnes contre 579 millions de tonnes un an plus tôt.
Confrontés à la réduction d’activité de leurs principaux clients, comme l’automobile et la construction, les sidérurgistes ont été contraints depuis plusieurs mois à réduire leur production, à l’image du N°1 mondial ArcelorMittal qui fait tourner ses usines à moitié de leurs capacités.
Au total, l’Asie, de très loin la première région en termes de fabrication d’acier, a quand même vu sa production reculer de 7% en mai, surtout à cause d’une forte chute de la production japonaise.
Dans l’UE, la chute est toujours beaucoup plus marquée, avec un effondrement de 44,8% à 10,5 millions de tonnes, dont un repli de 47,8% en Allemagne et de 41,3% en France. La Russie et les républiques de l’ex-URSS ont vu la leur reculer de 33,6% à 7,6 millions de tonnes. Comme en Europe, la production d’Amérique du Nord a été réduite de presque la moitié en avril (-47,8% sur un an), à 6,2 millions de tonnes: sa baisse atteint 50,6% aux États-Unis et 49% au Canada.
La World Steel Association ne donne aucune perspective pour l’ensemble de 2009, mais a prévu une baisse de 14,9% de la consommation mondiale sur l’année en cours. La World Steel Association représente 85% de l’industrie mondiale de l’acier, soit 180 producteurs d’acier mondiaux, dont 18 des 20 plus grands.
Après deux mois de recul, la production de la Chine, premier fabricant mondial d’acier, est repartie à la hausse, en augmentant de 0,6% à 46,5 millions de tonnes.
La production chinoise d’acier a confirmé sa solidité avec une production annualisée en mai de 547 Mt, en hausse de 0,6% par rapport à mai 2008 et de 3,6% par rapport à avril 2009. Un résultat « impressionnant » en raison de l’effondrement de ses exportations, note Isaac Feehely, un analyste de Macquarie Research. Malgré une chute annualisée de ses exportations de 48 Mt en mai, sa production s’est appréciée de 3 Mt. Pour les cinq premiers mois de l’année, sa consommation apparente d’acier, 218 Mt, a bondi de 8,4%, tirée par ses énormes investissements dans les infrastructures et le rebond de la construction.
Si la production d’acier baisse, c’est que la production industrielle baisse également. Pour la bourgeoisie, les revenus diminuent donc et l’entretien des esclaves salariés devient inutile. Dans L’impérialisme, stade suprême du capitalisme, Lénine y donne une analyse avant tout économique des principaux traits de 1’impérialisme (domination des cartels et du capital financier), et prend comme indices du développement de la production capitaliste le développement des chemins de fer. Aujourd’hui nous nous prenons comme mesures de la puissance d’un pays la production d’acier.
Dr Adélard Paquin, éditeur.