QU’ADVIENT-IL DES PLANS DE RELANCE ?

1 520 milliards d’euros de plan de relance (soit 2 000 milliards de dollars) oui été débloqués dans le monde pour sauver les économies de la crise. Quels en sont les résultats?

Examinons la stratégie de relance des deux géants du monde : la Chine et les États-Unis.

Tout d’abord le plan de relance chinois, étalé sur deux uns est beaucoup plus massif, rapporté à la taille de économie (avec 14% du PIB) que les plans de relance américain (5% du PIB avec des dépenses étalées pour certaines sur 10 ans).

Contrairement aux États-Unis où le plan de relance de 787 milliard de dollars signé en début d’année par le Président Barack Obama tarde à montrer des effets positifs, avec un chômage qui frôle désormais les 9%, et une situation industrielle qui ne se redresse toujours pas (indice ISM toujours sous la barre des 50), la Chine est en passe de réussir son pari. Le plan de 4000 milliard de yuans (585 milliard de dollars) annoncé en décembre dernier par les autorités de Pékin produit ces effets, qui plus est conséquents sur la demande domestique. On assiste ainsi à une multiplication par cinq – du jamais vu ! – des nouveaux crédits au secteur privé en juin 2009 par rapport l’année dernière, et à une croissance de 48% des ventes de voitures ce même mois par rapport à juin 2008. Au total, les ventes de voitures ont crû de 18% sur les six premiers moins de l’année par rapport à la même période l’année dernière.

De la même façon, le secteur immobilier connaît une véritable embellie. Les pris des logements ont augmenté pour la première fois en juin en variation annuelle et les transactions immobilières ont crû de près de 10% au premier semestre 2009 par rapport au premier semestre 2008.

La hausse de la consommation et la reprise de l’investissement résidentiel se traduisent par une reprise de la production industrielle, et une hausse de la demande pour les matériaux comme l’acier ou l’aluminium. Le cercle vertueux de la croissance s’est enclenché, malgré des exportations qui restent toujours en berne. Les investisseurs ne s’y trompent pas. La bourse de Shanghai a continué sa progression, avec une croissance de plus de 60% cette année, alors même que les bourses des pays développés commencent à s’essouffler après avoir réalisé que la sortie de crise aux États-Unis et en Europe allait être beaucoup plus laborieuse que prévu, si il y a reprise!

Les visites des dirigeants chinois dans le monde se sont multiplies depuis le début de l’année 2009.

« Elles se sont avérées très fructueuses », note l’agence de presse officielle Xinhua – la Chine devient alors présente PARTOUI’ sur le continent !

« Actuellement la Chine exploite déjà pétrole... uranium… fer… cuivre... or… bois... matières agricoles… textile du continent africain... et j’en passe – en échange d’investissements colossaux. »

En Australie, le sixième sidérurgiste chinois Shougang Groupa pris le contrôle fin 2008 de Mount Gibson Iron Ltd, société minière australienne dotée d’une capacité de production annuelle de sept millions de tonnes de minerai de fer.

Anshan Iron & Steel Group Corporation (l’un des trois premiers sidérurgistes chinois) a porté début 2009 à 36,28% sa participation dans Gindalbie Metals Ltd, société minière australienne cotée en Bourse. Le contrat de rachat prévoit une production de 10 millions de tonnes de minerai de fer par an.

Le 12 février 2009, le groupe d’aluminium chinois Chinalco s‘est accaparé 18% du capital de Rio Tinto, premier producteur mondial d’aluminium anglo-australien.

Une semaine plus tard, le fonds souverain China Investment Corporation (CIC) négociait avec Fortescue Metals Groups (FMG), troisième producteur de minerai de fer d’Australie et quatrième sur le plan mondial. Leur contrat porte sur une production de minerai de fer de 45 millions de tonnes par an pendant 10 ans.

Au Brésil, la Chine a signé deux contrats portant sur la livraison de 100 000 à 160 000 barils de pétrole par jour, en échange d’une ligne de financement pouvant aller jusqu’à 10 milliards de dollars. »

ALEXANDRE KATEB (Économiste, Consultant financier à Sciences Po et à l’ESG)

En Russie, les groupes Rosneft et Transneft vont recevoir 25 milliards de dollars de prêts de la China Development Bank pour commencer la construction d’une branche de l’oléoduc entre la Sibérie et le Pacifique détourné vers la Chine.

Et Moscou garantit à Pékin 15 millions de tonnes de pétrole par an pendant 20 ans.

Ce ne sont là que quelques exemples parmi tant d’autres – une illustration de la puissance du portefeuille chinois qui impactera les économies et les places financières du monde entier.

Et puisque lu crise a mis à genoux bon nombre de sociétés dans le monde, ce ne sont pas les divergences économiques on politiques qui empêcheront la Chine de faire le plein. Aucune difficulté ne lui fait peur :

« La Chine est sur le point de devenir la super puissance du 21ème siècle et jouera le même rôle qu’ont joué l’Angleterre ou les États-Unis dans le XIXème et le XXème siècle… »

Dr Adélard Paquin

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