«Nouvelles d'U.R.S.S.», no 99, septembre-octobre 2009

Les deux articles suivants sont traduits du journal ukrainien «Bourévestnik», no 1 (41), 2009, par Jacques Lejeune,  Rédacteur-Fondateur des Nouvelles d’URSS

RÉPONSE À LA CRISE

La crise économique déferle sur le monde entier, submerge les marchés, arrête la production, laisse des millions de gens sans travail, sape les systèmes bancaires et financiers.

La crise n'est pas un phénomène accidentel, fortuit, et elle n'est organisée par personne, par aucune action occulte ou par une provocation orientée. La crise est le développement normal, conforme aux lois objectives du capitalisme lui-même; c'est un phénomène «sine qua non», substantiel, constant, se répétant, qui ne dépend ni de la conscience, ni de la volonté des gens. La crise est la maladie incurable et mortelle du capitalisme.

Toutes les contradictions internes du capitalisme agissant violemment sur l'économie et la société trouvent leur résolution dans la crise. La crise détruit  les capacités de production «en trop» qui ne rapportent plus; elle jette les travailleurs «en trop» à la rue, ceux dont le travail est inutile aux capitalistes; elle entasse dans les magasins les marchandises «en trop» que les capitalistes ne peuvent plus vendre sur le marché.

Cependant, tout cela n'est en trop qu'à cause de l'organisation capitaliste de l'économie qui repose sur la propriété privée des instruments et moyens de production et sur la force de travail considérée comme une marchandise.

Les chantiers de construction s'arrêtent, non pas parce que tout le monde a un logement. Les denrées alimentaires ne sont plus produites, -non pas parce que tout le monde est rassasié. C'est en cela que se révèle le fait que la production a pris un caractère social, que ce sont les plus grosses entreprises qui dominent, les monopoles capitalistes nationaux et transnationaux, lesquels accomplissent, au fond, la fonction sociale d'approvisionner les gens en tout ce qu'il leur est nécessaire pour vivre. Mais ils le font en leur qualité d'entreprises privées opérant non pas dans les intérêts vitaux de la société, mais uniquement pour leurs profits de propriétaires privés.

À part la paupérisation des masses, le chômage et la pauvreté généralisés, la crise apporte encore deux autres maux: la menace de guerre et d'instauration d'une dictature fasciste. L'habituelle duperie «démocratique» des masses en train de sombrer rapidement dans la misère ne suffit déjà plus aux gouvernements capitalistes. Ils ont à présent besoin de la répression directe pour combattre la résistance croissante des travailleurs. Ce n'est pas un effet du hasard si, au bout de la grande crise de 1920-1930, des dictatures fascistes ou semi-fascistes ont été mises en place dans la plus grande partie des pays européens.

La guerre, connue moyen de sortir de la crise en anéantissant les moyens de production, les marchandises  et les gens «en trop»  a été utilisée plus d'une fois par les capitalistes. Ainsi en a-t-il été au début du XXe siècle lorsque la crise a trouvé sa conclusion dans la Première Guerre mondiale. Ainsi en a-t-il été au milieu du siècle passé lorsque le fascisme a déclenché la Seconde. Guerre mondiale. Ainsi en a-t-il été également en 1998 lorsque les É.-U.A. ont répondu aux premières lueurs de la crise par une campagne militaire d'abord en Yougoslavie, puis en Afghanistan et en Irak.

Actuellement, la situation se tend dans le Caucase où s'opposent les intérêts des capitalistes de Russie, des É.-U.A. et d'Europe. Une opération militaire est au programme de l'Union européenne en Afrique sous le prétexte du «maintien de la paix» et de la résistance aux pirates somaliens (alors qu'en réalité s'y opposent les intérêts des capitalistes européens et chinois). Il n'est pas du tout exclu que, parmi tous les prétendants à la Maison Blanche, le groupe de pression sioniste des É.-U.A. ait choisi, comme Président, un mélanoderme (descendant d'un maître d'esclaves blanc et d'une Juive d'origine africaine) dans le but de s'en servir comme d'un personnage de transition à des fins de conquête et d'une large pénétration dans le continent africain en lui présentant comme «un des siens». Il est possible que les É.-U.A. projettent d'asservir l'Afrique et de s'approprier son riche sous-sol pour aider à leur sortie de crise.

La tension monte entre le Pakistan et l'Inde. 

Les capitalistes sont prêts à plonger sans hésiter la planète dans les flammes de la guerre pour conserver leurs profits  et ils le feront si nous ne les en empêchons pas.

Mais l'on sait, par l'histoire, que le résultat de chaque crise mondiale a chaque fois été une avalanche d'insurrections révolutionnaires et que celles-ci sont le même produit de la crise capitaliste que l'inflation galopante, le chômage de masse, la misère et la guerre.

Il dépend de l'aptitude des masses innombrables à s'organiser et de leur prise de conscience, de savoir si elles pourront s'opposer à la menace du fascisme et de la guerre, si elles sauront opposer de la résistance aux tentatives des capitalistes de se décharger du fardeau de la crise et de le transférer sur le dos de ces mêmes masses.

Il est indispensable d'organiser et de soutenir les salariés et les jeunes dans leur lutte contre l'offensive qui est menée contre leurs droits sociaux, économiques et politiques, dans leur lutte pour l'amélioration de leurs conditions de travail et de vie. La logique de cette lutte est telle qu'elle conduira les masses à développer leur conscience politique, à comprendre la contradiction qui existe entre la nécessité des mesures d'amélioration de la situation des travailleurs d'une part et le maintien des rapports de propriété privée des instruments et moyens de production d'autre part. Ainsi les masses conviendront-elles de la nécessité de renverser le capitalisme et le régime de dictature de classe de la bourgeoisie.

La vraie sortie de la crise, c'est lorsque la production, le personnage du capitaliste en étant exclu, est organisée suivant un plan ayant pour objet de satisfaire les besoins des membres de la société et de créer les conditions du développement de chaque membre de la société.

La seule réponse digne des travailleurs à la crise et la seule voie possible pour sauver la majorité des gens de la misère, du chômage et de la famine, c'est la révolution socialiste.


LE TRACT DU JOURNAL

Fini le «temps de l'abondance» quand les nouveaux patrons des usines, des fabriques, des mines, des moyens de communication, etc., bernaient les travailleurs à propos de la bienveillance de leurs mesures et intentions. À présent, ils nous bassinent avec la crise, nous expliquant sa complexité économique, justifiant tous leurs tripatouillages. Les prix et les tarifs augmentent: c'est la faute de la crise; on vous jette à la porte de votre entreprise: la crise; les salaires diminuent: la crise; on vous met en congé sans solde: la  crise vous dis-je!

La crise sans visage et insaisissable, derrière laquelle se cachent les nouveaux singes exploiteurs et les bureaucrates d'État de divers pelages, s'est changée en un cataclysme naturel, en une sorte de dieu malfaisant exigeant toujours plus de nouveaux sacrifices.

Le temps est venu de poser la question des causes de la crise à ceux qui licencient les travailleurs, les privent de leur salaire et de leurs moyens d'existence, à ceux qui augmentent les prix, à ceux qui amassent leur capital grâce à l'exploitation du travail salarié, tandis qu'à présent, pris de panique, ils trafiquent avec dans des affaires louches. Cependant, attendre d'eux une réponse honnête à cette question est vain!

Par conséquent, il est grand temps d'agir ainsi:

* Former des syndicats indépendants et, tous ensemble, s'opposer aux licenciements; 

* Créer des conseils du personnel dans les entreprises;

* Instaurer le contrôle ouvrier dans les entreprises et s'opposer à leur liquidation; 

* Ne pas consentir a la mise en congé sans  solde

* S'opposer au licenciement «volontaire» et au passage a la semaine de travail réduite; 

* Lutter pour le maintien du salaire dans son intégralité et pour son indexation.

La seule mesure excluant toutes les crises est la liquidation de leur principale cause: la propriété privée des moyens sociaux de production (usines, fabriques et administrations qui les desservent). Cela ne peut-être fait que par la classe ouvrière organisée qui, de ses mains, fait tourner toute l’économie mondiale!

C’est précisément ce que craignent par-dessus tout ceux qui à présent exhortent les ouvriers à « se serrer la ceinture».

Prolétaires de tous les pays, unissez-vous!

Organisation des marxistes de Sévastopol
Courriel: dsvisd@gmail.com

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