Mardi, 4 février 2003, 8h34

Le destin de l'armée des États-Unis pourrait ressembler à terme au destin tragique de la  navette Columbia: au départ visiblement invincible, d'une puissance technologique phénoménale. A l'arrivée, réduite en mille morceaux.

Jamais dans l'histoire un État impérialiste n'a montré une telle superpuissance. Il promet déjà, à un petit  pays de 17 millions d'habitants, de lui larguer 3.000 bombes les premières 48 heures, dix fois plus que  lors de la guerre de 1991. Mais, arrogante, la navette US Army a aussi les grains de sable qui peuvent  gripper la machine.

Son carburant pourrait manquer. Dans son discours sur l'État de l'Union, Bush a dû pro baisser les taxes, d'augmenter les dépenses de santé tout en haussant le budget militaire: il prépare  ainsi une dette historique. Ses propulseurs montrent des signes d'essoufflement: le Dow Jones a chuté  de 11.000 points à 8.000 points en quelques mois. Ce qui l'incite à décoller au plus vite.

Pas sûr de recevoir le feu vert de la tour de contrôle de l'Onu, il pourrait s'en passer. Les marchandages  sont bien plus durs qu'en 1991 avec les contrôleurs français, allemand et russe.

Le Wall Street Journal a dû écrire lui-même une lettre signée ensuite par huit chefs d'État d'européens pour soutenir la guerre de Bush. Une victoire provisoire US, mais qui ne fera qu'attiser à terme les  contradictions entre les États-Unis et l'axe Paris-Berlin.

Ensuite, les autorisations de vol n'ont pas été accordées à 100% comme espéré. Le rapport de l'inspecteur Blix, aussi humiliant soit-il pour l'Irak, n'apporte aucune preuve formelle de possession d'armes de destruction massive. CIA et FBI admettent qu'il n'y a aucune preuve de prétendus liens entre Al Qaïda et l'Irak. Powell, ministre de Bush, sera contraint de sortir à l'Onu la grosse fusée à mensonges: photos satellites et témoignages trafiqués.

Enfin et surtout, les peuples du monde ne croient plus, dans leur grande majorité (80 à 95% en Europe et dans le tiers-monde, 50% aux États-Unis), dans le plan de vol US. Ils sont le principal grain de sable placé dans la machine de guerre US.

Cela ne l'empêchera peut-être pas de décoller. Mais les peuples du monde doivent utiliser tous ces grains de sable pour dévoiler la vraie destination de la navette US army et pour trouver la faille pour la faire chuter. Car toute technologie a ses faiblesses... Avec les millions de gens qui descendent aujourd'hui dans le monde contre la guerre, à chacun de les trouver.

e-mail to David Pestieau

1. David (5 février 2003)

Il y a un bouquin d'Emmanuel Todd sur le thème du colosse au pied d'argile (dette publique, dette extérieure, baisse mondiale de la confiance dans le modèle, etc.). Pour ceux qui préfèrent la littérature, voir Asimov...

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