Le Mouvement Anti-Guerre Américaine Répond a Bush

La Plate-forme ANSWER Mobile 700.000 Personnes. Des militants de ANSWER ont Fait le Déplacement Depuis Chicago. Ils Posent Devant le Capitole de Washington

Le mouvement anti-guerre qui se développe actuellement aux États-Unis - 500.000 personnes ont manifesté à Washington et 200.000 à San Francisco, le 18 janvier - est un mouvement radical. La coalition ANSWER (Act Now to Stop the War and End Racism) en est la cheville ouvrière. Quelles sont les particularités du mouvement et de cette coalition?

Jean-Claude Hardy

«Les manifestants s'opposent à la guerre contre l'Irak mais aussi aux sanctions génocidaires et aux plans impériaux de Washington», écrit Fred Goldstein, un communiste américain de Workers World, à propos du mouvement en cours. «Ils s'opposent aussi à la conscription des jeunes dans l'armée US, qui touche en premier lieu la jeunesse issue de la classe ouvrière et de sa couche la plus opprimée, les Afro-américains. Ils   s'insurgent que des jeunes puissent ainsi tuer et être tués pour étendre l'empire des compagnies pétrolières et du Pentagone.

Les participants aux marches de Washington et San Franscisco ont aussi applaudi les appels à la fin de l'agression israélienne soutenue par les États-Unis, contre le peuple palestinien. Ils ont applaudi les dénonciations de la répression de milliers de personnes du Moyen-Orient et d'Asie par la police fédérale des États-Unis (FBI) et le service d'immigration et de naturalisation (INS). Ils ont acclamé les appels à forcer les États-Unis à détruire leurs armes de destruction massive. Ils étaient choqués que le coût de la guerre soit reporté sur le dos des ouvriers et des pauvres.

En fait, un courant très progressiste, cristallisé autour de la menace de guerre, émerge dans la société  américaine. Ce courant a brisé la glace le 26 octobre, et plus encore le 18 janvier. Son apparition en tant que mouvement national est largement due à l'organisation déterminée et persistante de la coalition ANSWER et  d'un nombre croissant d'alliés et amis du mouvement progressiste et anti-impérialiste.»

Une orientation anti-impérialiste

Au sein du mouvement anti-guerre américain, la coalition ANSWER apparaît comme un pôle clairement anti-impérialiste. «Les multinationales et l'establishment bancaire américains», affirme-t-elle, «cherchent à maintenir la domination des USA sur la terre entière et ceci pour leur seul profit. Ce sont ces élites des grandes compagnies et des banques qui bénéficient de l'exploitation des ressources pétrolières du Moyen-Orient et de l'Asie du Sud au travers de contrats militaires gonflés et autres facilités fiscales.»1

«Nous pensons que le mouvement doit clairement exprimer sa solidarité avec les peuples en lutte au Moyen-Orient, en Asie, en Afrique, en Amérique latine et dans les Caraïbes, lesquels se battent pour définir librement leur propre destin, sans subir la domination impérialiste et coloniale américaine ni celle des sociétés transnationales.»2

Aucune illusion dans  les partis au pouvoir

Contrairement à d'autres organisations pacifistes, ANSWER ne diffuse aucune illusion quant au rôle du Congrès américain, qui s'est uni étroitement derrière George Bush, Républicains et Démocrates unis. Dans l'appel du référendum Vote No War, la coalition proclame fièrement: «Le Congrès des États-Unis ne me représente pas lorsqu'il autorise George W. Bush à déclencher une guerre illégale contre l'Irak. () Quand le Congrès rejette la volonté du peuple, le peuple doit agir par lui-même. Seul le peuple mettra fin à cette guerre».

S'appuyer sur une large mobilisation populaire

ANSWER affirme ainsi «que le mouvement anti-guerre doit être large, qu'il doit inclure le mouvement ouvrier, les syndicats, les communautés religieuses, les immigrants, les étudiants et la jeunesse et particulièrement les communautés de gens de couleur.»3

ANSWER s'appuie avant tout sur les couches les plus opprimées des États-Unis, les Afro-américains: «La  coalition ANSWER», dit le site web indépendant Black Commentator, «prend très au sérieux son objectif de créer un mouvement véritablement multiracial contre les pirates qui contrôlent le gouvernement US. Parmi les orateurs qui se sont adressés aux manifestants anti-guerre rassemblés à Washington ce 18 janvier, 17 au moins étaient des Afro-américains. Les Blancs étaient en minorité au micro, partageant ce moment historique    avec des activistes d'Amérique latine, d'Asie, du Pacifique, du Moyen-Orient, et d'Afrique.»4

1. ANSWER Appel à la manifestation Palestine du 27 avril 2002
2. ANSWER Déclaration d'unité
3. ANSWER Déclaration d'unité
4. www.blackcommentator.com. www.internationalanswer.org est le site d'ANSWER (en anglais) ANSWER: une coalition radicalement anti-impérialiste

La coalition ANSWER est apparue sur la scène politique américaine au lendemain des attentats du 11 septembre 2001. Certains pensaient qu'il fallait remettre à plus tard les manifestations prévues pour la fin septembre. Mais ANSWER a maintenu son appel: «Nous avons pensé, se rappelle Brian Becker, un des organisateurs, que, même si la manifestation ne réunissait que quelques milliers d'opposants à la guerre (en Afghanistan, ndlr), elle montrerait au monde entier qu'il existe aux USA bien autre chose que l'opinion  guerrière officielle.»

C'était courageux et ce fut un succès. Trois semaines seulement après les attaques terroristes contre le WTC, 25.000 personnes ont manifesté à Washington et 15.000 à San Francisco!

Le 18 janvier 2003, seize mois seulement après la création d'ANSWER, 500.000 personnes ont manifesté contre la guerre à Washington et 200.000 à San Francisco. Des centaines de comités anti-guerre s'organisent partout et, chaque jour, des actions de protestation sont organisées quelque part aux USA.

Si la coalition ANSWER a acquis, en si peu de temps, une telle notoriété, ce n'est pas malgré, mais grâce à ses positions radicales anti-impérialistes. ANSWER a donné une voix aux travailleurs et aux étudiants, aux communautés noires et immigrées, aux activistes qui descendent aujourd'hui dans la rue par centaines de milliers. Ceux-ci commencent à comprendre combien il est utopique de demander au régime impérialiste de George Bush et à son complexe militaro-pétrolier de se transformer gentiment de l'intérieur en un régime populaire démocratique et pacifique.

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