Nouvelles de l'URSS

Nous publions la troisième partie de l'article des <Nouvelles d'URSS> No. 37, octobre 2002.

La situation politique en Ukraine

Pour tenter de justifier la trahison ainsi perpétrée (dans le langage parlementaire, cela s'appelle un «accord de situation») P. Simonenko a fait paraître dans le «Kommounist» un article intitulé «Dans les conditions des circonstances objectives» («Kommounist», no. 38 du 11-05-2002) dans lequel il se réfère à l'intervention de Lénine au VIIe Congrès du P.C.(b.)R. en mars 1918. Dans son intervention, Lénine parle de la nécessité pour les bolcheviks, en 1907, de travailler dans «les administrations stolîpiniennes légales» de la nécessité de tirer parti du parlementarisme: «Si tu ne sais pas t'adapter, si tu n'es pas disposé à avancer en rampant sur le ventre, dans la saleté, alors tu n'es pas un révolutionnaire,'mais un bavard, et je ne propose pas d'avancer ainsi parce que cela me serait agréable, mais parce qu'il n'y a pas d'autre route, parce que l'histoire ne se présente pas de manière tellement agréable...». Visiblement, être durant deux ans premier vice-Président du Parlement, c'est ce que A. Martînyouk appelle «avancer en rampant sur le ventre». Être le dirigeant de la fraction la plus importante des deux précédents parlements signifie sans doute la même chose pour P. Simonenko. Pour les dirigeants du P.C.U., «ramper sur le ventre dans la saleté», c'est sans doute jouir de tous les biens et avantages que leur offrent leurs fauteuils de députés du peuple, s'organiser une petite vie tranquille et repus pour soi-même, sa famille et ses proches, aux dépens des travailleurs trompés par eux, en commun avec les fractions bourgeoises. En prêchant pour les voles parlementaires, constitutionnelles, légales et pacifiques du rétablissement du pouvoir des travailleurs et du socialisme, le P.C.U. et le P.S.U., en tant que partie de gauche les plus importants d'Ukraine, ainsi que les autres partis, organisations et mouvements de gauche, consolident en fait, et ce depuis voilà déjà environ dix ans, le pouvoir de la bourgeoisie, bernant la classe ouvrière, le peuple laborieux sur la possibilité de remporter la victoire par la voie du parlementarisme, et détournent la classe ouvrière et ses alliés du passage aux formes et méthodes révolutionnaires de lutte.

Est-ce que Lénine, lorsqu'il parle de la nécessité de travailler dans le parlement bourgeois, fixe à la fraction bolcheviste la tâche d'y travailler à l'amélioration des lois, au perfectionnement de la législation bourgeoise? Non et encore une fois non! Est-ce que ceux qui allaient au parlement étaient les dirigeants du parti bolchevique? Non. Ceux-ci se trouvaient en émigration, en déportation, en prison, dans la clandestinité. Ceux qui travaillaient au parlement étaient des bolcheviks-ouvriers, et non pas des membres de la direction du parti. Les bolcheviks n'allaient au parlement bourgeois que dans un seul but: utiliser la tribune du parlement pour dénoncer la nature anti-populaire du régime tsariste, pour faire la propagande du bolchevisme dans les nasses de travailleurs, pour aider la classe ouvrière à s'organiser et à s'unir étroitement dans le but de réaliser la révolution socialiste, d'abolir l'autocratie et le pouvoir de la bourgeoisie, de conquérir son propre pouvoir ouvrier et paysan Voici ce que disait Lénine à ce propos:

«La démocratie est l'une des formes d'État bourgeois que défendent tous les traîtres au socialisme véritable (Oeuvres Compl., t. 35, p. 280 de l'éd. en russe); «Le parlement bourgeois, quand bien même serait-il le plus démocratique dans une république la plus démocratique, dans laquelle la propriété des capitalistes et leur pouvoir seraient maintenus, est une machine à écraser les millions de travailleurs par quelques poignées d'exploiteurs» (Ibid., t. 37, p. 45.7). «L'histoire enseigne - souligne Lénine - que pas une seule classe opprimée n'est jamais parvenue à la domination et n'a jamais pu par-venir 'à la domination sans connaître une période de dictature, c'est-à-dire de conquête du pouvoir politique et d'écrasement par la force de la résistance la plus désespérée, la plus enragée, ne reculant devant aucun crime, qu'ont toujours opposée les exploiteurs. La bourgeoisie, dont les socialistes défendent à présent la domination en parlant contre la dictature en général» et en se mettant en quatre pour la «démocratie en général», a conquis son pouvoir dans les pays avancés au prix de toute une série d'insurrections, de guerres civiles, de l'écrasement par- la force de rois, de féodaux, de maîtres d'esclaves et de leurs tentatives de restauration... C'est pourquoi leur actuelle défense de la démocratie bourgeoise en guise de plaidoyer pour la «démocratie en général» et leurs actuelles lamentations et clameurs contre la dictature du prolétariat en guise de criailleries contre la «dictature en général» sont une trahison directe du socialisme, un passage de fait dans le camp de la bourgeoisie, une négation du droit du prolétariat à sa propre révolution, prolétarienne-» (Ibid., t- 37, P. 492).

Et Lénine conseillait aux bolcheviks ce qu'il convenait de faire:

«Quant à nous, nous irons à la scission d'avec les opportunistes; et tout le prolétariat conscient sera avec nous dans la lutte non pas pour le -déplacement des rapports de force-, mais pour le renversement de la bourgeoisie, pour la destruction du parlementarisme bourgeois# pour la république démocratique du type de la Commune ou la république des Soviets des députés ouvriers et soldats, pour la dictature révolutionnaire du prolétariat» (Ibid., t. 33, P. 118).

III

L'Union des ouvriers de toute l'Ukraine (U.O.t.U.) est une organisation associative créée par le P.C.U. dans le but de pouvoir exercer son influence sur la classe ouvrière, de la confiner dans le cadre de la lutte parlementaire et de la faire voter pour la P.C;U., dans le but d'empêcher qu'elle ne passe à la voie révolutionnaire de lutte. Et, dans l'ensemble, 1'U.O.t.U. s'acquitte avec succès de cette tâche. Mais, comme les organisations de 1'U.O.t.U. sont aussi fréquentées par des ouvriers, ils n'ont pas pu ne pas apporter avec eux l'esprit révolutionnaire dans les activités de 1'U.O.t.U. Et cela apparaît nettement dans les pages du journal de l'U.O.t.U., le «Rabotchiî klass», où, 'à côté d'articles opportunistes, sont également publiés des articles 'à caractère révolutionnaire. Quoi qu'il en soit, en fin de compte, la direction de 1'U.O.t.U. (A. Bondartchouk, Président de l'U.O.t.U., est de nouveau entré au Parlement sur la liste du P.C.U.) a appelé les travailleurs à se rendre aux urnes et à voter pour le P.C.U., c'est-à-dire qu'elle a fait comme la direction du P.C.U. elle-même, et a ainsi contribué à semer les illusions parlementaires au sein de la classe ouvrière. Après les dernières élections, la tendance révolutionnaire s'est accentuée dans le «Rabotchii klass». L'article du camarade A. Boudilo «Tout n'est pas si mauvais que nous nous l'imaginions, c'est pire!» donne une analyse juste de l'activité du P.C.U. Il y montre que «Par sa structure organisationnelle, ses objectifs stratégiques et sa tactique (il faudrait nécessairement y ajouter: par son Programme et ses orientations idéologiques et théoriques; - A. Mayevski), le Parti communiste d'Ukraine est, comme cela s'est avéré, un parti typiquement social-démocrate ou, si vous voulez, socialiste, mais en aucun cas le parti bolcheviste de Lénine». Conclusion absolument juste! Mais voilà, la proposition du camarade Boudilo sur la nécessité de devenir, non pas en paroles mais en actes, un parti réellement communiste, un parti de type non pas parlementaire, mais révolutionnaire, un parti d'avant-garde, est totalement erronée, À propos, V. Pikhorovitch et A. Bondartchouk proposent la même chose dans leurs articles.) Le P.C.U. a été créé dès l'origine comme parti de type parlementaire, ce dont témoignent ses documents de programme. Il a fonctionné durant toutes ces années comme parti opportuniste menchéviste, ne voyant son objet principal que dans l'obsession de mener la direction du parti au Parlement et dans l'enjolivement de la législation bourgeoise. Ce parti, sa direction depuis la base jusqu'au sommet, au centre comme en province, est incapable de quoi que ce soit de plus. Chers camarades de l'aile gauche de 1'U.O.t.U., vous ne parviendrez pas à changer ce parti, à en faire de parti parlementaire qu'il est un parti révolutionnaire. Vous ne faites que dépenser votre temps et vos forces en vain et pendant ce temps, la situation de la classe ouvrière s'aggrave toujours plus. Il vous faut joindre vos efforts dans la lutte pour le renversement du pouvoir du capital à ceux du P.C.B.t.U.S., conduire la classe ouvrière et ses alliés dans la direction du passage aux formes et méthodes révolutionnaires de lutte, en faire vous-mêmes l'apprentissage Toute une série de nos organisations du parti travaillent avec succès dans les organisations de l'U.O.t.U., s'efforçant de les révolutionna ri ser. Il est indispensable d'élargir ce travail et de le poursuivre avec persévérance.

À l'Avant-Garde De La Lutte: Le P.C.B.t.U.S.!

Nos Tâches

1. Faire pénétrer la conscience de classe dans les rangs de la classe ouvrière. Faire la propagande, dans le mouvement ouvrier, dans les masses de travailleurs, en particulier la jeunesse, de nos idées et points de vue bolchevistes, de notre Programme de parti de notre objectif: donner l'élan à la classe ouvrière et à ses alliés pour la lutte révolutionnaire en vue du rétablissement du Pouvoir soviétique, du socialisme, en vue de la renaissance de l'U.R.S.S.

2. Dénoncer l'opportunisme et sa variété la plus dangereuse dans les conditions contemporaines: l'anti-stalinisme.

3. Associer sans faillir le travail du parti avec le mouvement ouvrier de protestation des travailleurs. Participer activement à l'organisation et au déroulement des actions de protestation, des inter-ventions de toute nature des travailleurs contre la bourgeoisie. Aider la classe ouvrière. à s'organiser, à passer de la lutte économique à la lutte politique, révolutionnaire.

4. Prendre part aux actions communes et aux actions de masse en province avec les organisations des forces de gauche là où nos buts et objectifs coïncident.

5- Rassembler toutes les forces de gauche à la lutte révolutionnaire. Unir nos efforts avec ceux des partis, organisations et mouvements de gauche qui se prononcent pour la voie révolutionnaire de lutte, pour le rétablissement du Pouvoir, soviétique du socialisme et pour la renaissance de l'U.R.S.S.

A A. MAYEVSKI,

Secrétaire du C.C. du P.C.B.t.U.S. Président du Bureau du C.C. du P.C.B.t.U.S. pour l'Ukraine la Moldavie et le Pridnestrovyé.

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