La Position Bourgeoise et la Position Prolétarienne Face à Ce Qu'On Appelle <Le Problème Du Stalinisme>

Par M.P.M. (Arenas)

Je signalais dans un article de février 2001 publié dans le no. 53 de Resistencia: «Le travail de démolition de ce que Staline et son oeuvre représentent réellement est très loin d'être achevé et on indique que maintenant il ne va pas pouvoir être mené à terme».

Effectivement les faits abondent qui confirment cette appréciation. Mais c'est en Russie particulièrement que, selon les informations qui nous arrivent, Staline est actuellement un personnage de grand éclat parce que tout le monde, pas seulement les communistes, revendique son image. Naturellement l'image de Staline et toute son oeuvre appartiennent uniquement au prolétariat.

Le plus remarquable, cependant est que ce nouveau culte de la personnalité de Staline ne vient pas du parti «communiste» officiel, ni même des autres partis et groupes communistes similaires (brejnéviens), bien au contraire. Nous savons que la principale préoccupation de ceux-là a été de jeter de la terre sur la mémoire de Staline alors que son image renaît de nouveau parmi les masses comme le phénix de ses cendres. C'est du plus profond du cœur et de la conscience des masses ouvrières et paysannes de Russie, et des autres nations formant l'Union soviétique, qu'a surgi, comme en d'autres époques, ce puissant courant, Il est certain que, comme autrefois, apparaissent aujourd'hui quelques exagérations dans l'exaltation de l'image de Staline. Ils ne manquent pas non plus ceux qui cherchent à utiliser sa défense comme un brevet de course. C'est inévitable dans un tel mouvement. Cela ne doit pas nous conduire à perdre de vue l'essentiel: le fait que nous nous trouvons devant une manifestation de sincère reconnaissance ouvrière et populaire en la personne de Staline. Cette reconnaissance est étroitement unie – de là sa véritable importance – à une aspiration légitime au rétablissement du socialisme que Staline a représenté et représente encore aujourd'hui.

Comme il fallait s'y attendre, toutes les forces noires de la réaction et de leurs complices révisionnistes, qui, comme il est naturel, ne se sentent pas très tranquilles, commencent à se mobiliser à nouveau contre cette résurrection du mouvement socialiste et communiste qui a lieu en Russie. Cette préoccupation est partagée par la bourgeoisie impérialiste des autres pays comme par leurs agents et valets de tout poil. Il n'est pas surprenant, de ce fait, que quelques-uns de ces secteurs recourent au discours usé sur (des crimes de Staline). D'autres bavardent sans cesse sur «Ie néfaste culte de la personnalité de Staline» de la même manière que le firent les khrouchtcheviens, c'est à dire en séparant la personne de Staline de son oeuvre révolutionnaire, du cadre historique et de toute analyse politique et idéologique. Et finalement nous trouvons aussi, parmi les révisionnistes les plus modernes, ceux qui font des clins d'œil de complicité au trotskistes, pleurnichent et ne parlent par d'autre chose que des «erreurs de Staline».

Ce qu'ont tous en commun – les contre-révolutionnaires sans masque, les révisionnistes usés et, les ultramodernes c'est leur haine dissimulée du marxisme-léninisme et de la dictature du prolétariat. Ils cherchent, pour cette raison, à toujours dévier la discussion sur le terrain qui leur est propre: l'attaque contre le stalinisme, de cette façon ils couvrent la contre-révolution et les véritables crimes commis par les révisionnistes contre la classe ouvrière, le socialisme et le mouvement communiste international.

Selon ces agents de la bourgeoisie la tâche la plus importante du mouvement révolutionnaire n'est autre que la «critique des erreurs de Staline» et par conséquent la répudiation de son oeuvre, ainsi, indiscutablement, ils se proposent «d'approfondir» le travail de sape commencé par les trotskistes et complété plus tard par les titistes, les khrouchtcheviens et autres éléments e même modèle.

Cela suppose une position de classe qui ne diffère en rien de celle toujours maintenue par la bourgeoisie et ses idéologues contre le marxisme-léninisme, le socialisme et le mouvement communiste. Au vu de tout cela n'est-il pas clair que le problème principal qu'affronte aujourd'hui même notre mouvement en son propre sein, comme à d'autres périodes de son histoire, est l'influence de l'idéologie bourgeoise révisionniste et petite-bourgeoise? À notre avis c'est un problème d'une énorme importance, d'une importance transcendantale car de sa solution a toujours dépendu, et continue de dépendre, aujourd'hui plus que jamais, le développement de notre mouvement.

Maintenant il faut poser la question suivante: Staline, par hasard, n'a t'il pas commis d'erreurs? Et s'il en a commises (seul le pape est infaillible) n'avons-nous pas l'obligation de les faire apparaître, de les analyser, de les critiquer afin de pouvoir les éviter à l'avenir? La question, cependant, consiste à déterminer au préalable, comme nous l'avons signalé plus haut, à partir de quelle position de classe, de la défense de quels intérêts nous allons analyser et critiquer les erreurs que commit Staline. Il est à peine besoin de dire que de la position et du point de vue que nous adopterons dépendra le résultat de nos analyses et de ce fait, cela pourra servir les fins de la contre-révolution et les intérêts de l'impérialisme ou bien ceux du prolétariat et de sa révolution.

Tout d'abord je crois qu'aucun ouvrier conscient, ou avec une conscience de classe, ne pourra douter de notre proposition c'est à dire que: le véritable intérêt du mouvement communiste ne consiste pas à mettre au premier plan la critique des erreurs de Staline mais la trahison du révisionnisme moderne. Par conséquent, c'est là, dans la critique, la dénonciation, le dévoilement complet de la politique, l'idéologie et le travail de sape des révisionnistes que nous devons centrer notre attention. Cela implique logiquement de défendre Staline contre ceux qui l'attaquent avec des «arguments» fallacieux et démagogiques.

Par ailleurs nous ne voyons aucun inconvénient à reconnaître que, certainement, sous la direction de Staline, tant le Parti bolchevik que l'état soviétique commirent des erreurs qui doivent être analysées. Mais là, au moment de réaliser l'analyse et la critique des erreurs de Staline, revient la même question vis à vis de la position de classe et du point de vue marxiste-léniniste que nous devons toujours garder si nous ne voulons pas que toute critique ou analyse cesse d'être marxiste. C'est seulement en travaillant de cette manière que nous pourrons arriver à la racine et mettre à découvert la véritable nature des erreurs commises par Staline et des quelques autres que lui attribuent les révisionnistes et qui ne sont pas des «erreurs». De plus nous pourrons en découvrir d'autres qu'ils ne peuvent apprécier – elles ne les intéressent pas – de leur point de vue et de leur position de classe bourgeoise et qui néanmoins, pourraient être très importantes pour nous.

[Traduit par Josette Linares]
Éditions Démocrite
Les dossiers du BIP
No. 81, page 3, décembre 2001

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