Communiqué

Non à la guerre en Côte d'Ivoire
Non aux ingérences impérialistes
La Françafrique a trop duré

Une nouvelle guerre secoue la Côte d'Ivoire, coupant pratiquement le pays en deux et provoquant des centaines de morts et des destructions frappant en priorité les populations les plus pauvres.

Plusieurs armées étrangères sont déployées, dont plusieurs centaines de militaires français. Pour la première fois depuis l'indépendance du pays, des troupes spéciales nord américaines sont intervenues, remettant en cause le caractère de «chasse-gardée» que l'impérialisme français impose à ses néo-colonies d'Afrique. Cette initiative s'inscrit dans la politique de redéploiement des forces US au niveau mondial qui fait entrer le continent africain dans la grande opération de déstabilisation et de repartage des zones d'influence des différentes puissances impérialistes, qui a débuté avec la guerre contre l'Afghanistan et qui se poursuit à travers la guerre annoncée contre l'Irak.

Le régime de Gbagbo affaibli et désavoué par une partie importante de la population, dénonce un complot extérieur au pays et organise la chasse aux populations étrangères vivant en grand nombre en Côte d'Ivoire. Cette politique xénophobe, pratiquée depuis des années par tous les dirigeants ivoiriens quand ils sont en difficultés, fait à chaque fois des centaines de morts, plonge des milliers de familles dans la misère et creuse les divisions entre les populations, sur des bases ethniques et religieuses.

La guerre civile menace et le spectre des massacres qui ensanglantèrent le Rwanda plane sur un pays qui ne peut vivre sans le travail des millions de ressortissants étrangers.

L. Gbagbo a voulu profiter de cette tentative de putsch pour se débarrasser de ses principaux opposants. Le général Gueï et sa famille ont été assassinés et A. Ouattara, réfugié à l'ambassade de France, est accusé d'être le cerveau du putsch.

L'ampleur de la rébellion, la facilité avec laquelle les mutins ont pris le contrôle d'une grande partie du pays illustrent l'isolement du régime Gbagbo. En même temps, ce coup d'État semble privé de «tête» et n'avoir d'autre objectif que le renversement de Gbagbo.

Après des hésitations, les autorités françaises ont décidé d'empêcher la réussite de ce plan en renforçant la présence des forces militaires, tout en cherchant une solution de compromis avec l'aide de gouvernements des pays voisins, solution qui peut aller jusqu'à écarter Gbagbo.

Nous dénonçons les tentatives de putsch qui n'ont jamais abouti à autre chose qu'à remplacer une clique par une autre. Nous dénonçons les tentatives de déstabilisation de la Côte d'Ivoire qui viendraient des pays voisins. Nous dénonçons la campagne xénophobe, sur le thème de la soi disant «ivoirité» qui sévit depuis des années, alimentés par les autorités ivoiriennes elles-mêmes et qui exclut des pans entiers de la population de tous droits politiques et qui font des ressortissants des autres pays les boucs émissaires de toutes les crises et de toutes les difficultés. Nous dénonçons les ingérences des puissances impérialistes, en premier lieu celle de l'impérialisme français qui, loin de contribuer à une solution démocratique, favorable à la paix et à la bonne entente entre les pays et les peuples, ne font qu'aiguiser les tensions et les luttes de clans.

A la base de cette crise politique, il y a la crise économique et sociale qui découle des rapports totalement inégalitaires que les métropoles impérialistes imposent aux pays dominés. La chute continue des prix des matières premières orchestrée par les monopoles du commerce international, les firmes agroalimentaires et les grandes compagnies minières, plongent ces pays dans le marasme. Les plans d'ajustement structurels du FMI et de la Banque mondiale finissent par mettre ces économies à genoux et jettent les populations dans la misère. Sans rupture avec cette politique, aucun gouvernement ne pourra satisfaire les aspirations légitimes des peuples africains.

Ensemble, peuple de la métropole impérialiste et peuples dominés, nous devons combattre ce système de domination, de misère et de guerre

La Françafrique a trop duré, avec les peuples d'Afrique, solidarité.

Paris, le 1er octobre 2002

Parti Communiste des Ouvriers de France
15 Cité Popincourt
75011 PARIS
enavant@club-internet.fr

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