Irak: pas de guerre pour le pétrole!

Unissons-nous avec les peuples du monde pour arrêter George W. Bush, le nouveau Hitler

Déclaration du Bureau Politique du Parti du Travail Belgique
Extraits.

2.2. But économique fondamental: le pétrole

Les plus grandes réserves mondiales de pétrole. Le Moyen-Orient contient les plus grandes réserves de pétrole au monde. Avec au moins 115 milliards de barils? peut-être même 300 milliards? l'Irak est la deuxième réserve au monde, précédée uniquement par l'Arabie Saoudite. Sa production de 5 millions de barils par jour pourrait passer à 9 millions dans dix ans. Et un baril de pétrole irakien ne coûte qu'un dollar.

Si les réserves confirmées de l'Irak ne comptent que pour 15% des réserves mondiales, plus de 90% de son territoire reste inexploré. L'Irak ne compte pas plus de deux mille puits, contre un million au Texas. Sur dix forages en Irak, huit fournissent effectivement du pétrole, contre moins d'un sur cinq en Arabie Saoudite. Un patron du pétrole, M. Teeling, a bien cerné l'importance du pétrole irakien: «À terme, cela n'a aucun sens pour les compagnies occidentales de dépenser d'immenses sommes à l'exploration du pétrole devant les côtes de l'Angola et d'y travailler à des centaines de mètres de profondeur sous la mer, alors qu'il y a un gigantesque champ pétrolifère de 40 milliards de barils à la surface en Irak».1 Les guerres de Bush servent les intérêts des multinationales pétrolières. Dans leur logique coloniale, les puissances impérialistes industrialisées considèrent ces ressources comme leur appartenant. Et voient dans toute velléité d'indépendance des pays pétroliers une menace pour leur «sécurité». C'est-à-dire pour le bon fonctionnement de leur machine de production capitaliste. Kissinger l'avoue franchement: «Les États Unis et les autres démocraties industrielles ont un intérêt national contraignant à empêcher que cette région soit dominée par des pays dont les buts sont inamicaux envers nous. Les économies industrielles avancées dépendent des réserves d'énergies du Golfe.2 Les régions pétrolifères du Moyen-Orient étaient déjà un enjeu majeur des deux guerres mondiales passées. Elles ont repris une place prioritaire dans la nouvelle stratégie américaine.3

Les guerres de Bush servent les intérêts des multinationales américaines de l'énergie, comme celles de Hitler les patrons de la sidérurgie et de la chimie allemande. Bush est arrivé au pouvoir grâce à un coup d'État financé entre autres par les grosses multinationales du secteur énergétique américaines, dont émanent une vingtaine des plus hauts membres de son administration. Dont son vice-président Dick Cheney, ex-président et actionnaire de la compagnie énergétique Halliburton. Et son conseiller à la Sécurité Nationale, Condoleeza Rice, qui a siégé au conseil d'administration de Chevron.4

Ces grosses multinationales tirent des profits exorbitants du pétrole (extraction, transport, raffinage, commercialisation). Les réserves mondiales de pétrole diminuent réellement, ce qui ne peut qu'inciter les gros patrons du secteur à une agressivité accrue. C'est pour garantir sa mainmise sur ces sources de bénéfices gigantesques que l'État américain envoie son armée meurtrière au Moyen-Orient.

Comme toutes les industries dépendent largement du pétrole, les guerres de conquête de Bush répondent aux besoins de quasiment toutes les multinationales américaines. La crise économique s'aggrave chaque jour et menace les USA et les autres centres capitalistes de récession réelle. L'endettement des entreprises, particulièrement aux USA, est l'un des facteurs qui mènent le système entier aux portes d'une nouvelle crise mondiale qui dépassera en ampleur celle de 1929. C'est pour cela que les impérialistes exigent un approvisionnement garanti en pétrole au prix le plus bas.

Peur des armes de destruction massive ou de l'arme du pétrole? Ce n'est pas d'hypothétiques «armes de destruction massives» que les impérialistes ont peur, mais de l'arme du pétrole. Kissinger l'indique clairement: «Un évènement de mauvaise augure est apparu à l'automne 2000, lorsque Saddam s'est efforcé de manipuler le marché des produits pétroliers en diminuant régulièrement les flux de pétrole autorisés sous le régime des sanctions. Ces efforts doivent être traités pour ce qu'ils sont: non pas un problème d'approvisionnement et de demande en énergie, mais un défi à la sécurité nationale (des USA, bien sûr)».5

Les pays détenteurs des plus grandes réserves sont des pays du tiers monde? dont ce pétrole est pour le moment souvent la seule richesse. Ils ont à juste titre utilisé cette arme dans le passé, ils l'utiliseront sans nul doute encore à l'avenir. Et c'est parce que Saddam Hussein voit le pétrole arabe comme une arme contre la domination des USA sur le Moyen-Orient qu'il doit disparaître.

Contrôler l'énergie des économies concurrentes. A mesure de l'exacerbation de la crise économique structurelle du capitalisme, les antagonismes entre centres impérialistes se manifestent plus brutalement. Les États-Unis ne veulent pas seulement garantir leur approvisionnement en pétrole: ils en produisent eux-mêmes beaucoup et s'approvisionnent surtout en Amérique Latine, alors qu'ils n'importent que 5% du pétrole dont ils ont eux-mêmes besoin du Moyen-Orient. Ils veulent aussi et surtout contrôler l'énergie dont dépendent les économies de leurs concurrents européens et japonais. Les beaux discours des Louis Michel, Schröder, Chirac et autres sur leurs «différences tactiques» avec les USA cachent un conflit d'intérêt bien plus profond, qui à son tour fait monter le danger d'une nouvelle guerre mondiale inter-impérialiste. «Plus le capitalisme est développé, a écrit Lénine, plus le manque de matières premières se fait sentir, plus la concurrence et la recherche des sources de matières premières dans le monde entier sont acharnées, et plus est brutale la lutte pour la possession des colonies».6 Les Etats-Unis voient encore plus loin. Ils considèrent la Chine, puissance économique montante, «comme le plus grand défi à leur domination mondiale dans les quinze années à venir».7 Or la Chine est confrontée à un manque croissant de pétrole. La majeure partie de ses importations proviennent du Moyen-Orient. En contrôlant le pétrole de cette région, les impérialistes américains veulent aussi pouvoir saboter l'économie chinoise.

Notes

1 Source: «Lalkar», September-October, qui cite e.a. Thomson Datastream et le Financial Times, 15 August 2002

2 H. Kissinger, op.cit., chap. 5

3 Cf. PTB "Thèses sur la Mondialisation", thèses 78; "Quadrennial Defense Review Report", September 2001, p. 4; p. 20.

4 Voir: World Policy Institute, "The Role of the Arms Lobby In the Bush Administration's Radical Reversal of Two Decades of U.S. Nuclear Policy"; Center of Public Integrity, "The Public I - An Investigative Report of the Center for Public Integrity";

5 Cfr Kissinger, op.cit, p. 195

6 Lénine, "L'Impérialisme, stade suprême du capitalisme», chap. VI (tome XXII, p. 281)

7 Voir PTB, "Thèses sur la Mondialisation", thèse 78.

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