Urgent - Droit de Travail en Russie attaqué:

Appel - Urgent

Nouvelle législation scélérate en Russie

Aujourd'hui le 7 juin 2000, au Parlement russe, passe en première lecture le projet de loi du gouvernement de Poutine, qui comporte d'importants amendements au Code du Travail – Kzot. Quatre-vingt dix-neuf pour cent des mass media en Russie maintiennent un silence absolu à ce sujet. La plupart des Russes ne savent pas que leur sort se décide en ce moment. La nouvelle loi touchera chacun des travailleurs dans le pays.

Le Comité russe pour la défense des travailleurs appelle tout le monde, à l'intérieur de la Russie aussi bien qu'au niveau international, à protester contre cette nouvelle loi draconienne et à faire pression sur gouvernement de Poutine. Les chances pour l'arrêter sont très maigres, vue que celle-ci a été imposée à la Russie par le FMI; une des conditions pour continuer à recevoir des prêts. Pourtant, si nous ne faisons rien, nous perdrons, c'est sûr. Une des figures les plus importantes dans le mouvement syndical en Russie, Oleg Sheine, a expliqué que la nouvelle loi «visait à la destruction totale des syndicats en Russie et à la liquidation des droits fondamentaux des travailleurs conquis par la Révolution d'Octobre - 8 heures par jour et 40 heures par semaine ouvrable». Avec cette nouvelle loi les Russes travailleront jusqu'à 12 heures par jour et 56 heures par semaine! Oleg Sheine a aussi identifié les menaces majeures, sur les droits des travailleurs, suivantes:

* L'employeur n'est pas obligé de consulter les syndicats concernant les horaires, le paiement de primes, la réduction des salaires et des normes de payement aux pièces. Pour la première fois dans l'histoire de l'URSS l'article n° 46 de la nouvelle loi donnera le droit à l'employeur de sanctionner pécuniairement les syndicats - s'ils refusent de fournir à l'employeur «certaines informations». L'article 235 (qui oblige l'employeur de consulter les syndicats avant de licencier ou avant de prononcer un avertissement à ses membres - la loi soviétique ne permet pas à l'employeur de licencier sans la permission du syndicat!) sera abrogé.

* Les conditions de début et de fin de contrat de travail seront radicalement modifiées: le gouvernement permettra aux employeurs de garder leurs employés sur contrats temporaires sans limite de temps - de cette manière ils recevront chaque fois des contrats limités à 2 ou 3 mois et ne seront jamais intégrés comme des employés permanents [équivalant en France du Contrat à durée indéterminée – CDI]. Ils seront ainsi totalement dépendants de la volonté de leurs employeurs.

* Il y a aussi des sérieuses modifications dans cette loi concernant les droits des femmes et des enfants au travail. Selon la nouvelle loi, dorénavant ce sera permis que les femmes travaillent sans limitation la nuit et à des travaux dangereux. Les femmes avec des enfants en bas âge pourront être forcées à faire des voyages d'affaires lointains; les femmes enceintes et les adolescentes pourront travailler la nuit.

* Il y a toute une partie de la législation qui définit le droit de l'employeur de constituer une base de données de tous ses employés - leur vie privée, leurs opinions politiques et leurs activités syndicales. Essentiellement, ce sera la création de «listes noires!» et de «dossiers noirs!». Ce n'était jamais permis auparavant de créer de telles bases de données.

* La législation actuelle permet de faire des heures supplémentaires qu'à des occasions spécifiques (par exemple, au cas où il y aurait un accident ou une situation d'urgence). La nouvelle loi, donne le droit aux employeurs d'obliger leurs employés, y compris les femmes enceintes, adolescentes et les travailleurs qui étudient pour des diplômes le soir - d'effectuer des heures supplémentaires.

* «À la demande de l'employé» - et nous savons tous ce que «volontairement» veut vraiment dire en Russie! - lui ou elle peut être autorisé à travailler jusqu'a 12 heures par jour et 56 heures par semaine. Vous pouvez imaginer comment ce sera, dans une situation de destruction totale du mouvement syndical et sous la menace constante de licenciement, pour un employé de refuser de signer une telle «demande»!

* Cette nouvelle législation draconienne avait été préparée par le Premier ministre précédent Kiriyenko et le directeur de la Banque centrale précédent, Dubinine - comme partie du plan global pour satisfaire le FMI et mendier des nouveaux prêts. La chute du gouvernement Kiriyenko suite à la crise financière de août 1998 a empêché le passage de cette législation. Aujourd'hui le gouvernement réactionnaire de Poutine à pris le relais. Tous les principaux syndicats russes sont fermement opposés à cette régression concernant le droit du travail en Russie. Leur voix sera-elle entendue? Pour vos messages de solidarité prière contacter le journal Trud à letters@trud.ru

[Traduit par Alexandre MOUMBARIS]

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