«Nouvelles d'U.R.S.S.», no 74, décembre 2005

Le néo-nazisme d’État dans les pays de l’Europe germano-impérialiste

À Propos de la Situation en Estonie
Après Son Entrée dans l’U.E. et L’OTAN

Article publie dans le journal ukrainien «Robotche-krestyyanskaya pravda» no. 6 (019), 2005


À la suite de l'entrée de l'Estonie dans l'U.E. et dans l'OTAN, l'économie du pays a été saisie d'un choc.

La première chose qu'ait ressentie la population, c'est l'augmentation brutale des prix des marchandises de première nécessité, de l'essence, des transports publics. l'OTAN a exigé de l'argent pour financer ses projets. Malgré la crise, malgré le déficit budgétaire, le gouvernement a trouvé cet argent dans la poche des contribuables. On cherche à présent fébrilement de l’argent dans la république pour payer les amendes à l'U.E. pour les réserves excédentaires de sucre.

Le rattachement à l'U.E. et à l'OTAN a désarçonné l'économie de l'Estonie de son équilibre: la croissance du P.I.B. s'est ralentie par rapport à l'année passée, tandis que la demande interne s'est accrue impétueusement. Avant le ler mai 2004 (jour de l'entrée dans l'U.E.), la population a tout acheté du reste de ses derniers sous, comme avant une guerre. Le déficit de l'État a été record tous ces temps-ci.

Les hommes de science d'Estonie déclarent que nous allons nous retrouver nez à nez avec une crise économique dans les toutes prochaines années. La faiblesse des investissements techniques ne fera qu'aggraver encore la pauvreté et abaisser le niveau de compétitivité de production du pays. Seuls 6 p. 100 de la production estonienne peuvent être rattachés à la production innovatrice.

L'Estonie est en train de devenir un pays pauvre à main-d'oeuvre bon marché. La majorité des entreprises estoniennes sont des filiales de firmes étrangères. Toutes les acquisitions du socialisme sont anéanties dans l'État, le chômage, les inégalités sociales, la pauvreté, la criminalité ont fait leur réapparition. Les grèves et les meetings des ouvriers et des paysans n'ont pas encore pris un caractère massif et régulier. L'une des principales tâches du Parti communiste d'Estonie est, dans cette situation, de conquérir la majorité dans les syndicats, de prendre la maîtrise des protestations spontanées des travailleurs estoniens et de les orienter dans le courant de la nouvelle révolution socialiste.

Le choc et la crise de l'Estonie ont également influé sur les élections au parlement européen. Si, lors du référendum, les autorités, encore qu'avec de grandes difficultés, ont récolté une relative majorité de «oui» d'une minorité de la population admise à voter, aux élections au parlement européen, le parti de droite pro-américain «République» a par contre essuyé une défaite foudroyante, ne parvenant même pas à faire élire un seul de ses six députés. Tandis que, ces jours-ci, la coalition de droite s'est également écroulée. Le parti de droite «République» a cédé sa place aux centristes.

Le prestige des commissaires européens est très bas chez nous, tandis que notre attitude envers le commissaire européen de l'Estonie Siim Kallas est carrément tout à fait négative. Comme suite à son activité passée, lorsqu'il était Président de la Banque d'Estonie, 10 millions de dollars ont disparu sans laisser de traces, tandis que le tribunal estonien a pris une décision sans précédent en classant l'affaire au motif que l’État ne cherche ni ne réclame ces 10 millions de dollars?! Il faudrait encore appeler à rendre compte cet autre commissaire européen, Monsieur Ferhoigen, qui n'a rien fait lorsqu’on lui a posé la question des violations massives des droits de l'homme et de l'existence de prisonniers politiques dans les pays de la Baltique alors candidats à l'entrée dans l'U.E. Ce commissaire européen a eu cette réponse cynique: ceux dont les droits ont été violés vont bientôt mourir et il n'y aura plus de problème!

Grâce au zèle de Ferhoigen et des autres fonctionnaires européens, il se trouve environ un million d'apatrides, de personnes sans citoyenneté, à vivre actuellement en Union européenne. Les droits des minorités nationales sont violés en Estonie et en Lettonie. Le néo-nazisme florissant n'y est pas condamné par les autorités.

Les autorités bourgeoises d'Estonie ne font pratiquement rien pour améliorer la vie de la population, pour résoudre les problèmes urgents, préférant convaincre les organisations internationales que ces problèmes n'existent pas.

Ainsi, en Estonie, 20 p. 100 de la population sont privée de la citoyenneté estonienne. En 1992, le Conseil supérieur a fait passer en douce une décision extra-judiciaire sans précédent dans la pratique mondiale visant à priver un tiers de la population du pays de ses droits civils. Afin de faire entrer cette loi en vigueur, il a été mis en avant et artificiellement associé à la question de la citoyenneté le fait de la connaissance obligatoire de la langue estonienne, langue d'État. Au cours des 12 années passées et à cause de cette discrimination, environ 6 p. 100 de la population ont fui l'Estonie, 9 p. 100 ont pris la citoyenneté d'un autre État et 11 p. 100 n'ont aucune citoyenneté. L'absence de citoyenneté prive les habitants de ce pays de nombre de leurs droits politiques.

En Estonie, il existe un problème avec les droits des anciens combattants. Les gens qui se sont battus contre le fascisme pendant la Grande Guerre patriotique se sont retrouvés être assimilés, selon les lois modernes, à des ennemis de l'État.

Ils sont venus en Estonie en libérateurs de l'esclavage fasciste et on les qualifie à présent d'occupants. Non seulement on leur refuse la citoyenneté estonienne, le statut de résident permanent, mais encore les prive-t-on également de tous les privilèges sociaux. Alors que les Estoniens qui ont servi les occupants fascistes au sein des troupes de la SS sont devenus des citoyens d'honneur de la république et des héros nationaux.

En Estonie, des rencontres des anciens combattants estoniens de la 20e Division de Waffen-SS se déroulent régulièrement, auxquelles prennent également part des députés du parlement.,Tous les ans, des jeux militaro-sportifs ont lieu avec la soutien de l’État sur les traces du groupe de reconnaissance « Erna » de l'Abwehr hitlérienne, les mains des membres duquel sont rouge du sang de centaines de soldats de la coalition antihitlérienne tués sur le territoire de la R.S.S. estonienne en 1941. On assiste à la glorification des «exploits» des soudards fascistes. Les restes du Sturmbannfuhrer SS estonien Alfons Roban ont été réinhumés avec les honneurs militaires à Tallinn.

Récemment, un second essai a été tenté en Estonie d’ériger un monument aux anciens combattants SS estoniens, mais, sous les pressions de ses partenaires occidentaux, le gouvernement a été contraint de décider de le démonter, ce qui a donné lieu à une bagarre de masse entre néo-nazis et policiers. Un important groupe d'habitants locaux a défendu le monument des SS sous prétexte de «respect de la démocratie»?! Les monuments aux combattants libérateurs soviétiques sont quant à eux massivement profanés. Des symboles nazis sont vendus librement en plein centre de Tallinn. Aucun de ces fait ne reçoit l'appréciation politique qui convient de la part des autorités dont le silence et le laisser-faire ne font que favoriser le développement du néo-nazisme en Estonie.

Le Président de l'Estonie a refusé de venir à.. Moscou pour assister aux fêtes du 60e Anniversaire de la Victoire sur le fascisme.

Lorsque l'on parle des problèmes de la population d'expression russe en Estonie, on soulève toujours la question de la langue d'État.

Après la formation de la République estonienne comme État autonome, la langue estonienne a été officiellement déclarée langue d’État unique. C’est ainsi que dans ce pays, où il y a toujours eu deux langues, on a tout à coup interdit de parler et d'écrire en russe. Le problème de l'interdiction de fait de la langue russe est d'autant plus pénible que, jusqu'à présent, en Estonie, pratiquement tous les habitants de différentes nationalités continuent encore de parler et de s'adresser les uns aux autres exclusivement en russe, c'est-à-dire qu'ils font usage de cette langue comme d'une langue de relation internationale. En même temps, dans le nord-est de l'Estonie, dans les villes de Narva, de Sillamiae et autres, dans lesquelles vit une population à 90 p. 100 d'expression russe, les autorités centrales refusent à l'administration autonome locale le droit d’introduire la langue russe comme seconde langue pour les affaires administratives, bien qu'une telle possibilité soit prévue par la législation estonienne.

Actuellement, ce qui constitue le principal problème de l'instruction, c'est le fait que le maintien dans la république de l'instruction en langue russe à tous les degrés devient de plus en plus difficile année après année.

C'est ainsi que la discrimination de la population d'expression russe fixée par des actes juridiques d'État constitue une base pour poursuivre plus avant la division de la société dans toutes les sphères de l'activité économique, sociale et dans celle de l'instruction.

Le Parti communiste d'Estonie, bien qu'opérant dans la clandestinité, mène une lutte active contre le néo-nazisme, pour les droits de l'homme, pour le socialisme et la reconstitution de l'Union soviétique.

De notre correspondant
TALLINN

Fermez la page pour retourner.