La Fascisation
du Système

Historiquement, le fascisme a été utilise, instrumentalisé, encouragé de manière machiavélique par la bourgeoisie et l’impérialisme dans le but de contrecarrer l’influence des partis communistes et des idées révolutionnaires et pour assujettir les consciences. Avec la disparition du camp socialiste, il n’est plus question pour les classes dominantes de continuer à mobiliser les esprits des masses par la propagande anti-communiste. Ces classes doivent cependant pouvoir leur conception du monde a l’ensemble de la population de la planète et réussir la mondialisation néo-libérale dans les pays occidentaux comme ailleurs.

Les pilules du néo libéralisme étant dures à avaler pour les populations, les multinationales, les classes dominantes organisées en groupes de pression se sont arrangées, par les vertus de la démocratie bourgeoise ou par d'autres biais, pour avoir un peu partout des gouvernements aux ordres. Cependant, en dépit des revers apparents de l'histoire, la conscience des masses a fait des progrès extraordinaires à l'échelle de la planète. Dans ces conditions, pour vaincre toutes les résistances aux plans de l'impérialisme néo libéral, le modèle « démocratique » actuel ne convient plus, ses formes sont trop contraignantes pour la bourgeoisie. Pour imposer ses vues, il lui faut un cadre plus adapté à ses besoins et plus autoritaire pour les populations. C'est ainsi qu'il faut comprendre le processus de fascisation du système qui connaît une brusque accélération depuis quelques années.

Le 11 septembre 2001 constitue un tournant décisif dans l'offensive fasciste puisque les classes au pouvoir ont profité de l'aubaine des attentats pour systématiser de manière scientifique leur propagande et renforcer leur arsenal répressif. Aujourd'hui pour asseoir sa mainmise sur les consciences, la bourgeoisie dispose d'une panoplie bien fournie.

Le Matraquage Idéologique

Même si ces thèmes n'ont pas été complètement abandonnés et reviennent de manière récurrente dans le débat politique, l'immigration et le «danger communiste» qui ont fait les beaux jours des organisations de droite et d'extrême droite en Europe : France, Autriche... laissent la place à des menaces qui semblent plus grandes encore. En effet, le travailleur étranger qui venait prendre la place, le travail et le pain des nationaux est remplacé dans les capitales occidentales par le terroriste islamiste prêt à tout faire sauter. Pour mieux assujettir les consciences, les propagandistes du pouvoir réveillent sournoisement les vieilles peurs enfouies dans l'inconscient collectif afin de les instrumentaliser de manière plus efficace. Sous prétexte de mobiliser autour de la guerre contre le terrorisme, on cultive savamment la crainte de l'autre en le présentant comme un ennemi potentiel au pouvoir de nuisance considérable et capable, à tout moment, de provoquer la pire des catastrophes : Taliban, Saddam, Iran, Corée du nord. On attise la haine et la méfiance, on recourt aux schémas simplistes : la lutte du bien contre le mal (le mal étant représenté par tout ce qui n'est pas occidental), le choc des civilisations, le spectre du danger islamiste... Et si cela ne suffisait pas, on dénigre systématiquement l'autre et on arrive à faire accepter les positions impérialistes par un certain nombre de personnes : puisqu'ils sont incapables de comprendre ce qu'est la démocratie il est légitime que nous la leur imposions par la force et par la guerre. On parvient, de même, à faire admettre, en occultant les véritables causes du sous-développement, l'idée que l'agression et le pillage des richesses de l'autre peuvent être légitimes : «puisqu'ils sont incapables d'exploiter leurs richesses (le pétrole en l'occurrence), il est normal que nous le fassions à leur place»; ou encore, «il vaut mieux que ces richesses soient entre nos mains civilisées plutôt qu'entre les leurs». Le même raisonnement tient pour le nucléaire. C'est ainsi qu'on en vient à justifier les guerres impérialistes parfois rebaptisées «guerres préventives». Le recours éhonté au mensonge et à la manipulation des sentiments et des émotions est aussi une arme. Qu'on se rappelle la campagne mensongère menée à propos de l'Irak par Bush et Blair et complaisamment relayée par la presse du «monde libre».

Mesures Juridiques et Policières

Le contrôle des consciences assuré par le matraquage idéologique ne va pas sans une répression accrue, une plus grande surveillance des citoyens et, sous prétexte de sécurité, les restrictions faites aux libertés individuelles et collectives sont de plus en plus importantes. Ainsi, aux États-Unis, profitant des évènements du Il septembre 2001, exploitant l'émotion et détournant les sentiments patriotiques, les néo conservateurs au pouvoir font adopter un certain nombre de mesures répressives pensées bien avant les attentats.

Extrait du no. 260 du journal Asé Pléré Annou Lité

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