Espagne
Un grand pas dans l'unification des communistes

Nous avons la joie d'annoncer la décision des organisations communistes d'Espagne de se doter d'un organe unique. Voici la traduction de l'éditorial du numéro 0, de mai 2006.

"Depuis de longues décennies, le mouvement communiste espagnol est plongé dans une crise profonde, du fait des insuffisances - voire les trahisons - de certaines des organisations qui se prétendent communistes.

Cette crise a donné lieu à une atténuation progressive de la lutte des classes, qui a vu la désagrégation du mouvement ouvrier, populaire et républicain. Heureusement, nous assistons depuis quelques années à une certaine réactivation de la conscience de classe de certains secteurs ouvriers et populaires de l'État espagnol ; ceci nous permet, à nous communistes, d'envisager le futur avec beaucoup plus d'optimisme. Effectivement, les forces les plus conséquentes de la gauche sont en train de se regrouper, surtout dans le mouvement populaire et républicain. Ce dernier, même s'il conserve certaines contradictions internes du fait de la nature de quelques-unes des organisations qui le composent, mobilise de façon unitaire, et toujours plus largement, les secteurs populaires, ouvriers et intellectuels les plus avancés.

Le CEOC (Comité national d'organisations communistes) est en même temps une conséquence et un moteur de cette unité, unité que nous réclament les secteurs les plus avancés du prolétariat. Mais cette unité, pour être véritable et solide, ne peut se faire que sur la base de la réapropriation du marxisme-léninisme, à partir de la critique et de l'autocritique de notre passé. Cela veut dire que nous devons concentrer notre attention sur l'analyse des faiblesses du mouvement communiste espagnol et sur la lutte de fond contre les différents courants qui ont trahi les masses et détruit le grand Parti Communiste d'Espagne : le révisionnisme déguisé en antistalinisme, l'eurocommunisme du traître Carrillo, le trotskisme, le réformisme, le nationalisme et la social-démocratie néolibérale.

Le CEOC est né des noyaux et de communistes isolés qui ont commencé, il y a longtemps, cette lutte pour la reconstruction du Parti Communiste. Il faut signaler que le CEOC se nourrit en grande partie de l'apport du Parti Communiste d'Espagne (marxiste-léniniste) qui, pendant trente ans de dures luttes, a été le noyau le plus conséquent pour le renouveau du mouvement communiste espagnol, dans la lutte contre le révisionnisme et l'opportunisme, incarné par le PCE du traître Carrillo. Aujourd'hui, grâce à l'expérience du PCE (m-l), ajoutée aux autres différentes expériences qui ont intégré le CEOC, ce dernier a fait un pas qualitatif en renforçant son unité interne. De ce fait, à partir d'aujourd'hui, son organe habituel, La Chispa (L'Étincelle), ainsi que les autres organes de presse des organisations qui composent le CEOC - qui ont joué un rôle très important dans l'étape précédente -, laisseront la place au nouvel organe d'expression unitaire , Octubre, qui paraîtra mensuellement.

Octubre est l'outil qui va aider à la naissance du Parti unique de l'État tout entier. Un Parti qui appuie son identité sur le centralisme démocratique et l'internationalisme prolétarien, ce qui, rapporté à notre réalité, signifie l'unité du Parti et de la classe ouvrière dans notre État multinational face à la désagrégation qu'impulsent les courants nationalistes de différentes natures. Pour le CEOC, ces questions sont inévitables depuis toujours. Ce sont ses signes identitaires, tout comme la conquête du droit à l'autodétermination pour les nations historiques de l'État dans le cadre de la lutte républicaine. Mais il est d'autres questions également importantes : le CEOC continue de considérer comme une tâche stratégique de la plus haute importance le débat et le travail unitaire, sur la base du respect mutuel, avec d'autres organisations, partis et militants communistes qui se réclament du marxisme-léninisme.

En tant qu'outil du futur Parti, Octubre se met au service des intérêts de la lutte de classes du prolétariat. Octubre veut contribuer à impulser la conscience révolutionnaire du prolétariat, à être le porte-voix des besoins et des revendications des masses, ainsi que le reflet internationaliste des luttes révolutionnaires et anti-impérialistes d'autres partis et peuples frères. Et, finalement, il n'y a pas de doute là-dessus, Octubre va travailler à la diffusion du marxisme-léninisme en tant qu'idéologie scientifique de la classe ouvrière, étape indispensable pour le succès des luttes révolutionnaires."

La Forge n° 464 - Juin 2006

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