La Chine inaugure son train vers le Tibet, le plus haut du monde

Un train parti de Golmud passe sur un viaduc, le 1er juillet 2006

© AFP Peter Parks GOLMUD (AFP) - samedi 01 juillet 2006 - 13h23 - La Chine a inauguré samedi la ligne de chemin de fer la plus élevée au monde, qui relie le Tibet au reste du pays, saluant un "nouveau succès" de la modernisation socialiste, tandis que des centaines de Tibétains en exil manifestaient leur colère en Inde.

Le président Hu Jintao a coupé le ruban rouge sur le quai de la gare de Golmud, peu après 11H00 locales (03H00 GMT), tandis que le train s'ébranlait en direction de Lhassa, la capitale du Tibet, située à plus de mille kilomètres de là.

La ligne culmine à 5.072 mètres, soit 200 m de plus que le point le plus élevé de la voie ferrée des Andes qui relie Lima au centre du Pérou. En raison de cette altitude, des wagons pressurisés équipent le train chinois.

Le premier convoi, baptisé "Qing 1", d'après le nom de la province du Qinghai où se trouve Golmud, transporte 600 personnes vers Lhassa, parmi lesquelles des officiels, des "ouvriers modèles" et des journalistes chinois, a précisé l'agence officielle Chine Nouvelle.

Au même moment, dans la capitale tibétaine, s'est élancé le "Zang (Tibet) 2", avec 700 passagers.

"Ce n'est pas seulement un exploit magnifique dans l'histoire chinoise de la construction des chemins de fer, mais aussi un grand miracle dans l'histoire ferroviaire du monde", a affirmé le président Hu Jintao lors de la cérémonie d'inauguration, qui s'est tenue devant la gare de Golmud, située à 2.829 m d'altitude. 2.600 personnes assistaient à la cérémonie.

Parmi ces dernières, figuraient des centaines d'"ouvriers modèles", avec leurs casques jaunes et des tenues de travail impeccables bleus et rouges.

Présentation de la ligne de chemin de fer entre Lhassa (Tibet) et Golmud (Qinghai)

©AFP/Infographie/Hong-Kong Plusieurs chaînes de la télévision centrale (CCTV) ont retransmis la cérémonie en direct, alors que la presse étrangère en a été tenue soigneusement écartée.

"C'est un nouveau grand succès du processus de modernisation socialiste", a souligné le président chinois, le jour même où le Parti communiste au pouvoir célèbre son 85e anniversaire.

La nouvelle ligne, qui permettra de relier Pékin à Lhassa en deux jours, n'est cependant pas sans opposants. Les écologistes s'inquiètent des conséquences sur l'écosystème particulièrement fragile du plateau tibétain que la ligne traverse tandis que des militants de la cause tibétaine y voient un moyen d'exploiter les ressources de la région et d'accroître l'immigration de Chinois d'ethnie Han.

Des centaines de Tibétains en exil ont manifesté à Dharamsala, dans le nord de l'Inde, où le dalaï lama a installé son gouvernement après le soulèvement manqué en 1959 contre l'invasion chinoise.

"Rejetez la ligne de chemin de fer", scandaient les manifestants, dont de nombreux bonzes, arborant un brassard noir en signe de deuil.

"Même si La Chine affirme que cela va apporter la prospérité économique au Tibet, nous savons qu'il s'agit d'un projet politique", a déclaré B. Tsering Yeshi, président de l'Association des Tibétaines, dénonçant une "marginalisation accélérée des Tibétains".

Des opposants tibétains manifestent contre l'inauguration de la nouvelle ligne de chemin de fer, le 30 juin 2006

© AFP Sebastian D'Souza

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