La culture de la haine dans la société israélienne: De l’enfance innocente à l’âge guerrier

Numéro spécial NO 15
ÉCHO DE L’ORIENT

Mohamed Ourya, Montréal

Par miles images que l'humanité retiendra pour longtemps, dans cette guerre israélienne contre les civils libanais (été 2006), celle des enfants israéliens, en train d'apposer leurs signatures sur des missiles israéliens. Ces mêmes missiles vont bombarder au Liban des villages entiers et surtout anéantir des centaines d'enfants libanais.

Plusieurs études israéliennes et arabes ont été faites sur l'éducation de l'enfant en Israël, et la haine nourrie contre les Arabes et les Musulmans, dans les programmes scolaires israéliens. En effet les ouvrages incitant à la haine contre les Arabes, en Israël se comptent par centaines, et accessibles à tout le monde. Ceci concerne surtout la littérature enfantine israélienne, qui implique l'enfant dans les guerres israéliennes contre son entourage arabe.

Ace sujet plusieurs exemples peuvent être donnés: Le quotidien israélien" Yedioth Ahronot" du 7 mai 2002 a publié une lettre intitulée :"Chers Soldats, tuez beaucoup d’Arabes Cette missive a été envoyée par des enfants israéliens (entre 7 et 10 ans qui ont l'habitude d'envoyer des lettres d'encouragement aux troupes israéliennes opérationnelles dans les territoires palestiniens occupés.

Ceci étant, dans un autre exemple, et dans un programme de l'école primaire, on retrouve le paragraphe suivant : 'lorsque les juifs ont commencé à construire une colonie, il y avait à côté un village peuplé d'arabes, leurs visages étaient pâles, plein de mouches qu'ils ne veulent pas chasser. Nombreux d'entre eux étaient aveugles. Les enfants étaient dévêtus, déchaussés, et leurs ventres étaient gros à cause des maladies. "

Ces deux exemples et plusieurs autres témoignent de la mentalité haineuse alimentée aux enfants par l'État hébreux. C'est cette même conclusion qu'avance Daniel Bar-Tal de l'Université de Tel Aviv, dans une étude de 1994, Bar-Tal a passé en revue 124 livres scolaires en hébreu approuvés par le Ministère de l'Éducation. Il a conclu que la majorité (des livres scolaires israéliens) connotent négativement les arabes. ".

L'éducation en Israël puise ses fondements de l'idée du peuple élu, centrale dans la religion juive, et de tous les excès et les interprétations qui entourent cette thèse. En Israël, l'idée du peuple élu concerne les juifs de la société israélienne et exclue les autres composantes surtout les arabes israéliens.

En fait, depuis la création de l’État d’Israël en 1949, la priorité est donnée aux institutions éducatives qui nourrissent la même haine envers les arabes. Ce sentiment est considéré comme aussi important que la militarisation de la société israélienne. Ainsi n'est-il point étonnant de retrouver dans les manuels scolaires des stéréotypes négatifs, insultant les Arabes et les décrivant comme bornés, inférieurs, fatalistes, improductif et apathiques".

Ou les considérant comme "Tribaux, vindicatif, bizarres, pauvres, malades, sales, bruyants, de peau colorée" et encore "ils incendient, assassinent détruisent et se mettent facilement en colère. (Cité par Maureen Meehan dans son article [Les manuels scolaires et la littérature enfantine israéliens encouragent le racisme et la haine contre les Palestiniens et les Arabes] "Washington Report pour les Affaires du Proche Orient" de Septembre 1999).Ce genre d'éducation est un autre pilier de la défense nationale israélienne. Ce qui a poussé l'ex premier ministre israélien Levi Eshkol (1895-1969) à stipuler que nous (l'État d'Israël) ne voulons pas construire des écoles pour des enfants juifs, mais plutôt une éducation juive. "

Par ailleurs, plusieurs chercheurs considèrent que les références principales dans les programmes scolaires israéliens, se retrouvent dans les livres de la religion juive (Pentateuque, les Prophètes les Hagiographes, Midrach Talmud... etc.). Et il n'est pas étonnant que des versets de l'Ancien Testament tels (Deutéronome 20, 1014): "Quand tu t'approcheras d'une ville pour I’attaquer, tu lui offriras la paix. Si elle accepte la paix et t’ouvre ses Portes, tout le peuple qui s’y trouvera te sera tributaire et asservi. Si elle n’accepte pas la paix avec toi et qu'elle veuille te faire la guerre, alors tu l'assiégeras. Et après que l’Éternel, ton Dieu, l'aura livrée entre tes mains, tu en feras passer tous les mâles au fil de l'épée. Mais tu prendras pour toi les femmes, les enfants, le bétail, tout ce qui sera dans la ville, tout son butin, et tu mangeras les dépouilles de tes ennemis que l’Éternel, ton Dieu, t'aura livrés", sont largement retenus par les jeunes Israéliens et reviennent comme leitmotiv dans les programmes scolaires.

Les livres des pères fondateurs du sionisme au 19ème siècle, tel Theodor Herzl(1860-1904), Aaron David Gordon (1856-1922) et Vladimir Jabotinski (1880-1940),aussi, contribuent dans les programmes scolaires en Israël, à attiser la haine du juif envers les Arabes. Dans cette perspective le leader du sionisme religieux, Meir Bar lian (1880-1949) a dit à ce sujet : "l'esprit du Talmud et la connaissance de toutes ses lois, doivent faire partie de l'enseignement de chaque juif éduqué, même si cela n'entre pas dans son champs de spécialisation. C'est comme les mathématiques et la physique’.

Ceci explique en grande partie la solidarité du peuple juif en Israël, avec son armée dans cette guerre contre le Liban et dans d'autres depuis 1949.

Ceci va atteindre son point culminant, avec la Loi sur l'éducation officielle de 1953 qui prévoyait des systèmes éducatifs indépendants des établissements laïcs et des établissements religieux , mais qui dans les faits a favorisé des systèmes éducatifs différents : l'un pour les élèves juifs et un autre pour les élèves arabes. La loi de 1953 stipule dans son article 2 que l'éducation dans l'État d'Israël est basée sur «les valeurs de la culture 'juive», «l'amour de la patrie et la fidélité de l'État et du peuple juif>.

Dès le début de 1'instauration d'Israël, le but des pères fondateurs était de fusionner et surtout transcender les divergences ethnoculturelles des communautés juives venues s'installer en Israël. La seule issue était de créer un réseau d'éducation, qui favorise une intégration réussie surtout pour les enfants. Ce système éducatif continue à constituer le cadre intellectuel général pour les générations juives, depuis les années 1950.

Il se base sur plusieurs postulats qui s'avèrent les vecteurs même de la politique étrangère israélienne: la peur de 1’autre jusqu'à faire la guerre contre lui pour assurer la paix pour Israël, l'animosité contre les Arabes, le complexe de supériorité, qui hante l'imaginaire collectif israélien, et surtout l'idée qu'Israël est le seul pays démocratique au Moyen-Orient.

Ainsi tous les massacres commis par les israéliens dans les pays arabes, ne sont en fait qu'un résultat logiquement attendu, de cette culture politique et éducative, vecteur principal de la société israélienne.

À titre de conclusion, et loin de tout pessimisme réducteur, on peut dire que si les généraux israéliens, tristement célèbres dans le monde arabe par leurs massacres des populations, n’étaient guère élevés dans cette atmosphère et selon des programmes d’agressivité et de rancune, alors avec les nouvelles générations, nourries dans les sérails de la haine envers les peuples arabes, le pire reste à envisager.

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