Union soviétique

Les droits des enfants en Russie n’existent que sur le papier

Le directeur de l’un des orphelinats de Tomsk fait usage de la force à l’égard des éducateurs. Apparemment il n’est pas possible d’interpeler le directeur déchaîné sur cette question. Il est protégé de tous les côtés; on peut seulement envier l’union de la masse des fonctionnaires. La moindre manifestation de protestation est tout simplement étouffée: tu n’es pas d’accord – cherche une autre place, cela ne te plaît pas – va dans un autre orphelinat, tu est contre – cela signifie que c’est toi l’imbécile. L’attaque même la plus argumentée contre ce fonctionnaire se transforme en boomerang et nuit à l’autorité de ceux qui veulent en tout et pour tout rétablir la justice. Et ce directeur n’est pas exclu. L’impunité des fonctionnaires en matière d’éducation cause un préjudice moral aux simples gens, donne le sentiment de son insignifiance dans notre société et de l’impossibilité de changer quoi que ce soit. Et c’est ce qui arrive en ce moment quand les SMI officiels pérorent au sujet de quatre projets nationaux, parmi lesquels on compte le projet «éducation» considéré comme prioritaire. Cependant à la conférence de presse du défenseur Kandyba, consacrée à l’orphelinat n°1, les journalistes n’étaient que quatre. La majorité des SMI de Tomsk à ce moment-là faisaient un reportage sur le gouverneur parti visiter une église. Mais le manque d’information sur les orphelinats et la violence ne sont pas l’unique problème des enfants de Russie. Le nombre d’enfants vagabonds dans notre pays bat tous les records. C’est déjà la troisième vague de vagabondage depuis la Guerre civile et la Grande guerre patriotique. On appelle ça une époque pacifique….

Aux enfants vagabonds issus de «familles malheureuses» s’ajoutent ceux livrés à eux-mêmes issus des «familles ayant réussi». La critique porte un coup à ce fait, mais vise à côté de la cible. L’erreur répandue est la réaction impulsive quant à l’événement: priver les parents de leurs droits parentaux, mettre les enfants dans un orphelinat. Ou bien réagir en sens inverse: séparer les enfants de l’orphelinat pour les mettre dans des familles rurales qui se laissent tenter par quatre mille roubles par mois par enfant accueilli.

La cause du malheur des unes et du pseudo-bonheur des autres familles est beaucoup plus profonde: les uns tombent dans l’alcoolisme, fuyant la réalité, les autres ont plusieurs emplois, fuyant la misère. L’enfant devient une charge pour les parents, une bouche inutile, une source de désagrément. Mais ce n’est pas pour cela que les parents sont mauvais, mais parce qu’ils sont mis dans ces situations par le gouvernement.

La morale du capitalisme – le profit.

Grâce au gouvernement ils s’orientent vers la liquidation successive de toutes les conquêtes sociales du socialisme: des allocations et avantages jusqu’aux retraites et bourses. Et ce que la faillite de l’entreprise avec son achat postérieur pour des nèfles, apporte au capitalisme un gros bakchich est aussi vrai que le fait que les travailleurs écrasés recevront des clous? Ainsi parmi eux et leurs enfants le taux de la criminalité sera plusieurs fois plus élevé que dans la couche intermédiaire socialement protégée de la population. Et cette couche ne rate pas les possibilités pour une pincée de morale – nous ne buvons même pas et nous ne volons pas. Les gens d’aspect soigné, dont le niveau de vie est lié sous de nombreux rapports à la répartition des revenus au détriment des ouvriers et des petits employés, eux qui parasitent la classe ouvrière, en servant les intérêts du gouvernement capitaliste, frappent aux portes de ces mêmes travailleurs et menacent de les priver de leurs droits parentaux.

Comité «Sauvetage des enfants»
Ville de Tomsk

RabotchéKrestianskaä Pravda, n° 6, 2006

Traduction Simone PIREZ

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