La bande de Gaza déjà assiégée, détruite, asphyxiée par l’armée israélienne est depuis le 19 septembre une «entité ennemie». Un prélude à une attaque générale?
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Photo UNRWA, Khalil Hamra)

Luc Vancauwenberge

Les livraisons aux 1,5 million d’habitants de Gaza en eau, électricité et produits pétroliers seront limitées. Les transferts bancaires de ou vers Gaza sont interdits, tout comme les visites familiales aux prisonniers détenus en Israël. C’est que depuis le 19 septembre, à la demande de Barak, ministre de la Défense du parti travailliste, Gaza est devenue « entité ennemie » d’Israël.

Saeb Erekat, porte-parole du gouvernement palestinien de Cisjordanie, dénonce : «Israël ne peut en aucune circonstance les considérer comme ‘entité ennemie’. Gaza n’est pas indépendante, Gaza est sous occupation israélienne. C’est une décision en violation totale du droit international, c’est une punition collective et une préparation pour une grave escalade militaire contre 1,5 million d’habitants dans Gaza. »

Le gouvernement de Cisjordanie a fait appel aux États-Unis pour annuler cette mesure israélienne. Mais lors de son arrivée en Israël, la secrétaire d’État américaine Condoleezza Rice a sèchement rétorqué : « Le Hamas est une entité hostile pour les États-Unis aussi »

Depuis juin, Gaza est gouvernée par le seul Hamas. Gaza (360 km2) est depuis juin quasiment complètement isolée du monde, les Israéliens ne laissent passer que le strict minimum.

Le gouvernement israélien prend comme prétexte le lancement de roquettes à partir de Gaza. Le journaliste israélien Gideon Lévy avait déjà répondu à l’avance à ce prétexte en écrivant : « Cela aura été une année calme, relativement. Seulement 457 Palestiniens tués et dix Israéliens, y compris ceux qui ont été tués par des roquettes Qassam. Moins de tués que la plupart des années précédentes, mais cela aura été une année terrible : 92 enfants palestiniens tués (aucun enfant israélien n’a, par chance, été tué) ». Les tirs de roquettes réels ne peuvent être un prétexte de punition collective contre l’ensemble des habitants de Gaza ? La source du problème reste l’occupation, depuis 40 ans déjà."Tous les hommes d'affaires de la bande de Gaza sont arrivés à la même conclusion, dit-il. Il n'y a plus d'espoir. Nous n'apercevons aucune lumière au bout du tunnel".

L'ensemble du secteur privé de la bande de Gaza – en particulier le secteur industriel, épine dorsale de l'économie – est saigné à blanc.

"Nous traversons la crise économique la plus sévère jamais vécue", affirme Amr Hamad, président de la Fédération des industriels palestiniens.

"Le secteur industriel compte 3.900 entreprises et 35.000 employés. On peut dire que plus de 30.000 personnes sont actuellement au chômage et 95 % des sociétés sont fermées", ajoute-t-il.

GAZA, 30 octobre (XINHUA) – Le mouvement de résistance islamique (Hamas) va passer de l'état d'auto-défense à celui d'offensive contre l'armée israélienne à partir de la bande de Gaza, a déclaré mardi un leader politique du Hamas, et d'ajouter qu'il avait obtenu cette information de la bouche d'un commandant de l'armée.

"Il y a quelques jours, j'ai rencontré le chef de la branche armée du Hamas, Mohammed al-Dief, et il m'a annoncé qu'on allait attaquer Israël au lieu de seulement nous défendre," a déclaré à Gaza le leader politique du Hamas, Ahmed Nemer, devant un rassemblement des partisans du Hamas dans le sud de Gaza.

"Les brigades al-Qassam sont prêtes et attendent les ordres des dirigeants politiques pour attaquer le cœur d'Israël, entité occupante, s'il ne met pas un terme aux meurtres et opérations dans la bande de Gaza," a ajouté M. Nemer, citant M. al-Deif.

Israël a commencé dimanche à diminuer les livraisons de carburant vers Gaza, dans le cadre des sanctions imposées en réponse aux attaques de roquettes palestiniennes sur l'État hébreu.

Les sanctions ont été décidées après qu'Israël eut déclaré le territoire palestinien "entité hostile", suite à la prise de contrôle par la force par le Hamas de la bande de Gaza le 19 septembre.

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