Népal : Bientôt un gouvernement sous la direction des maoïstes ?

Fin mai, la république a été proclamée au Népal. Lors des dernières élections, le Parti communiste (maoïste) du Népal avait remporté 220 des 603 sièges.

Ludo Keersmaekers

Dans l’intervalle, le roi Gyanendra s’en est allé, son palais va être transformé en musée. La belle-mère et la grand-mère du roi, qui ont respectivement plus de 80 et 90 ans, refusent de partir et ont eu l’autorisation d’occuper quelques pièces dans le palais. La chute de ce roi richissime, qui prétend être un descendant direct d’un dieu hindou, est une bonne affaire, pour les millions de Népalais pauvres. Mais le roi Gyanendra peut toujours compter sur le soutien des États-Unis et de l’Inde.

De 1996 à 2006, le Parti Communiste (maoïste) Népalais (PC(m)N) a mené une lutte armée qui lui a permis d’accroître sans cesse son influence parmi la population. Finalement, des élections ont été obtenues et, contrairement aux attentes de toutes les forces de droite, elles ont été remportées de façon spectaculaire par les communistes du PC(m)N.

Aujourd’hui commence une nouvelle ère complexe pleine de combats politiques. Car, même si les partis de droite ont été battus, ils continuent à se cramponner au pouvoir. Ainsi, Koirala, l’ancien Premier ministre et dirigeant du Parti du Congrès (110 sièges), réclame d’emblée le poste de président ou de Premier ministre. Il se heurte ici à l’opposition commune du PC(m)N et du PC(uml)N, qui a obtenu 103 sièges. Selon les accords qui ont rendu possibles les élections, une nouvelle coalition gouvernementale doit pouvoir compter sur le soutien de deux tiers des 603 sièges parlementaires. La semaine dernière, Koirala a donc laissé tomber ses prétentions.

Pourtant, l’assemblée constituante qui doit rendre possible la formation d’un gouvernement sous la direction du PC(m)N n’a pas encore pu se mettre à pied d’œuvre du fait que la province de Madhesh réclame plus d’autonomie régionale. Vendredi dernier, on a appris que le PC(m)N souhaitait également conclure un compromis à propos de cet obstacle. Lentement mais sûrement, il semble donc que les communistes du PC(m)N et du PC(uml)N, alliés à d’autres formations, vont pouvoir constituer un gouvernement.

Si vous désirez un aperçu du programme et de la tactique du PC(m)N, nous vous conseillons de lire l’interview de son président Prachanda sur le site du PTB (www.ptb.be).

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