Ossétie du Sud: réactions mitigées des partis politiques russes

À la suite de l’intervention  de l’armée géorgienne dans la nuit de jeudi à vendredi en Ossétie du Sud, une des deux républiques séparatistes qui revendique son indépendance par rapport à la Géorgie, et a pilonné Tskhinvali, la capitale sud-ossète. Une grande partie de la ville est sous les décombres, et beaucoup de villages ossètes ont été fortement endommagés. Les autorités sud-ossètes font état de nombreuses victimes parmi la population civile, et les casques bleus russes ont subi leurs premières pertes. Tbilissi s'est déclaré contraint de rompre le cessez-le-feu face au pilonnage présumé de villages géorgiens par les troupes sud-ossètes.

Nous vous présentons les réactions mitigées de quelques partis politiques russes.

Les partis politiques russes étaient divisés vendredi sur les mesures à prendre par la Russie pour mettre fin aux violences en Ossétie du Sud, en conflit avec la Géorgie.

Pour Vladimir Pekhtine, premier adjoint au chef du groupe Russie unie, le parti au pouvoir, à la Douma (chambre basse du parlement), les parties au conflit devraient cesser les hostilités et s'asseoir à la table des négociations.

La situation dans la zone du conflit osséto-géorgien "nécessite l'ingérence d'autres États, y compris de la Russie, et d'organisations internationales", a-t-il déclaré à la presse.

Malgré la "trêve olympique" décrétée par la Géorgie le 5 août dernier, elle "a de facto déclaré la guerre à l'Ossétie du Sud" le jour même de l'ouverture des Jeux olympiques de Pékin", s'est-il insurgé.

Selon Guennadi Goudkov, chef adjoint du groupe Russie juste à la Douma, Moscou devrait s'abstenir de recourir à la force. "La réputation internationale de la Russie est en jeu. De sa réaction dépendra l'attitude à son égard à travers le monde", a averti le député.

Le leader des communistes Guennadi Ziouganov a appelé le Kremlin à donner l'ordre aux forces armées de "neutraliser" les principaux sites militaires géorgiens.

"Le président, le premier ministre et le ministre de la Défense devraient ordonner à nos troupes de défendre nos concitoyens qui constituent 90% de la population de l'Ossétie du Sud, a-t-il déclaré sur les ondes de la radio Écho de Moscou. Il faut avant tout neutraliser les sites d'où sortent l'artillerie lourde, les chars, les avions... bref, tous les principaux sites militaires."

Selon M. Ziouganov, la Russie devrait reconnaître l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, les deux républiques séparatistes qui revendiquent leur souveraineté par rapport à la Géorgie.

"Une guerre de grande envergure a été déclarée, des gens meurent, des villes sont détruites, des hôpitaux et des écoles sont bombardés. (Le président géorgien Mikhaïl) Saakachvili a dépassé toutes les limites imaginables et inimaginables, il se comporte en gangster", a affirmé le leader des communistes.

De son côté, le dirigeant de l'Union des forces de droite (SPS), Nikita Belykh, dont le parti n'a pas franchi la barre des 7% pour entrer à la Douma, a appelé à éviter toute ingérence militaire de la Russie dans le conflit osséto-géorgien.

"Une réponse musclée, voire l'intervention des troupes, serait la chose la plus stupide que la Russie puisse faire dans ces conditions, parce qu'une nouvelle escalade du conflit entraînera des victimes humaines, et c'est ce qu'il faut éviter à tout prix", a-t-il souligné sur les ondes d'Echo de Moscou.

Selon le leader du SPS, la Russie "devrait mettre à profit son statut de membre du Conseil de l'Europe et de nombreuses organisations internationales pour régler diplomatiquement son problème avec la Géorgie et l'Ossétie du Sud".

Le vice-président de la Douma Vladimir Jirinovski, chef du Parti libéral-démocrate, a pour sa part exigé l'intervention des forces armées russes en Abkhazie et en Ossétie du Sud et la reconnaissance de leur indépendance, avant d'appeler à bombarder Tbilissi et les principaux sites militaires géorgiens.

"C'est une guerre contre la Russie car la majorité des habitants d'Ossétie du Sud sont des citoyens russes et parce que nos militaires y sont déployés. C'est une guerre de l'OTAN, des États-Unis et de la Géorgie contre la Russie", a poursuivi M. Jirinovski.

Selon le chef du LDPR, les États-Unis ont besoin de Mikhaïl Saakachvili pour déstabiliser la situation dans l'ensemble du Caucase.

L'armée géorgienne est intervenue dans la nuit de jeudi à vendredi en Ossétie du Sud, une des deux républiques séparatistes qui revendique son indépendance par rapport à la Géorgie, pilonnant Tskhinvali, la capitale sud-ossète, à coups de lance-roquettes multiples Grad. Les autorités sud-ossètes font état de nombreuses victimes parmi la population civile.

Source: Agence russe d'information internationale RIA Novosti

Remarque de l’éditeur: il serait intéressant de connaître `les réactions de nos amis soviétiques sur ce sévènements et sur tout ce qui se passe en ex-URSS.

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