Réfugiés : Rapport annuel mondial 2007

À la fin de l’an dernier, les Nations unies ont recensé 11,4 millions de personnes ayant fui la guerre ou l’un ou l’autre conflit, soit un gros trois millions de plus que l’année précédente.

Marc Botenga

Les conditions de vie des réfugiés irakiens du camp de Ruweished, juste à la frontière avec la Jordanie, sont difficiles à cause des tempêtes de chaleur en été et des nuits glaciales en hiver. (Photo UNHCR/A.van Genderen Stort/July 2004)

La moitié des nouveaux réfugiés sont irakiens

La semaine dernière sortait le World Refugee Rapport, un rapport qui, chaque année, tente de répertorier les flux de réfugiés à la surface du globe. À la fin de l’an dernier, il y avait 11,4 millions de réfugiés hors de leur pays d’origine et 26 millions de personnes déplacées, autrement dit, des réfugiés dans leur propre pays. Fait remarquable : de toutes les personnes qui ont quitté leur pays, la moitié étaient irakiennes.1 Selon les Nations Unies, quelque 5 millions d’Irakiens ont quitté leur pays, en 2007 ; 2,4 millions d’entre eux sont allés se réfugier dans d’autres régions du pays, deux autres millions ont cherché refuge en Syrie et en Jordanie.2

La cause de cet énorme flux de réfugiés est claire : le chaos et les destructions occasionnées par l’occupation américaine dans ce pays. Pour beaucoup, la vie en Irak est tout simplement devenue impossible. La sécurité est un luxe et les équipements de base, comme l’eau et l’électricité font défaut. Malgré leur écrasante responsabilité, les États-Unis ont accueilli cette année à peine plus de 1 500 réfugiés irakiens.3 Et ce, bien que l’UNHCR (l’organisation des Nations Unies pour les réfugiés) ait demandé aux États-Unis d’en accueillir quelque 10 000, ce qui représente encore une broutille, en comparaison avec d’autres pays. Ainsi, rien que cette année, la Syrie a accueilli un demi-million d’Irakiens de plus. De nombreuses familles irakiennes ont également cherché refuge en Jordanie. La Commission américaine pour les réfugiés et les immigrants a condamné sévèrement la politique américaine du « refoulement » : le renvoi des réfugiés sans même prendre la peine d’écouter leur histoire.

Les conditions d’existence de ces réfugiés sont souvent extrêmement pénibles, surtout pour les femmes et les enfants. Le manque de soins de santé a, entre autres, abouti à une forte hausse de la mortalité infantile et du nombre de fausses couches.4

Bien des réfugiés sont tout à fait dépendants de l’aide internationale et l’UNHCR n’a pas les moyens de satisfaire à leurs besoins. Rien qu’en Syrie, cette organisation de l’ONU distribue déjà de l’aide alimentaire à 300 000 réfugiés ! Amnesty insiste sur le devoir moral pour l’Occident d’allouer davantage de moyens à l’UNHCR. Il est en effet particulièrement scandaleux de voir les États-Unis claquer des centaines de milliards de dollars pour la guerre en Irak et, en même temps, refuser d’assumer leurs responsabilités à l’égard des victimes de leur politique. Et, au lieu d’envoyer des F-16 en Afghanistan, De Crem ne ferait-il pas beaucoup mieux d’envisager des investissements dans l’aide aux réfugiés ?

1 J. Lobe, L’Irak et la Somalie fournissent les plus importants flux de réfugiés actuels, IPS, 20 juin
2 Refugee International, The Iraqi Displacement Crisis, 3 mars.
3 AP, Report Slams U.S. Over Iraq Refugee Crisis, 19 juin.
4 K. Gamel, Iraq’s refugee crisis hitting women and children hard, AP, 22 juin.

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