Géorgie: Les communistes devraient s’engager

La confrontation entre les États-Unis et la Russie, intervenue parallèlement au conflit entre la Géorgie d’un côté et l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie de l’autre, a comme conséquence gravissime de mettre l’humanité un peu plus sur la voie dangereuse, difficilement réversible de la guerre froide, et aussi des affrontements militaires conventionnels, nucléaires, tactiques ou stratégiques, entre grandes puissances.

Ce conflit semble marquer, aussi, un tournant décisif dans les rapports de force mondiaux, voire la fin de la domination unipolaire des États-Unis par l’instauration d’une bipolarité (ou une multipolarité): d’un côté les États-Unis et leurs alliés occidentaux et de l’autre la Russie et d’autres États, diversement menacés par les occidentaux et leurs alliés, qui se rallieront à elle. La reconnaissance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie par la Biélorussie, la Syrie et le Venezuela vont dans ce sens.

Aussi cruciale qu’ait été l’action de la Russie, l’absence de soutien à la Géorgie l’est tout autant. À partir de là, nous sommes enclins à penser que ce serait peut-être une occasion propice pour les dirigeants des autres États dressés sur le territoire de l’URSS et qui agissent comme des têtes-de-pont militaires de l’impérialisme étasunien et de l’OTAN, plutôt que de se précipiter à Tbilissi pour manifester leur soutien à Saakashvili, de réfléchir à l’imposture de leur prise de pouvoir, leur situation géographique, leurs échanges commerciaux, leur traitement inacceptable de leurs importantes minorités russes, leurs ostentatoires sympathies pronazies…et de finalement peut-être conclure que, tout compte fait, vu l’incertitude de leur avenir - voire leur utilité pour les occidentaux -, il leur serait profitable de calmer leurs ardeurs belligérantes pro-étasuniennes et anti-russes, pour adopter peut-être une attitude plus adaptée. Le fait que leurs patrons ne leur manifestent qu’un soutien confus, aura inéluctablement pour effet - ce n’est qu’une question de temps - de produire des changements internes.

Du côté international ce changement offre - sauf si d’ici à la fin de l’année il y a une provocation suicidaire étasunienne ou israélienne - un répit immédiat pour l’Iran et pour la Syrie, avec des conséquences qui, à moyen terme, se ressentiront sur tout le Moyen-Orient. C’est toute une nouvelle ère que l’on entrevoit avec ses espoirs et ses graves dangers.

La situation catastrophique de l’économie des États-Unis, la chute par paliers du cours du dollar, conséquence de la dématérialisation de la valeur des monnaies en général et du dollar en particulier, les difficultés du marché du crédit et de l’immobilier,…. augurent une aggravation beaucoup plus sérieuse, dont l’un des signes est l’intervention massive de la Federal Reserve Bank et de l’État pour secourir le cœur de l’impérialisme, le secteur financier et les principales banques. En même temps les dettes internes des États-Unis se chiffrent à - au moins - plusieurs douzaines de trillions dollars, alors que les aventures militaires n’offrent plus, comme par le passé, des solutions qui leur seraient acceptables. Ces guerres qui profitent principalement aux multinationales de l’industrie de l’armement, n’ont pas comme victimes seulement les peuples opprimés et exploités, mais aussi, par leur coût humain et économique leur propre nation et leur peuple. C’était le cas avec le coût économique et humain de la défaite face à un héroïque petit pays communiste comme le Vietnam ainsi que les guerres peu glorieuses en cours contre l’Iraq et l’Afghanistan.

Ce conflit dans le Caucase n’est un pas conflit à caractère «inter-impérialiste», où il conviendrait d’adopter une position de retrait, d’observation. L’assassinat des soldats de la paix russes sous mandat de l’ONU par leurs «collègues» géorgiens; suivi de bombardements massifs par les forces armées géorgiennes au milieu de la nuit de la population civile d’Ossétie du Sud, causant plus de 1.500 morts, tout cela à l’instigation et avec l’aide du matériel militaire et même en personnel des États-Unis, d’Israël,…. sont clairement de actes de guerre d’agression caractérisée.

Quant au peuple soviétique, outre du fait qu’il n’a pas autorisé le démantèlement de l’URSS, son territoire n’a pas cessé d’exister à cause de la contrerévolution et la trahison. Toutes ces populations, nationalités qui sous le socialisme ont vécu entre elles en paix, traversé victorieusement depuis 1917 la Révolution d’Octobre, les guerres d’intervention, la guerre et d’innombrables défis de développement, scientifiques et sociaux se sont liés entre elles, se sont mélangées et éparpillées … elles n’ont ni disparu, ni leur mémoire n’a été anéantie.

Par conséquent les territoires situés entre la frontière de l’URSS et celle de la Russie, la Biélorussie, …ne sont pas des territoires étrangers ou d’une quelconque zone d’influence. C’est pour cela que les provocations et les menaces militaires occidentales à partir de ces territoires sont d’autant plus vexatoires pour la Russie et pour le peuple soviétique.

Rétablir les frontières de l’URSS, ou tout au moins réintégrer sur ce territoire toutes ces populations dans un ensemble coexistant et se développant pacifiquement serait une affirmation de leur souveraineté et de leur indépendance dans un territoire qui leur appartenait à toutes.

Ces événements, ainsi que par exemple les tentatives d’installer un bouclier anti-missile en Pologne… démontre à tous, que toute l’hostilité des puissances occidentales contre l’URSS n’avait pas seulement pour but de détruire le socialisme de ce pays, mais était aussi une étape pour affaiblir le pays avant de le fragmenter complètement et d’assujettir son peuple.

Donc la Russie capitaliste en neutralisant les forces qui lui sont dangereuses sur sa périphérie et surtout sur le sol de l’URSS, ne fait pas autre chose que défendre sa souveraineté nationale et la sécurité de ses citoyens, ce qui est un acte légitime et patriotique, même pour nous les communistes.

Voilà un bout de chemin que nous devons, sans rechigner, prendre avec la Russie capitaliste

Le Bureau de la Nouvelle Association Staline
3 septembre 2008

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