Le conflit en Géorgie
L'attaque barbare géorgienne

Dans la nuit du 7 au 8 août, alors que l'attention du monde était dirigée vers la cérémonie d'ouverture des jeux olympiques de Beijing, le régime arche-réactionnaire de Mikheil Saakashvili, poussé par sa haine viscérale de tout ce qui est russe et encouragé par la promesse des États-Unis de le faire entrer à l'OTAN, après avoir reçu d'énormes quantités d'armement des États-Unis et d'Israël, son armée entraînée par 130 «conseillers» étasuniens et instructeurs israéliens, après s'être assuré du soutien et de l'approbation de l'administration Bush, lançait une attaque barbare contre Tskhinvali, la capitale de l'Ossétie du Sud. Au cours de cette attaque les forces géorgiennes tuèrent près de 2000 Ossètes du Sud, la plupart des citoyens russes, ainsi que des soldats russes de la force de maintien de la paix. La ville entière fut ravagée.

Malgré ses démentis répétés, le régime chauviniste géorgien a attaqué le premier. Lors d'une mission radio à 23h05 heure locale, le général Mamuka Quarashvili, le chef des opérations de maintien de la paix au ministère de la Défense, avait annoncé le déclenchement d'une offensive géorgienne massive contre l'Ossétie du Sud dans le but de «restaurer l'ordre constitutionnel dans toute la région», sans même parler de l'existence d'une force russe - il n'y en avait aucune en ce moment, il a poursuivi en disant que la décision de lancer l'attaque contre Tskhinvali a été prise par les «les institutions du pouvoir géorgien». Après cette émission, à 23h30, les mortiers, les roquettes, les missiles Grad de 122 mm géorgiens tirés de lanceurs montés sur camions, des chars et des hélicoptères, fournis par les États-Unis, ont commencé à pleuvoir sur la capitale ossète, incendiant des habitations, des écoles et l'hôpital local, forçant 30.000 Ossètes du Sud à fuir en quête d'un abri en Russie.

La réponse russe fut dévastatrice

Le régime réactionnaire géorgien avait espéré, par son attaque surprise et la blitzkrieg, obtenir une victoire rapide. Il a mal calculé son coup, la réponse russe a été prompte et dévastatrice. Les troupes russes ont percé les défenses géorgiennes, souvent à la stupéfaction de l'armée géorgienne, confisquant ses véhicules Humvee étasuniens, explosant des vaisseaux garde-côtes, saccageant et s'emparant de bases militaires modernes, détruisant des installations radar et d'autres défenses, capturant des chars, ainsi que des armes légères et des munitions.

Dans une tentative désespérée d'aider leurs laquais géorgiens, les impérialistes étasuniens ont fait revenir 2000 soldats géorgiens d'Iraq, où ils avaient été envoyés par le régime de Saakashvili pour participer à la guerre et au génocide du peuple iraquien, mais cela n'a rien changé. Face à la riposte russe, l'armée géorgienne s'est simplement effondrée. Les soldats géorgiens pris de panique, abandonnaient leurs véhicules, c'était en bref la débandade. La plus grande destruction subie du coté géorgien était causée par une peur primaire où des camions lourds se télescopaient, des chars chutèrent dans des fossés et furent simplement abandonnés. Même selon les comptes rendus des media impérialistes ce fut une fin spectaculairement humiliante d'une aventure militaire mal conçue. Plutôt que la frappe rapide et chirurgicale espérée, l'attaque géorgienne s'est transformée en déroute chaotique et sanglante. Avec son armée estropiée, l'avenir du régime Saakashvili est en équilibre, et son fantasme de capturer l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie par la force, réduit en ruines.

Aucune rage intense et impuissante de Saakashvili, ni propagande mensongère de la presse impérialiste et des media électroniques, ni dénonciations hypocrites de la soi-disant agression russe par les porte-parole impérialistes, ne peuvent sauver les réactionnaires géorgiens du désastre dont ils sont à l'origine.

Les dénonciations hypocrites

L'action de la Russie pour défendre ses citoyens et mettre fin au génocide déclenché par le régime réactionnaire géorgien ont, sans surprise, été accueillis par un chœur orchestré de condamnations par les idéologues et les hommes d'État impérialistes, ainsi que par leurs pions en Europe de l'Est. La Russie est accusée d'avoir violé la souveraineté de la Géorgie par ces mêmes puissances qui se moquent du concept même de souveraineté, pour qui l'invasion et l'occupation d'autres pays sont une routine, qui renversent des gouvernements légitimement élus, tuent des millions de leur citoyens et sèment la panique dans leurs économies et leur infrastructures - et tout cela au nom de l'interventionnisme humanitaire, un prétexte à peine voilé pour l'agression impérialiste, le brigandage, la rapine et la domination des barons gangsters du capitalisme monopolistique d'une poignée de pays exceptionnellement riches et puissants. Ces gentilshommes ont maintenant la témérité d'accuser la Russie d'agir comme une puissance du XIXe siècle, pour le retour des zones d'influence et des politiques d'équilibre des puissances.

Le président des États-Unis George W. Bush, bien connu pour ses guerres prédatrices contre l'Iraq et l'Afghanistan, avec le sang de millions de morts Iraquiens sur ses mains, s'enrage à propos de la soi-disant agression russe.

«Il n'y a pas de retour en arrière par rapport aux principes fondamentaux d'intégrité territoriale, de gouvernance démocratique et de la loi internationale», dit ce ridicule idiot de David Miliband, «oubliant» qu'il est le ministre des Affaires étrangères d'un pays, principal partenaire de l'impérialisme étasunien alors qu'ils sont à la poursuite de guerres prédatrices contre les peuples iraquien et afghan, un pays qui dans le passé n'a jamais eu, pas plus que maintenant, d'égard pour la souveraineté des autres pays, surtout quand ils étaient faibles.

Des représentants des plus petits pays impérialistes, donnant la réplique aux plus grandes puissances impérialistes, se sont joints à la cabale antirusse. Carl Bildt, ministre suédois des Affaires étrangères, a critiqué la Russie d'agir comme «une puissance du XIXe siècle».

Mikheil Saakashvili, dirigeant du régime géorgien fantoche, qui, à la demande de ses maîtres de Washington, avait envoyé un contingent de 2.000 soldats pour violer la souveraineté de l'Iraq, initiateur du conflit par sa tentative unilatérale, à la force des armes, de mettre fin au statut autonome de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, crie l'infamie et beugle de façon impuissante: «Le but de Moscou est de redéfinir par la force la carte de l'Europe. La question ne concerne plus seulement mon petit pays, mais la capacité de l'occident de tenir tête et de défendre une approche réglementée par des principes par rapport à la sécurité internationale et le maintien de la carte de l'Europe en l'état» («Moscow's plan is to redraw the map of Europe», Financial Times, 28 août 2008, M Saakashvili). En écrivant ces lignes ce benêt «oubliait» que depuis l'effondrement de la jadis glorieuse Union soviétique, la carte de l'Europe a déjà été redessinée - non pas par Moscou, mais par Washington. Tout ce dont le Kremlin serait coupable consiste à avoir fermement averti: «jusqu'ici et pas plus loin».

Ces même journaux, et les meutes de journalistes mercenaires, qui font office de claqueurs pour les guerres prédatrices en Iraq et en Afghanistan, l'interminable guerre sioniste contre le peuple palestinien, ainsi que pour tout autre outrage impérialiste dans le monde, font mine de respecter la loi internationale et de dédaigner l'usage de la force. Le Financial Times dans son éditorial du 19 août, accusait la Russie de brute, et puis dans un autre article principal d'entretenir «…un désir dévoyé de réécrire le manuel des règles internationales» («Russia's gamble could backfire», 27 août). Le Financial Times aurait simplement «oublié» d'ajouter que le manuel des règles internationales a déjà été réécrit par l'impérialisme anglo-étasunien et non pas par la Russie.

Le très intelligent, et pourtant stupide, M. Philip Stephens, soutien des guerres impérialistes sous la bannière de «l'interventionnisme humanitaire», fulminait dans le Financial Times du 15 août: «La conception du monde par M. Poutine ne laisse pas de place à l'approche postmoderne [quel que soit son sens] aux relations internationales de ses voisins occidentaux. L'Europe est pour l'ordre global basé sur des normes et des règles de coopération. Moscou préfère la force» («The vulnerabilities that lie behind Putin's belligerence»). L'audacieuse tromperie de cette ignoble expression est simplement époustouflante! De quelle Europe, soi-disant engagée au respect «des règles et des normes de coopération». M Stephens parle-t-il? Serait-ce la même Europe en train de faire la guerre en Iraq et en Afghanistan, et qui systématiquement tourne le visage de l'autre côté quand le régime fasciste d'occupation israélien conduit des répressions et des guerres d'extermination contre le peuple palestinien. Cette Union européenne qui a redessiné la carte de l'Europe par son expansion et celle de l'OTAN jusqu'aux frontières de la Russie et qui par le développement de son complexe militaro-industriel cherche à dominer le monde, et qui tout en étant la rivale, néanmoins collabore, avec les États-Unis dans ses tentatives d'encercler la Russie et la Chine en vue d'assurer la domination et de saisir le contrôle monopolistique des ressources pétrolières, gazières et minérales de la région qui s'étend du Moyen-Orient à l'Asie Centrale; une Europe qui a de manière éhontée conduit une guerre contre la république fédérative souveraine de la Yougoslavie et fait pleuvoir sur elle un déluge de mort et de destruction et qui l'a cassée en plusieurs morceaux; une Europe qui en complète violation des résolutions de l'ONU a détaché le Kosovo de la Serbie, conférant le statut d'État à cette colonie de l'OTAN; une Europe complice de la guerre éthiopienne contre le peuple somalien; une Europe….cela suffit? Si le gouvernement de Poutine en Russie vraiment était si coupable des charges dont on l'accuse, ce qui n'est pas le cas, s'il devait avoir la conception du monde que lui attribuent les semblables de M. Stephens, loin d'être étrangère à la vraie approche (contrairement aux désires de M Stephens) aux relations internationales des puissances occidentales, elle aurait été au centre de cette approche à une approche basée pas tellement sur des normes et des règles coopératives, mais sur l'usage de la force, la violation de la souveraineté nationale et le mépris de l'intégrité territoriale.

L'impérialisme isolé

À la suite de la débâcle géorgienne, les media impérialistes tentèrent de peindre la Géorgie - l'agresseur, poussée et encouragé par l'impérialisme, particulièrement étasunien - comme le frêle David engagé dans un combat mortel contre le Goliath russe; ils ont essayé de donner à la Russie une image de brute, qui par son intervention au secours de ses citoyens, est devenue isolée, sans amis, un paria parmi les nations. Mais rien n'est plus loin de la vérité. C'est en fait la position impérialiste - que le monde devrait soutenir la victime, en l'occurrence la Géorgie - qui n'a pas convaincu les nations du monde. Ni l'Inde, ni la Chine, ni les pays de l'Amérique latine, de l'Afrique et du Moyen-Orient n'ont protesté. En fait la plupart des pays et la majorité écrasante de l'humanité, soutiennent la Russie contre les intimidations des puissances impérialistes. Il y a un large et profond fossé entre la propagande impérialiste et ce que pense le reste du monde. Celui-ci ne voit que de l'hypocrisie et l'usage de deux poids, deux mesures dans ce que prétendent les porte-parole et les idéologues de l'impérialisme. Même si nous devions conclure que la plupart des habitants des pays impérialistes sont du coté de leurs gouvernements, ce qui n'est pas le cas, nous devons réaliser que 700 millions - la somme des populations des États-Unis de l'Union européenne et de l'Australie - ne constituent qu'à peine 10% comparé à 90% de la population du globe qui en refusant d'être ses objets sont devenus des sujet de l'histoire.

Une défaite impérialiste

Toute la fanfaronnade impérialiste concernant le soi-disant isolement de la Russie n'est que pour couvrir la défaite des États-Unis et de ses alliés dans le Caucase. En administrant une frappe dévastatrice et stupéfiante à l'armée géorgienne, nourrie et entraînée par du personnel militaire des États-Unis et d'Israël, et fournie en armement par les É-U, la Russie a exposé de manière humiliante la limite du soutien des puissances impérialistes à leurs pions de la région, si empressés d'adhérer à l'OTAN pour les aider à encercler la Russie. L'aventure géorgienne est la continuation des efforts impérialistes pour redessiner les frontières internationales de l'ancienne URSS et de l'Europe de l'Est le lendemain de l'effondrement de l'URSS et de la chute du mur de Berlin. Depuis 1998 l'OTAN s'est élargi à deux reprises par l'incorporation des républiques ex-soviétiques d'Estonie, de Lettonie et de Lituanie. Maintenant l'Ukraine et la Géorgie ont aussi exprimé leur vif intérêt d'en faire partie. La réunion interministérielle de l'OTAN à Bucarest en avril dernier, avait déclaré qu'ils pouvaient éventuellement faire partie de cette bande va-t-en-guerre. L'UE s'étendait vers l'Est alors que les É-U manigançaient des coups d'État, baptisés révolutions orange ou rose qui mirent en place des gouvernements viscéralement antirusses en Ukraine et en Géorgie. Ces développements en liaison avec l'occupation de l'Iraq et de l'Afghanistan, ainsi que les plans étasuniens de placer ses systèmes de missiles en Pologne et en République tchèque, sont des provocations insupportables et un danger fatal pour la Russie. Par conséquent, la Russie a finalement décidé de relever le gant et de livrer un coup mortel à ces provocations, stipulant par la voix de Medvedev que «historiquement la Russie était et restera le garant de la sécurité des peuples du Caucase». C'était un avertissement à peine voilé en direction de l'OTAN, de ne pas mettre son museau dans le Caucase. Pour renforcer sa position, la Russie est en train de cultiver des liens avec les régimes anti-États-Unis du Venezuela et de Cuba à l'Iran et à la Syrie; elle approfondit ses relations avec les pays de l'Asie Centrale et la Chine avec qui en juillet elle a signé un accord historique concernant leurs frontières.

Ce qui est en cause dans ce conflit pourrait être décrit simplement ainsi: Est-ce que la Géorgie restera un avant poste euro-atlantique ou alors un pays entretenant des bonnes et proches relations avec Moscou. Un gouvernement amical à Tbilissi serait l'équivalent d'un coup fatal aux ambitions de l'impérialisme de s'emparer des réserves de pétrole et de gaz de la région caspienne. Le lendemain de la défaite de l'armée géorgienne, les producteurs de pétrole caspien seront enclins à éviter les routes d'exportation par le Caucase; l'Azerbaïdjan sera mis sous pression pour canaliser sa production gazière par les voies russes plutôt que les oléoducs projetés de Nabucco à travers le Caucase et l'Europe, au centre de la stratégie de l'UE visant à contourner la Russie et l'Iran et réduire leur dépendance au gaz russe. Un gouvernement géorgien amical à Moscou donnera forcément l'image d'être une voie d'exportation russe, obligeant l'impérialisme à réévaluer ses relations aussi avec le régime iranien.

La rhétorique et l'impuissance impérialiste

Suite à la défaite ignominieuse de l'armée géorgienne, les pays impérialistes, sachant parfaitement qu'ils ne pouvaient pratiquement rien, ont accru leur rhétorique antirusse. Au sommet de Bruxelles le 19 août, l'OTAN déclara qu'il n'y aurait pas de «on fonctionne comme d'habitude» dans ses rapports avec la Russie.

Le 20 août Washington et Varsovie se sont empressés de signer un accord pour établir une base de missiles d'interception étasunienne sur le sol polonais. Le but prétexté derrière l'installation de ce système était de contrer des menaces non avérées de l'Iran et de la Corée du Nord, tout en visant à neutraliser les défenses Russes. La Russie avertit qu'elle pointerait ses missiles sur la Pologne et qu'elle développerait un système similaire au sien.

Entre temps, le 21 août, la Russie riposta en annonçant qu'elle arrêterait toute coopération avec l'OTAN jusqu'à nouvel ordre. Il est même possible que la Russie interdise le passage par son territoire des approvisionnements en direction des forces des États-Unis et de l'OTAN pour l'Afghanistan. En réponse à la montée de l'hystérie antirusse le président Medvedev déclara le 26 août que la Russie avait décidé de reconnaître l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie qui depuis la brève guerre civile au début des années 90, jouissaient de facto d'une existence indépendante. Le lendemain, David Miliband, secrétaire britannique aux Affaires étrangères, est allé en Ukraine mais n'a pas réussi à réunir une coalition antirusse à cause des divergences à l'intérieur de l'UE et l'OTAN. Commentant les fanfaronnades et menaces d'une nouvelle guerre froide, le président russe déclara dans un entretien télévisé le 26 août que «…rien ne nous fait peur, ni même la perspective d'une guerre froide» ajoutant toutefois, «mais nous ne le souhaitons pas, cette situation dépend entièrement de la position de nos partenaires».

L'agression de la Géorgie contre l'Ossétie du Sud, la réponse de la Russie, la victoire fulgurante russe et l'humiliante défaite de l'armée géorgienne, ont servi à montrer le désespoir et l'impuissance des maîtres impérialistes de la Géorgie, particulièrement les États-Unis. Il n'y a rien que ces derniers puissent faire pour se confronter avec la Russie. Les raisons sont les suivantes:

Premièrement, les États-Unis et ses principaux alliés sont déjà embourbés dans des guerres qui ne peuvent être gagnées, en Iraq et en Afghanistan, qui saignent aussi bien leurs armées que leurs trésors publics.

Deuxièmement, compte tenu de leurs guerres prédatrices contre l'Iraq, l'Afghanistan et la Yougoslavie; qu'ils ont détruit et fragmenté la Yougoslavie, puis séparé par la force le Kosovo de la Serbie; qu'il ont tué plus d'un million d'Iraquiens et des dizaines de milliers d'Afghans et de Yougoslaves; leur occupation persistante de l'Iraq et de l'Afghanistan, avec des bombardements aléatoires et la destruction de ces pays par leurs armées d'agression, les principaux pays impérialistes ont perdu toute autorité morale pour donner des leçons aux Russes sur des questions de souveraineté, d'intégrité territoriale, de perte de vies et des droits de l'homme. Des gens ordinaires, même dans les centres de l'impérialisme, argumentent que comme les É-U, la Grande Bretagne et leurs alliés, y compris la Géorgie, ont attaqué l'Iraq sans justification, de quel droit se plaignent-ils de la réponse militaire de la Russie à l'agression géorgienne? Andrew Sullivan un blogueur étasunien conservateur de droite, qui jadis soutenait la guerre en Iraq, écrivait récemment «Peut-être devrions-nous nous plaindre quand il y aura autant de Géorgiens que d'Iraquiens de tués - et quand Poutine aura jeté des milliers de Géorgiens innocents dans des chambres à torture» (cité dans Washington remains hobbled by Iraq, par Clive Crook, Financial Times 18 août).

Troisièmement, ils ont besoin d'accéder au marché en expansion et à l'énergie russe. L'Europe dépend de la Russie pour 40% de son énergie et un quart de son approvisionnement en gaz, ce qui exclut toute idée de sanctions économiques. Elles affecteraient plus l'Europe que la Russie. Aussi, les finances de la Russie sont saines, elle perçoit un milliard de dollars par jour pour ses exportations de pétrole, de gaz naturel et de produits pétroliers. Ella a réussi à accumuler des devises étrangères de l'ordre de $581 milliards (316 milliards), ce qui fait d'elle la troisième plus grande accumulation de réserves dans le monde, aussi son surplus commercial est énorme. Les menaces d'exclure la Russie des réunions du groupe G8 de pays industrialisés et de bloquer la candidature de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ne lui sont d'aucun effet, car pour elle le premier devient au fur et à mesure de moins en moins pertinent et les bénéfices tirés du second sont douteux.

Quatrièmement, il y a des divisions profondes dans le camp impérialiste sur la question des sanctions. L'Allemagne, la France et l'Italie opposent toute action susceptible de provoquer une confrontation directe avec la Russie. C'est précisément pour cette raison que le communiqué émis à la fin du sommet des 27 nations à Bruxelles le 1er septembre n'a fait aucune allusion à des sanctions économiques contre la Russie. «La position allemande est», a dit la chancelière allemande, Angela Merkel, «que nous ne devons pas rompre le dialogue avec la Russie». Cela représente une défaite pour la position belliciste du Royaume-Uni, de la Pologne et des pays baltes. La seule orientation proposée par ce non-événement de sommet était de retarder les pourparlers sur un partenariat entre l'UE et la Russie, à moins que Moscou retire ses forces de Géorgie sur des positions occupées avant le récent conflit. Cela est un geste symbolique puisque le nouvel accord prévoit le prolongement de l'ancien accord décennal pris en 1997, que les deux parties ont convenu de maintenir en force.

De surcroît, des pays tels que l'Allemagne ont des réserves sérieuses quant à l'admission de la Géorgie et de l'Ukraine à l'OTAN. Dans un commentaire fait lors de sa visite à Tbilissi, qui a très peu circulé (par solidarité avec le régime géorgien), Angela Merkel avait souligné qu'elle maintenait les réserves exprimées lors de la rencontre de l'OTAN à Bucarest en avril dernier concernant le commencement des pourparlers avec la Géorgie. «La question que nous avions discutée [à Bucarest] était la date spécifique pour le commencement du plan d'action d'adhésion» dit-elle. «Il y avait désaccord. Je ne peux pas dire aujourd'hui quand ce processus pourra commencer. Je voudrais que ce soit clair que ce que nous avions dit à Bucarest est valable aussi aujourd'hui». Cette position de la chancelière Merkel est soutenue entièrement par les principaux dirigeants des deux partis allemands - les Chrétiens démocrates et les Sociaux démocrates - ils sont tous d'accord que le récent conflit en Géorgie ne doit pas interférer dans les relations avec la Russie. Non seulement les deux partenaires de la coalition allemands sont d'accord que la position de la Russie «est mieux abordée par la coopération et le dialogue, que par des tentatives d'isoler la Russie», ils se sont aussi gardés d'accuser la Russie à propos du conflit en Géorgie - la grande irritation des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de leurs pions baltes et polonais. Les efforts des États-Unis de mobiliser d'autres membres de l'OTAN pour la cause de la Géorgie ont eu très peu, sinon aucun succès.

Résistance aux intimidations impérialistes

Sans doute, une telle oppression nourrit la résistance, de même que l'intimidation impérialiste et la guerre donnent naissance à la montée des forces qui ont la volonté et la capacité de résister et de vaincre un tel comportement arrogant et ses guerres prédatrices. De surcroît, les diverses forces engagées dans la résistance active contre l'impérialisme, constituent objectivement un système de soutien réciproque. La résistance héroïque des peuples iraquien, afghan et palestinien ont tellement immobilisé et usé les diverses puissances impérialistes qu'elles sont impuissantes à faire quelque chose de significatif pour aider leur pion géorgien quand il est défié par la Russie. De même la pression russe dans le Caucase est certaine de fournir un répit aux forces qui résistent - l'impérialisme ailleurs - du Moyen-Orient à l'Amérique latine et ailleurs.

La Russie étant tout à fait consciente de la préoccupation de l'impérialisme étasunien et des autres puissances de l'OTAN en Iraq et en Afghanistan, et étant assurée d'un casus belli par le régime aventuriste géorgien agissant en supplétif de l'impérialisme étasunien, elle a riposté et d'une seule frappe atteint tous ses objectifs. Les États-Unis qui ont fourni à la Géorgie des formateurs militaires, des armements et soutenu son adhésion à l'OTAN, à la fin se sont avérés impuissants et paralysés face à la contre-attaque russe. Incapables de sauver la Géorgie, les lumières de l'administration Bush se sont retrouvées à se tordre les mains, hausser leurs épaules d'embarras, prétendant être moralement outragés par le comportement russe.

Pour leur part, les Russes ont mis un terme au conflit en Ossétie du Sud et en Abkhazie en les séparant pour toujours de la Géorgie; ils ont convaincu les puissances européennes que l'admission de la Géorgie à l'OTAN n'est pas une idée très intelligente, sauf si les Européens voulaient partir en guerre contre la Russie à propos de la Géorgie; ils ont rétabli leur position comme puissance principale dans le Caucase et averti l'OTAN de ses limites; ils ont montré les États-Unis comme incapables de sauver leurs régimes pions dans la région; et dans une mesure significative ils sont sortis de cette atmosphère d'encerclement en dépit de l'impétueuse expansion de l'OTAN vers l'Est et se sont assurés que la Géorgie et l'Ukraine ne se joindront jamais à cette bande de néonazis.

Retour de l'Histoire

Maintenant quel est le résultat du conflit géorgien? La réponse est: Juste l'inverse de ce qu'attendaient ceux qui l'avait commencé, à savoir la Géorgie et son principal soutien - l'impérialisme étasunien. Mais la signification de ce conflit est beaucoup plus grande que cela, et elle s'étend au-delà des trois confins de la Géorgie et du Caucase. En écrivant dans le Financial Times du 21 août 2008, Kishore Mahbubani, doyen l'école de politique publique Lee Kuan Yew, Université nationale de Singapour, a fait une observation pénétrante à ce sujet; «Parfois de petits événements peuvent augurer de grands changements». Le fiasco géorgien pourrait bien être un de ces événements. Il marque un retour encore plus grand, un retour de l'Histoire.

La période d'après la guerre froide avait commencé avec une note de triomphalisme des occidentaux, symbolisé par le livre de Francis Fukuyama La fin de l'Histoire. Le titre était audacieux et il a captivé l'imagination occidentale. L'Histoire s'était terminée avec le triomphe de la civilisation occidentale. Le reste du monde n'avait pas d'autre choix que de capituler devant l'avancée de l'occident. «En Géorgie, la Russie a déclaré haut et fort qu'elle ne capitulera plus devant l'occident. Après deux décennies d'humiliation la Russie a décidé de se redresser. Ce ne sera pas long avant que d'autres forces fassent de même. Le pouvoir irrésistible de l'occident a fait qu'il s'est introduit dans les sphères géopolitiques d'autres pays qui n'étaient pas tout à fait veillais. Ce n'est plus le cas, particulièrement en Asie» ('L'occident est stratégiquement en erreur sur la Géorgie').

C'est bien cela, la mésaventure géorgienne et la riposte écrasante de la Russie constituent en quelque sorte un concours supplémentaire à la résistance qui persiste sans répit en Iraq, en Afghanistan, en Palestine, au Liban et dans beaucoup d'autres pays.

Un grand et puissant pays tel que la Russie, le seul pays à posséder un arsenal capable d'annihiler les États-Unis, qui commence à défier l'hégémonie étasunienne, est une source de grande puissance pour les forces qui résistent à l'impérialisme partout; elle détruit à jamais les rêves réactionnaires impérialistes de la fin de l'Histoire. L'impérialisme, loin d'être la destination finale, est seulement transitoire dans l'avancée de l'humanité vers un système social supérieur - le socialisme et le communisme.

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[Traduction Alexandre MOUMBARIS]

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