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Crise économique mondiale:

Travailler plus pour gagner … moins!

Pour ‘assouplir’ les 35 heures, les politiciens bourgeois ont fait miroiter aux travailleurs le fait qu’ils seraient désormais ‘libres de travailler plus pour gagner plus’. Mais derrière ces slogans mystificateurs, la bourgeoisie la bourgeoisie savait bien qu’elle utiliserait cette ‘liberté’ accordée aux travailleurs pour les forcer à accepter de travailler plus en gagnant moins… Aujourd’hui, selon les aveux des médias bourgeois eux-mêmes, les 35 heures n’existent plus, la bourgeoisie étant libre de ‘renégocier’ au cas par cas les conditions de travail avec les syndicats et les travailleurs. Voyons donc à travers quelques exemples fournis par les médias bourgeois eux-mêmes (Capital, M6, 19 octobre 2008) en quels termes la production marchande pose la dite ‘négociation’!

La ‘négociation’ de la durée du travail, c’est quand la direction de Continental pousse 1400 salariés d’une de ses usines en France à accepter de travailler à nouveau 40 heures en court-circuitant les syndicats par un référendum auprès des employés. Juste avant celui-ci, les salariés avaient été ‘préparés’ par un DVD reçu à domicile dans lequel la direction lançait un ultimatum menaçant les employés de délocaliser si la durée du travail restait en l’état, et concluant par un rappel du sort de près de 800 ouvriers belges du groupe dont l’usine avait été fermée brutalement en 2003… Il n’en fallait pas moins pour qu’en décembre 2007 les trois quarts des salariés de l’usine ratifient l’augmentation du temps de travail… Bilan du ‘travailler plus pour gagner plus’: une ‘hausse’ du salaire de 1/15 pour une durée du travail augmentée de 1/7! Voilà quand les affaires marchent bien et que la bourgeoisie ne cherche qu’à augmenter ses profits… Voyons maintenant comment ça se passe quand c’est la survie de l’entreprise qui est en jeu…

La ‘négociation’, c’est quand la société Sogerma (maintenance aéronautique) située près de Bordeaux et employant 500 salariés déclare en avril 2007 être ‘étranglée par la concurrence’. Seule solution pour éviter la faillite: travailler plus! Il n’en fallait pas moins pour que le syndicat accepte le retour aux 39 heures sans que l’entreprise débourse un seul centime – preuve qu’en période de crise, les réformistes n’ont rien à proposer aux travailleurs que de courber la tête devant les exigences de la bourgeoisie,puisque ‘l’intérêt de l’entreprise et l’intérêt du travailleur’!

La solutionlégale ? Que les travailleurs acceptent d’eux-mêmes la réduction de la base salariale de près de 13 %. La majorité des salariés, a accepté ces conditions, résignée: en effet, pour beaucoup, perdre son emploi alors qu’on a un crédit sur le dos et qu’on a peu de chances de retrouver du travail n’est pas une option envisageable. Quant à la trentaine de salariés ayant refusé de courber la tête, ils l’ont payé très cher: pour eux, le prix de la résistance a été le licenciement économique!

De tels faits, dont chaque travailleur connaît des exemples multiples, ne peuvent que démoraliser la minorité de travailleurs qui cherche à résister.

Pourquoi cet état d’esprit des masses populaires? Parce qu’en période de crise, la concurrence s’accroit entre les marchandises et les producteurs de marchandises. Durant une période de crise, la différenciation économique des entreprises s'accélère: les entreprises les plus rentables survivent tandis que celles qui le sont moins disparaissent. La marchandise force de travail n’y fait pas exception: la crise grossit les rangs de l'armée de réserve du travail et accroît la pression sur l’ensemble des travailleurs, qui pour tenter de conserver leur niveau de vie ou même survivre, sont alors prêts à accepter la dégradation de leurs conditions de travail.

La bourgeoisie des pays impérialistes en déclin multiplie donc aujourd’hui impunément les mesures aggravant l’exploitation des travailleurs, dans un climat social relativement calme, sans faire face à de réelle résistance organisée de la part des travailleurs, du fait de l’atmosphère ambiante faite de résignation et de fatalisme.

Ainsi, elle repousse l’âge légal de la retraite. Peu lui importe en effet que les travailleurs âgés peinent à trouver du travail : au moins l'état bourgeois réalisera des économies, non seulement en commençant à leur verser leur retraite plus tard, mais aussi en n’ayant pas à leur payer une retraite à taux plein!

Ainsi, elle renforce la répression des chômeurs, en instituant ‘l’offre d’emploi raisonnable’ qui permettra à l'état bourgeois d’économiser sur les allocations chômage des chômeurs qui refusent deux offres d’emploi jugées ‘raisonnables’ (jugement à géométrie variable que la bourgeoisie adaptera en fonction de ses besoins).

Ainsi, alors même que la bourgeoisie française a obtenu le démantèlement des 35 heures, le parlement européen s’apprête dans les prochaines semaines à ?modifier la durée légale maximale du travail, la portant de 48 à 65 heures hebdomadaires.

Aujourd’hui, en France, pas moins de 5 millions de salariés travaillant à temps partiel (le plus souvent par contrainte) et doivent cumuler deux emplois ou plus pour vivre!

Telles sont quelques-unes des beautés du ‘démocratisme’ bourgeois, ce paradis pour les exploiteurs, ce piège et ce leurre pour les exploités!

Le 14 octobre aux USA, on annonçait le recul de 1,2 % des ventes de détail, illustrant le recul de la consommation des ménages américains qui assure les deux tiers de l’activité économique. Cette annonce de l’approfondissement de la récession aux USA provoquait immédiatement un fort recul des valeurs industrielles américaines qui entrainait dans son sillage les places boursières des autres métropoles impérialistes en déclin. Dans la foulée, les USA annonçaient une baisse de leur production industrielle sans équivalent depuis 1974, baisse qui faisait conclure aux économistes d'UBS – ténor suisse de la finance mondiale gérant 1650 milliards d’euros d’actifs qui a vu sa capitalisation boursière diminuer des deux tiers de janvier 2007 à septembre 2008 – que «la récession américaine sera plus dure que prévu et risque d'entraîner l'ensemble de l'économie mondiale dans une dépression sans équivalent depuis le premier choc pétrolier.»

Au même moment, dans son Rapport sur les perspectives économiques mondiales, le FMI revoyait à la baisse ses prévisions concernant la croissancemondiale pour 2009, prévoyant la récession pour les USA, la Grande-Bretagne, l’Espagne et l’Italie ainsi qu’une une croissance nulle en France et en Allemagne. Ainsi, «les pays en développement tireraient donc à eux seuls la croissance mondiale, la Chine en tête (9,3%), même si "la crise financière est en train d'affecter de manière croissante les marchés émergents également".» (AFP, 14/10/2008)

Selon la Banque de Montréal, l’Économie canadienne est entrée en récession. Le constat est le même pour l’Irlande, qui avait pourtant enregistré une importante croissance économique ces dernières décennies grâce al attrait constitué par sa main d’œuvre à bas coût au cœur même de l’Europe de l’Ouest. Enfin, même l’Allemagne, qui est l’un des derniers pays impérialistes occidentaux dont l’industrie fournisse l’essentiel des revenus de sa balance des paiements, a revu ses prévisions de croissance pour 2009 à la baisse: 0,2 % au lieu de 1,2 %. Selon les analystes de CM-CIC Securities (un des principaux groupes bancaires européen) «les craintes concernant les menaces de récession ont pris le pas sur l'optimisme retrouvé suite aux plans de sauvetage du secteur financier».

Alors que la façade de carton-pâte du démocratisme bourgeois se lézarde toujours davantage sous l’effet du pourrissement économique, et alors que l’impuissance du parlementarisme bourgeois apparaît chaque jour un peu plus clairement aux yeux des travailleurs (la bourgeoisie faisant ce qu’elle veut par le seul fait qu’elle détient le pouvoir économique), les réformistes continuent à tromper les travailleurs en entretenant les mystifications sur les vertus du parlementarisme bourgeois. Ainsi, en juin 2008 les dirigeants de la CGT et de la CFDT appelaient les travailleurs à manifester non pas pour faire bloc contre la bourgeoisie, mais «pour tenir les députés au chaud»… (Reuters, 17-06-2008)

Dans les conditions de la récession économique, on assiste de manière évidente à la décomposition finale des syndicats et partis réformistes dont les discours et les actions sont en contradiction flagrante avec les faits économiques. En période de crise, la concurrence augmente non seulement entre les bourgeois, mais aussi entre les travailleurs qui sont aux premières loges. Quelle solidarité de classe peut bien émerger du mouvement spontané quand la moitié des français reconnaissent avoir peur pour leur emploi et celui de leurs proches? (sondage du mois d’octobre paru dans Libération) Quelle résistance sérieuse les travailleurs peuvent-ils bien opposer à la bourgeoisie quand celle-ci parvient à faire pression sur des concentrations de centaines d’ouvriers pour qu’ils acceptent de travailler plus tout en gagnant moins, a seule fin de sauver de la faillite l’entreprise où ils travaillent?

Ne pas voir ceci, continuer à lutter selon les schémas révisionnistes, c’est imiter le volontarisme des curés du démocratisme bourgeois, persuadés de pouvoir influer sur le cours des événements indépendamment des circonstances économiques objectives, circonstances qui affaiblissent toujours davantage le mouvement spontané pourtant réduit aux revendications économiques. Ainsi, selon la CGT, le 17 juin 2008, 500 000 personnes avaient manifesté dans toute la France pour la défense des 35 heures et des retraites, contre 700 000 le 22 mai 2008. Telle est la réalité.

Le système mondial de l’impérialisme se trouve aujourd’hui à une période charnière marquant le déplacement de son centre de gravité. Si les pays impérialistes en déclin renoncent à déclencher une guerre contre la Chine (guerre dont la crise actuelle fait penser qu’ils n’ont peut-être d’ailleurs plus les moyens de mener), le mouvement économique ne peut qu’aboutir à la ruine commerciale et financière complète des anciennes métropoles impérialistes au profit de leur concurrent chinois. L’impérialisme chinois est en train de ravir la place de ses anciens alliés: il y a encore trente ans l’apanage exclusif d’une poignée de vieux pays impérialistes, la puissance commerciale et financière se déplace inexorablement vers l’impérialisme chinois.

La question fondamentale pour les pays impérialistes en déclin est: «comment préserver nos profits» sans déclencher une guerre que nous n’avons aucune chance de gagner ?

Actuellement, l’opinion bourgeoise dominante émerge encore pour ainsi dire de manière spontanée: il s’agit d’augmenter la productivité du travail au sein même des métropoles impérialistes en déclin, en forçant le prolétariat à travailler toujours plus intensément et longuement, afin de tenter de rétablir un rapport de forces plus favorable sur le marché international de la force de travail. Mais en procédant ainsi (ce qui est une nécessité économique immédiate pour lutter contre la concurrence croissante des entreprises chinoises), la bourgeoisie des vieux pays impérialistes réduit les débouchés potentiels: en forçant les travailleurs à travailler plus pour gagner moins, la bourgeoisie brise les chaînes dorées qu’elle a forgé au prolétariat des métropoles. Hélas pour elle, la bourgeoisie aggrave ainsi la crise des débouchés dont l’aiguisement doit lui-même conduire a accélérer la différenciation économique des entreprises, c'est-à-dire la disparition des entreprises les moins rentables et la survie des plus rentables. A ce jeu, les entreprises chinoise sortiront encore gagnantes... Leurs profits se verront certes réduits, mais ce seront ces entreprises qui souffriront le moins de la réduction des débouchés provoquée par la récession économique dans les pays impérialistes en déclin.

La seconde option, plus réfléchie, qui s’offre aux élites bourgeoises des pays impérialistes en déclin consiste à accepter de devenir une bourgeoisie compradore aux ordres de l’impérialisme chinois. Les élites néo-compradore pourraient même espérer un soutien policier et militaire de l’impérialisme chinois pour ‘maintenir l’ordre’ dans ses semi-colonies.

Dans tous les cas, le salut économique des pays impérialistes occidentaux en déclin ne peut ainsi passer que par leur mise sous tutelle, leur transformation en pays semi-coloniaux (pays ateliers) fournissant à la bourgeoisie chinoise un revenu que l’impérialisme chinois utilisera pour forger des chaînes dorées à son prolétariat. Telle est la signification fondamentale du mouvement économique actuel : quand les places financières occidentales s’affolent devant la récession désormais palpable, quand les investisseurs peinent à trouver des placements et des ‘valeurs refuges’, la bourgeoisie des pays impérialistes en déclin en vient à comprendre qu’elle ne peut plus lutter contre son concurrent chinois, et que son déclin est inexorable. Alors elle sait qu’elle doit dès à présent préparer la répression fasciste des travailleurs, afin de forcer les éventuels récalcitrants à accepter une dégradation inouïe de leurs conditions de vie, dégradation inévitable, quelle que soit l’option choisie par la bourgeoisie des pays impérialistes en déclin.

La bourgeoisie s’en donne en tout cas dès aujourd’hui les moyens. Ainsi, au début du mois d’octobre 2008, les politiciens bourgeois allemands ont légalisé l’utilisation de la Bundeswehr dans les opérations de ‘sécurité intérieure’ visant à lutter contre le terrorisme, mais également contre les manifestations dès lors qu’elles seront considérées comme dangereuses pour la ‘sécurité nationale’!

L’impérialisme est plus que jamais le stade ultime du capitalisme, et l’agonie actuelle de nombreux pays impérialistes ne peut déboucher que sur deux perspectives : ou bien le socialisme, ou bien la barbarie, que cette barbarie revête la forme d’une guerre ou bien d’un nouvel ordre impérialiste où d’anciens pays impérialistes deviendraient des régimes fascistes semi-coloniaux, tels que les pays impérialistes en ont mis en place dans leurs sphères d’influence exclusives ces dernières décennies...

La révolution socialiste ne pourra pas naître de la conscience émergeant du mouvement spontané. L’ordre du jour, c’est de démontrer l’impossibilité pour la bourgeoisie de satisfaire les revendications les plus essentielles des travailleurs afin de transformer les luttes économiques en revendications politiques révolutionnaires. Dans ces circonstances, l’absence d’un Parti communiste marxiste-léniniste, seul capable de mener à bien cette tâche, fait cruellement défaut et tout retard pris dans sa construction promet des jours sombres aux travailleurs et aide objectivement la bourgeoisie qui sait qu’elle devra bientôt ôter la toge ‘démocratique’ – qu’elle revêt dans les périodes de prospérité relative –, pour se montrer à nouveau au grand jour revêtue de sa chemise brune...

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